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pardon...

1 Octobre 2013, 09:05am

Publié par pam

Être pardonné n’efface en aucun cas la gravité de la faute.

pardon...

“ J’ai inspiré à fond, puis expiré. Je ne pouvais me permettre d’ajouter le poids de vieux ressentiments à tout ce que je transportais déjà vers ma nouvelle vie. ...

“ Laisse tomber, ai-je dit. Ça n’a pas d’importance.” Je ne le pensais pas vraiment, pas encore. Mais de le dire m’a procuré une sensation de bien-être, comme si après avoir passé des heures à grimper dans une cage d’escalier sombre et méphitique, je venais de recevoir une bouffée d’air nocturne. Cela m’a donné l’espoir qu’avec le temps, mes paroles se vérifieraient.” Divakaruni.

pardon...

Il est sur que le pardon est un travail... un vrai travail !

Et que chacun fait ce qu'il peut avec ça... et à son rythme...

J'ai mis vraiment longtemps à en comprendre l'importance, les conséquences, le champ d'implications que cela sous-entend.

C'est typiquement le genre de démarche qu'il ne faut pas remettre à demain, il suffit juste de commencer, ensuite ça vient tout seul parce qu'ainsi la vie est plus belle, plus facile. On a tous des gens à pardonner... à commencer par soi-même (et ce n'est pas le plus simple...!!). Commencer ce travail c'est se permettre de continuer son chemin , un peu comme si un bulldozer en quelques secondes avait dégagé les pierres d'un éboulis qui vous obligeait depuis des années à enjamber, contourner, prendre des risques pour avancer.

Tout ça pour vous reparler de Bertrand Cantat dont j'ai aimé la nouvelle chanson. Je n'écoutais pas spécialement Noir Désir quand le drame est arrivé. Qui sommes-nous pour juger d'un accident dramatique entre deux personnes droguées et alcoolisées ? J'ai par mon boulot fréquenté ce genre d'individus qui par leurs excès devenaient incontrôlables et fichaient en l'air leur vie et celles des autres. La seule chose que je sais c'est qu'il est inutile après coup de dire on aurait du, il aurait fallu... c'est arrivé, la haine que j'ai lu dans les yeux et les paroles des parents de cette femme morte (qui semblait elle aussi passionnée et excessive) m'a autant choquée que l'histoire sordide qui les avaient provoqué. Je n'ai pas compris que deux artistes intelligents comme Nadine et Jean-Louis Trintignant puissent se laisser aller à cette haine qui doit depuis les bouffer de l'intérieur. Leur chagrin doit être immense, je comprend qu'ils soient inconsolables, mais qu'apporte la haine, l'envie de vengeance, le souhait d'empêcher Cantat de reprendre sa vie après avoir payé pour son geste ?

À l'époque je me souviens d'avoir été étonnée de ma réaction car j'ai toujours détesté profondément la violence et ceux qui se s'en servent pour régler leurs problèmes, surtout quand elle est dirigée vers quelqu'un de plus faible que soi. Je crois que ça m'a semblé plus un accident entre deux excessifs qu'un passage à tabac entre un faible et un fort et les mots d'une violence extrême qui ont suivi m'ont plus perturbée encore.

Aujourd'hui, Cantat nous offre une chanson magnifique. Il sera toute sa vie jugé et écouté mot à mot à l'aune de ce qui c'est passé un soir de délire passionnel. Il porte un sac bien lourd, ça suffit, pas la peine d'en rajouter. On ne peut être artiste sans passion, être humain sans risque et on a tous droit à l'oubli, au pardon.

Agir autrement serait de l'acharnement.

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