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28 Novembre 2015, 08:46am

Publié par pam

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non-violence...

22 Novembre 2015, 09:22am

Publié par pam

La non-violence est « la meilleure réponse au terrorisme »

21 novembre 2015 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Aux attentats de Paris, la classe politique et médiatique a répondu, presque à l’unisson, par des propos martiaux. Une autre voix propose de voir au-delà de l’émotion et de sortir de « l’idéologie de la violence ». Cela suppose du temps, de la réflexion, un retour sur soi, une attention à l’autre.

Des bombardements en Syrie, des manifestations interdites et des militaires qui patrouillent dans les rues. Vous l’aurez compris, « la France est en guerre ». Médias et politiques ont salué le discours martial du président de la République, lundi 16 novembre, à Versailles. Députés et sénateurs ont largement approuvé la prolongation et le renforcement de l’état d’urgence. À l’intensification des frappes aériennes en Syrie s’ajoute la possibilité d’une intervention au sol. Pour répondre aux actes terroristes qui ont fait 129 morts, le gouvernement joue la carte guerrière.

Une décision plébiscitée par les Français, du moins si l’on en croit les sondages. D’après l’Ifop,« 84% des personnes interrogées sont prêtes à accepter davantage de contrôles et une certaine limitation de leurs libertés pour mieux garantir la sécurité, et 85 % approuvent l’intervention militaire en Syrie » [1].

« Il y a des moments bien sûr où il faut contraindre »

Pourtant, dans les rues de la capitale meurtrie, les citoyens ont préféré les bougies et les fleurs aux armes, les messages d’amour et d’humour à ceux de haine. « Il y a beaucoup de sagesse au sein de la population, les gens se tournent spontanément vers des actions non-violentes », observe Jean-Marie Muller, philosophe et penseur de la non-violence. Symbole de ce refus populaire de la vengeance, Antoine Leiris, un jeune papa qui a perdu sa femme dans les attentats. Son message adressé aux djihadistes a fait le buzz sur la toile : « Je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Je suis avec mon fils, qui va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie, ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. »

Alors, la non-violence peut-elle être une réponse au terrorisme ? Oui, répondent sans hésiter ses défenseurs : « Seule la non-violence peut répondre à la violence. Vaincre le terrorisme, c’est refuser d’entrer dans sa logique de violence », explique Jean-Marie Muller.

Certes, face à une personne armée d’une kalachnikov et déterminée à tuer, la non-violence est un bouclier dérisoire. En 2009, le dalaï-lama affirmait : « Il est difficile de lutter contre le terrorisme par la non-violence. Les terroristes cultivent des mauvais sentiments, leur esprit est fermé. » En août dernier, un attentat a d’ailleurs été évité de justesse dans un train Thalys grâce à l’intervention musclée de trois jeunes états-uniens, militaires ou rompus aux arts martiaux. Ils se sont jetés sur un homme lourdement armé, lui ont porté plusieurs coups de cutter, avant de l’étrangler pour le rendre inconscient. Pas vraiment pacifiste comme action, mais elle a permis d’empêcher un drame.

« Il y a des moments bien sûr où il faut contraindre, reconnaît Serge Perrin, membre du Mouvement pour une alternative non-violente (le Man). Mais il faut absolument rester dans un cadre légal. Et la loi ne se construit pas dans l’urgence, mais dans le débat démocratique. » L’avis est partagé par Jean-Marie Muller, qui met en avant l’initiation à des pratiques de défense comme l’aïkido, qui retourne la violence contre celui qui en use. « Enseigner aux jeunes à se défendre sans violence, c’est aussi important que leur apprendre les maths ! », conclut-il.

La guerre ne résout rien

Former les jeunes à être « des artisans de la paix », c’est justement la raison d’être d’Intercordia, une association qui accompagne des 20-30 ans dans une mission de solidarité internationale.« Quand survient l’attentat, il est trop tard, admet Baptiste Anguis, chargé de projet au sein de l’ONG. C’est en amont qu’il faut agir, en construisant une culture de paix. » Prendre du recul et de la hauteur, c’est une des invitations de la non-violence : « La culture qui domine nos sociétés est structurée par l’idéologie de la violence nécessaire, légitime et honorable. Désarmer le terrorisme, c’est d’abord désarmer cette idéologie », estime Jean-Marie Muller.

Refuser la violence ne signifie pas nier le conflit, ou ne rien faire, mais proposer d’autres voies pour y répondre. « Pour vaincre le terrorisme, ce n’est pas la guerre qu’il faut faire mais la justice qu’il faut construire », insiste le philosophe. D’ailleurs, la guerre ne résout rien. C’est le constat fondamental de tous les mouvements pacifistes, de Gandhi à Martin Luther King. Dans un dossier consacré à la question du terrorisme, la revue Alternatives non-violentes rappelle ainsi que« l’histoire récente n’enregistre aucun cas dans lequel une lutte armée aurait su transformer un régime », et pointe au contraire – chiffres à l’appui – l’efficacité de la lutte non-violente, « qui est deux fois plus susceptible de mener ses auteurs à leur but que l’action armée ».

De l’Irak à l’Afghanistan, de la Libye au Nord-Mali, les faits semblent leur donner raison : comme l’ont rappelé nombre d’analystes, l’État islamique est né de la chute de Saddam Hussein, en conséquence à l’invasion états-unienne.

Contre la logique de guerre, les non-violents prônent l’intervention civile de paix. Jean-Marie Muller la définit comme « une intervention non-armée, sur le terrain d’un conflit, de missions extérieures venant accomplir des actions d’observation, d’information, d’interposition, de médiation et de coopération en vue de prévenir ou de faire cesser la violence, de créer les conditions d’une solution politique du conflit qui reconnaisse et garantisse les droits fondamentaux ». Missions d’observation, témoignages et plaidoyer sur la situation, création de zones démilitarisées, éducation populaire à la paix... Au Mexique, des observateurs internationaux se rendent ainsi tous les jours dans des zones de conflit afin d’éviter des massacres de populations civiles.

Prendre conscience de « la part de violence qui est en nous-mêmes »

« La paix se gagne au quotidien », insiste Baptiste Anguis. La logique de guerre, très court-termiste, suppose de désigner des coupables à punir. En fait, il vaudrait mieux « faire le constat de l’échec collectif ». « S’interroger sur notre responsabilité, c’est comprendre que notre mode de vie occidental, industrialisé, est un des moteurs de la violence. » Travailler sur les causes de la violence, certes, mais aussi construire au jour le jour « des relations positives, humaines », explique Serge Perrin. « Notre réponse aux actes terroristes passe par une résistance civile collective, par la cohésion sociale, par le vivre ensemble ». Fête des voisins, jardins familiaux, ateliers participatifs.« C’est pour cette raison que les manifestations prévues pendant la COP sont essentielles », pointe le militant.

Surtout, la non-violence n’est possible que si chacun d’entre nous prend conscience de « la part de violence qui est en nous-mêmes, explique Baptiste Anguis. Il faut commencer par faire la paix avec soi ». Une idée formulée en d’autres termes par Arun Gandhi, le petit fils du Mahatma : « L’attitude d’une nation ne sera toujours que le reflet de l’attitude des individus qui la composent. »

« La violence commence par nous-mêmes, par de petits gestes, de petits propos », soutient Baptiste Anguis. Il est possible d’y prêter attention. « Chacun peut s’y mettre, par des techniques de communication non-violente par exemple », précise-t-il. Écouter avec bienveillance et sans jugement, se mettre à la place de l’autre, ne pas catégoriser, ne pas confondre être et avoir, passer du « tu » au « je »... : autant d’actes qui permettent de « restaurer l’humanité en chacun d’entre nous ».

Exercez-vous ! Au lieu de dire : « Ces abominables terroristes », dites : « Des personnes qui ont commis des actes de terrorisme » ; au lieu de dire : « Tu m’énerves, espèce de journaliste imbécile », dites : « Je suis fatigué de lire des articles trop longs, j’ai besoin de me changer les idées ! »

non-violence...

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moi je n'irai pas qu'en terrasse....

21 Novembre 2015, 09:15am

Publié par pam

Lettre à ma génération : moi je n'irai pas qu'en terrasse

20 NOVEMBRE 2015 | PAR SARAH ROUBATO

publié par Mediapart

Salut, On se connaît pas mais je voulais quand même t’écrire. Il paraît qu’on devrait se comprendre, puisqu’on est de la même génération. Je suis française, je n’ai pas trente ans. Paris, c’est ma ville. J’ai grandi dans une école internationale où on était plus de quatre-vingt nationalités. J’ai beaucoup voyagé et je parle plusieurs langues. J’ai « des origines » comme on dit maghrébines. Je suis auteur compositeur interprète, artiste, et même un peu anthropologue.

J’ai toujours adoré les terrasses. La dernière fois que j’étais à Paris j’y ai passé des heures, dans les cafés des 10e 11e et 18earrondissements. J’y ai écrit un livre qui s’appelle Chroniques de terrasse. Il est maintenant quelque part dans la pile de manuscrits de plusieurs maisons d’édition. Ça fait drôle d’y penser maintenant. J’aurais envie de rajouter quelques pages. Pourtant aujourd’hui, ce n’est pas en terrasse que j’ai envie d’aller.

Depuis plusieurs jours, on m’explique que c’est la liberté, la mixité et la légèreté de cette jeunesse qui a été attaquée, et que pour résister, il faut tous aller se boire des bières en terrasse. C’est joli comme symbole, c’est même plutôt cool comme mode de résistance. Je ne suis pas sûre que si les attentats prévus à la Défense avaient eu lieu, on aurait lancé des groupes facebook « TOUS EN COSTAR AU PIED DES GRATTE-CIELS ! » ni qu'on aurait crié notre fierté d’être un peuple d’employés et de patrons fiers de participer au capitalisme mondial, pas toi ?

On nous raconte qu’on a été attaqués parce qu’on est le grand modèle de la liberté et de la tolérance. De quoi se gargariser et mettre un pansement avec des coeurs sur la blessure de notre crise identitaire. Sauf qu'il existe beaucoup d’autres pays et de villes où la jeunesse est mixte, libre et festive. Vas donc voir les terrasses des cafés de Berlin, d’Amsterdam, de Barcelone, de Toronto, de Shanghai, d’Istanbul, de New York !

On a été attaqués parce que la France est une ancienne puissance coloniale du Moyen-Orient, parce que la France a bombardé certains pays en plongeant une main généreuse dans leurs ressources, parce que la France est accessible géographiquement, parce que la France est proche de la Belgique et qu’il est facile aux djihadistes belges et français de communiquer grâce à la langue, parce que la France est un terreau fertile pour recruter des djihadistes.

Oui je sais, la réalité est moins sexy que notre fantasme. Mais quand on y pense, c’est tant mieux, car si on a été attaqué pour ce qu’on est, alors on ne peut pas changer grand chose. Mais si on a été attaqué pour ce qu'on fait, alors on a des leviers d’action :

- S'engager dans la recherche pour trouver des énergies renouvelables, car quand le pétrole ne sera plus le baromètre de toute la géopolitique, le Moyen-Orient ne sera plus au centre de nos attentions. Et d'un coup le sort des Tibétains et des Congolais nous importera autant que celui des Palestiniens et des Syriens.

- S'engager pour trouver de nouveaux modèles politiques afin de ne plus déléguer les actions de nos pays à des hommes et des femmes formés en école d'administration qui décident que larguer des bombes, parfois c'est bien, ou qu'on peut commercer avec un pays qui n'est finalement qu'un Daesh qui a réussi.

- Les journalistes ont montré que les attentats ont éveillé des vocations de policiers chez beaucoup de jeunes. Tant mieux. Mais où sont les vocations d’éducateurs, d’enseignants, d’intervenants sociaux, de ceux qui empêchent de planter la graine djihadiste dans le terreau fertile qu’est la France ?

Si la seule réponse de la jeunesse française à ce qui deviendra une menace permanente est d’aller se boire des verres en terrasse et d'aller écouter es concerts, je ne suis pas sûre qu’on soit à la hauteur du symbole qu’on prétend être. L'attention que le monde nous porte en ce moment mériterait que l'on sorte de la jouissance de nos petits plaisirs personnels.

Ma mixité

Qu’on soit maghrébin, français, malien, chinois, kurde, musulman, juif, athée, bi homo ou hétéro, nous sommes tous les mêmes dès lors qu'on devient de bons petits soldats du néo-libéralisme et de la surconsommation. On aime le Nutella qui détruit des milliers d’hectares de forêt et décime les populations amazoniennes, on achète le dernier iphone et on grandit un peu plus les déchets avec les carcasses de nos anciens téléphones, on préfère les fringues pas chères teintes par des enfants du Bengladesh et de Chine, on dépense des centaines d'euros en maquillage testé sur les animaux et détruisant ce qu'il reste de ressources naturelles.

Ma mixité, ce sera d’aller à la rencontre de gens vraiment différents de moi. Des gens qui vivent à huit dans un deux pièces, peu importe leur origine et leur religion. Des enfants dans les hôpitaux, des détenus dans les prisons. Des vieilles femmes qui vivent seules. De ce gamin de douze ans à l'écart d'un groupe d'amis, toujours rejeté parce qu'il joue mal au foot, qui se renferme déjà sur lui-même. Des ados dans les banlieues qui ne sont jamais allés voir une pièce de théâtre. Ceux qui vivent dans des petits villages reculés où il n'y a plus aucun travail. Les petits caïds de carton qui s'insultent et en viennent aux mains parce que l'un n'a pas payé son cornet de frites au McDo. D'habitude quand ça arrive, qu'est-ce que tu fais ? Tu tournes la tête, tu ris, tu te rassures avec un petit "Et ben ça chauffe !" et tu retournes à ta conversation. Si tous ceux qui ont répondu à l'appel Tous en terrasse ! décidaient de consacrer quelques heures par semaine à ce type d'échange... il me semble que ça irait déjà mieux. Ça apportera à l'humanité sans doute un peu plus que la bière que tu bois en terrasse.

Ma liberté

Je ne vois pas en quoi faire partie du troupeau qui se rend chaque semaine aux messes festives du weekend est une marque de liberté. Ma liberté sera de prendre un autre chemin que celui qui passe par l’hyperconsommation. D’avoir un autre horizon que celui de la maison, de la voiture, des grands écrans, des vacances au soleil et du shopping.

Ma liberté sera celle de prendre le temps quand j'en ai envie, de ne pas m'affaler devant la télé en rentrant du boulot, d'avoir un travail qui ne me permet pas de savoir à quoi ressemblera ma journée.

Ma liberté, c'est de savoir que lorsque je voyage dans un pays étranger je ne suis pas en train de le défigurer un peu plus. C'est vivre quelque part où le ciel a encore ses étoiles la nuit. C'est flâner dans ma ville au hasard des rues. C'est avoir pu approcher une autre espèce que la mienne dans son environnement naturel.

Ma liberté, ce sera de savoir jouir et d'être plein, tout le contraire des plaisirs de la consommation qui créent un manque et le besoin de toujours plus. Ma liberté, ce sera d'avoir essayé de m'occuper de la beauté du monde. "Pour que l'on puisse écrire à la fin de la fête que quelque chose a changé pendant que nous passions" (Claude Lemesle).

Ma fête

Ma fête ne se trouve pas dans l’industrie du spectacle. Ma fête c'est quand j'encourage les petites salles de concert, les bars où le musicien joue pour rien, les petits théâtres de campagne construits dans une grange, les associations culturelles. Passer une journée avec un vieux qui vit tout seul, c’est une fête. Offrir un samedi de babysitting gratuit à une mère qui galère toute seule avec ses enfants, c’est une fête. Organiser des rencontres entre familles des quartiers défavorisés et familles plus aisées, et écouter l'histoire de chacun, c'est une fête.

La fête c’est ce qui sort du quotidien. Et si mon quotidien est de la consommation bruyante et lumineuse, chaque fois que je cultiverai une parole sans écran et une activité dont le but n’est pas de consommer, je serai dans la fête. Préparer un bon gueuleton, jouer de la gratte, aller marcher en forêt, lire des nouvelles et des contes à des jeunes qui sentent qu’ils ne font pas partie de notre société, quelle belle teuf !

N’allez pas me dire que je fais le jeu des djihadistes qui disent que nous sommes des décadents capitalistes… s’il vous plaît ! Ils n’ont pas le monopole de la critique de l’hyper-consommation, et de toute façon, ils boivent aux mêmes sources que les pays les plus capitalistes : le pétrole et le trafic d’armes.

Voilà. Je ne sais pas si on se croisera sur les mêmes terrasses ni dans les mêmes fêtes. Mais je voulais juste te dire que tu as le droit de te construire autrement que l'image que les médias te renvoient. Bien sûr qu'il faut continuer à aller en terrasse, mais qu'on ne prenne pas ce geste pour autre chose qu'une résistance symbolique qui n'aura que l'effet de nous rassurer, et sûrement pas d'impressionner les djihadistes (apparemment ils n'ont pas été très impressionnés par la marche du 11 janvier), et encore moins d'arrêter ceux qui sont en train de naître.

Ce qu’on est en train de vivre mérite que chacun se pose un instant à la terrasse de lui-même, et lève la tête pour regarder la société où il vit. Et qui sait... peut-être qu'un peu plus loin, dans un lambeau de ciel blanc accroché aux immeubles, il apercevra la société qu’il espère.

Sarah

moi je n'irai pas qu'en terrasse....

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solidarité ??????

17 Novembre 2015, 07:51am

Publié par pam

DE L’INDÉCENCE DE LA ‘SOLIDARITÉ NATIONALE’ SUR FACEBOOK

C’est l’Etat Français qui fabrique et vend les armes que les terroristes finissent par pointer sur les populations civiles.

C’est l’armée Française qui est responsable du massacre de milliers de civils chaque année. C’est l’armée Française qui bombarde des hôpitaux et rase des villages en Afghanistan, c’est l’armée Française qui bombarde des villages au Mali, des campements en Somalie. C’est l’Etat Français qui soutient Israël qui massacre, mutile, arrête incessamment des civils, des femmes, hommes et enfants, et qui interdit sur notre territoire, malgré les grands discours sur la « liberté d’expression », les manifestations de soutien aux peuples ainsi massacrés.

C’est l’Etat Français qui a élaboré et testé son matériel anti-émeutes, ses armes et ses bombes, y compris nucléaires, sur la population civile Algérienne dans les années 40-50, et qui y a aussi bombardé des écoles, des hôpitaux, des infrastructures publiques.

C’est l’Etat Français enfin qui alimente en permanence les conflits à l’origine du massacre à Paris de vendredi soir, ainsi que ceux survenus en même temps à Bagdad et Beyrouth, qui ont sombré dans l’indifférence générale, la préférence nationale des victimes a parlé.

Depuis la fusillade qui a éclaté dans Paris, assortie de quelques détonations au stade de France, on voit fleurir des filtres Facebook pour mettre sur sa photo de profil le drapeau bleu-blanc-rouge.
Je sais que Facebook le propose spontanément, et je sais que ça part d’une bonne intention, vous savez, celles dont l’Enfer est pavé.

Parce que, vous voyez, c’est la France, ou plutôt l’Etat Français, qui est ouvertement soutenu à travers ce drapeau, qui est responsable de la situation dans laquelle nous sommes, en majeure partie.

Et où était votre drapeau Nigérian quand Al Quaeda y faisait 2 000 morts civiles, au début de l’année ? Où était votre drapeau Congolais quand le génocide y faisait 6 millions (!) de morts dans l’indifférence internationale généralisée ? Où était votre drapeau Palestinien quand Israël, soutenu par la France, intensifiait ses frappes sur la bande de Gaza à l’été 2014, faisant des milliers de morts civiles ? Elle était où, votre belle “humanité”, celle derrière laquelle vous vous planquez pour prendre le parti d’un Etat qui assassine à l’intérieur et en-dehors de ses frontières, les mêmes civils, les mêmes pères, les mêmes sœurs, les mêmes enfants que ceux qui sont tragiquement morts vendredi dernier ?

C’est tristement ironique de prétendre soutenir des civil-e-s mort-e-s dans un attentat en affichant indécemment les couleurs de la puissance militaire qui cause des milliers de morts civiles tous les ans partout dans le monde. Chaque mort est une tragédie insoutenable, qu’elle survienne en Cisjordanie, à Beyrouth, à Alep, à Alger, et quand vous affichez ainsi votre patriotisme envers un drapeau et un état militaire responsable de milliers d’actes semblables voire bien pires que celui de vendredi dernier, vous crachez allègrement sur toutes les victimes de ces attentats, sur toutes les victimes civiles, les mêmes que vous prétendez soutenir.

Toutes ces personnes qui prétendent défendre la paix, affichent les couleurs d’un pays en guerre ; un pays hypocrite qui ne sait pleurer les mort-e-s que chez lui, mais qui rejette en masse ses réfugié-e-s alors qu’iels fuient les mêmes terroristes que ceux qui ont attaqué Paris, comme c’est le cas de la Syrie, ou encore qu’iels fuient des pays bombardés par la France, comme c’est le cas de l’Afghanistan ; un pays qui instrumentalise les actes terroristes pour justifier son racisme et son islamophobie, dont les amalgames puants sont entretenus par les journaleux qui ne font définitivement plus leur boulot, alors que les musulman-e-s sont les premières victimes de la majorité des attaques terroristes dans le monde ; un pays qui n’ a pas hésité à faire défiler Netanyahu et Marine le Pen pour Charlie Hebdo et « la liberté d’expression ».

Enfin, mes camarades féministes, progressistes, de gauche ou encore plus à gauche, comment pouvez-vous ne pas voir le piège de la dépolitisation qui se referme sur nous ? Cette soudaine « solidarité nationale », cette injonction à « se serrer les coudes » y compris avec les pires raclures racistes, misogynes, homophobes, nationalistes que ce pays ait porté, contre lesquels nous luttons en temps ordinaires ; cette solidarité nationale factice qui laissera encore de côté cette frange oubliée de toute la France, la jeunesse des quartiers et de Banlieue, brisée, désoeuvrée et qui sombre, dans l’indifférence de tout le reste du pays, qui est laissée pour compte et pointée du doigt quand elle refuse de vouer allégeance à ce drapeau qui a souillé leur histoire, qui a détruit des familles, pendant et après la colonisation, cette partie de la France mise au rebut par ces élans de « solidarité nationale », cette même solidarité avec celles et ceux qui nous oppressent.

En ce lundi de gueule de bois nationale, je suis abasourdie par cette naïveté qui prépare l’entrée en force de la Marine en 2017, estomaquée par cette hypocrisie qui consiste à appeler « geste de solidarité » un élan patriote nationaliste, et à nommer « appel à la paix » l’apologie d’un pays guerrier, colonisateur, assassin. Personnellement, je n’ai plus la patience, je n’ai plus la patience ni pour votre naïveté, ni pour votre bien-pensance, ni pour vos œillères qui vous perdront ; je ne peux plus entendre un seul appel à l’unité aveugle avec les raclures que l’on combat, nous féministes, antifascistes, antispécistes ; je ne peux plus voir en peinture une seule injonction au calme et à l’entente cordiale avec la frange extrêmement bleue de ce pays.

Parce que cet attentat a eu lieu dans un quartier riche d’un pays riche, parce que sa population a le loisir d’en parler sur les réseaux sociaux, parce que d’autres pays dépensent de l’argent pour faire de jolies illuminations tricolores, parce que ça se passe en occident, au pied de chez nous, parce que ça aurait pu être nous-même, nous en parlons, et nous nous sentons enfin concerné-e-s par ce que d’autres vivent tous les jours, et pour beaucoup à cause de notre nation, à cause de notre armée ; parce que ça s’est passé au pied de chez nous, nous sommes pris de cet élan de solidarité nationale qui sert à exorciser notre peur, mais camarades par pitié, gardons la tête froide, gardons à l’esprit que ces attentats font du pain béni pour la désinformation d’extrême droite, la récupération à peu de frais, l’instrumentalisation, contre les musulman-e-s, contre les réfugié-e-s, à laquelle nous assistons ; en filigrane derrière ces drapeaux tricolores, se dessine un avenir bleu marine.

NB : A l’écriture de cet article, il me semble essentiel de préciser trois éléments :

  • Certaines personnes ont affiché un drapeau bleu-blanc-rouge alors qu’elles sont ressortissantes étrangères en France, notamment des réfugié-e-s ou ressortissant-e-s de pays musulmans, et ce dans le but de se désolidariser des actes terroristes avec lesquelles elles sont régulièrement amalgamées. Cet article ne les vise pas, et bien que je ne soutienne toujours pas l’initiative, la portée symbolique est bien différente et il est nécessaire d’en tenir compte.
  • Ce que nous critiquons, ce n’est évidemment pas le soutien aux victimes, ou à leurs familles, mais bien le drapeau en lui-même, pour ce qu’il représente, c’est-à-dire ce qui est exposé dans cet article. Afficher son soutien de façon apatriote est largement possible avec une image noire, une image de bougies ou de tour Eiffel.
  • La personne qui écrit cet article a échappé de *ça* aux fusillades de République et est bien consciente qu’elle aurait pu ne pas s’en sortir vivante, et cet article n’est pas un pied de nez à la mémoire des victimes, mais une critique politique de la portée de la montée de nationalisme sous couvert de solidarité nationale à laquelle nous assistons. Par ailleurs, il y a eu des musulman-e-s victimes de cet attentat, et c’est leur rendre un bien triste hommage que d’arborer cette photo de profil “en hommage aux victimes” quand on sait que le lendemain, des femmes voilées étaient refoulées de chez Zara parce qu’elles portaient un signe associé à l’Islam, victimes des amalgames, de la terreur colportée par les médias qui font le jeu du FHaine, portée par un pays qui s’embourbe dans son islamophobie institutionnalisée.
  • FEMINISTEANTIFA Vegan antispéciste, féministe abolitionniste, antifasciste
solidarité ??????

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Vendredi 13........

16 Novembre 2015, 09:22am

Publié par pam

Vendredi 13........

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Effondrement ou évolution ?....

13 Novembre 2015, 08:40am

Publié par pam

Vers l’effondrement : aurons-nous encore un futur ?

Par Hubert Guillaud le 15/10/15 Sur InternetActu.net

Les scénarios d’avenir énergétiquement vertueux, qui nous proposent de changer de modèle énergétique pour des solutions plus durables à base de solaire, d’éolien, d’hydraulique, de géothermie… (et parfois encore, non sans polémiques, de nucléaire), comme ceux que nous proposent le prospectiviste Jeremy Rifkin (@jeremyrifkin) dans La troisième révolution industrielle(voir notre article “Nous avons à nouveau un futur”), le spécialiste de génie environnemental de Stanford, Mark Jacobson (@mzjacobson), le stimulant rapport (.pdf) de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) ou même le scénario Negawatt sont tous basés sur des déploiements industriels ambitieux en matière d’énergie renouvelable – même si tous évoquent également, d’une manière plus ou moins appuyée, l’exigence à décroître.

Le problème, c’est le manque de disponibilité et de réserves de ressources en minerai et matières premières – ce que l’on appelle l’épuisement des éléments – pour capter, convertir et exploiter les énergies renouvelables.

L’insoluble équation des ressources

C’est ce qu’explique l’ingénieur Philippe Bihouix, spécialiste de la finitude des ressources, dans son livre, L’âge des low tech. Nous avons jusqu’à présent toujours trouvé des solutions techniques pour remplacer les ressources épuisées ou en chercher de nouvelles et produire de nouvelles énergies. Alors qu’alternent dans les médias sérieux les pires constats concernant l’état de notre planète et les annonces tonitruantes de nouvelles percées technologiques, nous sommes confrontés à une contradiction qui sonne comme un défi insurmontable.

Ressource après ressource, dans son livre, Bihouix égraine l’état de décomposition des stocks. Après avoir exploité les ressources les plus concentrées, nous sommes amenés à exploiter des ressources de moins en moins concentrées et donc de plus en plus difficiles à extraire et qui nécessitent de plus en plus d’énergie pour être transformées. Comme il l’explique très bien dans cet article où il résume son livre: “Nous faisons face à ces deux problèmes au même moment, et ils se renforcent mutuellement : plus d’énergie nécessaire pour extraire et raffiner les métaux, plus de métaux pour produire une énergie moins accessible.” Les métaux et énergies fossiles sont disponibles en quantité limitée et sont géographiquement mal répartis. Jusqu’à présent, nous avons toujours poussé plus loin leur exploitation et il est probable qu’on continue à le faire et à pouvoir le faire, même si bien peu se posent la question de la durée de cette exploitation. 10 ans ? 100 ans ? 1000 ans ? On peut fermer les yeux, mais nous avons un problème à terme.

Le problème est que nous avons “commencé à taper dans le stock qui était le plus facilement exploitable, le plus riche, le plus concentré”. Pour continuer à trouver des ressources, il faudra demain creuser plus profond, extraire un minerai de moindre qualité, et surtout dépenser plus d’énergie par tonne de métal produite. L’extraction n’est limitée que par le prix que nous serons capables de payer pour obtenir tel ou tel minerai. Or, en terme énergétique, cela signifie qu’il faut parvenir à récupérer plus d’énergie qu’on en investit pour l’extraire. Dans les années 30, il fallait investir 2 ou 3 barils de pétrole pour en produire 100 offshore. Aujourd’hui, il en faut 10 ou 15. Dans le cadre des gaz de schistes, il faut investir 1 baril pour en produire 3. “Il reste donc beaucoup d’énergie fossile sous nos pieds, mais il faut mettre toujours plus d’énergie pour l’extraire”. Or, trouver des énergies moins accessibles nécessite également un besoin accru en métaux et inversement. Exploiter les énergies renouvelables via des panneaux photovoltaïques ou des éoliennes nécessite d’avoir recourt à des ressources métalliques rares. Cette double tension – “plus d’énergie nécessaire pour les métaux moins contrés, plus de métaux nécessaires pour une énergie moins accessible” – pose un défi inédit annonciateur du pic généralisé (peak everything), géologique et énergétique.

Le mythe de la croissance verte

Pour Philippe Bihouix, cette conjonction change la donne.

Pour résoudre ce problème de pénurie à venir… nous devrions donc recycler les ressources et minerais bien plus que nous le faisons actuellement. Pour cela, il faudrait que nous changions notre façon de produire et consommer ces ressources. Or, nous utilisons de plus en plus ces minerais et ressources dans des usages dispersifs qui rendent leur recyclage impossible. En créant des matériaux toujours plus complexes (alliages, composites…) on rend de plus en plus impossible la séparation des métaux que nous y avons assemblés. Le cercle vertueux du recyclage est percé.“On ne sait pas récupérer tous les métaux présents, en quantités infimes, sur une carte électronique”.

“Monter les taux de recyclage est donc une affaire très compliquée, qui ne se limite pas à la faculté de collecter les produits en fin de vie et de les intégrer dans une chaîne de traitement. Dans de nombreux cas, il serait nécessaire de revoir en profondeur la conception même des objets, tant pour les composants utilisés que pour les matières premières même.”

Les technologies que nous espérons salvatrices ne font qu’ajouter à ces difficultés. “Car les nouvelles technologies vertes sont généralement basées sur des nouvelles technologies, des métaux moins répandus et contribuent à la complexité des produits, donc à la difficulté du recyclage”, explique le spécialiste en prenant plusieurs exemples. Pour réduire les émissions de CO2 par kilomètre, sans renoncer à la taille ni aux performances des véhicules, la principale solution est de les alléger, ce qui rend ceux-ci non recyclables en fin de vie. Les bâtiments à basse consommation consomment aussi des ressources rares via l’électronique qui les équipe ou les matériaux qu’ils utilisent. Bref, le “macro-système technique” que l’on imagine pour l’avenir, bourré d’électronique et de métaux rares… n’est pas soutenable.

Même si des innovations techniques stimulantes peuvent apparaître, leur déploiement généralisé et à grande échelle prend du temps… Et l’ingénieur d’enterrer sous les chiffres la généralisation des énergies renouvelables à grande échelle.

“Eolien, solaire, biogaz, biomasse, biocarburants, algues ou bactéries modifiées, hydrogène, méthanation, quels que soient les technologies, les générations ou les vecteurs, nous serons rattrapés par un des facteurs physiques : impossible recyclage des matériaux (on installe d’ailleurs aujourd’hui des éoliennes et des panneaux solaires à base de matériaux que l’on ne sait pas recycler), disponibilité des métaux, consommation des surfaces, ou intermittence et rendements trop faibles. Les différentes énergies renouvelables ne posent pas forcément de problème en tant que tel, mais c’est l’échelle à laquelle certains imaginent pouvoir en disposer qui est irréaliste. (…) Il n’y a pas assez de lithium sur terre pour équiper un parc de plusieurs centaines de millions de véhicules électriques et pas assez de platine pour un parc équivalent de véhicules à hydrogène.”

Comme il le dit dans son article : “Il n’y a pas de loi de Moore dans le monde physique de l’énergie”.

Et encore, l’ingénieur n’évoque pas l’effet rebond et le paradoxe de Jevons qui nous conduisent à l’emballement des besoins. “Certains voient dans les énergies renouvelables une possibilité de relocalisation, de maîtrise par les territoires de la production énergétique. C’est sans conteste vrai pour des technologies simples (solaire thermique domestique ou petites éoliennes), sûrement pas pour les développements high-tech que l’on nous promet : la fabrication, l’installation et la maintenance des monstres techniques que sont les éoliennes de 3 ou 5 MW ne sont à la portée que d’une poignée d’entreprises transnationales, s’appuyant sur une organisation de production mondialisée et une expertise fortement centralisée, mettant en oeuvre des moyens industriels coûteux.”

Pour lui, la disparition à terme des ressources doit surtout nous poser une question sur le sens de la plupart de nos innovations et de nos comportements. Nous sommes dans une impasse extractiviste, productiviste et consumériste. Nous sommes dans ce que le théoricien des sciences sociales, Roberto Unger appelle “la dictature de l’absence d’alternatives”.

La planète n’a pas de plan B

Pour Philippe Bihouix, il n’y a pas de plan B. Comme il le dit dans son article. “Il nous faut prendre la vraie mesure de la transition nécessaire et admettre qu’il n’y aura pas de sortie par le haut à base d’innovation technologique – ou qu’elle est en tout cas si improbable, qu’il serait périlleux de tout miser dessus. Nous devrons décroître, en valeur absolue, la quantité d’énergie et de matières consommées.”

C’est tout l’enjeu des low techs, des “basses technologies” que promeut l’ingénieur… Pour lui, il nous faut changer le moteur même de l’innovation. Utiliser des matériaux renouvelables et recyclables. Eviter les alliages, concevoir des objets modulaires, réparables. Il faut innover dans le “faire moins” et le “faire durable”. Il nous faut une innovation qui ait une finalité différente de celle d’aujourd’hui. Pour lui, il faut démachiniser les services. Demain, plus qu’aujourd’hui, nous allons devoir nous poser la question de ce que l’on produit, pourquoi on le produit et comment. Et les réponses à ces questions ne seront pas faciles. Faudra-t-il instaurer une police sur les produits qu’on aura le droit ou pas de fabriquer ? Des règles de conception basées sur la non-dispersion des matériaux et imposer des taux de recyclage toujours plus élevés – tuant à terme toute tentative pour concevoir de nouveaux matériaux, puisque leur complexité n’est pas soluble avec la durabilité ? Le livre de Bihouix pose une question de fond : celle de la régulation de l’épuisement des ressources. Quand on observe les réserves, à effort énergétique constant et sans prendre en compte le développement de la planète, nous avons un stock de ressources d’une centaine d’années sur la plus grande partie des matériaux.

Dans son livre, Philippe Bihouix demeure confus dans les solutions qu’il propose, comme s’il restait démuni face à l’accablant constat qu’il dresse, comme si aucune n’était capable de faire la différence et que c’est seulement leur conjonction qui nous permettra de résister à ce que nous avons enclenché.

L’effondrement

Notre avenir hésite donc entre une lente submersion et un effondrement. Rien de réjouissant.

L’effondrement, c’est pourtant la piste qu’explorent Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans un autre livre de la collection anthropocène du Seuil, qui sonne comme une suite ou un prolongement au titre de Bihouix. Dans le très documenté Comment tout peut s’effondrer, Servigne et Stevens envisagent le pire : rien de moins que l’effondrement de notre civilisation.
Le mythe de l’apocalypse a toujours été une réponse à celui du progrès, rappellent-ils. Deux mythes s’affrontent. “Le cornucopien, celui qui vit dans le mythe de la corne d’abondance pour qui l’avenir est un progrès illimité où l’humain continuera à maîtriser son environnement grâce à sa puissance technique et à son inventivité. Pour les malthusiens, au contraire, cette puissance et cette inventivité ont des limites”. Nous sommes en train de passer de l’un à l’autre.

Eux aussi dévident le long écheveau des constats accablants. “Les limites de notre civilisation sont imposées par les quantités de ressources dites ‘stock”, par définition non renouvelables (énergies fossiles et minerais), et les ressources “flux” (eau, bois, aliments, etc.) qui sont renouvelables mais que nous épuisons à un rythme bien trop soutenu pour qu’elles aient le temps de se régénérer.” La crise des minerais et de l’énergie s’apprête à entraîner toutes les autres. “Sans une économie qui fonctionne, il n’y a plus d’énergie facilement accessible. Et sans énergie accessible, c’est la fin de l’économie telle que nous la connaissons.” Nous sommes en train de transgresser toutes les limites, toutes les frontières de notre planète, qui provoquent à leur tour une mise en chaîne des bouleversements. Nous sommes coincés dans nos choix technologiques du passé. “La globalisation, l’interconnexion et l’homogénéisation de l’économie ont rigidifié encore le verrouillage, en augmentant exagérément la puissance des systèmes déjà en place”. Notre complexité devient la cause de notre effondrement. Aucune de nos institutions n’est adaptée au monde sans croissance à venir. Elles ont été conçues pour et par la croissance.

Servigne et Stevens suivent en cela les constats alarmistes du physicien Dennis Meadows, l’auteur du rapport initial sur les limites de la croissance en 1972. “Il est trop tard pour le développement durable, il faut se préparer aux chocs et construire dans l’urgence des petits systèmes résilients”.

Pour eux, l’effondrement n’est pas tant une transformation brutale, un retour à la barbarie, qu’“une situation inextricable, irréversible et complexe, pour laquelle il n’y a pas de solutions, mais juste des mesures à prendre pour s’y adapter”. Comme face à une maladie incurable, il n’y a pas de solutions, mais des choses à faire. Pour eux, la décroissance volontariste n’est plus d’actualité. La réduction graduelle, maîtrisée et volontaire de nos consommations matérielles et énergétiques n’est plus réaliste. Ils renvoient dos à dos la mutation d’Albert Jacquard ou la transition de Rob Hopkins, qui évacuent l’urgence comme les tensions et conflits qui s’annoncent. Nous sommes là encore face à une conjonction d’effondrements : des ressources, des finances, de l’économie, de la politique, de la société et de la culture… Un effondrement total, systémique “où même la possibilité de redémarrer une société dans un environnement épuisé serait très faible pour ne pas dire impossible.”

Si la littérature écologique a toujours été anxiogène, autant dire que l’avenir qu’ils dessinent est totalement déprimant puisqu’il est sans échappatoire aucun. L’imaginaire post-apocalyptique deMad Max se dispute à celui de Walking dead, sans nous permettre d’entrevoir si l’un des deux serait mieux que l’autre.

Pourtant, c’est certainement en dressant le constat de l’apocalypse qui approche que les auteurs esquissent leurs perspectives les plus stimulantes. En s’intéressant à ce qu’ils appellent la collapsologie, c’est-à-dire à l’étude transdisciplinaire des conséquences de l’effondrement, ils nous invitent à travailler à trouver des réponses à l’avenir qui nous attend. Non pas des solutions pour modifier notre fatal avenir, mais pour y faire face. Notre résilience à l’effondrement dépend de notre capacité à faire la prospective, l’étude, démographique, sociologique, économique, politique, géopolitique, psychologique, philosophique, médicale, artistique de l’effondrement.

Face à une perspective où l’homme deviendrait un loup pour l’homme, ils rappellent qu’au contraire, lors de catastrophes, la plupart des humaines montrent des comportements altruistes, calmes et posés. “L’image de la violence sociale issue des catastrophes ne correspond pas à la réalité”. Les comportements de compétition et d’agressivité sont mis de côté. Face au choc nous nous révélons peu enclins à la violence. “Les communautés humaines portent en elles de formidables capacités “d’autoguérison”. Invisibles en temps normal, ces mécanismes de cohésion sociale très puissants permettent à une communauté de renaître d’elle-même après un choc en recréant des structures sociales qui favorisent sa survie dans le nouvel environnement”.

“Se préparer à une catastrophe signifie donc d’abord tisser du lien autour de soi”. Et les auteurs de nous inviter à nous pencher sur la compréhension de la résilience des communautés, ce champ de recherche le plus important de la collapsologie. “L’individualisme est un luxe que seule une société richissime en énergie peut se payer”. Pour eux, notre meilleure manière de résister à l’effondrement consiste à reconstruire des pratiques collectives “que notre société matérialiste et individualiste a méthodiquement et consciencieusement détricotées”.

Passé le déni de ce constat – et il n’est pas simple, le livre de Servigne et Stevens est éprouvant. Passé le déni, Servigne et Stevens prônent la relocalisation, la construction de petits systèmes résilients survivalistes comme perspective. Mais elle n’est pas la seule. Ils évoquent également, trop rapidement, la coordination à grande échelle de la transition en évoquant par exemple la mobilisation lancée par les gouvernements lors des deux guerres mondiales, prônant recyclage et rationnement. “Lorsqu’on s’organise dans un but commun, il est possible de faire vite et de voir grand”.
Pour Servigne et Stevens, il n’y a pas de solutions à notre situation inextricable, il y a juste des chemins à emprunter pour s’adapter, se préparer à notre nouvelle réalité et tenter d’en atténuer certains effets.

Les technologies de l’effondrement

Au terme de ces lectures, nous sommes arrivés bien loin des perspectives dressées par les technologies vertes, le Green IT, l’innovation pour l’innovation, ou le greenwashing du monde des technologies qu’on évoque tous les jours.

Les Lows tech de Philippe Bihouix esquissent le besoin d’une réponse technologique au constat que dressent Servigne et Stevens. Mais, comme le soulignent les seconds, elles réclament une mobilisation. L’Institut momentum, fondé en 2011, auquel les trois auteurs se rattachent, tente dans ses publications d’en esquisser des pistes. Derrière ces constats que beaucoup auront du mal à partager, tant ils sont effrayants, ce que j’en retiens, pour ma part, c’est qu’il y a aussi un programme de travail et d’innovation pour les technologies, qui ne repose pas sur un progrès infini, sur une efficience toujours plus poussée, mais sur la robustesse, le recyclage et la frugalité… et ce, alors que notre évolution technique nous en éloigne de plus en plus.

La réponse au constat accablant de l’effondrement ne peut reposer sur le déni ou l’aveuglement. Si on le prend au sérieux, il nécessite de réorienter notre système d’innovation et ses priorités, d’aller bien plus loin que de décarboner notre développement technologique : il nécessite de développer des technologies de l’effondrement. Des technologies plus simples, monomatérielles, recyclables, robustes, déselectronisées, déconnectées, décomplexifiées… Il nécessite de prendre au sérieux la piste de “l’écologie by design”, c’est-à-dire d’intégrer l’impact écologique au début de la conception de nos objets techniques pour nous amener à réduire les intrants, les déchets, la demande et gérer les effets rebonds.

Cela nécessite aussi d’explorer d’autres pistes technologiques que celles que nous propose une innovation basée toujours plus sur le marché. Plutôt que nous intéresser à la voiture autonome, nous devons nous poser la question des systèmes de transports dans un monde postcarbone.Comment développer des technologies complexes dans un monde contraint nécessitant un recyclage total des matériaux ? Quels systèmes de communication pour un monde postcarbone ? Quels systèmes de santé ? Comment développer et démultiplier la puissance de l’énergie cinétique, permettant seule de produire de l’énergie sans aucun intrants, à l’image de la GravityLight, cette lampe qui fournit 20 à 30 minutes d’électricité simplement en tirant sur un fil, du vélo à assistance mécanique, de la pile qui se recharge en la secouant, ou de l’éolienne personnelle ?… C’est le message que nous délivrait déjà Kris de Decker de Low Tech Magazine à Lift en 2011, en nous invitant à nous intéresser aux basses technologies, aux technologies de base pour résoudre nos problèmes à venir.

La technologie doit aussi apporter une réponse à la collapsologie. Et nous avons besoin de tout autant d’innovation dans un monde malthusien que cornucopien. Mais une innovation porteuse d’autres valeurs, d’une autre aspiration que notre propre destruction.

Bihouix, Stevens, Servigne nous invitent à prendre conscience que nous devons apporter des réponses innovantes et technologiques plus adaptées aux contraintes qui sont les nôtres. Que le déni du changement climatique et de la finitude des ressources ne nous aidera en rien. Ils nous invitent à affronter nos peurs et à y répondre. A être courageux… et donc ambitieux.

Hubert Guillaud

Effondrement ou évolution ?....

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Manipulation

10 Novembre 2015, 08:02am

Publié par pam

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média.

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.

1 - La statégie de la distraction

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle.

Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2 - Créer des problèmes, puis offrir des solutions.

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une «situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter.

Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3 - La stratégie de la dégradation.

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4 - La stratégie du différé.

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite.

Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5 - S'adresser au public comme à des enfants.

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant.

Pourquoi ? «Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celle d’une personne de 12 ans». Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles»

6 - Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion.

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7 - Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise.

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures« . Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8 - Encourager le pubic à se complaire dans la médiocrité.

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9 - Remplacer la révolte par la culpabilité.

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10 - Connéitre les individus mieux qu'ils ne se connaissent eux-mêmes.

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement.

Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

photo d'Ugo Marechal. Bali.

photo d'Ugo Marechal. Bali.

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Déclaration des droits de l'humanité

5 Novembre 2015, 07:51am

Publié par pam

DECLARATION DES DROITS DE L'HUMANITÉ.

PRÉAMBULE

Rappelant que l’humanité et la nature sont en péril et qu’en particulier les effets néfastes des changements climatiques, l’accélération de la perte de la biodiversité, la dégradation des terres et des océans, constituent autant de violations des droits fondamentaux des êtres humains et une menace vitale pour les générations présentes et futures,

Constatant que l’extrême gravité de la situation, qui est un sujet de préoccupation pour l’humanité tout entière, impose la reconnaissance de nouveaux principes et de nouveaux droits et devoirs,

Rappelant son attachement aux principes et droits reconnus dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, y compris à l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi qu’aux buts et principes de la Charte des Nations Unies,

Rappelant la Déclaration sur l’environnement de Stockholm de 1972, la Charte mondiale de la nature de New York de 1982, la Déclaration sur l’environnement et le développement de Rio de 1992, les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies « Déclaration du millénaire » de 2000 et « L’avenir que nous voulons » de 2012,

Rappelant que ce même péril est reconnu par les acteurs de la société civile, en particulier les réseaux de personnes, d’organisations, d’institutions, de villes dans la Charte de la Terre de 2000,

Rappelant que l’humanité, qui inclut tous les individus et organisations humaines, comprend à la fois les générations passées, présentes et futures, et que la continuité de l’humanité repose sur ce lien intergénérationnel,

Réaffirmant que la Terre, foyer de l’humanité, constitue un tout marqué par l’interdépendance et que l’existence et l’avenir de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel,

Convaincus que les droits fondamentaux des êtres humains et les devoirs de sauvegarder la nature sont intrinsèquement interdépendants, et convaincus de l’importance essentielle de la conservation du bon état de l’environnement et de l’amélioration de sa qualité,

Considérant la responsabilité particulière des générations présentes, en particulier des Etats qui ont la responsabilité première en la matière, mais aussi des peuples, des organisations intergouvernementales, des entreprises, notamment des sociétés multinationales, des organisations non gouvernementales, des autorités locales et des individus,

Considérant que cette responsabilité particulière constitue des devoirs à l’égard de l’humanité, et que ces devoirs, comme ces droits, doivent être mis en œuvre à travers des moyens justes, démocratiques, écologiques et pacifiques,

Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à l’humanité et à ses membres constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde,

Proclame les principes, les droits et les devoirs qui suivent et adopte la présente déclaration :

LES PRINCIPES

I
Le principe de responsabilité, d’équité et de solidarit
é, intragénérationnelles et intergénérationnelles, exige de la famille humaine et notamment des Etats d’œuvrer, de manière commune et différenciée, à la sauvegarde et à la préservation de l’humanité et de la terre.

II
Le principe de dignité de l’humanité et de ses membr
es implique la satisfaction de leurs besoins fondamentaux ainsi que la protection de leurs droits intangibles. Chaque génération garantit le respect de ce principe dans le temps.

III
Le principe de continuité de l’existence de l’humani
té garantit la sauvegarde et la préservation de l’humanité et de la terre, à travers des activités humaines prudentes et respectueuses de la nature, notamment du vivant, humain et non humain, mettant tout en œuvre pour prévenir toutes les conséquences transgénérationnelles graves ou irréversibles.

IV
Le principe de non-discrimination à raison de l’appartenance à une générati
on préserve l’humanité, en particulier les générations futures et exige que les activités ou mesures entreprises par les générations présentes n’aient pas pour effet de provoquer ou de perpétuer une réduction excessive des ressources et des choix pour les générations futures.

LES DROITS DE L’HUMANITÉ

V
L’humanité, comme l’ensemble des espèces vivantes, a droit de vivre dans un environnement sa
in et écologiquement soutenable.

VI
L’humanité a droit à un développement responsable, équitable, solidaire et durabl
e.

VII
L’humanité a droit à la protection du patrimoin
e commun et de son patrimoine naturel et culturel, matériel et immatériel.

VIII
L’humanité a droit à la préservation des biens commun
s, en particulier l’air, l’eau et le sol, et à l’accès universel et effectif aux ressources vitales. Les générations futures ont droit à leur transmission.

IX
L’humanité a droit à la pai
x, en particulier au règlement pacifique des différends, et à la sécurité humaine, sur les plans environnemental, alimentaire, sanitaire, économique et politique. Ce droit vise, notamment, à préserver les générations successives du fléau de la guerre.

X
L’humanité a droit au libre choix de déterminer son desti
n. Ce droit s’exerce par la prise en compte du long terme, et notamment des rythmes inhérents à l’humanité et à la nature, dans les choix collectifs.

LES DEVOIRS À L’ÉGARD DE L’HUMANITÉ

XI
Les générations présentes ont le devoir d’assurer le respect des droits de l’humanité, comme celui de l’ensemble des espèces vivantes. Le respect des droits de l’humanité et de l’homme, qui sont indissociables, s’appliquent à l’égard des générations successives.

XII
Les générations présentes, garantes des ressources, des équilibres écologiques, du patrimoine commun et du patrimoine naturel, culturel, matériel et immatériel, ont le devoir de faire en sorte que ce legs soit préservé et qu’il en soit fait usage avec prudence, responsabilité et équité.

XIII
Afin d’assurer la pérennité de la vie sur terre, les générations présentes ont le devoir de tout mettre en œuvre pour préserver l’atmosphère et les équilibres climatiques et de faire en sorte de prévenir autant que possible les déplacements de personnes liés à des facteurs environnementaux et, à défaut, de secourir les personnes concernées et de les protéger.

XIV
Les générations présentes ont le devoir d’orienter le progrès scientifique et technique vers la préservation et la santé de l’espèce humaine et des autres espèces. A cette fin, elles doivent, en particulier, assurer un accès et une utilisation des ressources biologiques et génétiques respectant la dignité humaine, les savoirs traditionnels et le maintien de la biodiversité.

XV
Les Etats et les autres sujets et acteurs publics et privés ont le devoir d’intégrer le long terme et de promouvoir un développement humain et durable. Celui-ci ainsi que les principes, droits et devoirs proclamés par la présente déclaration doivent faire l’objet d’actions d’enseignements, d’éducation et de mise en œuvre.

XVI
Les Etats ont le devoir d’assurer l’effectivité des principes, droits et devoirs proclamés par la présente déclaration, y compris en organisant des mécanismes permettant d’en assurer le respect.

RÉDIGÉ PAR CORINNE LEPAGE POUR LA COP21

Déclaration des droits de l'humanité

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Padma 28

5 Novembre 2015, 07:41am

Publié par pam

ALIMENTATION ET IMMUNITÉ. Pr Alfred HÄSSIG.

L’équilibre intérieur et les maladies de civilisation vues par un immunologue occidental.

Face à l’environnement, l’organisme garde son caractère unique et individuel, ancré dans son patrimoine héréditaire, grâce au système immunitaire. Il doit d’une part repousser tout corps étranger qui cherche à pénétrer, et d’autre part garder son milieu interne intact. Les réactions immunitaires peuvent être normales, accrues ou affaiblies. Si le système immunitaire ne peut répondre à la pénétration d’un corps étranger dans l’organisme, un état d’immunodéficience s’installe.

Au fil des millénaires, l’organisme humain s’est adapté aux conditions naturelles grâce à ses multiples mécanismes d’adaptation. Ce n’est qu’au siècle dernier que la chimie et l’industrie se sont intéressées à l’alimentation, entraînant pour la première fois depuis l’histoire de l’humanité de profondes et rapides modifications dans les aliments. Mais d’un point de vue génétique, l’organisme n’a pas pu s’adapter aussi vite à de tels changements. Fortement surchargé par les substances étrangères, il doit fournir plus d’efforts pour les transformer.

Le système immunitaire dépend de l’équilibre entre effort et repos. Tout être vivant évolue dans un équilibre dynamique. Nous mangeons, buvons, respirons, allons à la selle et urinons. Malgré ce transfert continuel à travers l’organisme, celui-ci reste globalement plus ou moins stable. Si nous fournissons trop d’efforts ou ne nous reposons pas assez, nous contractons une maladie qui a inévitablement des répercussions sur le système immunitaire. En effet, celui-ci s’affaiblit s’il est surmené de manière prolongé. Il n’est plus en mesure de gérer correctement les mécanismes internes au niveau du métabolisme, des cellules vieillissantes ou mortes ou encore des infections dans l’espace intracellulaire. C’est pourquoi il faut un juste équilibre entre effort et repos et à ce titre une alimentation équilibrée joue un rôle essentiel.

En 1936, le physiologiste Selye a défini les différentes phases du stress et a observé que les influences extérieures, qu’elles soient d’origine toxique, psychique, inflammatoire ou alimentaire, entraînaient une réorganisation du métabolisme. Dans des conditions de stress, l’ensemble de l’organisme doit fournir un effort intense momentané. Le métabolisme et tous les mécanismes de reconstitution et régénération sont relégués au second plan. Un tel stress est vital pour la survie en cas de danger très bref, mais s’il persiste il devient nocif car les processus de régénération sont affaiblis.

Le processus de digestion se divise en deux phases : dégradation des aliments dans l’intestin grêle par des mécanismes non bactériens (enzymes sécrétés par la bile, sucs gastrique et pancréatique) puis nutriments non dégradés dans l’intestin grêle le sont dans le gros intestin sous l’action de bactéries. Les processus d’assimilation du gros intestin et de fragmentation de l’intestin grêle doivent être en équilibre. Équilibre perturbé dans les cas de maladies de civilisation occidentales : action des bactéries affaiblie, activité de l’intestin grêle prépondérante, d’où troubles à long terme. Donc l’alimentation et les activités des intestins ont des répercussions décisives sur les maladies latentes, inflammatoires et chroniques des personnes âgées.

Les substances purifiées et raffinées du secteur agro-alimentaire sont dépourvues des produits alimentaires peu caloriques comme vitamines, oligo-éléments et minéraux, tous essentiels. Les fibres alimentaires ne sont pas dégradées dans l’intestin grêle mais constituent un aliment pour les bactéries du gros intestin. Elle permettent d’établir l’équilibre entre les deux. Le meilleur laxatif consiste à laisser les bactéries intestinales se multiplier, harmonisant ainsi la flore du gros intestin. Les progrès industriels ont amoindri la qualité nutritive des aliments, le sucre en est un bon exemple.

De nos jours, les principales causes de maladies sont des affections appelées maladies de civilisation, pathologies inflammatoires qui surviennent quand les structures endogènes (causes internes, action interne) sont altérées : artériosclérose, tumeurs malignes, maladies de vieillesse. Influencer le système immunitaire par l’alimentation est capital : importance qu’il se comporte de façon équilibrée entre la fabrication d’anticorps (défenses tournées vers l’extérieur) et système de nettoyage interne. Il doit maintenir en bonne santé l’espace intracellulaire et les cellules, pouvant ainsi éliminer les cellules vieillissantes qui ne déclencheront pas d’inflammations chroniques.

Différentes études en laboratoire et en double-aveugle ont prouvé l’efficacité de la formule tibétaine n° 28, Padma 28, sur l’artériosclérose, l’artériopathie, les inflammations chroniques du foie, la circulation artérielle, amélioration du syndrome prémenstruel. Les excellents résultats obtenus tiennent au fait que ses différents composants renforçaient réciproquement leurs actions, mais en si petites quantités que les effets secondaires étaient très faibles. Contrairement aux médicaments élaborés dans les laboratoires pharmaceutiques qui étant constitués de substances chimiques uniques impliquent des effets secondaires gênants l’effet principal. La principale action du Padma 28 consiste à inhiber les inflammations chroniques qui surviennent quand les globules blancs absorbent puis dégradent les toxines ainsi que les composés oxygénés éphémères ou radicaux libres qui s’échappent alors des globules blancs et détériorent l’organisme dans son ensemble. Elles dégradent aussi des médiateurs inflammatoires qui activent l’inflammation et provoquent une situation de stress. La préparation tibétaine régule ces cellules macrophages de façon à ce qu’elles ne libèrent pas de radicaux libres dans l’organisme. Les tanins sont responsables de cette action, ils se lient aux radicaux libres et au fer, en endiguant ainsi l’excès. L’effet antioxydant du Padma 28 et son action anti-inflammatoire a été démontré plus puissant que les molécules des labos.

Étudier et utiliser le trésor empirique des médecins de jadis est sans nul doute la promesse de découvrir de nouveaux remèdes efficaces.

Pr. Vlodavsky : Le Padma 28 peut inhiber la migration des cellules tumorales vers des organes distants de l’organisme. La tumeur maligne, isolée et de petite taille, ne pose pas de grosses difficultés, on opère et on l’enlève. Les problèmes surgissent quand elle grossit, quelques cellules tumorales se détachent et parviennent dans le sang qui les transporte vers des organes distants comme cerveau, reins, poumons, c’est à ce moment qu’apparaissent les métastases. Une fois dans le sang, la plupart des cellules tumorales sont détruites par les cellules du système immunitaire mais il suffit que 0,1 % de ces cellules survivent pour voir apparaître une nouvelle tumeur. Elles ont besoin d’enzymes pour se fixer sur la paroi interne des vaisseaux sanguins et percer des trous dans cette paroi. Certains composants du Padma 28 inhibent la capacité de ces cellules à se fixer, à transpercer la matrice extracellulaire et à se déplacer dans les organes. Ce remède permet de prévenir la principale complication posée par le cancer, sa propagation, qui est responsable du décès contrairement à la tumeur initiale.

Dans les deux cas (cancer et artériosclérose) le problème est une multiplication incontrôlée des cellules.

in : Franz Reichle. “L’ART DE GUÉRIR. MÉDECINE TIBÉTAINE”.

Padma 28

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3 Novembre 2015, 07:56am

Publié par pam

Extraits de La puissance de la modération, de Pierre Rabhi aux éditions Hozhoni.

« La nature offre à la fois ce qui nourrit le corps et le guérit, émerveille l’âme, le coeur et l’esprit. »

« Je ne sais pourquoi ce grand chêne, qui dresse ses ramures puissantes, cet être qui frémit de ses milliers de feuilles, m’impose tant de respect. Alors que je n’existais pas encore, lui était déjà en ce lieu témoin muet, enfermé dans son silence de sage comme un ermite inaccessible. »

« Les roches, abondantes dans mon lieu de vie, m’émerveillent. Elles sont pour moi des fragments de mémoire muette, comme fermées sur le secret de la création du monde. »

« Pourquoi doit-on défendre une forêt ? Parce qu’elle est précieuse et participe à l’équilibre de la biodiversité dont nous dépendons, mais aussi parce qu’elle est belle et que l’on ne peut se priver de la beauté de la vie. »

« Si l’homme disparaissait, les baleines et les éléphants feraient une fête à tout casser car le pire des prédateurs aurait enfin cessé d’exister. »

« Notre sort est indissociable de celui de l’environnement. Arrêtons de nous croire au-dessus ou en dehors. »

« On parle de l’écologie comme d’un condiment dans le système global de la société, alors que c’est l’élément premier et universel qui devrait être reconnu par l’ensemble du genre humain. »

« Probablement plus que toute autre espèce, l’abeille amie des fleurs, fécondatrice infatigable, pourvoyeuse de l’une des quintessences de la nature, est elle-même de nature éthérée, intendante de ce qu’il y a de plus subtil dans la chaîne du vivant, et donc absolument indispensable aux vivants que nous sommes. »

« Nous sommes passés d’une humanité primitive qui considérait qu’elle appartenait à la vie, à une humanité dite «évoluée» qui considère que la vie lui appartient. Nous nous sommes érigés comme les propriétaires de la création. C’est la raison pour laquelle nous n’avons plus aucun respect pour rien. »

« Tuer les arbres hors des nécessités d’une vie simple, c’est commettre un grave préjudice à la vie. C’est un délit passible des plus grandes tristesses. Les arbres disparus, il ne restera plus que vide, solitude et désert jusque dans les coeurs. »

« Toutes les exactions que nous infligeons à la terre sont autant de coup de hache que nous portons à nous-mêmes. Avec cependant une nuance : notre espèce peut s’abattre comme un arbre, mais la Vie se perpétuera après nous. »

« L’eau féconde la terre, elle est le sang de la terre. Il est très important de ne jamais l’oublier et de savoir que tout le mal que nous lui faisons finit toujours par retomber sur nos têtes. »

« Chez les Bushmen, quand un chasseur abat un animal, il s’agenouille près de sa dépouille et le remercie du don qu’il lui fait, qui va lui permettre de vivre et de faire vivre sa famille. Voilà l’intelligence : comprendre que nous faisons partie d’un tout. »

« Il n’y a pas l’homme d’un côté, la nature de l’autre. L’homme est nature. »

« Nous ne sommes pas, nous les hommes, des êtres isolés, nous ne sommes pas les maîtres absolus de la Terre. Nous devons rester reliés au grand flux de la nature. C’est la condition de notre survie. »

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