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ecologie

Le jour du dépassement...

19 Août 2014, 18:06pm

Publié par pam

Aujourd'hui les terriens ont dépassé pour cette année les ressources naturelles renouvelables et vivent donc à crédit jusqu'au 31 décembre prochain.

Et vous ? vous avez fait quoi aujourd'hui pour améliorer les choses ?

D'accord une personne sur 9 milliards ça semble peu mais n'oubliez pas que nous sommes bien plus nombreux que les médias et les politiques voudraient le ou nous le faire croire à vouloir que ça change, à refuser la société qu'on nous propose.

Alors ? vous ferez quoi demain pour la planète ? pour nos enfants et nos petits enfants ?

Des idées ?....

Le jour du dépassement...

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alternatives

18 Août 2014, 07:11am

Publié par pam

"Le mouvement des Alternatiba ce sont des villages des alternatives pour redécouvrir la citoyenneté. C'est à dire le pouvoir que chacun à notre niveau peut avoir sur le local et donc sur le global aussi. Même si le pouvoir de chacun est minime, la liberté que chacun peut acquérir peut donner un pouvoir beaucoup plus grand que ce que l'on l'imagine. Ce sont ces libertés là qu'il faut redécouvrir par un travail collectif, par le reconnaissance qu'il y a plein de gens qui font des petites choses et donc moi aussi je peux faire des petites choses. Et ces petites choses une fois assemblées ne sont plus si petit que ça." Hervé Kempf

et aussi :

http://blogs.mediapart.fr/blog/alternatiba

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antinucléaire...

14 Août 2014, 06:50am

Publié par Vincent Rémy. Télérama

Pour ceux qui ont du mal à comprendre les "trucs techniques"...

Pour ceux qui veulent des arguments intelligents à opposer aux pollueurs, aux naïfs, aux imbéciles et à ceux qui croient encore que de Gaulle et son idée de tout nucléaire était génial...

Pour ceux qui ont encore des doutes...

Pour toutes les autruches qui préfèrent oublier que nous sommes entourés de bombes à retardement dont le coût du démantèlement sera faramineux...

Et pour ceux qui ne savent pas encore qu'à nos portes d'autres pays trouvent des solutions....

antinucléaire...

Bernard Laponche : “Il y a une forte probabilité d'un accident nucléaire majeur en Europe”

QUELLE ÉNERGIE POUR L'AVENIR ? | Physicien nucléaire, polytechnicien, Bernard Laponche est formel : la France est dans l'erreur. Avec le nucléaire, elle s'obstine à privilégier une énergie non seulement dangereuse mais obsolète. Alors que d'autres solutions existent, grâce auxquelles les Allemands ont déjà commencé leur transition énergétique.

Le 18/06/2011 à 00h00- Mis à jour le 11/08/2014 à 16h09
Propos recueillis par Vincent Remy - Télérama n° 3205

Il est des leurs. Enfin, il était des leurs. Polytechnicien, physicien nucléaire, Bernard Laponche a participé, dans les années 1960, au sein du Commissariat à l'énergie atomique, à l'élaboration des premières centrales françaises. La découverte des conditions de travail des salariés de la Hague sera pour lui un choc : il prend conscience du danger de l'atome, qu'il juge moralement inacceptable. Dès les années 1980, Bernard Laponche, désormais militant au sein de la CFDT, prône la maîtrise de la consommation énergétique et le développement des énergies renouvelables. Les décennies suivantes lui ont donné raison. Mais la France, seul pays au monde à avoir choisi l'option du tout-nucléaire, s'obstine dans l'erreur, déplore-t-il, et s'aveugle : énergie du passé, sans innovation possible, le nucléaire ne représente pas seulement une menace terrifiante, pour nous et pour les générations qui suivront ; il condamne notre pays à rater le train de l'indispensable révolution énergétique.

On présente toujours l'énergie nucléaire comme une technologie très sophistiquée. Vous dites qu'il s'agit juste du « moyen le plus dangereux de faire bouillir de l'eau chaude » (1) . C'est provocateur, non ?
Pas vraiment... Un réacteur nucléaire n'est qu'une chaudière : il produit de la chaleur. Mais au lieu que la chaleur, comme dans les centrales thermiques, provienne de la combustion du charbon ou du gaz, elle est le résultat de la fission de l'uranium. Cette chaleur, sous forme de vapeur d'eau, entraîne une turbine qui produit de l'électricité. L'énergie nucléaire n'est donc pas ce truc miraculeux qui verrait l'électricité « sortir » du réacteur, comme s'il y avait une production presque spontanée...

Pourquoi cette image s'est-elle imposée ?
Les promoteurs du nucléaire ne tiennent pas à mettre en avant la matière première, l'uranium. C'est lié au fait qu'à l'origine le nucléaire était militaire, donc stratégique. Et puis en laissant penser que l'électricité est produite directement, ils lui donnent un côté magique, ainsi qu'une puissance trois fois plus élevée, car c'est la chaleur produite que l'on évalue, pas l'électricité. Or les deux tiers de la chaleur sont perdus, ils réchauffent l'eau des fleuves ou de la mer qui sert à refroidir les réacteurs.

Parlons donc du combustible...
Ce sont des crayons d'uranium, de l'uranium légèrement enrichi en isotope 235, pour les réacteurs français. La fission est une découverte récente (1938) : un neutron tape un noyau d'uranium qui explose, produit des fragments, donc de l'énergie, et des neutrons, qui vont taper d'autres noyaux – c'est la réaction en chaîne. La multiplication des fissions produit de la chaleur. Or les fragments de la fission sont de nouveaux produits radioactifs, qui émettent des rayons alpha, bêta, gamma... A l'intérieur des réacteurs, vous produisez donc de la chaleur, c'est le côté positif, mais aussi des produits radioactifs, notamment du plutonium, le corps le plus dangereux qu'on puisse imaginer, qui n'existe qu'à l'état de trace dans la nature. On aurait dû s'interroger dès l'origine : ce moyen de produire de l'eau chaude est-il acceptable ?

Cette réaction en chaîne, on peut tout de même l'arrêter à chaque instant, non ?
Dans un fonctionnement normal, on abaisse les barres de contrôle dans le cœur du réacteur : elles sont constituées de matériaux qui absorbent les neutrons, ce qui arrête la réaction en chaîne. Mais il faut continuer de refroidir les réacteurs une fois arrêtés, car les produits radioactifs continuent de produire de la chaleur. La nature même de la technique est donc source de risques multiples : s'il y a une panne dans les barres de contrôle, il y a un emballement de la réaction en chaîne, ce qui peut provoquer une explosion nucléaire ; s'il y a une fissure dans le circuit d'eau, il y a perte de refroidissement, la chaleur extrême détruit les gaines du combustible, certains produits radioactifs s'échappent, on assiste à la formation d'hydrogène, cet hydrogène entraîne des matières radioactives et peut exploser.

“Puisque le point de départ, c'est la création
de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe
est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique
les moyens de sa propre destruction.”

Mais on multiplie les systèmes de protection...
Vous avez beau les multiplier, il y a toujours des situations dans lesquelles ces protections ne tiennent pas. A Tchernobyl, on a invoqué, à juste titre, un défaut du réacteur et une erreur d'expérimentation ; à Fukushima, l'inondation causée par le tsunami. Au Blayais, en Gironde, où la centrale a été inondée et où on a frôlé un accident majeur, on n'avait pas prévu la tempête de 1999. Mais on a vu des accidents sans tsunami ni inondation, comme à Three Mile Island, aux Etats-Unis, en 1979. On peut aussi imaginer, dans de nombreux pays, un conflit armé, un sabotage... Puisque le point de départ, c'est la création de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique les moyens de sa propre destruction.

Y a-t-il eu des innovations en matière nucléaire ?
Aucun progrès technologique majeur dans le nucléaire depuis sa naissance, dans les années 1940 et 1950. Les réacteurs actuels en France sont les moteurs des sous-marins atomiques américains des années 1950. En plus gros. Les réacteurs, l'enrichissement de l'uranium et le retraitement, sont des technologies héritées de la Seconde Guerre mondiale. On a juste augmenté la puissance et ajouté des protections. Mais parce que le système est de plus en plus compliqué, on s'aperçoit que ces protections ne renforcent pas toujours la sûreté.

On a du mal à croire qu'il n'y ait eu aucune innovation majeure...
Si, le surgénérateur ! Avec Superphénix, on changeait de modèle de réacteur. Et heureusement qu'on l'a arrêté en 1998, car il était basé sur l'utilisation du plutonium. Le plutonium est un million de fois plus radioactif que l'uranium. Comment a-t-on pu imaginer faire d'un matériau aussi dangereux le combustible d'une filière de réacteurs exportable dans le monde entier ?

Nicolas Sarkozy affirme que si l'on refuse le nucléaire, on doit accepter de s'éclairer à la bougie. Qu'en pensez-vous ?
Il est lassant d'entendre des dirigeants qui n'y connaissent rien continuer à dire n'importe quoi. Nicolas Sarkozy ne croit pas si bien dire ; un jour, et pourquoi pas dès cet été, les Français s'éclaireront à la bougie : comme nous sommes le seul pays au monde à avoir choisi de produire 80 % de notre électricité avec une seule source, le nucléaire, et une seule technique, le réacteur à eau pressurisée, si nous sommes contraints d'arrêter nos réacteurs, nous retournerons à la bougie ! Pas besoin d'une catastrophe, juste un gros pépin générique, ou une sécheresse et une canicule exceptionnelles. Car on ne peut pas faire bouillir l'eau des rivières. En revanche, si l'on décidait de sortir du nucléaire en vingt ans, on pourrait démultiplier notre inventivité énergétique pour justement éviter la bougie.

Les défenseurs du nucléaire disent qu'en France, avec notre nouveau réacteur, l'EPR, que l'on construit à Flamanville, on arrive à un risque quasi nul...
Chaque pays assure que ses réacteurs sont mieux que les autres. Avant Fukushima, le discours des Japonais était le même que celui des Français. On en est déjà à cinq réacteurs détruits (Three Mile Island, Tchernobyl, et trois réacteurs à Fukushima) sur quatre cent cinquante réacteurs dans le monde, des centaines de kilomètres carrés inhabitables. La probabilité théorique, selon les experts de la sûreté nucléaire, devait être de un pour cent mille « années-réacteur » [une année-réacteur, c'est un réacteur fonctionnant pendant un an, NDLR], voire un million d'années-réacteur pour un accident majeur, type Tchernobyl ! La réalité de ce qui a été constaté est trois cents fois supérieure à ces savants calculs. Il y a donc une forte probabilité d'un accident nucléaire majeur en Europe.

Une innovation majeure pourrait-elle vous conduire à revoir votre jugement ?
Je ne vois pas de solution dans l'état actuel, non pas de l'ingénierie, mais de la connaissance scientifique. Je ne dis pas qu'un jour un savant ne trouvera pas un moyen d'utiliser l'énergie de liaison des noyaux de façon astucieuse, qui ne crée pas ces montagnes de produits radioactifs. Mais pour le moment, il n'y a pas !

Pourquoi vous opposez-vous à Iter, expérience sur la fusion menée à Cadarache, sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ?
La fusion, c'est l'inverse de la fission. On soude deux petits noyaux, deux isotopes de l'hydrogène, le deutérium (un proton et un neutron) et le tritium (un proton et deux neutrons), et cette soudure dégage de l'énergie. Mais il faut arriver à les souder, ces noyaux ! Dans le Soleil, ils se soudent du fait de la gravitation. Sur Terre, on peut utiliser une bombe atomique, ça marche très bien. L'explosion provoque la fusion des deux noyaux, qui provoque une seconde explosion beaucoup plus forte : c'est la bombe à hydrogène, la bombe H. Pour une fusion sans bombe, il faut créer des champs magnétiques colossaux afin d'atteindre des températures de cent millions de degrés. Iter, à l'origine un projet soviétique, est une expérience de laboratoire à une échelle pharaonique, des neutrons extrêmement puissants bombardent les parois en acier du réacteur, ces matériaux deviennent radioactifs et doivent d'ailleurs être remplacés très souvent. Je ne suis pas spécialiste de la fusion, mais je me souviens que nos deux derniers Prix Nobel français de physique, Pierre-Gilles de Gennes et Georges Charpak, avaient dit qu'Iter n'était pas une bonne idée. Ils prônaient les recherches fondamentales avant de construire cet énorme bazar. Personne n'a tenu compte de leur avis, et nos politiques se sont précipités, sur des arguments de pure communication – on refait l'énergie du Soleil – pour qu'Iter se fasse en France.

Pourquoi ?
Parce que les Français veulent être les champions du nucléaire dans le monde. Les Japonais voulaient Iter, mais leur Prix Nobel de physique Masatoshi Koshiba a dit « pas question », à cause du risque sismique. Je pense que ce projet va s'arrêter parce que son prix augmente de façon exponentielle. Et personne ne s'est posé la question : si jamais ça marchait ? Que serait un réacteur à fusion ? Comme disent les gens de l'association négaWatt, pourquoi vouloir recréer sur Terre l'énergie du Soleil puisqu'elle nous arrive en grande quantité ?

Que répondez-vous à ceux qui pensent que l'impératif du réchauffement climatique, donc la nécessaire réduction des émissions de CO2, nous impose d'en passer par le nucléaire ?
Tout d'abord, on ne peut pas faire des émissions de CO2 le seul critère de choix entre les techniques de production d'électricité. Faut-il accepter qu'au nom du climat, tous les cinq ou dix ans, un accident de type Fukushima se produise quelque part dans le monde ? Ensuite, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a montré que si l'on voulait tenir nos objectifs de réduction des émissions de CO2, la moitié de l'effort devait porter sur les économies d'énergie. Pour l'autre moitié, le recours aux énergies renouvelables est essentiel, la part du nucléaire n'en représentant que 6 %. Il faut donc relativiser l'avantage du nucléaire.

“Comme on a fait trop de centrales, il y a eu
pression pour la consommation d'électricité,
en particulier pour son usage le plus imbécile, le
chauffage, pour lequel la France est championne.”

Vous avez commencé votre carrière au CEA et avez été un artisan de cette énergie. Que s'est-il passé ?
J'ai même fait une thèse sur le plutonium, et je ne me posais aucune question. Tout est très compartimenté au CEA, je faisais mes calculs sur la centrale EDF 3 de Chinon, n'avais aucune idée des risques d'accident ni du problème des déchets. Je travaillais avec des gens brillants. Et puis j'ai commencé à militer à la CFDT, après 68, et on s'est intéressé aux conditions de travail des travailleurs de la Hague. Je me suis aperçu que, moi, ingénieur dans mon bureau, je ne connaissais rien de leurs conditions de travail, et que les gens de la Hague ne savaient pas ce qu'était un réacteur nucléaire. On a donc écrit, en 1975, un bouquin collectif qui a été un best-seller, L'Electronucléaire en France. Le patron du CEA de l'époque a d'ailleurs reconnu la qualité de ce travail. Pour cela, j'ai travaillé pendant six mois à partir de documents américains, parce qu'en France il n'y avait rien. La CFDT a alors pris position contre le programme nucléaire. J'ai commencé à travailler sur les alternatives au nucléaire et, en 1982, je suis entré à l'Agence française pour la maîtrise de l'énergie.

Cela fait trente ans... Que prôniez-vous à l'époque ?
Mais la même chose qu'aujourd'hui : économies d'énergie et énergies renouvelables ! Les principes de l'électricité photovoltaïque, donc des panneaux solaires, étaient déjà connus. Aujourd'hui, on ne parle que de l'électricité, mais ce qu'il faudrait d'abord installer partout, c'est des chauffe-eau solaires ! Rien de plus simple : un fluide caloporteur circule dans un tube sous un panneau vitré, et permet d'obtenir de l'eau à 60 degrés. L'Allemagne, pays moins ensoleillé que la France, a dix fois plus de chauffe-eau solaires. Dans le Midi, il n'y en a pas, ou si peu !

Cela ne demande pas beaucoup d'innovation...
L'innovation permet avant tout de réduire les coûts. L'éolien, sa compétitivité face au nucléaire est acquise. En ce qui concerne le photovoltaïque, les Allemands anticipent des coûts en baisse de 5 % chaque année. Il y a beaucoup de recherches à faire sur les énergies marines, les courants, l'énergie des vagues, la chaleur de la terre avec la géothermie. Les énergies renouvelables, sous un mot collectif, sont très différentes, et peuvent couvrir à peu près tous les besoins énergétiques. Les Allemands estiment qu'elles couvriront 80 % des leurs d'ici à 2050. C'est plus que crédible, à condition de toujours rechercher les économies d'énergie.

Le fait qu'on ait produit de l'électricité à partir du nucléaire à un coût modique, ne prenant pas en compte les coûts du démantèlement et de la gestion à long terme des déchets radioactifs, a-t-il pénalisé les énergies renouvelables ?
Oui, et comme on a fait trop de centrales nucléaires, il y a toujours eu pression pour la consommation d'électricité, et en particulier pour son usage le plus imbécile, le chauffage électrique, pour lequel la France est championne d'Europe. On construit des logements médiocres, l'installation de convecteurs ne coûte rien, cela crée du coup un problème de puissance électrique globale : en Europe, la différence entre la consommation moyenne et la pointe hivernale est due pour moitié à la France ! Résultat, l'hiver, nous devons acheter de l'électricité à l'Allemagne, qui produit cette électricité avec du charbon… Hors chauffage, les Français consomment encore 25 % de plus d'électricité par habitant que les Allemands. Qui n'ont pas seulement des maisons mieux isolées, mais aussi des appareils électroménagers plus efficaces, et qui font plus attention, car l'électricité est un peu plus chère chez eux.

“Les Allemands étudient des réseaux
qui combinent biomasse, hydraulique, éolien,
photovoltaïque. Ils réussissent la transition
énergétique. Parce qu'ils l'ont décidée.”

Quelles sont les grandes innovations à venir en matière d'énergie ?
Les « smart grids », les réseaux intelligents ! Grâce à l'informatique, on peut optimiser la production et la distribution d'électricité. A l'échelle d'un village, d'une ville ou d'un département, vous pilotez la consommation, vous pouvez faire en sorte, par exemple, que tous les réfrigérateurs ne démarrent pas en même temps. Les défenseurs du nucléaire mettent toujours en avant le fait que les énergies renouvelables sont fluctuantes – le vent ne souffle pas toujours, il n'y a pas toujours du soleil – pour asséner que si l'on supprime le nucléaire, il faudra tant de millions d'éoliennes... Mais tout change si l'on raisonne en termes de combinaisons ! Les Allemands étudient des réseaux qui combinent biomasse, hydraulique, éolien, photovoltaïque. Et ils travaillent sur la demande : la demande la nuit est plus faible, donc avec l'éolien, la nuit, on pompe l'eau qui va réalimenter un barrage qui fonctionnera pour la pointe de jour... C'est cela, la grande innovation de la transition énergétique, et elle est totalement opposée à un gros système centralisé comme le nucléaire. Le système du futur ? Un territoire, avec des compteurs intelligents, qui font la jonction parfaite entre consommation et production locale. Small is beautiful.Les Allemands réussissent en ce moment cette transition énergétique. Parce qu'ils l'ont décidée. C'est cela, le principal : il faut prendre la décision. Cela suppose une vraie prise de conscience.

Comment expliquez-vous l'inconscience française ?
Par l'arrogance du Corps des ingénieurs des Mines, d'une part, et la servilité des politiques, de l'autre. Une petite caste techno-bureaucratique a gouverné les questions énergétiques depuis toujours, puisque ce sont eux qui tenaient les Charbonnages, puis le pétrole, et ensuite le nucléaire. Ils ont toujours poussé jusqu'à l'extrême, et imposé aux politiques, la manie mono-énergétique.

Cela vient de notre pouvoir centralisé ?
Complètement ! Dans les années 1970, un chercheur suédois a écrit une étude sur le fait que le nucléaire marche dans certains pays et pas dans d'autres. Et il en a conclu qu'une structure politico-administrative autoritaire et centralisée avait permis qu'il se développe dans deux pays : l'URSS et la France. Pour de fausses raisons – indépendance énergétique, puissance de la France –, on maintient le lien entre le nucléaire civil et militaire – le CEA a une branche applications militaires, Areva fournit du plutonium à l'armée. Ce complexe militaro-étatico-industriel fait qu'ici on considère madame Merkel comme une folle. Au lieu de se dire que si les Allemands font autrement, on pourrait peut-être regarder… Non, on décide que les Allemands sont des cons. Nos responsables claironnent qu'on a les réacteurs les plus sûrs, que le nucléaire c'est l'avenir, et qu'on va en vendre partout. C'est l'argument qu'on utilise depuis toujours, et on a vendu péniblement neuf réacteurs en cinquante ans, plus les deux qui sont en construction en Chine. Ce n'est pas ce qui était prévu… En dix ans, les Allemands, eux, ont créé près de 400 000 emplois dans les énergies renouvelables.

En dehors des écologistes, personne, y compris à gauche, ne remet en cause le nucléaire...
Les choses évoluent vite. Fukushima ébranle les pro-nucléaire honnêtes. Je pense que la décision allemande aura une influence, pas sur nos dirigeants actuels, mais sur nos industriels et aussi sur les financiers. Ils doivent se dire : vais-je continuer à mettre mes billes dans un truc comme ça ? Il y avait jadis l'alliance Areva-Siemens pour proposer des réacteurs EPR, mais Siemens en est sorti depuis des années. On peut toujours se rassurer en pensant que les Allemands se trompent, mais on peut difficilement soutenir qu'ils aient fait ces dernières décennies de mauvais choix et que leur industrie soit faiblarde...

Les écologistes peuvent-ils peser sur les socialistes ?
Bien sûr. Déjà, en 2000, tout était prêt pour l'EPR, mais Dominique Voynet, ministre de l'Environnement, a dit à Lionel Jospin : « Si tu fais l'EPR, je démissionne. » C'est la seule fois où elle a mis sa démission dans la balance et l'EPR ne s'est pas fait à l'époque. Je travaillais auprès d'elle comme conseiller sur ces questions, j'ai pondu trois cent cinquante notes. Il y avait une bagarre quotidienne entre le ministère de l'Environnement et le ministère de l'Industrie, qui se moquait complètement de la sécurité. Malheureusement, l'EPR est reparti avec Chirac en 2002. Et il va nous coûter très cher. En un demi-siècle, on a gaspillé l'énergie, on a fait n'importe quoi. Il est urgent de choisir une civilisation énergétique qui ne menace pas la vie.

antinucléaire...
antinucléaire...

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Info écolo...

8 Août 2014, 07:43am

Publié par pam

AGRO-ÉCOLOGIE

Les préparations naturelles ne sont plus considérées comme des pesticides

PAR SOPHIE CHAPELLE 22 JUILLET 2014

  • Un pas vient d’être franchi à l’Assemblée nationale pour faciliter le passage à une agriculture sans pesticides. Les préparations naturelles dites « peu préoccupantes » (PNPP), comme le purin d’ortie, de prêle mais aussi l’argile ou le vinaigre blanc, ne seront plus soumises aux mêmes règles que les substances chimiques de synthèse. Un régime simplifié pour l’utilisation et la commercialisation de ces préparations vient ainsi d’être reconnu par la Loi d’avenir agricole, examinée à l’Assemblée nationale le 9 juillet. « A l’heure où ce texte de loi veut promouvoir des systèmes moins consommateurs de pesticides, il eut été pour le moins incompréhensible que des méthodes alternatives simples et naturelles ne trouvent pas leur place », se réjouit Brigitte Allain, députée écologiste de Dordogne.

La liste des PNPP entrant dans la catégorie intitulée « biostimulants » doit encore être définie par voie réglementaire, autrement dit par le ministère de l’Agriculture. Les militants de l’Aspro-PNPP, association qui promeut ces préparations, assurent qu’elle veillera « à ce que les décisions qui seront prises permettent réellement la commercialisation et l’utilisation des PNPP ». Ces dernières années, des agriculteurs, des jardiniers, des élus et des consommateurs ont multiplié les actions civiques en épandant symboliquement sur les places publiques des préparations à base d’extraits végétaux (voir ici et ). Une caravane pour la défense de l’agroécologie paysanne a également sillonné les routes françaises en mai dernier, pour alerter les députés et sénateurs sur les lourdeurs réglementaires encadrant ces préparations. L’amendement concernant les PNPP a été adopté après le passage en deuxième lecture au Sénat le 18 juillet.Lire également : Agriculture bio, semences, emplois, pesticides, fermes usines… Ce que propose la loi d’avenir agricole

Info écolo...

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Nature...

8 Juin 2014, 06:38am

Publié par pam

“L’homme est le fruit du hasard. Loin d’être l’axe de l’univers, il en est le fourrier. Les dégâts qu’il commet sont irréparables.”

Jean Bertolino in “Chaman”

“Par son égoïsme trop peu clairvoyant, par son penchant à jouir de tout, par son insouciance pour l’avenir et pour ses semblables, l’homme semble travailler à l’anéantissement de ses moyens de conservation et à la destruction même de sa propre espèce. Comme s’il était destiné à s’exterminer lui-même après avoir rendu le globe inhabitable.”

Lamark.

“La faute originelle était bien d’avoir cru à une terre idiote, donnée aux humains par un "Tout-Puissant" invisible, avec cette idée terriblement destructrice qu’ils pouvaient en user et en abuser, comme d’une esclave.”

Jean Bertolino in “Chaman”.

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Comment les riches détruisent la planète

27 Mai 2014, 05:34am

Publié par pam

Comment les riches détruisent la planète - Hervé Kempf

"Pour la première fois dans notre histoire, le dynamisme de l’espèce humaine se heurte aux limites de la biosphère. Nous devons relever le défi, magnifique mais redoutable, d’orienter différemment l’énergie humaine.

Or une classe dirigeante cupide fait obstacle à ce changement de cap. Elle n’est animée d’aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice et prétend que la seule voie possible est celle qui accroît toujours plus la richesse.

Cette représentation du monde est aveugle. Elle sous-estime la gravité de l’empoisonnement de la biosphère et consent à dilapider les chances de survie des générations futures. Pour l’auteur de ces pages incisives, on ne résoudra pas la crise écologique sans s’attaquer à la crise sociale. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd’hui les riches qui menacent la planète."

Source : http://www.lecerclepoints.com/livre-comment-les-riches-detruisent-planete-herve-kempf-9782757839898.htm

Infos & Débats Mr Mondialisation

 Comment les riches détruisent la planète

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L'empreinte des avions.

18 Mai 2014, 07:26am

Publié par pam

article extrait de la :

Revue Silence

9, rue Dumenge,
69317 LYON Cedex 04
04 78 39 55 33 (du lundi au jeudi, 10 à 12h, 14 à 17h)

www.revuesilence.net

L'empreinte des avions

***

La flambée des prix du pétrole en 2008 était un avertissement : nous ne sommes pas loin du pic de production. Et il va falloir commencer à changer nos comportements, en particulier au niveau de l'avion.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il faut quand même rappeler que l'avion est un moyen de transport pour les plus privilégiés de la planète. 36 % des avions qui décollent dans le monde le font depuis le territoire des Etats-Unis ! 70 % décollent de l'ensemble Amérique du Nord-Europe-Japon/Corée du Sud. Seulement 3 % décollent d'Afrique1.

L'empreinte des avions

Mais où est le problème, puisque, selon l'Association internationale du transport aérien (IATA), l’avion a une consommation par passager inférieure à celle d’une voiture ? L'Airbus 380 et le Boïng Dreaminer annoncent des consommations de 3 litres aux 100 km par passager. Des chiffres trompeurs.

D'abord, si, dans une voiture urbaine, on ne compte effectivement que 1, 1 passager en moyenne, plus la distance augmente, plus le remplissage est important.

A quatre dans une voiture familiale, la consommation par passager n'est que de 1, 5 litre pour 100 km. Dans un bus, c'est encore bien moins : moins d'un litre aux cent en moyenne2. Le train, — même rapide — consomme encore moins pour chaque passager.

Ensuite, la consommation est annoncée par siège et non par personne : tous les avions ne sont pas remplis lorsqu'ils volent3. Et elle est calculée sur un vol stationnaire... alors que l'avion consomme beaucoup plus au décollage, un décollage qui peut représenter une part importante du voyage pour les trajets de courte distance4.

Enfin, l'essentiel des émissions de gaz à effet de serre ne se limite pas à la consommation de kérosène. Les spécialistes du climat, malgré encore bien des incertitudes, estiment que les traînées de condensation que l'on voit derrière les avions ont un impact sur le réchauffement : elles seraient entre 1 et 4 fois plus graves que la combustion du carburant, car elles forment une sorte de "couvercle" empêchant la chaleur de la planète de s'échapper dans l'espace ; de plus, cela modifie la condensation de l'eau dans les nuages5.

Résultat : les avions seraient responsables, selon les sources, de 4 à 9 % du total des impacts humains sur le climat, une estimation qui monte à 5 à 12 % pour l'Union européenne6.

L'incroyable coût des voyages

Depuis des années, le coût des voyages en avion ne fait que diminuer. Si cela s'explique effectivement par des avions plus économes en carburant, les tarifs baissent également par la biais de méthodes discutables... et illégales.

Arguant qu'une ligne régulière est un apport économique local, les compagnies cherchent de plus en plus à être financées par de l'argent public pour ouvrir de nouvelles liaisons. RyanAir ou Easyjet négocieraient ainsi des aides de 200 000 € à un million d'euros par an pour chaque nouvelle ligne. La Commission européenne est intervenue pour contrer ce phénomène (au nom du libre marché !)... mais les procédures sont longues. La Cour des comptes, en France, mène aussi l'enquête. Elle s'interroge également sur le fait que les aéroports sont maintenant entretenus par l'argent public alors que, naguère, chaque avion payait une taxe d'atterrissage proportionnelle à son poids7.

De nombreux procès sont en instruction.

Les compagnies low-cost jouent également sur les frais de personnel. Les employés sont réduits au minimum et leurs conditions de travail sont dévalorisées. Selon l'European Cockpit Association, qui regroupe les pilotes, chez RyanAir, les salaires sont de 28 % inférieurs à la moyenne, pour un temps de travail 25 % supérieur à la moyenne.

Les conditions de vol pour les passagers sont pour le moins drastiques : sièges serrés, pas de nourriture, surtaxe pour les bagages (parfois aussi chère que le billet). Bref, les prix bas sont un trompe-l'œil qui, malheureusement, fonctionne : la quantité de passagers a connu une croissance importante : entre 5 et 6 % par an depuis une vingtaine d'années. En 2007, il y a eu, au niveau mondial, 2, 26 milliards de voyageurs (+ 7,6 % par rapport à 2006) et 41 millions de tonnes de frêt8.

Même si l'on observe un fléchissement en ce début 2009 du fait de la crise9, la multiplication des transports aériens est une catastrophe écologique.

Pistes d'atterrissage

Il faut espérer que l'Union européenne mette fin au système des financements publics. Cela fera doubler ou tripler le prix des billets et provoquera sans doute la fermeture de nombreuses lignes jugées alors non rentables.

Il faut espérer aussi que la révision du protocole de Kyoto à Copenhague, fin 2009, se penche enfin sur la question des avions et prenne en compte les vrais chiffres de ses conséquences sur le climat.

Il faut espérer encore que la question des avions militaires émerge. Cela donnera sans doute un coup de frein.

Du côté des citoyens, il faudrait informer les gens sur les conséquences négatives des voyages par avion de courte durée et/ou de courtes distances.

Il faudrait s'opposer à toute extension des aéroports existants.

Il va falloir également surveiller la question des agrocarburants, car les compagnies aériennes cherchent activement des alternatives au kérosène dont le prix peut rapidement s'envoler.

Il faudrait que la question du tourisme solidaire et éthique se penche sur la question et s'oriente vers une approche plus écologique, c'est-à-dire sans avion.

Il faudrait redécouvrir que le dépaysement commence au coin de la rue et non pas à l'autre bout du monde.

Il serait souhaitable que le tourisme par avion disparaisse (35 % des vols, voir encart). L'avion ne devrait rester que pour les rares usages où il est indispensable...

Michel Bernard

1 Banque mondiale, Indicateurs de développement dans le monde, éd. 2005. Après les Etats-Unis, on trouve le Canada (4, 9 % des décollages), la Chine (4, 5 %), le Royaume-Uni (4, 2 %), l'Allemagne (4%), la France (3, 3%), le Japon (3%), l'Australie (2, 5 %), l'Espagne (2, 4 %), le Brésil (2, 3%)... Les chiffres datent de 2003. Depuis lors, on peut penser que la Chine est passée en deuxième position et que l'Inde (1, 2 %) a plus que doublé ses vols, se plaçant au niveau de l'Espagne.

2 Source : Ecocomparateur de l'ADEME.

3 Selon l'IATA, en 2007, le taux d'occupation moyen au niveau mondial était de 77% en personnes et 66 % en poids (les enfants occupent une place mais pèsent peu).

4 Pour un vol qui dure moins d'une heure (Lyon-Bordeaux, Paris-Londres par exemple), l'avion ne fait que monter et redescendre.

5 Après les attentats du 11 septembre 2001, les avions ont été interdits de vol pendant cinq jours. Le ciel au-dessus des villes a été d'un bleu rarement observé auparavant.

6 Compilation faite par le Réseau action climat européen, www.climnet.org. Ce chiffre n'intègre que les données de l'aviation civile... car pour les avions militaires, c'est malheureusement confidentiel. Le total est donc encore beaucoup plus élevé.

7 Ainsi le Conseil d'Etat a jugé en février 2006 que la convention entre l'aéroport de Strasbourg et Ryanair est entachée d'irrégularité, estimant qu'il s'agissait de subventions et non d'une convention (CE 27/02/2006, n° 264406 et 264545). La Cour des comptes régionale de Poitou-Charentes arrive à la même conclusion sur l'accord passé à l'aéroport de Poitiers (délibération du 24 mai 2007).

8 Source : IATA.

9 - 6 % pour l'aéroport de Lyon en janvier 2009.

Le monde.fr

Vendredi 10 septembre 2010, par Audrey Garric

Quel est l’impact des avions sur le changement climatique ?

D'après vous, quel est le moyen de transport le plus polluant ? 1/ L'avion. 2/ La voiture. 3/ Le train. Vous choisissez la première option ? Moi aussi ! Combien de fois n'a-t-on pas lu que les oiseaux de fer sont les vilains petits canards des transports, la faute aux tonnes de carburant qu'ils consomment avant de les régurgiter sous forme de CO2 ? Pour s'en convaincre, un petit tour par le site Action Carbone permet de calculer qu'un aller-retour Paris-Toulouse émet 350 kg d'équivalent CO2 en avion contre 280 kg pour la voiture. Sans compter les traînées de condensation ou les oxydes d'azote qui augmentent la concentration d'ozone. Eh bien, ces résultats ne sont valables qu'à court-terme. Sur le long-terme, les trajets en voiture contribuent davantage au réchauffement climatique que les vols sur une même distance parcourue.

Ces résultats pour le moins étonnants proviennent d'une étude que j'avais totalement manquée... Ces recherches, publiées en juillet dans la revue Environmental Science & Technology et financées par l'Union européenne, comparent les effets sur le climat des différents modes de transport à l'échelle mondiale.

Sur le court-terme, à savoir dans les cinq années qui suivent un déplacement, l'impact de l'avion sur le changement climatique est en moyenne cinq fois pire que celui de la voiture alors même qu'il représente seulement 16% du volume total de tansport des passagers contre 51% pour la voiture et qu'il consomme 4,5 fois moins de carburants que les automobiles en volume total sur une année. Mais si l'on prend une période de vingt ans comme référentiel, les résultats s'inversent et l'avion provoque une augmentation des températures moindre.

La raison ? L'impact sur l'ozone et les nuages des avions est très élevé du fait qu'ils volent à haute altitude et qu'ils émettent de nombreux gaz et matières polluantes. Mais les particules de pollution finissent par se dissiper avec le temps. Au contraire,"les déplacements en voiture émettent davantage de CO2 que les voyages par avion par voyageur-kilomètre. Le CO2 reste dans l'atmosphère plus longtemps que tout autre gaz, aussi les voitures ont-elles un impact plus dangereux sur le changement climatique à long terme", explique Jens Borken-Kleefeld, l'auteur principal de l'étude. A long-terme, l'impact de l'avion et de la voiture reste toutefois environ trois fois supérieur à celui du bus ou du train.

Au-delà de l'intérêt purement scientifique, ces résultats prouvent que l'empreinte écologique doit se comprendre dans un large rapport au temps.

L'empreinte des avions.
L'empreinte des avions.

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Le tao de la physique. Fridtjof Capra.

17 Mai 2014, 06:29am

Publié par pam

extraits de la post-face (1985 !) :

"J’essaie d’analyser les conséquences sociales de cette mutation à laquelle nous assistons. Les problèmes majeurs de notre époque : danger nucléaire, destruction de notre environnement naturel, impuissance à réduire la misère et la malnutrition un peu partout dans le monde, ne sont que les facettes d’une seule et même crise, essentiellement une crise de perception. La plupart d’entre nous, particulièrement ceux qui ont pour tâche de gérer nos structures politiques et sociales, continuent encore de fonctionner selon un mode de pensée aujourd’hui dépassé. Leurs concepts et systèmes de valeurs sont périmés. Inadaptés aux problèmes du monde surpeuplé et profondément interdépendant dans lequel nous vivons. Mais en même temps, des chercheurs d’avant-garde, des pionniers dans les domaines des techniques de pointe et des sciences sociales, des militants associatifs, souvent qualifiés de marginaux, travaillent à l’élaboration d’une nouvelle approche de la réalité. Ces idées neuves vont construire notre avenir, car elles vont donner naissance aux technologies, systèmes économiques et institutions sociales du futur.

Jusque là et depuis des siècles, ce qui structurait la société occidentale et influençait considérablement le monde entier était que l’univers est un système purement mécanique composé d’un assemblage de blocs élémentaires ; que le corps humain est une machine perfectionnée ; que la vie est une lutte permanente dans laquelle chaque organisme vivant combat pour sa survie ; et pire qu’un certain “ordre naturel” veut que dans toute la hiérarchie des créatures vivantes, la femelle soit partout et toujours en situation de dépendance et de soumission vis-à-vis du mâle. D’innombrables générations ont été endoctrinées par cette idéologie, qui ne résiste pas aux découvertes de la science moderne. Partout sur la planète, des femmes et des hommes, de plus en plus nombreux, ont acquis la conviction que des hypothèses de ce genre doivent être radicalement revues, comportant de graves lacunes.

Beaucoup parlent d’une conception holistique du monde, une approche qui va au-delà de l’apparente dissociation des formes et structures pour voir l’univers comme un Grand Tout intégré. Idem pour l’écologie, être véritablement sensibilisé aux problèmes de l’écologie, c’est reconnaître l’interdépendance fondamentale de tous les phénomènes de l’univers et comprendre que l’homme, et par extension les sociétés humaines, font intimement partie des processus cycliques naturels. De plus en plus de gens sont ainsi d’authentiques écologistes.

Le tao de la physique. Fridtjof Capra.

Face aux multiples dangers qui menacent la planète, la race humaine ne survivra que si nous parvenons à transformer radicalement les méthodes et codes de valeur qui gouvernent encore notre démarche scientifique et nos technologies. J’appelle fortement le passage d’une mentalité dominatrice, axée sur le contrôle et l’asservissement de la nature, êtres humains compris, à une mentalité cherchant à développer la coopération, l’entraide, la non-violence.

En Occident, sciences et techniques ont confondu connaissance et contrôle : l’idée de base étant que, pour comprendre la nature, l’homme doit commencer par la dominer. Système patriarcal qui inculque au mâle un désir pathologique de contrôle et domination.

Jusqu’à la Renaissance, le but de la science était la recherche de la sagesse, une meilleure compréhension de l’ordre naturel, un mode de vie en harmonie avec cet ordre. Depuis Bacon, le but de la science est de fournir à l’homme des connaissances spécialisées lui permettant d’asservir la nature. De nos jours encore, science et technologie sont utilisées conjointement à des fins nuisibles, dangereuses et anti-écologiques.

Plus femmes et hommes prennent conscience de ces problèmes, comprennent que les prétendus progrès techniques se retournent bien souvent contre nous, plus les choses changent. Mais ce changement devra s’accompagner d’un changement des mentalités. La tête évolue, le cœur doit suivre, pour que cette société obnubilée par le pouvoir, la domination, le contrôle, devienne une communauté travaillant à développer coopération et non-violence.

Tao : “Celui qui se conforme à l’ordre naturel flotte naturellement dans le courant du Tao.”

Le tao de la physique. Fridtjof Capra.

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Produire autrement et partager le travail pour en finir avec le chômage

13 Mai 2014, 07:18am

Publié par pam

trouvé sur le site "reporterre".

« Produire autrement et partager le travail pour en finir avec le chômage »

ENTRETIEN AVEC DOMINIQUE MÉDA

Le 1er mai était le jour de la fête du Travail, que Reporterre a célébré en se mettant en pause. On en a profité pour réfléchir sur ce que représente le travail aujourd’hui, lors d’une rencontre avec la philosophe et sociologue Dominique Méda, notamment auteure de Réinventer le travail.

Reporterre - La Fête du Travail a-t-elle encore un sens pour vous qui avez écrit en 1995 Le travail. Une valeur en voie de disparition ?

Dominique Méda - Dans cet ouvrage, je ne décrivais pas une situation objective. J’exprimais le souhait que le travail prenne moins de place dans nos vies et soit mieux réparti entre les membres de la société, pour que chacun assume ses rôles de travailleur, parent, citoyen, ami…

Continuer à faire du partage du travail une cause commune aux travailleurs de tous les pays – puisque je rappelle qu’il s’agit d’une Fête internationale des travailleurs ! – et conserver un jour férié pour formuler des propositions destinées à améliorer leur situation me paraît non seulement une excellente chose, mais aussi une absolue nécessité.

Les chiffres du chômage sont parus la semaine dernière : 3 349 300 demandeurs d’emploi. De quoi le marché du travail souffre-t-il aujourd’hui ?

On peut aussi évoquer trois autres chiffres : plus de six millions de personnes sont désormais, en France, inscrites à Pôle emploi dans l’une des cinq catégories ; plus de 42 % des demandeurs d’emploi en catégorie A, B et C sont inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an ; moins de 50 % des demandeurs d’emploi sont indemnisés.

Les causes du chômage tiennent à la conjugaison de trois éléments : un étouffement de l’activité par les politiques d’austérité et plus généralement par le détournement des financements vers l’économie spéculative, une compétition intra-européenne et internationale non régulée dont la principale variable d’ajustement est le travail, et une réduction du temps de travail non proportionnelle aux gains de productivité réalisés durant le dernier quart de siècle.

Les diagnostics qui mettent en avant les prétendues rigidités et le coût du travail français sont partiels car ils se focalisent sur un élément unique alors que l’on pourrait tout autant incriminer la faiblesse de la recherche française, les erreurs de management, les stratégies à courte vue, l’insuffisante qualité des produits français, etc.

Quelles solutions l’écologie apporte-t-elle pour sortir de ces impasses ?

D’abord, un message crucial : non, la croissance ne constitue pas la réponse au chômage. Cela fait trente ans qu’on entend cette idée que le retour de la croissance va nous sauver. Or, non seulement la croissance ne revient pas, non seulement elle risque de ne pas revenir, mais surtout, il n’est pas souhaitable qu’elle revienne aux rythmes antérieurs.

Car il est désormais clair qu’elle s’accompagne de maux, de dégâts, de dégradations inestimables sur le patrimoine naturel et sur la cohésion sociale. L’écologie est donc porteuse de cette prise de conscience qu’il nous faut inventer autre chose, c’est-à-dire un modèle de développement capable de répondre à la diversité des besoins sociaux tout en respectant des normes strictes, sur les plans social et environnemental.

Ma thèse est que nous pouvons sortir par le haut de la grave crise écologique à laquelle nous sommes confrontés en mettant la résolution de celle-ci au service de l’emploi et du travail.

Comment ?

Par un changement de la production. Produire autrement, enserrer la production dans des contraintes sociales et environnementales peut nous permettre à la fois de mieux partager l’emploi et de changer le travail. Jean Gadrey a montré dans ses travaux qu’une production plus propre, écologiquement et socialement, exige plus de travail. Cette plus grande quantité de travail, il nous faut la répartir autrement sur l’ensemble de la population active.

Cela passe-t-il également par une réduction légale du temps de travail ? Quid des fameuses « 32 heures » que les écologistes évoquent parfois ?

Les 32 heures ne sont pas la seule manière d’y arriver. L’enjeu me semble plutôt être de partager autrement le travail. Car cela passe, certes, pour les uns par une réduction, et pour d’autres – tous ceux qui sont à temps partiel subi notamment – par une augmentation du temps de travail. Il faut substituer au partage actuel du travail, sauvage, un partage civilisé.

Ce partage devrait surtout selon moi s’accompagner d’une désintensification du travail, avec de nouveaux rythmes. Et ce d’autant plus qu’il nous faut désormais rechercher, dans un grand nombre de secteurs, des gains de qualité et de durabilité plutôt que des gains de productivité.

Vous expliquez dans vos recherches que les problèmes de l’emploi sont aussi liés à la façon que l’on a de mesurer les richesses économiques aujourd’hui. Que pensez-vous de la proposition de loi portée par la députée écologiste Eva Sas sur de nouveaux indicateurs de richesse ?

Le plus grand bien ! L’association que je copréside avec Florence Jany-Catrice et Célina Whitaker, le Forum pour d’autres indicateurs de richesse (FAIR), va d’ailleurs exprimer officiellement son soutien.

Cela fait plus de dix ans que nous prônons la prise en compte, à côté du PIB, d’autres indicateurs capables de mettre en évidence les évolutions des patrimoines et des collectifs qui nous importent : patrimoine naturel, santé sociale. C’est exactement cela que propose Eva Sas puisqu’il s’agit d’adopter quatre indicateurs, l’empreinte écologique, l’empreinte carbone, l’espérance de vie en bonne santé et l’indice de santé sociale, et de consacrer à l’analyse de leur évolution un temps déterminé de débat parlementaire.

C’est non seulement un excellent projet mais aussi la première étape, indispensable, d’un changement de modèle.

Le revenu minimum ou revenu inconditionnel d’existence peut-il être un outil dans la redéfinition de la valeur travail ?

Je mesure les avantages attachés à un tel revenu, notamment dans ce qu’il permet aux individus de refuser les travaux ou les conditions de travail indécentes, ce qui est essentiel. Il est aussi la marque du caractère collectif de la production.

Enfin, quand on sait à quels tourments bureaucratiques sont soumis les demandeurs du RSA (Revenu de solidarité active), on a évidemment envie de plaider pour le caractère inconditionnel d’un tel revenu.

Pourtant, je n’arrive pas à être convaincue que c’est « LA » solution. D’abord je pense que notre société n’est pas prête à délier à ce point travail et revenu, et surtout à abandonner à ce point le mythe de l’incitation individuelle au travail. Je crains aussi que cette solution ne soit l’occasion de se donner bonne conscience : on donnerait un tout petit revenu à un ensemble de personnes exclues du système productif, devenu de plus en plus sélectif, et tout serait réglé.

Je préfère de loin une solution qui me paraît plus exigeante et qui conjuguerait le partage du travail, un revenu maximum empêchant un petit groupe d’accaparer et de privatiser des ressources collectives, et une protection sociale généreuse, qui serait largement déconnectée du travail et détachée du mythe de la productivité individuelle du travail.

De manière générale, tout ce que vous défendez constituerait une véritable révolution pour nos sociétés. Pensez-vous qu’elles soient prêtes ?

Nos sociétés sont tellement tétanisées et désorientées qu’elles sont certainement prêtes à des changements. Pas nécessairement ceux que je propose, mais je crois que nos concitoyens sont désormais en attente de solutions radicales, tant on leur a raconté d’histoires.

La gauche s’est particulièrement décrédibilisée en mettant très peu en œuvre les propositions qu’elle soutenait lorsqu’elle était dans l’opposition, et ce depuis le début des années 1980. Un discours « écologiste-de-gauche » est de ce fait difficilement audible : comment parler de décroissance ou de sobriété heureuse à ceux qui gagnent moins de mille euros par mois ?

Les écologistes sont considérés comme des bobos et des gens dont les préoccupations sont beaucoup trop de long terme. Pour concilier justice sociale et efficacité écologique, la voie est étroite et nouvelle : il faut en effet tout changer, engager une bifurcation radicale.

Cela nécessite de remettre en cause les situations établies, les intérêts des lobbies, sans savoir très bien ce qu’il y aura au bout du chemin et sans avoir réellement trouvé le bon argumentaire. Il faut réussir à montrer quels peuvent être les enchaînements vertueux, qui va y gagner, comment on va procéder, etc.

Et puis, il y a évidemment la question centrale de savoir qui va commencer et avec qui nous allons nous engager dans cette voie. Une telle révolution dans un seul pays est inenvisageable. Cela ne peut se faire qu’au niveau européen, et il faut donc parvenir à constituer des coalitions, des alliances susceptibles de promouvoir cette nouvelle configuration.

Pendant ce temps, on relance le débat sur le travail dominical…

J’ai été choquée de lire que l’un de nos ministres [Laurent Fabius, ndlr] avait expliqué qu’il fallait absolument se saisir de la « manne » représentée par le tourisme et par conséquent autoriser largement le travail du dimanche.

On nous dit que les salariés sont pour... Mais dans une société malade du chômage, il faudrait être un fou ou un saint pour ne pas prendre ce qui se présente ! Est-ce une raison pour faire l’apologie pêle-mêle du travail du dimanche, des emplois payés sous le Smic, de la suppression de toutes les prétendues entraves à la liberté du travail ?

« Le travail libre », c’est ce qui était en vigueur dans la première moitié du 19ème siècle… Il faut des moments collectifs, quels qu’ils soient, réservés à autre chose qu’au travail, à la production, à la consommation.

Propos recueillis par Barnabé Binctin

A lire : Réinventer le travail, Dominique Méda, Patricia Vendramin, PUF.

Source : Barnabé Binctin pour Reporterre

Images :
. chapô : Mandryka
. Collège d’études mondiales
. Image article : Mandinin’art
.
Lire aussi : La croissance, c’est dépassé

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 Produire autrement et partager le travail pour en finir avec le chômage
 Produire autrement et partager le travail pour en finir avec le chômage

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L’INFLUENCE DE LA TERRE MÈRE.

11 Mai 2014, 06:06am

Publié par pam

extraits de :

"RÉFLEXIONS D’UN MÉDECIN BOUDDHISTE À L’USAGE DES SOIGNANTS ET DES SOIGNÉS."

Dr. Daniel Chevassut. Éditions Sully. 2007.

On peut se demander dans quelle mesure le lieu où l’on naît exerce ou non une influence sur notre vie : nourritures matérielles et spirituelles, terre, air qu’on respire, saveurs, parfums, sons, couleurs, êtres qui y vivent. Quelque chose au départ est déjà scellé.

Mon apprentissage de la solitude et cette aptitude à ressentir plus qu’à analyser me sont utiles comme médecin, et aussi comme aspirant spirituel. Dans ma vision d’enfant, j’avais déjà perçu le jeu de l’égocentrisme, la puissance de l’aveuglement et leurs conséquences dramatiques sur les êtres, avant-goût de l’équanimité bouddhiste.

Le sous-développement le plus grave n’est pas tant celui du matériel et de l’avoir que celui de l’être. Le délabrement progressif de la planète et la souffrance qui en résulte nous amèneront peut-être à le réaliser plus tôt que prévu.

“La nature nous aide à être nous-mêmes, à traverser les changements majeurs et les situations où notre vie est en jeu. Elle apporte la magie et le rire.” Sobonfu Somé.

L’être humain ne réalise pas à quel point sa propre survie dépend de l’amour et du respect qu’il porte à la planète. Tout le monde le ressent plus ou moins, mais peu le réalisent vraiment. La nature et les éléments ont ce pouvoir extraordinaire de procurer des expériences de ravissement, où l’on s’oublie, où ce qui est superficiel en nous disparaît pour laisser place à notre vraie nature, la plus profonde.

Mircea Eliade : “Je crois que l’élément essentiel de la condition humaine est le sens du sacré.”

Si nous voulons que s’installe l’harmonie entre l’homme et son environnement, et aussi simplement survivre sur cette terre, nous devons retrouver, par un important travail sur nous-mêmes cette réalité sacrée qui vit en chacun de nous.

Nous devons préserver à tout prix un système de vie interdépendant qui doit rester intact si chacun veut continuer à exister. Seule solution pour sortir de l’impasse.

“Quand les êtres humains perdent le contact avec la nature, avec le ciel et la terre, ils ne sont plus capables de nourrir leur environnement, ni - ce qui revient au même - de gouverner leur monde ; ils détruisent leur écologie en même temps qu’ils se détruisent entre eux. Dans cette optique, la guérison de notre société doit s’effectuer de concert avec la guérison de notre lien personnel et élémentaire avec le monde phénoménal.” Chögyam Trungpa in “Shambhala, la voie sacrée du guerrier”.

Harmonie...

Harmonie...

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