Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

ecologie

Ce que le film « Demain » ne vous a pas dit

24 Septembre 2016, 08:30am

Publié par Emmanuel Wathelet

Je voudrais d’abord dire combien les monnaies locales, les potagers urbains, la permaculture, une constitution citoyenne, les pédagogies actives ou encore le respect des salariés dans des entreprises dites « horizontales » sont, pour moi, des initiatives séduisantes. D’ailleurs, j’achète bio, mes enfants sont dans une école Freinet et j’ai fait ma thèse sur l’absence de hiérarchie formelle sur Wikipédia. Mais voilà, il y a un malentendu. Un malentendu répété à l’envi, résumé par le film « Demain » dont le slogan promet de « parcourir le monde des solutions ». Je démontre dans cet article que, non, malheureusement, il n’y a dans ces alternatives aucune « solution » et j’en suis le premier désolé.

Ce qui sous-tend les quelques « alternatives » citées dans le premier paragraphe, c’est l’idée selon laquelle il est possible de changer le monde pas à pas, en partant du quotidien des gens et sans exiger d’eux ni prise de risque, ni sacrifice. Pas étonnant que les spectateurs de Cyril Dion et Mélanie Laurent ressentent à ce point une « positive attitude » après la représentation du film « Demain » !

Cette idée a un nom : le réformisme. La pensée réformiste est la conviction selon laquelle un monde meilleur est possible pourvu que l’on adopte les réformes nécessaires. Elle s’appuie sur l’idée que les défauts du capitalisme peuvent être jugulés en adoptant de nouveaux comportements et en votant de nouvelles lois. Aller au travail en train ou à vélo, consommer bio ou échanger des services sont autant de nouveaux comportements lesquels, agrégés les uns aux autres, produiraient l’inéluctable effet de remplacer le système capitaliste corrompu par un capitalisme « sain ». Dans ce nouveau système, la croissance est garantie par l’énergie verte exigée par les électeurs, de même que les excès de la finance et de la spéculation sont régulés par des hommes politiques courageux. Ainsi, le changement vient des (petites) gens et, par contagion, investit l’ensemble de la société. Merveilleux.

Le problème d’une telle vision est qu’elle occulte complètement l’acteur le plus important de la société capitaliste : le capitaliste lui-même ! Chacune des initiatives citées, poussée au terme de sa logique, s’opposera en réalité frontalement à des intérêts puissants que la perspective exclusivement locale fait oublier. Ainsi, si tout le monde cultive son potager en respectant l’environnement et en produisant ses semences, Monsanto ne vendra plus ni ses OGM, ni son glyphosate. Si les citoyens créent des sociétés de journalistes pour empêcher leurs médias d’être détenus par des milliardaires jouant aux rédac-chefs, c’est Bolloré, Niel, Drahi ou Dassault qui verront rouge (si je puis dire !). Si la fabrication de médicaments devient « open source », que diront Pfizer, Glaxo et consorts ? Pas la peine d’en rajouter, vous avez compris le principe.

L’autre erreur, c’est de croire que tout ça, c’est pour après. Dans une certaine mesure, c’est pourtant vrai : la directive de l’UE interdisant les potagers amateurs était un hoax – ce qui n’implique pas qu’une telle décision serait impensable. Toutefois, la règlementation européenne sur les semences est tellement discriminante que seules les variétés des grosses industries répondent aux critères. On voit là la puissance des lobbies…qui agissent aujourd’hui et non pas…demain !

Mais est-ce valable dans tous les secteurs ? Certes oui. Dans leur film, Cyril Dion et Mélanie Laurent s’attardent longuement sur l’expérience de constitution citoyenne en Islande, mais il ne leur faut que quelques secondes pour rappeler que cette dernière est bloquée depuis plusieurs années par le parlement ! Forcément, la constitution allait « contre les intérêts » des députés. Mais ça n’aurait pas été très « positive attitude » de souligner l’échec.

Prenons un autre exemple : le commerce équitable. Le commerce équitable consiste à dire que l’injustice que subissent les paysans du sud (et encore, on parle des producteurs, pas nécessairement des ouvriers agricoles travaillant sous le soleil de plomb) peut être dépassée en « réformant » le commerce classique avec un label rigoureux impliquant des mécanismes de contrôle. Le commerce équitable est-il, à prix de vente égal avec des produits non équitables, rentable ? Non. Preuve en est que ces produits sont plus chers que la moyenne. Il en résulte que ceux qui peuvent se payer ces produits sont précisément ceux qui sont suffisamment riches. Or, les plus riches d’entre nous font partie des privilégiés du système capitaliste. Autrement dit, c’est parce qu’il y a des inégalités par ailleurs que le commerce équitable est possible. Le commerce équitable n’a donc pas pour vocation de se substituer à l’ensemble du commerce puisque, par définition, un privilégié ne peut l’être qu’en comparaison à d’autres qui ne le sont pas. Ici, non plus, pas de changement réel. On pourrait continuer comme ça indéfiniment, avec chacune des « solutions » qui fleurissent un peu partout et qui ressemblent finalement plus à des pansements au système capitaliste, voire à une pernicieuse caution morale.

Vous allez me dire : c’est déprimant ! Oui et non. Oui parce qu’en effet, ce n’est pas « si simple » de changer le monde. Non parce que, définitivement, il est possible de changer le monde. Mais cela implique d’être conscient que ce qu’on voyait comme une solution n’est peut-être qu’une première étape amenant à un blocage nécessaire. Cela implique également d’accepter que changer le monde n’est pas sans risque et ne se fera pas sans sacrifice.

Reprenons avec un exemple. Que des habitants se mettent ensemble pour rédiger une nouvelle constitution, qu’ils prennent conscience qu’ils en sont capables et que le résultat est à la hauteur de la mission assignée, c’est éminemment positif… Mais une fois l’alternative capable de rivaliser avec ce à quoi elle s’oppose, elle dérange. La confrontation est inévitable, la stratégie du « pas à pas » ayant fait long feu. C’est ici que le réformisme atteint ses limites et qu’intervient l’idéal révolutionnaire. Oui, je sais, c’est un peu abrupt. Pourtant, lorsqu’un peuple opprimé souhaite s’émanciper de son dictateur, la révolution est unanimement reconnue comme salutaire. La relative invisibilité du caractère totalitariste du capitalisme (sous couvert d’accepter la critique et même d’intégrer des ébauches…d’alternatives !) ne doit pas faire oublier la malbouffe, les licenciements collectifs, l’écart sans cesse plus grand entre les riches et les pauvres, les guerres pour les matières premières et celles qui enrichissent les industries de l’armement.

Face à ces multiples « blocages » dont on a montré qu’ils sont insolubles par une stratégie du pas à pas, la pensée révolutionnaire se pose comme l’opportunité d’opérer l’ultime « déclic ». Par exemple, les Islandais pourraient considérer leurs députés comme illégitimes et décider démocratiquement d’en élire ou d’en tirer au sort de nouveaux…tout en usant des moyens adéquats, éventuellement manu militari, pour arriver à leur fin. Ni sans risque, ni sans sacrifice disais-je… Dans ce contexte, on comprend que les peuples freinent des quatre fers, quitte à avaler des couleuvres – les Grecs en savent quelque chose. On sait toujours ce qu’on s’apprête à perdre, on ne sait rien de ce qu’on pourrait gagner. Faire la révolution est une décision qui se prend souvent au bord du gouffre, c’est-à-dire dans la pire des positions, celle qui permet le moins d’anticiper le système d’après.

De plus, toute une population ne sera jamais en même temps au bord du gouffre. Certains en sont loin, d’autres sont déjà tombés. Le changement ne viendra que par ceux qui ont le moins à perdre et le plus à gagner, c’est-à-dire les classes les plus exploitées par le capitalisme dont les « bobos » tentés par le bio ne font évidemment pas partie. Ces classes devront se mettre ensemble et constituer une masse critique, tout en étant correctement informées. Or, la masse critique est de facto tuée dans l’œuf par la façon qu’a le capitalisme d’opposer les pauvres entre eux (il n’y a qu’à voir le succès du Front National auprès des ouvriers) tandis que l’information est aux mains des plus puissants peu enclins à céder leur outil de propagande.

Que penser de tout ça ? D’abord qu’il faut continuer à « faire sa part » comme le rappelle la légende du colibri racontée par Pierre Rabhi. Parce que ça crée du lien social et ça démontre, en effet, qu’il serait possible (au conditionnel !) de vivre autrement. Ensuite, il faut garder en tête que bien avant qu’une alternative soit mise en œuvre unanimement, ceux qui pourraient en subir les conséquences (les multinationales, les milliardaires, etc.) luttent déjà contre elle. Pire, les différents lobbies et entreprises transnationales ne se contentent pas d’anticiper les « alternatives au système », ils continuent de renforcer ce système chaque jour avec de nouvelles propositions (TTIP, CETA), de nouvelles fusions (Bayer et Monsanto), de nouveaux licenciements (Caterpillar, Alstom), de nouvelles guerres. L’action à l’échelon local est donc nécessaire mais insuffisante : doit y être associé l’activisme politique à l’échelle des structures : lois, directives, projets de traités, etc. Enfin, il faut reconnaître qu’un véritable changement implique toujours une certaine prise de risques : répression violente des pouvoirs en place, incertitudes quant au nouveau système, périodes d’instabilité, instrumentalisations diverses, embargos économiques, menaces à la souveraineté nationale.

S’il est important de penser les alternatives indépendamment des obstacles, parce que cela donne le courage de s’y mettre, il l’est encore plus de penser les processus. Pour que la révolution ne soit pas à la manière de celle des planètes un « retour à la case départ », mais un véritable « monde de solutions » – même provisoires.

Source: Investig’Action

- See more at: http://www.investigaction.net/ce-que-le-film-demain-ne-vous-a-pas-dit/#sthash.XYjmTuk7.fDd2Rfvo.dpuf

Voir les commentaires

Progrès ou déchéance ?....

4 Avril 2016, 05:56am

Publié par pam

La dernière couverture de La Recherche vaut son pesant de cacahuètes.

Les zélotes du progrès "scientifique" n'en sont pas à une contradiction près, au moins dans les titres de couverture qui constituent l'accroche permettant de maximiser les ventes.

Pour ma part, je relève au moins trois expressions que l'on peut scientifiquement qualifier d'erronées, quand il ne s'agit pas tout simplement de contre-vérités.

Prenons la première :
"Notre smartphone sera notre médecin"

Évidemment, voilà un titre prometteur pour un accro du smartphone, mais qualifier de médecin un appareil qui émet à longueur de journée, souvent au plus près de votre corps, des rayonnements que de plus en plus de données épidémiologiques et expérimentales nous font soupçonner d'être cancérigènes, c'est un peu fort de café. Dans le genre médecin qui sait se rendre indispensable, même le docteur Knock n'aurait pas songé à aller aussi loin.

Passons au titre principal "Manipulation, Endoctrinement, Faux souvenir, Comment le cerveau résiste".
Toutes techniques qui font référence pour le lecteur peu soupçonneux aux méthodes de recrutement des sectes, et des organisations djihadistes. Ça tombe bien, c'est justement le sujet de l'édito. Édito qui oublie soigneusement de parler non seulement des techniques publicitaires mais également du bombardement continu de mésinformations de la part des médias.
Vu le nombre d'hallucinés croyant dur comme fer que la science permettra de résoudre tous les problèmes de l'humanité, à commencer par celui de la longévité, il aurait peut-être été plus judicieux de titrer "Comment le cerveau capitule".

La longévité, justement, est le troisième sujet principal du numéro. Et l'on nous parle de "Ralentir les effets du temps", comme d'une promesse que la science pourrait tenir.

En matière de longévité, il y a deux ou trois choses à savoir si l'on ne veut pas être victime de promesses inconsidérées.

Tout d'abord, la longévité a une mesure scientifique, statistique, que l'on appelle espérance de vie de la naissance à la mort et qui, comme son nom ne l'indique pas, ne mesure pas la durée de vie moyenne que peut espérer avoir un individu naissant aujourd'hui, mais la durée de vie moyenne des générations arrivant en fin de vie. L'espérance de vie est une mesure de la durée de vie sur l'ensemble de la population arrivant aujourd'hui en fin de vie. Si l'espérance de vie des hommes est aujourd'hui en France d'environ 78 ans et celle des femmes de 86 ans, cela ne signifie pas que vous pouvez espérer raisonnablement vivre jusqu'à 78 ans en moyenne si vous êtes un homme et 86 ans pour une femme, mais que vos prédécesseurs, aujourd'hui décédé et recensés dans la population française de leur naissance à leur mort, ont vécu en moyenne un nombre d'années correspondant à l'espérance de vie.

Mais ce qui était vrai pour les générations antérieures de français qui ont vu leur condition de vie s'améliorer et ont bénéficié non seulement des immenses évolutions de la médecine au vingtième siècle mais aussi d'un accès facilité aux soins étendus à toute la population, ne le sera pas nécessairement pour les générations actuelles.

Or il se trouve qu'il existe quelques raisons étayées par des faits scientifiquement établis de penser que l'espérance de vie va diminuer au cours des prochaines décennies, non seulement en France, mais également à l'échelle de toute la population planétaire.

Un des grands responsables de ce déclin sera sans nul doute l'industrie chimique.

Depuis ses débuts, il y a un peu plus de deux siècles, l'industrie chimique a inventé une centaine de millions de molécules nouvelles, inexistantes auparavant dans la nature et auxquelles les êtres vivants n'ont pas encore pu s'adapter. Ces millions de molécules ont été utilisés à grande échelle dans toute sorte de domaines, en tant qu'armes létales, en tant que médicaments, en tant que revêtements de surface, et depuis une soixantaine d'années massivement comme produits "phytosanitaires" dans l'agriculture industrielle. Liste d'usages bien entendu non exhaustive. Ils ont été relâchés massivement dans l'environnement à tel point que l'on ne trouve plus un seul endroit sur Terre qui n'ait été affecté (cf. "Un empoisonnement universel" de Fabrice Nicolino).

Et l'on découvre, depuis moins de vingt ans, qu'un grand nombre de ces molécules que l'on croyait inoffensives ont des effets délétères à des doses infinitésimales sur la quasi totalité des êtres vivants dont l'homme, en particulier par leurs effets de mimétisme avec les molécules hormonales, induisant toutes sortes de "maladies" telles que maladie cœliaque, cancers, dégénérescence neuronale chez l'adulte, malformations durant les stades embryonnaires chez les nouveaux nés. La liste s'allonge chaque jour, d'autant plus que l'on continue à mettre sur le marché de nouvelles molécules aux effets peu ou insuffisamment testés.

En fait, l'espérance de vie a déjà commencé à décroître en France, pour la première fois depuis plusieurs décennies en 2012. Pas encore de beaucoup, quelques jours sur plusieurs dizaines d'années (je vous laisse imaginer avec quelle précision est calculée l'espérance de vie - la science occidentale est méticuleuse, précise et ... myope).
Plus inquiétant, un précurseur de l'espérance de vie de la naissance à la mort, l'espérance de vie en bonne santé est en baisse constante, dans tous les pays européens depuis 2010 ("La fabrique du mensonge", Stéphane Foucart).

Pour ce qui est de "ralentir les effets du temps", on pouvait espérer mieux...

Eric Legrand

Progrès ou déchéance ?....

si vous avez raté hier soir le documentaire sur la 5 :

 

" Manger plus pour se nourrir moins "

 

allez le visionner en replay ou

le 10 avril à 17 h 35 ou le 21 avril à 16 h 30...

 

RÉSUMÉ

Aujourd'hui, dans les pays industralisés, la majeure partie de la population mange à sa faim. Pourtant, de nombreuses personnes souffrent d'une insuffisance en micronutriments comme le fer, le zinc, mais aussi en acides gras et en vitamines. En effet, au cours des cinquante dernières années, les aliments auraient perdu jusqu'à 75% de leur valeur nutritive. Ainsi, pour retrouver l'apport en vitamine C d'une pomme des années 50, il faudrait en consommer une centaine. Cela serait pareil pour la majorité des fruits et légumes les plus consommés ainsi que pour la viande, le lait frais ou le blé. En cause, la révolution agricole des années 50, la mécanisation, la recherche variétale, la monoculture. Les coûts ont baissé certes, mais au détriment de la qualité. Enquête, des Etats-Unis à l'Allemagne, de l'Angleterre à la France.

 
 
  • Maëlle Joulin / Réalisateur
  • Maëlle Joulin / Auteur

Voir les commentaires

Permaculture : le paillage pour régénérer le sol de nos jardins

5 Mars 2016, 10:10am

Publié par pam

1

Kaisen magazine en partenariat avec Mon Jardin En Permaculture

Le paillage présente de multiples avantages :

  • limiter les herbes indésirables,
  • réduire les besoins d’arrosage (l’évaporation est divisée par 4),
  • protéger le sol (du tassement, de l’érosion) et la faune du sol,
  • nourrir les organismes qui travaillent le sol et le rendent vivant et fertile.

Suivant les saisons, la nature offre de multiples ressources…

Les feuilles mortes, très nutritives, composent un des meilleurs paillis. Épaisses et vernissées (hêtre, érable plane et sycomore, châtaignier, chêne d’Amérique, platane, laurier-palme, laurier-sauce, houx, lierre), elles formeront un paillis de longue durée, idéal pour les plantes pérennes du jardin comme les arbustes, les haies, les arbres et les arbres fruitiers. Il est préférable de broyer ces feuilles qui se décomposent lentement – de 10 à 24 mois selon l’épaisseur (jusqu’à 15 cm). Les feuilles tendres (aulne, bouleau, charme, érable champêtre et japonais, frêne, noisetier, noyer, orme, peuplier, poirier, pommier, prunier, robinier, saule, sureau, tilleul) constitueront un paillis idéal pour le potager, les arbres à petits fruits, les arbustes et les haies, les fleurs vivaces et annuelles, les rosiers. Ces feuilles se décomposent rapidement – de 6 à 10 mois en fonction de l’épaisseur (jusqu’à 15 cm).

Les tontes de pelouse, riches en azote et de décomposition rapide, peuvent, quant à elles, servir de paillage pour des cultures courtes de laitues, de pommes de terre, de navets, ou, par exemple, de haricots. Lors d’un paillage après la tonte, il faudra étaler le paillis en une couche mince de 2 centimètres maximum, en évitant les petits tas et les couches trop épaisses à la base des plantes. Un paillage après séchage (1 ou 2 jours au soleil) permettra de pailler jusqu’à 10 centimètres, prolongeant ainsi la durée du paillis à 6 mois maximum.

La consoude et l’ortie, riches en potasse, azote et autres éléments nutritifs, font également d’excellents paillis. Il faudra les couper avant que les graines ne soient formées.

Les fougères, les bambous, les « mauvaises herbes » comme le chénopode, l’amarante, le trèfle, le pissenlit peuvent aussi faire office de paillis, au même titre que les fanes de légumes, les fleurs coupées et la paille.

Jardin en Permaculture de Joseph Chauffrey

Le paillage est une des pratiques nécessaires pour garantir un sol vivant, riche en humus, où l’eau et les nutriments sont restitués au fur et à mesure des besoins des plantes. Alors, pour éviter les pesticides et les engrais chimiques, pour produire des fruits et des légumes sains, nutritifs et savoureux, peut-être suffirait-il de collaborer avec la nature…

Par Olivier Gruié, fondateur de Mon Jardin En Permaculture

Permaculture : le paillage pour régénérer le sol de nos jardins

Voir les commentaires

Changer de civilisation....

15 Février 2016, 07:41am

Publié par pam

Voir les commentaires

L'humanité est une bavure...

30 Janvier 2016, 08:26am

Publié par pam

Un nouveau message de Frédéric Wolff

23 janvier 2016Beauté, Développement

Trouvé sur le blog de Fabrice Nicolino (oui de Charlie..) Planète sans visa :

http://fabrice-nicolino.com/?p=2184

Les jours passent, et je ne vous écris toujours pas. Ce n’est qu’un moment, mais il dure. En attendant, je vous laisse en l’excellente compagnie de Frédéric Wolff. Qui existe bel et bien, contrairement à ce que certains paraissent croire. À bientôt, je le jure. Fabrice Nicolino

—————————-

DU PROGRÈS DANS L’EXTERMINATION

Il était une fois la vie au pays du progrès. On y inventait des machines à aller plus vite nulle part et à désirer l’indésirable. Les gens y vécurent de plus en plus vieux et eurent beaucoup de maladies…

Même plus vrai !

En 2015, l’espérance de vie a diminué de trois mois pour les hommes et de quatre mois pour les femmes. La faute à qui ? A la grippe et à la météo, dixit les experts officiels. Ouf.

Pas d’inquiétude, donc. Sur le long terme, on vit de plus en plus longtemps… malades ! Ainsi, l’espérance de vie sans incapacitédiminue depuis plusieurs années – 2006, si mes informations sont bonnes. Un progrès allant rarement seul, on est malade de plus en plus tôt.

Des chiffres ? Puisqu’il faut tout mettre en chiffres, y compris nous-mêmes, allons-y gaiement. Le diabète et les maladies cardiovasculaires progressent cinq fois plus vite que la population. Et les cancers ? Quatre fois plus vite, avec une incidence chez les adolescent(e)s de + 1,5 % par an depuis 30 ans. De plus en plus vite nulle part ? Même plus vrai : de plus en plus vite dans le mur !

Soyons optimistes : ce n’est qu’un début. Nous pouvons faire beaucoup mieux. Les générations nées à partir des années 1960 ont bénéficié, dès leur naissance, des pollutions tous azimuts, d’une alimentation appauvrie et de la sédentarité. Depuis le nouveau millénaire, les ondes nocives du progrès améliorent encore le désastre, faites excuse pour les oxymores des temps modernes – occis et morts en un seul mot, c’est un cauchemar. La synergie est parfaite, donc : les ondes pulvérisent la barrière protégeant le cerveau, la voie est libre pour les cocktails chimiques… Et les nanotechnologies ajoutent la touche finale. Du grand art.

Au final, le marché de la maladie se porte à merveille. Une source de croissance durable bien de chez nous, enfin. Alors soyez patriotes ! Faites-vous dépister à coups de rayons X ! Vaccinez-vous aux métaux lourds ! Amalgamez vos chicots au mercure, rafistolez-vous en batterie, perfusez vos globules et, tant que vous y êtes, prothésez-vous du ciboulot ! Si vous êtes victime d’empoisonnement industriel, optez pour l’empoisonnement thérapeutique ! Suivez la progression de votre diabète et de vos métastases sur votre smartphone, prolongez votre espérance d’agonie et finissez vos jours entouré de machines à respirer, à digérer, à uriner…

A ce rythme-là, il va devenir scabreux de se souhaiter une bonne santé. Personnellement, je le déconseille, sauf à être assuré en cas de procès pour vœu non exaucé. Mieux vaut prévenir. D’ailleurs, c’est ce qu’on nous répète : « On vous aura prévenus. » Respirer tue, alors inspirons un jour sur deux ou expirons, à nous de choisir.

Mais il n’y a pas que l’espérance de vivre en bonne santé. Il y a l’espérance de vivre tout court, comme des vivants du genre humain, l’espérance de fleurir. La menace n’a jamais été aussi grande, de n’être plus que des ombres errantes, ni vraiment mortes, ni franchement vivantes. Exproprié(e)s de nos vies, dépouillé(e)s de notre autonomie, occupé(e)s à ne pas vivre vraiment, à ne pas habiter notre humanité, à laisser des machines décider à notre place… Nous inaugurons joyeusement l’ère des cyborgs post-humains.

La joie, même la joie se retire de nos visages, de plus en plus, elle s’en va et le sens du sacré tout autant, le sacré quand la vie était un miracle, quand on pouvait encore se réjouir sans être saisi d’inquiétude. Ce châtaignier, là où je vis, vous le verriez, c’est un frère. Comment ne pas lui sourire et, dans le même instant, craindre pour lui et pour tant d’autres ?

Mais voilà, il y a beaucoup plus important que la vie. Il y a les secondes que l’on gagne pour se rendre d’un non-lieu à un autre non-lieu. Ça vaut bien un aéroport ravageant des terroirs précieux et, au passage, le climat dont notre grand pays a fait la cause du siècle. Ça justifie un TGV détruisant des habitats et des paysages bouleversants de beauté. Nous sommes devenus si importants, nous et nos affaires à développer sans limites.

L’état d’urgence est étendu. Il devient permanent. Pas l’urgence écologique, non, celle-là, c’est juste pour parader dans les grandes mascarades de la COP 21 et des campagnes électorales. L’urgence dont il est question ici est celle d’en finir avec la vie, le hasard, le don sans limite du vivant et, soyons fous, avec la mort. Comprenez bien : L’humanité est une bavure. Qu’elle soit obsolète, indésirable ou non rentable, elle doit dégager.

Ainsi pourraient s’exprimer nos bons maîtres si, pour une fois, ils parlaient vrai :

Demain sera parfait et vous aussi. Vos émotions, vos défaillances, ça commence à bien faire. La mort vous asticote ? Vos vies ne sont pas à la hauteur ? Place au pilotage universel. Plus rien ne doit échapper à la toute-puissance. Vous n’êtes pas conformes aux normes des intégristes de la machine ? Vous serez désintégré(e)s ! La déchéance physique vous guette ? Vous serez customisé(e)s en série, programmables et réparables à merci. Merci qui ? Merci la machine !

Grâce à la machine, vos derniers restes d’humanité sont en voie d’éradication. Le transfert des données touche à sa fin. Votre restant de cerveau disponible est quasiment numérisé et votre code-barres génétique, sur le point d’être opérationnel. Alléluia !

Grâce à la machine… Et grâce à vous. Vous êtes formidables, vraiment. Plus besoin de gardien du troupeau. Le gardien, c’est vous ! C’est une source d’économie et surtout, de consentement et donc, d’efficacité. D’après les derniers chiffres, le taux de pénétration des mouchards électroniques progresse comme jamais. Vous pouvez être fiers. Surtout, ne changez rien.

Continuez à plébisciter vos camisoles numériques. Tout le monde doit tout savoir sur tout le monde. Exhibez-vous ! Twittez, selfiez, restez connectés. Internet et les data centers foutent en l’air le climat ? Connectez-vous pour vous indigner ! L’absurdité menace le cours de votre vie ? Exigez un GPS qui donne un sens à votre existence. Vous vous sentez l’âme d’un(e) rebelle ? Réclamez des smartphones sans antenne-relais près de chez vous ! Vous passez votre vie derrière des écrans ? Syndiquez-vous ! Le digital labour mérite reconnaissance et rémunération. Négociez un statut de larbin que l’on sonne avec treizième mois et réduction du forfait téléphonique.

La planète sera intelligente ou ne sera pas. Il y va de l’optimisation du cheptel et de ses prothèses, de la bonne croissance des flux et du flicage participatif. Pas d’alternative au règne du calcul et de la marchandise. Point de salut en dehors du sacrifice au cyber-Dieu des machines. Tout doit passer par lui, désormais : vos liens avec les autres, vos gestes, votre parole ou ce qu’il en reste. Votre rapport sensible au monde, oubliez-le. Ce qui faisait la vie imprévisible, précieuse, habitée, remplacez-le par le non-espace, le non-temps, la non-vie. Scannez vos aliments et vous avec par la même occasion, évaluez-vous, équipez-vous d’urgence de la fourchette connectée et de la gamelle intelligente pour chat et chien 2.0…

La déchéance de nationalité n’est finalement qu’une étape. Demain, c’est de l’humanité que nous serons déchu(e)s.

Celles et ceux qui veulent nous transformer en machine sont clairement des ennemis. Nous ne sommes pas négociables. Nous ne le serons jamais.

Ne laissons pas leur monde désherber nos vies. Plus que jamais, sauvons ce qui peut l’être : notre humanité, dans ce qu’elle a de plus vulnérable – ses limites et sa finitude – et de plus humble aussi – une espèce parmi d’autres espèces. Quitte à être des « chimpanzés du futur », protégeons les arbres qui nous protègent. Soyons des veilleurs de nos jours, des

L'humanité est une bavure...

Voir les commentaires

Quand le neuf apparaît déjà

8 Janvier 2016, 16:33pm

Publié par Fabrice Nicolino

7 janvier 2016 / Fabrice Nicolino pour Reporterre


Blessé lors de l’attaque terroriste contre « Charlie Hebdo » il y a un an, Fabrice Nicolino garde l’espoir : "D’un côté le vieux monde, qui tient encore entre ses mains le pouvoir de décision. Et de l’autre, dans les limbes certes, mais lumineuse déjà, davantage qu’une graine. Une pousse. Une pousse déjà vivace."

Journaliste engagé pour l’écologie, Fabrice Nicolino est chroniqueur à La Croix et à Charlie Hebdo,où il a été blessé dans l’attentat du 7 janvier 2015. Il s’exprime aussi sur son blog, Planète sans visa, et a publié récemment Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture. Aujourd’hui, un an après le terrible attentat, il est à Nantes, aux côtés des Naturalistes en lutte, pour une conférence de presse contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Vous savez quoi ? J’ai pris trois balles dans la peau le 7 janvier 2015, au siège de Charlie Hebdo et je ne recommande pas l’expérience. Seulement, je ne supporte plus cette France pétrifiée, tremblante, prête à donner les clés du royaume à ses flics, à ses soldats, à ses nombreux et ténébreux services secrets, que personne ne contrôle parce que personne n’a jamais songé à les contrôler.

Cette France à genoux devant la folie meurtrière donne une idée précise de ce que nous sommes devenus. Incapables de répondre sur le plan de l’imaginaire et de la civilisation, nous ne voyons l’avenir que sous la forme d’une surveillance totale, agrémentée, car nous savons vivre, de creux discours sur la démocratie et la fraternité. Attention, pas de malentendu : je pense qu’il faut nommer le totalitarisme nouveau incarné par les djihadistes. Et je suis bien convaincu qu’il faut savoir sortir des armes – des vraies, en acier trempé – quand il faut affronter des barbares.

Un hymne solennel à consommer des objets inutiles

La question n’est donc pas celle-là. La question est que nous n’avons rien à défendre qu’un monde de pacotille et de falbalas. Quoi ? Le but de la vie sur Terre ne serait donc que la possession de bagnoles – une, deux, trois si possible –, de télés, d’ordinateurs, de téléphones portables ? Il faudrait donc perdre sa vie dans un travail aliéné pour enfin profiter de vacances bien méritées ? À la mer – dans le béton et la furie des foules sur le sable – ou au ski, dans ces villages Potemkine où le personnage principal est désormais la neige artificielle ?

Jamais, me semble-t-il en tout cas, le monde que j’habite par force n’aura été aussi laid. Partout résonne un hymne solennel à consommer des objets inutiles, qu’il faut envoyer de plus en plus vite à la benne. Malgré les innombrables propos publics qui clament le contraire, les frontières entre communautés, générations, classes sociales, se changent en précipices. Mais la France officielle des médias et de la politique s’en moque bien !

Ce qu’elle veut, on le sait : des mises en scène, avec roulements de tambour si possible. Ainsi nos maîtres, bombant le torse, parviennent à croire et à convaincre – un peu – qu’ils existent encore. Voyez l’exploitation faite du grand massacre du 13 novembre, à Paris. La veille encore, on misait sur les embrassades de la COP 21 où, répétaient gazettes, ministre et président, se jouait le sort du monde.

La crise est ce moment où le vieux meurt et où le neuf tarde à apparaître

Le lendemain, des centaines et milliers d’articles vides d’information, mais dégoulinants d’émotion, repoussaient la conférence climatique dans les coulisses. Quel aveu ! Ainsi donc, un acte de guerre – terrible et terrifiant, mais circonscrit – devenait soudain dix fois plus important que la réflexion commune sur le dérèglement climatique, qui menace toutes les sociétés humaines de dislocation. Mais il est vrai que l’élection présidentielle de 2017 vaut bien cela, n’est-ce pas ?

Y a-t-il une voie ? Il existe en tout cas un chemin, même si je ne sais pas où il mène exactement. Le suivre implique selon moi une rupture radicale et définitive avec la totalité des formes politiques existantes. Ce qui comprend celles dont beaucoup de lecteurs de Reporterre se sentent proches :EELV ou le Parti de gauche, par exemple. Toutes ces représentations appartiennent à un monde qui a déjà largement disparu. Pour citer le vieux Gramsci, que je continue à respecter malgré tout ce qui nous sépare à jamais, « Crisi è quel momento in cui il vecchio muore ed il nuovo stenta a nascere ». La crise est ce moment où le vieux meurt et où le neuf tarde à apparaître.

Cela vient peut-être, tant nous sommes aveugles

Oui, le chemin existe certainement. Je parlais d’un peu tout ça, l’autre jour, avec Pierre Rabhi, qui est un très cher ami, et comme un frère, même. Nous étions d’accord pour reconnaître que la société est en marche, sous les apparences de la torpeur. Des millions de gens ont d’ores et déjà changé pour partie leur manière de manger, de se vêtir, de voyager, de cultiver, de produire et même de mourir. L’affreux est qu’aucune force politique n’émerge qui pourrait, qui devrait donner un sens général, et désirable, à ce mouvement des profondeurs.

Cela viendra. Cela vient peut-être, tant nous sommes aveugles. En attendant, je me prépare pour une conférence de presse des Naturalistes en lutte, mes amis. Ce rassemblement bénévole a réalisé sur le territoire magique de Notre-Dame-des-Landes un inventaire prodigieux de ses richesses naturelles. Et trouvé des espèces rares que les bureaux d’étude des bétonneurs avaient, dans leur précipitation, oubliées. La loi étant la loi – je me permets de sourire, ce que vous ne voyez pas –, cette découverte devrait en théorie retarder les manœuvres conjointes de Vinci et Jean-Marc Ayrault, ci-devant maire de Nantes. D’un côté le vieux monde, qui tient encore entre ses mains le pouvoir de décision. Et de l’autre, dans les limbes certes, mais lumineuse déjà, davantage qu’une graine. Une pousse. Une pousse déjà vivace.

Quand le neuf apparaît déjà

Voir les commentaires

Jean-Marie Pelt

27 Décembre 2015, 09:37am

Publié par pam

Jean-Marie Pelt

JEAN-MARIE PELT :

LA TERRE : UNE PLANÈTE QUI SOUFFRE.

Jamais l’espèce humaine, à travers sa longue histoire, n’a exercé un effet aussi dévastateur sur la nature.

Au rythme actuel de la déforestation, la plupart du Sud-Est asiatique n’aura plus de forêt d’ici 40 ans.

80% de la population mondiale n’a pas accès aux médicaments conventionnels, faute d’argent. Les soins leur sont prodigués par les tradipraticiens ou les chamans grâce aux plantes médicinales propres à chaque ethnie, culture, tradition. On constate l’extrême diversité des ressources auxquelles ont recours les populations locales pour se soigner ou se nourrir. La sauvegarde de la biodiversité n’a pas pour seul objectif de servir les besoins directs de l’homme, elle représente aussi un facteur d’équilibre indispensable à la survie des écosystèmes. Elle jouerait un rôle d’assurance contre les changements climatiques.

D’où il ressort que l’écologie est bel et bien une science, n’en déplaise à certains de ses détracteurs qui n’y voient que discours passéistes ou arrivismes politiques !

Une chose est de décréter des protections, une autre de faire appliquer les mesures décidées. Le sens de la nature et celui des affaires font mauvais ménage... le destin de l’humanité est parfaitement inséparable de celui de la nature dont elle a besoin pour subsister. La nature, à l’inverse, n’a nul besoin de l’homme. Le fameux principe de précaution exige que l’homme approche désormais la nature avec respect et humilité.

Le WEB est devenu l’allié des ethnies isolées. L’UNESCO qui recense 300 millions d’indigènes répartis à travers 70 pays, tente depuis des années de faire signer aux gouvernements du monde une Charte mondiale sur le droit des peuples indigènes : protéger la nature, c’est sauver les “naturels”. Même objectif, même combat.

AU-DELÀ DU LIBÉRALISME : ÉCONOMIE AU SERVICE DE L’HOMME.

Formidable montée en puissance du libéralisme poussé par le concept de mondialisation. La mondialisation de l’économie ou globalisation pousse aux concentrations et au gigantisme. Le but est d’atteindre la taille critique qui permette de dominer le marché, entraînant les réductions de personnel.

100 multinationales sont en train de devenir les maîtres de monde, inquiétant les Nations Unies, dictant leurs lois aux chefs d’états qui laissent faire avec complaisance. Seul contre-pouvoir : les citoyens, les thèses antimondialistes contre le marché unique et mondial. La mondialisation se désintéresse radicalement des pays aux maigres ressources : 1/3 de la population, toute l’Afrique en particulier. Et coexistence avec les favelas de plus en plus nombreuses en banlieues.

La chute du mur de Berlin laisse désormais sans rival un ultralibéralisme triomphant, donnant dès le début des années 90 le signal de départ du processus de mondialisation, accéléré sous la double influence du progrès technologique (Internet...) et des politiques (Reagan, Tatcher) qui ont généralisé les privatisations, la dérégulation, déréglementation, délocalisation, laissant le jeu économique entièrement ouvert aux seules forces du marché.

De 1973 à 1993, le PIB mondial a été multiplié par 6.

Entre les pays les plus riches et les plus pauvres l’écart était de 1 à 30 en 1960, de 1 à 74 en 1998.

20 % de la population mondiale détient 86 % de la production.

Les 20 % les plus pauvres disposent de moins d’1 % des richesses.

Les 3 personnes les plus riches du monde ont une fortune supérieure au PIB total des 48 pays les plus pauvres...

Les 225 plus grosses fortunes représentent l’équivalent du revenu annuel des 47 % d’individus les plus pauvres, soit 2,5 milliards de personnes. Ces 225 fortunes permettraient de donner à TOUS les hommes l’accès aux besoins de base et aux services sociaux élémentaires.

Paul Houé, 2000 : “Tout n’est plus que tourbillon spéculatif. Les capitaux s’engagent et se désengagent, désarticulant les dynamiques économiques et sociales qui ont besoin de temps et de sécurité pour se réguler. Les États, les corps intermédiaires s’avèrent impuissants ou complices... L’insécurité du personnel quant à l’emploi crée un climat de tension, de stress, de compétition et d’incertitude finalement préjudiciable à l’entreprise.”

Telle est la force du libéralisme, fondée sur l’image d’un homme égoïste, individualiste, soucieux seulement de s’approprier des biens et des services indéfiniment suggérés à sa convoitise par un pilonnage publicitaire et médiatique sans précédent.

La montée du tél ou d’Internet serait-elle ce qu’elle est si elle n’était pas orchestrée par une fantastique pression médiatique qui crée le besoin en exacerbant le désir ? Le libéralisme exige qu’à tout moment le consommateur, pressé par l’effet de mode et le mimétisme, se comporte comme un “militant du besoin incoercible de consommer”. Conformisme social...

Et sans cela, l’économie s’effondre !!!

Initiative visant à tempérer les excès de l’ultralibéralisme : rendre la bourse “vertueuse” par la création de “fonds éthiques” : excluant tabac, casinos, armes, alcool... et la qualité éthique des entreprises et des produits, les conditions inhumaines du travail des enfants, de certains prisonniers, d’ouvriers sans droits sociaux.

Concept de commerce équitable assurant un revenu digne aux travailleurs, priorité à l’agriculture bio...

Micro-financement : petits prêts à faible taux aux populations pauvres souvent des femmes, permettant la création de mini-entreprises, basé sur la parole et la solidarité, permettant une production de biens soustraite au pouvoir tyrannique de l’argent et du salariat loué.

Importance des organisations coopératives ou mutualistes, solidaires, contre l’économie marchande égoïste et gigantesque, restaurant le lien social, le revenu minimum...

La pensée unique tend à étouffer tout débat constructif sur l’avenir.

Développement durable : vise à préserver et renouveler les ressources de la planète pour n’en point démunir les générations futures, à l’encontre du “tout tout de suite” de l’ultralibéralisme. Intègre la lutte contre les pollutions, le développement des technologies propres, la promotion des énergies renouvelables, le recyclage des déchets et l’ensemble des concepts écologiques.

QUAND L’INDUSTRIE S’INSPIRE DE LA NATURE.

“La notion de progrès économique désigne une production croissante de biens matériels, donc une constante augmentation du niveau de vie, supposée engendrer un bien-être accru et le bonheur pour tous... Le rythme de croissance suppose une forte augmentation de la consommation. Trois types de stratégies concertées permettent d’atteindre cet objectif : la création de nouveaux besoins et la stimulation des désirs par la publicité ; l’ouverture de nouveaux débouchés à l’exportation ; la réduction de la durée de vie des objets... En résultent en amont l’épuisement rapide des ressources naturelles, et en aval, la pollution et l’accumulation des déchets... Notre mode de développement engendre la crise de l’énergie et la crise de l’environnement.”

J.M. Pelt “L’homme renaturé” en 1977.

C’est bien le fonctionnement de la société industrielle : produire et consommer toujours plus, quitte à mettre en péril les ressources naturelles et le bien-être des générations futures.

Depuis 15 ans, nouveau concept : l’écologie industrielle : s’inspirant du fonctionnement des écosystèmes naturels, il tend à réintégrer le sous-système industriel au sein de la biosphère dont il représente le dernier avatar. Elle cherche à remettre en cause les processus et les concepts qui fondent l’industrie en réduisant le taux des nuisances et des pollutions.

Dans la “symbiose de Kalundborg” (Danemark) par exemple, ils réutilisent l’eau chaude produite en grande quantité par les centrales thermiques pour chauffer les particuliers, les partenaires industriels échangent entre eux les déchets de leurs activités pour instaurer une symbiose entre les diverses usines du site. Rien ne se perd, tout se transforme, les échanges d’eau et de vapeur sont l’élément central de cette symbiose. Soucieuse de désulfuriser ses émissions gazeuses (une des principales causes de la pollution de l’air en milieu industriel), la centrale a mis en service une installation de désulfuration : les gaz de combustion barbotent, avant d’être rejetés, dans un lait de chaux, ce qui donne du gypse, utilisé dans une entreprise voisine où il sert de matière première à la fabrication de panneaux de construction... et sans frais de transport...

Ces échanges croisés représentent des avantages économiques considérables. Le profit annuel résultant de l’économie des ressources et de la vente des déchets est évalué à 10 millions de dollars.

Il suffit que les usines soient complémentaires.

Concept de la biocénose industrielle : comme dans la nature, trouver les bonnes associations pour valoriser les déchets et sous-produits. Plutôt qu’une seule usine, on développera un complexe d’unités diversifiées mais affines utilisant mutuellement les déchets, produits et sous-produits des unes et des autres.

Désormais, la valorisation des déchets, l’optimisation des flux de matières et d’énergie deviennent des paramètres économiques tout aussi importants à prendre en considération que la seule vente des produits fabriqués.

Concept de métabolisme industriel : il s’agit pour un produit donné, d’analyser finement le coût en énergie et en matières premières utilisées pour le produire.

On a calculé que pour son transport et sa congélation, chaque tonne de jus d’orange produit au Brésil et consommé en Allemagne nécessite environ 100 kilos de pétrole. Chaque verre de jus d’orange consommé en Allemagne exige l’équivalent de 22 verres d’eau. Aux USA c’est encore pire, un litre de jus requiert 1000 litres d’eau d’irrigation et 2 litres de pétrole !!

La solution est de susciter des écosystèmes industriels régionaux, îles de développement durable, afin de réduire au maximum les coûts énergétiques et économiques des transports, chers et polluants.

Les effets sur l’environnement des stratégies de durabilité sont évidents : forte chute de la consommation de matière et d’énergie. De plus il implique des prestataires de services à la porte des utilisateurs donc relocalisation.

Mais il conviendrait d’abord que les économistes se montrent capables d’imaginer d’autres critères d’évaluation que le produit national brut et le taux de croissance.

“LA TERRE EN HÉRITAGE”. J.M.Pelt. 2000.

Quelques fois on se demande combien de temps faudra t'il encore répéter les mêmes évidences....

Bossuet : “Chacun se donne la liberté de dire : j’entends ceci, je n’entends pas cela, et sur ce seul fondement on approuve ou on rejette tout ce qu’on veut...”

Il faut désormais considérer la nature, en la faisant notre partenaire et notre alliée. En nous mettant à l’écoute des peuples premiers, nous retrouverons en nous-mêmes le juste rapport qui nous lie à la Nature.

Oren Lyons, Indien iroquois : “L’homme croit quelquefois qu’il a été créé pour dominer, pour diriger. Mais il se trompe. Il fait seulement partie du Tout. Sa fonction ne consiste pas à exploiter, mais à surveiller, à être un régisseur. L’homme n’a ni pouvoirs, ni privilèges, seulement des responsabilités.”

Voir les commentaires

survie....

12 Décembre 2015, 08:17am

Publié par pam

encore une fois... pour ceux qui seraient passés à côté...

Voir les commentaires

Effondrement ou évolution ?....

13 Novembre 2015, 08:40am

Publié par pam

Vers l’effondrement : aurons-nous encore un futur ?

Par Hubert Guillaud le 15/10/15 Sur InternetActu.net

Les scénarios d’avenir énergétiquement vertueux, qui nous proposent de changer de modèle énergétique pour des solutions plus durables à base de solaire, d’éolien, d’hydraulique, de géothermie… (et parfois encore, non sans polémiques, de nucléaire), comme ceux que nous proposent le prospectiviste Jeremy Rifkin (@jeremyrifkin) dans La troisième révolution industrielle(voir notre article “Nous avons à nouveau un futur”), le spécialiste de génie environnemental de Stanford, Mark Jacobson (@mzjacobson), le stimulant rapport (.pdf) de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) ou même le scénario Negawatt sont tous basés sur des déploiements industriels ambitieux en matière d’énergie renouvelable – même si tous évoquent également, d’une manière plus ou moins appuyée, l’exigence à décroître.

Le problème, c’est le manque de disponibilité et de réserves de ressources en minerai et matières premières – ce que l’on appelle l’épuisement des éléments – pour capter, convertir et exploiter les énergies renouvelables.

L’insoluble équation des ressources

C’est ce qu’explique l’ingénieur Philippe Bihouix, spécialiste de la finitude des ressources, dans son livre, L’âge des low tech. Nous avons jusqu’à présent toujours trouvé des solutions techniques pour remplacer les ressources épuisées ou en chercher de nouvelles et produire de nouvelles énergies. Alors qu’alternent dans les médias sérieux les pires constats concernant l’état de notre planète et les annonces tonitruantes de nouvelles percées technologiques, nous sommes confrontés à une contradiction qui sonne comme un défi insurmontable.

Ressource après ressource, dans son livre, Bihouix égraine l’état de décomposition des stocks. Après avoir exploité les ressources les plus concentrées, nous sommes amenés à exploiter des ressources de moins en moins concentrées et donc de plus en plus difficiles à extraire et qui nécessitent de plus en plus d’énergie pour être transformées. Comme il l’explique très bien dans cet article où il résume son livre: “Nous faisons face à ces deux problèmes au même moment, et ils se renforcent mutuellement : plus d’énergie nécessaire pour extraire et raffiner les métaux, plus de métaux pour produire une énergie moins accessible.” Les métaux et énergies fossiles sont disponibles en quantité limitée et sont géographiquement mal répartis. Jusqu’à présent, nous avons toujours poussé plus loin leur exploitation et il est probable qu’on continue à le faire et à pouvoir le faire, même si bien peu se posent la question de la durée de cette exploitation. 10 ans ? 100 ans ? 1000 ans ? On peut fermer les yeux, mais nous avons un problème à terme.

Le problème est que nous avons “commencé à taper dans le stock qui était le plus facilement exploitable, le plus riche, le plus concentré”. Pour continuer à trouver des ressources, il faudra demain creuser plus profond, extraire un minerai de moindre qualité, et surtout dépenser plus d’énergie par tonne de métal produite. L’extraction n’est limitée que par le prix que nous serons capables de payer pour obtenir tel ou tel minerai. Or, en terme énergétique, cela signifie qu’il faut parvenir à récupérer plus d’énergie qu’on en investit pour l’extraire. Dans les années 30, il fallait investir 2 ou 3 barils de pétrole pour en produire 100 offshore. Aujourd’hui, il en faut 10 ou 15. Dans le cadre des gaz de schistes, il faut investir 1 baril pour en produire 3. “Il reste donc beaucoup d’énergie fossile sous nos pieds, mais il faut mettre toujours plus d’énergie pour l’extraire”. Or, trouver des énergies moins accessibles nécessite également un besoin accru en métaux et inversement. Exploiter les énergies renouvelables via des panneaux photovoltaïques ou des éoliennes nécessite d’avoir recourt à des ressources métalliques rares. Cette double tension – “plus d’énergie nécessaire pour les métaux moins contrés, plus de métaux nécessaires pour une énergie moins accessible” – pose un défi inédit annonciateur du pic généralisé (peak everything), géologique et énergétique.

Le mythe de la croissance verte

Pour Philippe Bihouix, cette conjonction change la donne.

Pour résoudre ce problème de pénurie à venir… nous devrions donc recycler les ressources et minerais bien plus que nous le faisons actuellement. Pour cela, il faudrait que nous changions notre façon de produire et consommer ces ressources. Or, nous utilisons de plus en plus ces minerais et ressources dans des usages dispersifs qui rendent leur recyclage impossible. En créant des matériaux toujours plus complexes (alliages, composites…) on rend de plus en plus impossible la séparation des métaux que nous y avons assemblés. Le cercle vertueux du recyclage est percé.“On ne sait pas récupérer tous les métaux présents, en quantités infimes, sur une carte électronique”.

“Monter les taux de recyclage est donc une affaire très compliquée, qui ne se limite pas à la faculté de collecter les produits en fin de vie et de les intégrer dans une chaîne de traitement. Dans de nombreux cas, il serait nécessaire de revoir en profondeur la conception même des objets, tant pour les composants utilisés que pour les matières premières même.”

Les technologies que nous espérons salvatrices ne font qu’ajouter à ces difficultés. “Car les nouvelles technologies vertes sont généralement basées sur des nouvelles technologies, des métaux moins répandus et contribuent à la complexité des produits, donc à la difficulté du recyclage”, explique le spécialiste en prenant plusieurs exemples. Pour réduire les émissions de CO2 par kilomètre, sans renoncer à la taille ni aux performances des véhicules, la principale solution est de les alléger, ce qui rend ceux-ci non recyclables en fin de vie. Les bâtiments à basse consommation consomment aussi des ressources rares via l’électronique qui les équipe ou les matériaux qu’ils utilisent. Bref, le “macro-système technique” que l’on imagine pour l’avenir, bourré d’électronique et de métaux rares… n’est pas soutenable.

Même si des innovations techniques stimulantes peuvent apparaître, leur déploiement généralisé et à grande échelle prend du temps… Et l’ingénieur d’enterrer sous les chiffres la généralisation des énergies renouvelables à grande échelle.

“Eolien, solaire, biogaz, biomasse, biocarburants, algues ou bactéries modifiées, hydrogène, méthanation, quels que soient les technologies, les générations ou les vecteurs, nous serons rattrapés par un des facteurs physiques : impossible recyclage des matériaux (on installe d’ailleurs aujourd’hui des éoliennes et des panneaux solaires à base de matériaux que l’on ne sait pas recycler), disponibilité des métaux, consommation des surfaces, ou intermittence et rendements trop faibles. Les différentes énergies renouvelables ne posent pas forcément de problème en tant que tel, mais c’est l’échelle à laquelle certains imaginent pouvoir en disposer qui est irréaliste. (…) Il n’y a pas assez de lithium sur terre pour équiper un parc de plusieurs centaines de millions de véhicules électriques et pas assez de platine pour un parc équivalent de véhicules à hydrogène.”

Comme il le dit dans son article : “Il n’y a pas de loi de Moore dans le monde physique de l’énergie”.

Et encore, l’ingénieur n’évoque pas l’effet rebond et le paradoxe de Jevons qui nous conduisent à l’emballement des besoins. “Certains voient dans les énergies renouvelables une possibilité de relocalisation, de maîtrise par les territoires de la production énergétique. C’est sans conteste vrai pour des technologies simples (solaire thermique domestique ou petites éoliennes), sûrement pas pour les développements high-tech que l’on nous promet : la fabrication, l’installation et la maintenance des monstres techniques que sont les éoliennes de 3 ou 5 MW ne sont à la portée que d’une poignée d’entreprises transnationales, s’appuyant sur une organisation de production mondialisée et une expertise fortement centralisée, mettant en oeuvre des moyens industriels coûteux.”

Pour lui, la disparition à terme des ressources doit surtout nous poser une question sur le sens de la plupart de nos innovations et de nos comportements. Nous sommes dans une impasse extractiviste, productiviste et consumériste. Nous sommes dans ce que le théoricien des sciences sociales, Roberto Unger appelle “la dictature de l’absence d’alternatives”.

La planète n’a pas de plan B

Pour Philippe Bihouix, il n’y a pas de plan B. Comme il le dit dans son article. “Il nous faut prendre la vraie mesure de la transition nécessaire et admettre qu’il n’y aura pas de sortie par le haut à base d’innovation technologique – ou qu’elle est en tout cas si improbable, qu’il serait périlleux de tout miser dessus. Nous devrons décroître, en valeur absolue, la quantité d’énergie et de matières consommées.”

C’est tout l’enjeu des low techs, des “basses technologies” que promeut l’ingénieur… Pour lui, il nous faut changer le moteur même de l’innovation. Utiliser des matériaux renouvelables et recyclables. Eviter les alliages, concevoir des objets modulaires, réparables. Il faut innover dans le “faire moins” et le “faire durable”. Il nous faut une innovation qui ait une finalité différente de celle d’aujourd’hui. Pour lui, il faut démachiniser les services. Demain, plus qu’aujourd’hui, nous allons devoir nous poser la question de ce que l’on produit, pourquoi on le produit et comment. Et les réponses à ces questions ne seront pas faciles. Faudra-t-il instaurer une police sur les produits qu’on aura le droit ou pas de fabriquer ? Des règles de conception basées sur la non-dispersion des matériaux et imposer des taux de recyclage toujours plus élevés – tuant à terme toute tentative pour concevoir de nouveaux matériaux, puisque leur complexité n’est pas soluble avec la durabilité ? Le livre de Bihouix pose une question de fond : celle de la régulation de l’épuisement des ressources. Quand on observe les réserves, à effort énergétique constant et sans prendre en compte le développement de la planète, nous avons un stock de ressources d’une centaine d’années sur la plus grande partie des matériaux.

Dans son livre, Philippe Bihouix demeure confus dans les solutions qu’il propose, comme s’il restait démuni face à l’accablant constat qu’il dresse, comme si aucune n’était capable de faire la différence et que c’est seulement leur conjonction qui nous permettra de résister à ce que nous avons enclenché.

L’effondrement

Notre avenir hésite donc entre une lente submersion et un effondrement. Rien de réjouissant.

L’effondrement, c’est pourtant la piste qu’explorent Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans un autre livre de la collection anthropocène du Seuil, qui sonne comme une suite ou un prolongement au titre de Bihouix. Dans le très documenté Comment tout peut s’effondrer, Servigne et Stevens envisagent le pire : rien de moins que l’effondrement de notre civilisation.
Le mythe de l’apocalypse a toujours été une réponse à celui du progrès, rappellent-ils. Deux mythes s’affrontent. “Le cornucopien, celui qui vit dans le mythe de la corne d’abondance pour qui l’avenir est un progrès illimité où l’humain continuera à maîtriser son environnement grâce à sa puissance technique et à son inventivité. Pour les malthusiens, au contraire, cette puissance et cette inventivité ont des limites”. Nous sommes en train de passer de l’un à l’autre.

Eux aussi dévident le long écheveau des constats accablants. “Les limites de notre civilisation sont imposées par les quantités de ressources dites ‘stock”, par définition non renouvelables (énergies fossiles et minerais), et les ressources “flux” (eau, bois, aliments, etc.) qui sont renouvelables mais que nous épuisons à un rythme bien trop soutenu pour qu’elles aient le temps de se régénérer.” La crise des minerais et de l’énergie s’apprête à entraîner toutes les autres. “Sans une économie qui fonctionne, il n’y a plus d’énergie facilement accessible. Et sans énergie accessible, c’est la fin de l’économie telle que nous la connaissons.” Nous sommes en train de transgresser toutes les limites, toutes les frontières de notre planète, qui provoquent à leur tour une mise en chaîne des bouleversements. Nous sommes coincés dans nos choix technologiques du passé. “La globalisation, l’interconnexion et l’homogénéisation de l’économie ont rigidifié encore le verrouillage, en augmentant exagérément la puissance des systèmes déjà en place”. Notre complexité devient la cause de notre effondrement. Aucune de nos institutions n’est adaptée au monde sans croissance à venir. Elles ont été conçues pour et par la croissance.

Servigne et Stevens suivent en cela les constats alarmistes du physicien Dennis Meadows, l’auteur du rapport initial sur les limites de la croissance en 1972. “Il est trop tard pour le développement durable, il faut se préparer aux chocs et construire dans l’urgence des petits systèmes résilients”.

Pour eux, l’effondrement n’est pas tant une transformation brutale, un retour à la barbarie, qu’“une situation inextricable, irréversible et complexe, pour laquelle il n’y a pas de solutions, mais juste des mesures à prendre pour s’y adapter”. Comme face à une maladie incurable, il n’y a pas de solutions, mais des choses à faire. Pour eux, la décroissance volontariste n’est plus d’actualité. La réduction graduelle, maîtrisée et volontaire de nos consommations matérielles et énergétiques n’est plus réaliste. Ils renvoient dos à dos la mutation d’Albert Jacquard ou la transition de Rob Hopkins, qui évacuent l’urgence comme les tensions et conflits qui s’annoncent. Nous sommes là encore face à une conjonction d’effondrements : des ressources, des finances, de l’économie, de la politique, de la société et de la culture… Un effondrement total, systémique “où même la possibilité de redémarrer une société dans un environnement épuisé serait très faible pour ne pas dire impossible.”

Si la littérature écologique a toujours été anxiogène, autant dire que l’avenir qu’ils dessinent est totalement déprimant puisqu’il est sans échappatoire aucun. L’imaginaire post-apocalyptique deMad Max se dispute à celui de Walking dead, sans nous permettre d’entrevoir si l’un des deux serait mieux que l’autre.

Pourtant, c’est certainement en dressant le constat de l’apocalypse qui approche que les auteurs esquissent leurs perspectives les plus stimulantes. En s’intéressant à ce qu’ils appellent la collapsologie, c’est-à-dire à l’étude transdisciplinaire des conséquences de l’effondrement, ils nous invitent à travailler à trouver des réponses à l’avenir qui nous attend. Non pas des solutions pour modifier notre fatal avenir, mais pour y faire face. Notre résilience à l’effondrement dépend de notre capacité à faire la prospective, l’étude, démographique, sociologique, économique, politique, géopolitique, psychologique, philosophique, médicale, artistique de l’effondrement.

Face à une perspective où l’homme deviendrait un loup pour l’homme, ils rappellent qu’au contraire, lors de catastrophes, la plupart des humaines montrent des comportements altruistes, calmes et posés. “L’image de la violence sociale issue des catastrophes ne correspond pas à la réalité”. Les comportements de compétition et d’agressivité sont mis de côté. Face au choc nous nous révélons peu enclins à la violence. “Les communautés humaines portent en elles de formidables capacités “d’autoguérison”. Invisibles en temps normal, ces mécanismes de cohésion sociale très puissants permettent à une communauté de renaître d’elle-même après un choc en recréant des structures sociales qui favorisent sa survie dans le nouvel environnement”.

“Se préparer à une catastrophe signifie donc d’abord tisser du lien autour de soi”. Et les auteurs de nous inviter à nous pencher sur la compréhension de la résilience des communautés, ce champ de recherche le plus important de la collapsologie. “L’individualisme est un luxe que seule une société richissime en énergie peut se payer”. Pour eux, notre meilleure manière de résister à l’effondrement consiste à reconstruire des pratiques collectives “que notre société matérialiste et individualiste a méthodiquement et consciencieusement détricotées”.

Passé le déni de ce constat – et il n’est pas simple, le livre de Servigne et Stevens est éprouvant. Passé le déni, Servigne et Stevens prônent la relocalisation, la construction de petits systèmes résilients survivalistes comme perspective. Mais elle n’est pas la seule. Ils évoquent également, trop rapidement, la coordination à grande échelle de la transition en évoquant par exemple la mobilisation lancée par les gouvernements lors des deux guerres mondiales, prônant recyclage et rationnement. “Lorsqu’on s’organise dans un but commun, il est possible de faire vite et de voir grand”.
Pour Servigne et Stevens, il n’y a pas de solutions à notre situation inextricable, il y a juste des chemins à emprunter pour s’adapter, se préparer à notre nouvelle réalité et tenter d’en atténuer certains effets.

Les technologies de l’effondrement

Au terme de ces lectures, nous sommes arrivés bien loin des perspectives dressées par les technologies vertes, le Green IT, l’innovation pour l’innovation, ou le greenwashing du monde des technologies qu’on évoque tous les jours.

Les Lows tech de Philippe Bihouix esquissent le besoin d’une réponse technologique au constat que dressent Servigne et Stevens. Mais, comme le soulignent les seconds, elles réclament une mobilisation. L’Institut momentum, fondé en 2011, auquel les trois auteurs se rattachent, tente dans ses publications d’en esquisser des pistes. Derrière ces constats que beaucoup auront du mal à partager, tant ils sont effrayants, ce que j’en retiens, pour ma part, c’est qu’il y a aussi un programme de travail et d’innovation pour les technologies, qui ne repose pas sur un progrès infini, sur une efficience toujours plus poussée, mais sur la robustesse, le recyclage et la frugalité… et ce, alors que notre évolution technique nous en éloigne de plus en plus.

La réponse au constat accablant de l’effondrement ne peut reposer sur le déni ou l’aveuglement. Si on le prend au sérieux, il nécessite de réorienter notre système d’innovation et ses priorités, d’aller bien plus loin que de décarboner notre développement technologique : il nécessite de développer des technologies de l’effondrement. Des technologies plus simples, monomatérielles, recyclables, robustes, déselectronisées, déconnectées, décomplexifiées… Il nécessite de prendre au sérieux la piste de “l’écologie by design”, c’est-à-dire d’intégrer l’impact écologique au début de la conception de nos objets techniques pour nous amener à réduire les intrants, les déchets, la demande et gérer les effets rebonds.

Cela nécessite aussi d’explorer d’autres pistes technologiques que celles que nous propose une innovation basée toujours plus sur le marché. Plutôt que nous intéresser à la voiture autonome, nous devons nous poser la question des systèmes de transports dans un monde postcarbone.Comment développer des technologies complexes dans un monde contraint nécessitant un recyclage total des matériaux ? Quels systèmes de communication pour un monde postcarbone ? Quels systèmes de santé ? Comment développer et démultiplier la puissance de l’énergie cinétique, permettant seule de produire de l’énergie sans aucun intrants, à l’image de la GravityLight, cette lampe qui fournit 20 à 30 minutes d’électricité simplement en tirant sur un fil, du vélo à assistance mécanique, de la pile qui se recharge en la secouant, ou de l’éolienne personnelle ?… C’est le message que nous délivrait déjà Kris de Decker de Low Tech Magazine à Lift en 2011, en nous invitant à nous intéresser aux basses technologies, aux technologies de base pour résoudre nos problèmes à venir.

La technologie doit aussi apporter une réponse à la collapsologie. Et nous avons besoin de tout autant d’innovation dans un monde malthusien que cornucopien. Mais une innovation porteuse d’autres valeurs, d’une autre aspiration que notre propre destruction.

Bihouix, Stevens, Servigne nous invitent à prendre conscience que nous devons apporter des réponses innovantes et technologiques plus adaptées aux contraintes qui sont les nôtres. Que le déni du changement climatique et de la finitude des ressources ne nous aidera en rien. Ils nous invitent à affronter nos peurs et à y répondre. A être courageux… et donc ambitieux.

Hubert Guillaud

Effondrement ou évolution ?....

Voir les commentaires

Déclaration des droits de l'humanité

5 Novembre 2015, 07:51am

Publié par pam

DECLARATION DES DROITS DE L'HUMANITÉ.

PRÉAMBULE

Rappelant que l’humanité et la nature sont en péril et qu’en particulier les effets néfastes des changements climatiques, l’accélération de la perte de la biodiversité, la dégradation des terres et des océans, constituent autant de violations des droits fondamentaux des êtres humains et une menace vitale pour les générations présentes et futures,

Constatant que l’extrême gravité de la situation, qui est un sujet de préoccupation pour l’humanité tout entière, impose la reconnaissance de nouveaux principes et de nouveaux droits et devoirs,

Rappelant son attachement aux principes et droits reconnus dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, y compris à l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi qu’aux buts et principes de la Charte des Nations Unies,

Rappelant la Déclaration sur l’environnement de Stockholm de 1972, la Charte mondiale de la nature de New York de 1982, la Déclaration sur l’environnement et le développement de Rio de 1992, les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies « Déclaration du millénaire » de 2000 et « L’avenir que nous voulons » de 2012,

Rappelant que ce même péril est reconnu par les acteurs de la société civile, en particulier les réseaux de personnes, d’organisations, d’institutions, de villes dans la Charte de la Terre de 2000,

Rappelant que l’humanité, qui inclut tous les individus et organisations humaines, comprend à la fois les générations passées, présentes et futures, et que la continuité de l’humanité repose sur ce lien intergénérationnel,

Réaffirmant que la Terre, foyer de l’humanité, constitue un tout marqué par l’interdépendance et que l’existence et l’avenir de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel,

Convaincus que les droits fondamentaux des êtres humains et les devoirs de sauvegarder la nature sont intrinsèquement interdépendants, et convaincus de l’importance essentielle de la conservation du bon état de l’environnement et de l’amélioration de sa qualité,

Considérant la responsabilité particulière des générations présentes, en particulier des Etats qui ont la responsabilité première en la matière, mais aussi des peuples, des organisations intergouvernementales, des entreprises, notamment des sociétés multinationales, des organisations non gouvernementales, des autorités locales et des individus,

Considérant que cette responsabilité particulière constitue des devoirs à l’égard de l’humanité, et que ces devoirs, comme ces droits, doivent être mis en œuvre à travers des moyens justes, démocratiques, écologiques et pacifiques,

Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à l’humanité et à ses membres constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde,

Proclame les principes, les droits et les devoirs qui suivent et adopte la présente déclaration :

LES PRINCIPES

I
Le principe de responsabilité, d’équité et de solidarit
é, intragénérationnelles et intergénérationnelles, exige de la famille humaine et notamment des Etats d’œuvrer, de manière commune et différenciée, à la sauvegarde et à la préservation de l’humanité et de la terre.

II
Le principe de dignité de l’humanité et de ses membr
es implique la satisfaction de leurs besoins fondamentaux ainsi que la protection de leurs droits intangibles. Chaque génération garantit le respect de ce principe dans le temps.

III
Le principe de continuité de l’existence de l’humani
té garantit la sauvegarde et la préservation de l’humanité et de la terre, à travers des activités humaines prudentes et respectueuses de la nature, notamment du vivant, humain et non humain, mettant tout en œuvre pour prévenir toutes les conséquences transgénérationnelles graves ou irréversibles.

IV
Le principe de non-discrimination à raison de l’appartenance à une générati
on préserve l’humanité, en particulier les générations futures et exige que les activités ou mesures entreprises par les générations présentes n’aient pas pour effet de provoquer ou de perpétuer une réduction excessive des ressources et des choix pour les générations futures.

LES DROITS DE L’HUMANITÉ

V
L’humanité, comme l’ensemble des espèces vivantes, a droit de vivre dans un environnement sa
in et écologiquement soutenable.

VI
L’humanité a droit à un développement responsable, équitable, solidaire et durabl
e.

VII
L’humanité a droit à la protection du patrimoin
e commun et de son patrimoine naturel et culturel, matériel et immatériel.

VIII
L’humanité a droit à la préservation des biens commun
s, en particulier l’air, l’eau et le sol, et à l’accès universel et effectif aux ressources vitales. Les générations futures ont droit à leur transmission.

IX
L’humanité a droit à la pai
x, en particulier au règlement pacifique des différends, et à la sécurité humaine, sur les plans environnemental, alimentaire, sanitaire, économique et politique. Ce droit vise, notamment, à préserver les générations successives du fléau de la guerre.

X
L’humanité a droit au libre choix de déterminer son desti
n. Ce droit s’exerce par la prise en compte du long terme, et notamment des rythmes inhérents à l’humanité et à la nature, dans les choix collectifs.

LES DEVOIRS À L’ÉGARD DE L’HUMANITÉ

XI
Les générations présentes ont le devoir d’assurer le respect des droits de l’humanité, comme celui de l’ensemble des espèces vivantes. Le respect des droits de l’humanité et de l’homme, qui sont indissociables, s’appliquent à l’égard des générations successives.

XII
Les générations présentes, garantes des ressources, des équilibres écologiques, du patrimoine commun et du patrimoine naturel, culturel, matériel et immatériel, ont le devoir de faire en sorte que ce legs soit préservé et qu’il en soit fait usage avec prudence, responsabilité et équité.

XIII
Afin d’assurer la pérennité de la vie sur terre, les générations présentes ont le devoir de tout mettre en œuvre pour préserver l’atmosphère et les équilibres climatiques et de faire en sorte de prévenir autant que possible les déplacements de personnes liés à des facteurs environnementaux et, à défaut, de secourir les personnes concernées et de les protéger.

XIV
Les générations présentes ont le devoir d’orienter le progrès scientifique et technique vers la préservation et la santé de l’espèce humaine et des autres espèces. A cette fin, elles doivent, en particulier, assurer un accès et une utilisation des ressources biologiques et génétiques respectant la dignité humaine, les savoirs traditionnels et le maintien de la biodiversité.

XV
Les Etats et les autres sujets et acteurs publics et privés ont le devoir d’intégrer le long terme et de promouvoir un développement humain et durable. Celui-ci ainsi que les principes, droits et devoirs proclamés par la présente déclaration doivent faire l’objet d’actions d’enseignements, d’éducation et de mise en œuvre.

XVI
Les Etats ont le devoir d’assurer l’effectivité des principes, droits et devoirs proclamés par la présente déclaration, y compris en organisant des mécanismes permettant d’en assurer le respect.

RÉDIGÉ PAR CORINNE LEPAGE POUR LA COP21

Déclaration des droits de l'humanité

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>