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societe

moi je n'irai pas qu'en terrasse....

21 Novembre 2015, 09:15am

Publié par pam

Lettre à ma génération : moi je n'irai pas qu'en terrasse

20 NOVEMBRE 2015 | PAR SARAH ROUBATO

publié par Mediapart

Salut, On se connaît pas mais je voulais quand même t’écrire. Il paraît qu’on devrait se comprendre, puisqu’on est de la même génération. Je suis française, je n’ai pas trente ans. Paris, c’est ma ville. J’ai grandi dans une école internationale où on était plus de quatre-vingt nationalités. J’ai beaucoup voyagé et je parle plusieurs langues. J’ai « des origines » comme on dit maghrébines. Je suis auteur compositeur interprète, artiste, et même un peu anthropologue.

J’ai toujours adoré les terrasses. La dernière fois que j’étais à Paris j’y ai passé des heures, dans les cafés des 10e 11e et 18earrondissements. J’y ai écrit un livre qui s’appelle Chroniques de terrasse. Il est maintenant quelque part dans la pile de manuscrits de plusieurs maisons d’édition. Ça fait drôle d’y penser maintenant. J’aurais envie de rajouter quelques pages. Pourtant aujourd’hui, ce n’est pas en terrasse que j’ai envie d’aller.

Depuis plusieurs jours, on m’explique que c’est la liberté, la mixité et la légèreté de cette jeunesse qui a été attaquée, et que pour résister, il faut tous aller se boire des bières en terrasse. C’est joli comme symbole, c’est même plutôt cool comme mode de résistance. Je ne suis pas sûre que si les attentats prévus à la Défense avaient eu lieu, on aurait lancé des groupes facebook « TOUS EN COSTAR AU PIED DES GRATTE-CIELS ! » ni qu'on aurait crié notre fierté d’être un peuple d’employés et de patrons fiers de participer au capitalisme mondial, pas toi ?

On nous raconte qu’on a été attaqués parce qu’on est le grand modèle de la liberté et de la tolérance. De quoi se gargariser et mettre un pansement avec des coeurs sur la blessure de notre crise identitaire. Sauf qu'il existe beaucoup d’autres pays et de villes où la jeunesse est mixte, libre et festive. Vas donc voir les terrasses des cafés de Berlin, d’Amsterdam, de Barcelone, de Toronto, de Shanghai, d’Istanbul, de New York !

On a été attaqués parce que la France est une ancienne puissance coloniale du Moyen-Orient, parce que la France a bombardé certains pays en plongeant une main généreuse dans leurs ressources, parce que la France est accessible géographiquement, parce que la France est proche de la Belgique et qu’il est facile aux djihadistes belges et français de communiquer grâce à la langue, parce que la France est un terreau fertile pour recruter des djihadistes.

Oui je sais, la réalité est moins sexy que notre fantasme. Mais quand on y pense, c’est tant mieux, car si on a été attaqué pour ce qu’on est, alors on ne peut pas changer grand chose. Mais si on a été attaqué pour ce qu'on fait, alors on a des leviers d’action :

- S'engager dans la recherche pour trouver des énergies renouvelables, car quand le pétrole ne sera plus le baromètre de toute la géopolitique, le Moyen-Orient ne sera plus au centre de nos attentions. Et d'un coup le sort des Tibétains et des Congolais nous importera autant que celui des Palestiniens et des Syriens.

- S'engager pour trouver de nouveaux modèles politiques afin de ne plus déléguer les actions de nos pays à des hommes et des femmes formés en école d'administration qui décident que larguer des bombes, parfois c'est bien, ou qu'on peut commercer avec un pays qui n'est finalement qu'un Daesh qui a réussi.

- Les journalistes ont montré que les attentats ont éveillé des vocations de policiers chez beaucoup de jeunes. Tant mieux. Mais où sont les vocations d’éducateurs, d’enseignants, d’intervenants sociaux, de ceux qui empêchent de planter la graine djihadiste dans le terreau fertile qu’est la France ?

Si la seule réponse de la jeunesse française à ce qui deviendra une menace permanente est d’aller se boire des verres en terrasse et d'aller écouter es concerts, je ne suis pas sûre qu’on soit à la hauteur du symbole qu’on prétend être. L'attention que le monde nous porte en ce moment mériterait que l'on sorte de la jouissance de nos petits plaisirs personnels.

Ma mixité

Qu’on soit maghrébin, français, malien, chinois, kurde, musulman, juif, athée, bi homo ou hétéro, nous sommes tous les mêmes dès lors qu'on devient de bons petits soldats du néo-libéralisme et de la surconsommation. On aime le Nutella qui détruit des milliers d’hectares de forêt et décime les populations amazoniennes, on achète le dernier iphone et on grandit un peu plus les déchets avec les carcasses de nos anciens téléphones, on préfère les fringues pas chères teintes par des enfants du Bengladesh et de Chine, on dépense des centaines d'euros en maquillage testé sur les animaux et détruisant ce qu'il reste de ressources naturelles.

Ma mixité, ce sera d’aller à la rencontre de gens vraiment différents de moi. Des gens qui vivent à huit dans un deux pièces, peu importe leur origine et leur religion. Des enfants dans les hôpitaux, des détenus dans les prisons. Des vieilles femmes qui vivent seules. De ce gamin de douze ans à l'écart d'un groupe d'amis, toujours rejeté parce qu'il joue mal au foot, qui se renferme déjà sur lui-même. Des ados dans les banlieues qui ne sont jamais allés voir une pièce de théâtre. Ceux qui vivent dans des petits villages reculés où il n'y a plus aucun travail. Les petits caïds de carton qui s'insultent et en viennent aux mains parce que l'un n'a pas payé son cornet de frites au McDo. D'habitude quand ça arrive, qu'est-ce que tu fais ? Tu tournes la tête, tu ris, tu te rassures avec un petit "Et ben ça chauffe !" et tu retournes à ta conversation. Si tous ceux qui ont répondu à l'appel Tous en terrasse ! décidaient de consacrer quelques heures par semaine à ce type d'échange... il me semble que ça irait déjà mieux. Ça apportera à l'humanité sans doute un peu plus que la bière que tu bois en terrasse.

Ma liberté

Je ne vois pas en quoi faire partie du troupeau qui se rend chaque semaine aux messes festives du weekend est une marque de liberté. Ma liberté sera de prendre un autre chemin que celui qui passe par l’hyperconsommation. D’avoir un autre horizon que celui de la maison, de la voiture, des grands écrans, des vacances au soleil et du shopping.

Ma liberté sera celle de prendre le temps quand j'en ai envie, de ne pas m'affaler devant la télé en rentrant du boulot, d'avoir un travail qui ne me permet pas de savoir à quoi ressemblera ma journée.

Ma liberté, c'est de savoir que lorsque je voyage dans un pays étranger je ne suis pas en train de le défigurer un peu plus. C'est vivre quelque part où le ciel a encore ses étoiles la nuit. C'est flâner dans ma ville au hasard des rues. C'est avoir pu approcher une autre espèce que la mienne dans son environnement naturel.

Ma liberté, ce sera de savoir jouir et d'être plein, tout le contraire des plaisirs de la consommation qui créent un manque et le besoin de toujours plus. Ma liberté, ce sera d'avoir essayé de m'occuper de la beauté du monde. "Pour que l'on puisse écrire à la fin de la fête que quelque chose a changé pendant que nous passions" (Claude Lemesle).

Ma fête

Ma fête ne se trouve pas dans l’industrie du spectacle. Ma fête c'est quand j'encourage les petites salles de concert, les bars où le musicien joue pour rien, les petits théâtres de campagne construits dans une grange, les associations culturelles. Passer une journée avec un vieux qui vit tout seul, c’est une fête. Offrir un samedi de babysitting gratuit à une mère qui galère toute seule avec ses enfants, c’est une fête. Organiser des rencontres entre familles des quartiers défavorisés et familles plus aisées, et écouter l'histoire de chacun, c'est une fête.

La fête c’est ce qui sort du quotidien. Et si mon quotidien est de la consommation bruyante et lumineuse, chaque fois que je cultiverai une parole sans écran et une activité dont le but n’est pas de consommer, je serai dans la fête. Préparer un bon gueuleton, jouer de la gratte, aller marcher en forêt, lire des nouvelles et des contes à des jeunes qui sentent qu’ils ne font pas partie de notre société, quelle belle teuf !

N’allez pas me dire que je fais le jeu des djihadistes qui disent que nous sommes des décadents capitalistes… s’il vous plaît ! Ils n’ont pas le monopole de la critique de l’hyper-consommation, et de toute façon, ils boivent aux mêmes sources que les pays les plus capitalistes : le pétrole et le trafic d’armes.

Voilà. Je ne sais pas si on se croisera sur les mêmes terrasses ni dans les mêmes fêtes. Mais je voulais juste te dire que tu as le droit de te construire autrement que l'image que les médias te renvoient. Bien sûr qu'il faut continuer à aller en terrasse, mais qu'on ne prenne pas ce geste pour autre chose qu'une résistance symbolique qui n'aura que l'effet de nous rassurer, et sûrement pas d'impressionner les djihadistes (apparemment ils n'ont pas été très impressionnés par la marche du 11 janvier), et encore moins d'arrêter ceux qui sont en train de naître.

Ce qu’on est en train de vivre mérite que chacun se pose un instant à la terrasse de lui-même, et lève la tête pour regarder la société où il vit. Et qui sait... peut-être qu'un peu plus loin, dans un lambeau de ciel blanc accroché aux immeubles, il apercevra la société qu’il espère.

Sarah

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solidarité ??????

17 Novembre 2015, 07:51am

Publié par pam

DE L’INDÉCENCE DE LA ‘SOLIDARITÉ NATIONALE’ SUR FACEBOOK

C’est l’Etat Français qui fabrique et vend les armes que les terroristes finissent par pointer sur les populations civiles.

C’est l’armée Française qui est responsable du massacre de milliers de civils chaque année. C’est l’armée Française qui bombarde des hôpitaux et rase des villages en Afghanistan, c’est l’armée Française qui bombarde des villages au Mali, des campements en Somalie. C’est l’Etat Français qui soutient Israël qui massacre, mutile, arrête incessamment des civils, des femmes, hommes et enfants, et qui interdit sur notre territoire, malgré les grands discours sur la « liberté d’expression », les manifestations de soutien aux peuples ainsi massacrés.

C’est l’Etat Français qui a élaboré et testé son matériel anti-émeutes, ses armes et ses bombes, y compris nucléaires, sur la population civile Algérienne dans les années 40-50, et qui y a aussi bombardé des écoles, des hôpitaux, des infrastructures publiques.

C’est l’Etat Français enfin qui alimente en permanence les conflits à l’origine du massacre à Paris de vendredi soir, ainsi que ceux survenus en même temps à Bagdad et Beyrouth, qui ont sombré dans l’indifférence générale, la préférence nationale des victimes a parlé.

Depuis la fusillade qui a éclaté dans Paris, assortie de quelques détonations au stade de France, on voit fleurir des filtres Facebook pour mettre sur sa photo de profil le drapeau bleu-blanc-rouge.
Je sais que Facebook le propose spontanément, et je sais que ça part d’une bonne intention, vous savez, celles dont l’Enfer est pavé.

Parce que, vous voyez, c’est la France, ou plutôt l’Etat Français, qui est ouvertement soutenu à travers ce drapeau, qui est responsable de la situation dans laquelle nous sommes, en majeure partie.

Et où était votre drapeau Nigérian quand Al Quaeda y faisait 2 000 morts civiles, au début de l’année ? Où était votre drapeau Congolais quand le génocide y faisait 6 millions (!) de morts dans l’indifférence internationale généralisée ? Où était votre drapeau Palestinien quand Israël, soutenu par la France, intensifiait ses frappes sur la bande de Gaza à l’été 2014, faisant des milliers de morts civiles ? Elle était où, votre belle “humanité”, celle derrière laquelle vous vous planquez pour prendre le parti d’un Etat qui assassine à l’intérieur et en-dehors de ses frontières, les mêmes civils, les mêmes pères, les mêmes sœurs, les mêmes enfants que ceux qui sont tragiquement morts vendredi dernier ?

C’est tristement ironique de prétendre soutenir des civil-e-s mort-e-s dans un attentat en affichant indécemment les couleurs de la puissance militaire qui cause des milliers de morts civiles tous les ans partout dans le monde. Chaque mort est une tragédie insoutenable, qu’elle survienne en Cisjordanie, à Beyrouth, à Alep, à Alger, et quand vous affichez ainsi votre patriotisme envers un drapeau et un état militaire responsable de milliers d’actes semblables voire bien pires que celui de vendredi dernier, vous crachez allègrement sur toutes les victimes de ces attentats, sur toutes les victimes civiles, les mêmes que vous prétendez soutenir.

Toutes ces personnes qui prétendent défendre la paix, affichent les couleurs d’un pays en guerre ; un pays hypocrite qui ne sait pleurer les mort-e-s que chez lui, mais qui rejette en masse ses réfugié-e-s alors qu’iels fuient les mêmes terroristes que ceux qui ont attaqué Paris, comme c’est le cas de la Syrie, ou encore qu’iels fuient des pays bombardés par la France, comme c’est le cas de l’Afghanistan ; un pays qui instrumentalise les actes terroristes pour justifier son racisme et son islamophobie, dont les amalgames puants sont entretenus par les journaleux qui ne font définitivement plus leur boulot, alors que les musulman-e-s sont les premières victimes de la majorité des attaques terroristes dans le monde ; un pays qui n’ a pas hésité à faire défiler Netanyahu et Marine le Pen pour Charlie Hebdo et « la liberté d’expression ».

Enfin, mes camarades féministes, progressistes, de gauche ou encore plus à gauche, comment pouvez-vous ne pas voir le piège de la dépolitisation qui se referme sur nous ? Cette soudaine « solidarité nationale », cette injonction à « se serrer les coudes » y compris avec les pires raclures racistes, misogynes, homophobes, nationalistes que ce pays ait porté, contre lesquels nous luttons en temps ordinaires ; cette solidarité nationale factice qui laissera encore de côté cette frange oubliée de toute la France, la jeunesse des quartiers et de Banlieue, brisée, désoeuvrée et qui sombre, dans l’indifférence de tout le reste du pays, qui est laissée pour compte et pointée du doigt quand elle refuse de vouer allégeance à ce drapeau qui a souillé leur histoire, qui a détruit des familles, pendant et après la colonisation, cette partie de la France mise au rebut par ces élans de « solidarité nationale », cette même solidarité avec celles et ceux qui nous oppressent.

En ce lundi de gueule de bois nationale, je suis abasourdie par cette naïveté qui prépare l’entrée en force de la Marine en 2017, estomaquée par cette hypocrisie qui consiste à appeler « geste de solidarité » un élan patriote nationaliste, et à nommer « appel à la paix » l’apologie d’un pays guerrier, colonisateur, assassin. Personnellement, je n’ai plus la patience, je n’ai plus la patience ni pour votre naïveté, ni pour votre bien-pensance, ni pour vos œillères qui vous perdront ; je ne peux plus entendre un seul appel à l’unité aveugle avec les raclures que l’on combat, nous féministes, antifascistes, antispécistes ; je ne peux plus voir en peinture une seule injonction au calme et à l’entente cordiale avec la frange extrêmement bleue de ce pays.

Parce que cet attentat a eu lieu dans un quartier riche d’un pays riche, parce que sa population a le loisir d’en parler sur les réseaux sociaux, parce que d’autres pays dépensent de l’argent pour faire de jolies illuminations tricolores, parce que ça se passe en occident, au pied de chez nous, parce que ça aurait pu être nous-même, nous en parlons, et nous nous sentons enfin concerné-e-s par ce que d’autres vivent tous les jours, et pour beaucoup à cause de notre nation, à cause de notre armée ; parce que ça s’est passé au pied de chez nous, nous sommes pris de cet élan de solidarité nationale qui sert à exorciser notre peur, mais camarades par pitié, gardons la tête froide, gardons à l’esprit que ces attentats font du pain béni pour la désinformation d’extrême droite, la récupération à peu de frais, l’instrumentalisation, contre les musulman-e-s, contre les réfugié-e-s, à laquelle nous assistons ; en filigrane derrière ces drapeaux tricolores, se dessine un avenir bleu marine.

NB : A l’écriture de cet article, il me semble essentiel de préciser trois éléments :

  • Certaines personnes ont affiché un drapeau bleu-blanc-rouge alors qu’elles sont ressortissantes étrangères en France, notamment des réfugié-e-s ou ressortissant-e-s de pays musulmans, et ce dans le but de se désolidariser des actes terroristes avec lesquelles elles sont régulièrement amalgamées. Cet article ne les vise pas, et bien que je ne soutienne toujours pas l’initiative, la portée symbolique est bien différente et il est nécessaire d’en tenir compte.
  • Ce que nous critiquons, ce n’est évidemment pas le soutien aux victimes, ou à leurs familles, mais bien le drapeau en lui-même, pour ce qu’il représente, c’est-à-dire ce qui est exposé dans cet article. Afficher son soutien de façon apatriote est largement possible avec une image noire, une image de bougies ou de tour Eiffel.
  • La personne qui écrit cet article a échappé de *ça* aux fusillades de République et est bien consciente qu’elle aurait pu ne pas s’en sortir vivante, et cet article n’est pas un pied de nez à la mémoire des victimes, mais une critique politique de la portée de la montée de nationalisme sous couvert de solidarité nationale à laquelle nous assistons. Par ailleurs, il y a eu des musulman-e-s victimes de cet attentat, et c’est leur rendre un bien triste hommage que d’arborer cette photo de profil “en hommage aux victimes” quand on sait que le lendemain, des femmes voilées étaient refoulées de chez Zara parce qu’elles portaient un signe associé à l’Islam, victimes des amalgames, de la terreur colportée par les médias qui font le jeu du FHaine, portée par un pays qui s’embourbe dans son islamophobie institutionnalisée.
  • FEMINISTEANTIFA Vegan antispéciste, féministe abolitionniste, antifasciste
solidarité ??????

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Manipulation

10 Novembre 2015, 08:02am

Publié par pam

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média.

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.

1 - La statégie de la distraction

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle.

Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2 - Créer des problèmes, puis offrir des solutions.

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une «situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter.

Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3 - La stratégie de la dégradation.

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4 - La stratégie du différé.

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite.

Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5 - S'adresser au public comme à des enfants.

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant.

Pourquoi ? «Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celle d’une personne de 12 ans». Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles»

6 - Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion.

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7 - Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise.

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures« . Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8 - Encourager le pubic à se complaire dans la médiocrité.

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9 - Remplacer la révolte par la culpabilité.

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10 - Connéitre les individus mieux qu'ils ne se connaissent eux-mêmes.

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement.

Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

photo d'Ugo Marechal. Bali.

photo d'Ugo Marechal. Bali.

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migrants, émigrés, réfugiés politiques ou réfugiés climatiques....

11 Septembre 2015, 08:59am

Publié par pam

encore un autre point de vue, que les médias et les politiques feraient bien de prendre en compte et qu'une mobilisation générale et internationale devient vraiment vitale pour tous....

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migrants.... autres points de vue...

10 Septembre 2015, 05:50am

Publié par pam

Eric Legrand :

"Guerre, pauvreté, noyades, massacres, l'actualité à nos frontières ne résonne que de ces maux. Et voici que notre cœur nous presse d'accueillir ces migrants, ces réfugiés, qui les fuient. Et nous les accueillons, en nombre encore trop faible telle est leur multitude.

Il ne faudrait pourtant pas oublier que le sort de ces émigrés, de ces auto-expatriés par nécessité, est aussi le reflet de ce que nous devenons. Le mal que nous faisons aux autres naît en nous du mal que l'on nous fait et nous revient projeté, démultiplié par la multitude des autres, nos semblables, nos frères en destinée, nos propres nous même.

Car, en réalité, nous sommes déjà des migrants et si certains d'entre nous, chanceux, ne le sont pas encore, qu'ils se remémorent le souvenir d'un proche, de leur famille très certainement, qui, ayant perdu son emploi, se retrouve à la rue, ou de ces jeunes, toujours plus nombreux, qui s'expatrient pour trouver un emploi et se vendent parfois pour un salaire de misère ne suffisant pas à couvrir leurs besoins les plus vitaux.

Car, en réalité, nous sommes tous des migrants, nous qui, nous prostituant, nous prosternant devant nos employeurs, avons dû laisser derrière nous, sur le bord de la route, cet enfant qui rêvait d'un devenir meilleur.

Et migrants, nous le devenons toujours davantage, à force de délaisser l'être humain, l'être aimant, qui sommeille en nous, contre l'éphémère et illusoire bonheur du confort matériel que nous promet la société.

Société qui elle-même ne sait pas trop où elle va, société migrante, errant comme un animal sans tête, ou plutôt avec pour seule tête une caste sans foi qui n'honore qu'un seul dieu que l'on nomme Profit.

Une caste capitaliste qui, pour garantir son profit, décide seule de notre devenir. Une caste, ou devrais-je dire une hydre, qui nous exploite, nous presse, nous compresse, nous "esclavagis", nous remplace quand nous ne sommes plus bons à rien, nous tue quand cela lui sied.

Migrants, nous sommes, en apparence encore vivants. Mais jusqu'où, jusqu'à quand, jusqu'à quel refuge ?

Migrants, nous sommes, mais nous l'ignorons encore, aveuglés que nous sommes par une illusoire sécurité.

Migrants, nous sommes, mais encore sans refuge, nous qui prétendons l'offrir, ce refuge, à ceux qui se pressent à nos frontières.

Migrants, nous sommes, pas encore réfugiés.

Car il s'agit bien de cela, de trouver un refuge, un vrai, un de ses refuges qui nous permettra de vivre enfin nos rêves, nos rêves d'enfant, nos rêves d'être humains, nos rêves d'être aimants, nos rêves enfin retrouvés quand nous aurons oublié ces rêves froids, sans âme, ni vie, que l'on nous impose."

Eric Emmanuel Schmitt

LE DISCOURS SOUTERRAIN D'UN MOT

L'avez-vous remarqué ? On ne parle plus d'émigrés ni d'immigrants mais de migrants.
Cette amputation des termes me semble lourde de sous-entendus inquiétants... Lorsqu'on évoque un émigré, on le caractérise par le lieu d'où il vient. Lorsqu'on désigne un immigré, on affirme qu'il est d'ici, même s'il vit le jour ailleurs. En revanche, de par son nom, le migrant vient de nulle part et ne va nulle part, sans origine et sans destination, dépourvu de terre de racines et d'espace d'accueil, comme s'il était destiné à errer sans jamais trouver un port où s'arrêter. Nomade forcé et éternel.
Ce mot "migrant" est une condamnation.
Qui peut se permettre de décider des sorts ? Qui peut s'estimer légitimement propriétaire de la planète ? Lorsqu'on dit "migrant", on dit "circulez, votre place n'est ni ici ni ailleurs ! «
Ma seule façon d'accepter ce mot consiste à inventer un autre sens implicite : nous sommes tous des migrants, fils et filles de migrants, voyageurs provisoires sur cette terre qui nous a précédé et qui nous survivra.

Samtosha Yoga

Faut-il se sentir si haut -voire Dieu- pour constamment juger qui est bien et qui ne l'est pas? Qui a le droit de manger ou pas?

Depuis qu'on aide les migrants, beaucoup placardent des affiches gémissantes: "Et nos SDF ?". J'aimerais savoir si ces personnes ont déjà invité un SDF à prendre un café et une douche chez eux...

Les mêmes qui râlent sur les bénéficiaires du RSA alors que, hein, des retraités gagnent si peu, et ragnagna...

Les mêmes toujours qui voient les bénéficiaires des Resto du Cœur arriver en BMW...

Et encore les mêmes jasant sur les allocations de rentrée utilisées pour acheter des multi médias,...

Quand bien même, si une proportion d'individus "profitent du système", il faut savoir que ce sont des broutilles par rapport aux énormes profits que font les banques, les multinationales, les supermarchés et malgré tout, vous continuez à contribuer à ce système silencieusement et vous êtes bien au chaud le soir dans votre canapé, vos pantoufles, votre télé, votre chien chien et votre ronron.

Faut-il vraiment s'ennuyer pour passer son temps à divulguer des propos qui n'entretiennent que la division? Il n'y a donc pas assez de guerres dans ce monde?

Et pour en finir (pour aujourd'hui....!!)

Samtosha Yoga : L'immigré, le bouc émissaire idéal.

Le débat sur l’accueil des réfugiés fait rage. La haine est sur de nombreuses lèvres. "Touche pas à mon travail" "C'est chez nous ici" "Fermons les frontières contre l'invasion" ... Les langues se délient, la France a peur et se réfugie, à son tour, dans les plus sombres idées. Nous revoilà à nous questionner sur l'origine de la haine.

On dit que la liberté commence où termine l'ignorance. Comment saisir ce qui se passe sans sombrer dans un extrême où l'autre ? En pratique, une situation d'urgence se présente. Des gens meurent, concrètement, à nos portes, et fuient une situation innommable qu'on ne souhaiterait pas à nos pires ennemis. Si on aimerait tous s'attaquer à la cause des causes, la réaction humaine la plus élémentaire est de tendre la main. Pourtant, beaucoup s'y refusent, et les théories du complot vont bon train pour justifier l'inhumanité. Le SDF devient soudainement un argument dans la bouche de ceux qui, hier, ne les regardaient pas ou les traitaient de 'parasites sociaux', alors que toutes les associations ne font aucune distinction entre les misères humaines - des associations qui voient toujours leur budget amputé quand l’extrême droite gagne une mairie. Une redite de l'histoire. Comme si nous étions incapables d'apprendre, englués dans la médiocrité de nos préjugés.

Depuis quelques jours, les articles racoleurs venant de sites d'extrême droite circulent en boucle sur les réseaux sociaux. De l'invasion en masse de terroristes au complot médiatique, la France a peur. Rares sont ceux qui semblent vouloir prendre la peine de vérifier leurs sources. L'idée la plus commune et simpliste, serait que l’accueil, et donc une forme d'ouverture des frontières temporaire, ferait partie du grand complot mondialiste. Alors on se questionne, pourquoi la fachosphère, connue comme étant le chien de garde du capitalisme, s’inquiète tant de la circulation des personnes ? Car la récupération politique se construit autour d'une confusion volontaire entre "mondialisme" et "solidarité internationale". Une confusion qui profite pourtant à cette mondialisation bâtie sur la perpétuation des inégalités et des dites frontières.

Un bon chien de garde du Capital doit porter la confusion entre la circulation des marchandises (et des capitaux) et la circulation des Hommes et de ses droits. En pratique, ce qui permet à des multinationales d'être richissimes, d'exploiter des peuples ou de s'accaparer des terres, ce sont précisément les rigidités nationales qui bâtissent un capitalisme de connivence au profit de certains états, et donc du confort de certains au détriment d'autres, notamment via les traités de libre-échange imposés et les guerres néo-coloniales. En pratique, la mondialisation est plus une guerre implicite entre états, chacun cherchant à maximiser son bilan. Difficile de remettre en question son mode de vie dans ces conditions. Sur le terrain, tout est fait, contrairement aux discours, pour que les droits de l'Homme, les droits sociaux, le déplacement des personnes, ne se mondialisent PAS, à contrario des marchandises, afin que l'exploitation et le pillage organisés puissent continuer. Que tous les peuples aient accès à un même niveau de vie, les mêmes chances, le même droit au bonheur, tout en ayant la possibilité de se déplacer, c'est précisément la mondialisation que les puissants ne veulent pas voir, car cela impliquerait une redistribution des cartes trop importante et une remise en question des modes de vie et de production à l'échelle de la planète. Oh, oui, tout le monde se plaint de voir des pauvres exploités pour produire du t-shirt à 5 euros. Mais quelle part de la population veut vivre plus simplement pour que d'autres puissent simplement vivre ? La voie de la division et de la haine est une bien meilleure option, du point de vue du Capital, comme l'histoire nous l'apprend toujours et encore. Reste à convaincre assez d'esprit que la division est une bonne chose. Visiblement, ça marche.

Ainsi, venant de ceux qui se plaignent de leurs conditions de vie et qui préfèrent juger le réfugié plutôt que de questionner les 1% qui détiennent 70% des richesses, il va falloir se passer la tête sous une douche froide. Car quand on soutient des idées nationalistes dont le projet affiché est de soutenir l'industrie de l'armement et les rigidités internationales, tout ça pour perpétuer, l'air de rien, l'exploitation continue des ressources des autres, il ne faut pas se plaindre des inégalités et de la volonté des victimes de migrer. Pouvoir reconnaître la réalité de nos agissements, en prendre la responsabilité, redistribuer la richesse là où elle peut l'être, voilà qui semble digne de maturité.

La seule voie possible est une répartition équitable des richesses à l'échelle mondiale et la mise en application immédiate des droits humains. Non pas des beaux discours politiques venant souvent de ceux qui sont les premiers à violer ces droits, mais une concrète application de ceux-ci. Mettre fin aux guerres, à l'exploitation, à l'élitisme, au pillage du Sud, aux traités de libre-échange, à l'austérité, aux échanges militaires avec les dictatures du Golfe, à l'obscurantisme idéologique, aux différences de niveaux de vie, aux pratiques qui créent de l'inégalité. Et pour y arriver, il faut bousculer les règles du capitalisme actuel, non pas pour se renfermer au niveau national tels des petits êtres frustrés qui s'imaginent appartenir à un peuple supérieur, mais pour créer de la résilience LOCALE au niveau MONDIAL. Et cette distribution commence maintenant, par l’accueil de réfugiés en situation d'urgence, tout en s'attaquant aux 1% des plus riches afin d'exiger une équité dans l'accès aux richesses et la fin de l'hypocrisie. Ce n'est ni simple, ni impossible. Cela demande de prendre beaucoup de recul pour être à même de comprendre les nuances des différents niveaux de contrôle dont la haine et la division font partie. Mais c'est une bonne nouvelle, car la facilité est souvent la voie de l'obscurantisme.

Texte : Mr Mondialisation

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Autre vision des réfugiés..............

3 Septembre 2015, 18:14pm

Publié par pam

Désolée, je suis incapable de mettre un commentaire... trop bouleversée, juste peut être vous inciter à regarder jusqu'au bout et à faire passer à ceux qui n'ont pas compris que notre humanité nous oblige à ouvrir nos coeurs et nos portes... ou à la perdre.....

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Pour des menus végétariens à l'école...

2 Septembre 2015, 06:58am

Publié par pam

LE MONDE | 01.09.2015 à 06h40

Matthieu Ricard est essayiste, moine bouddhiste tibétain. Il sera présent au Monde Festival pour une « conversation » sur le thème « Faut-il continuer à manger de la viande ? » dimanche 27 septembre à 15 h 30 à l’Opéra Bastille.

S’opposant à l’introduction d’un menu végétarien au choix pour les élèves des écoles, menu laïque par excellence qui a la vertu de ne pouvoir offenser personne tout en étant bon pour la santé, l’environnement et, bien sûr, les animaux, le maire de Châlon-sur-Saône, Gilles Platret, a déclaré qu’un tel menu posait « d’énormes problèmes » et que, « selon un grand nombre de diététiciens », le régime végétarien « n’apporte pas toutes les ressources nutritionnelles suffisantes pour l’enfant, en particulier le fer, dont la carence est source de fatigue pour l’écolier ».

Lire aussi : Le repas végétarien, le plus laïc de tous

Feu mon père Jean-François Revel parlait de la « connaissance inutile », qui est aussi le titre de l’un de ses ouvrages. Il est en effet désolant que des connaissances scientifiques avérées et aisément accessibles soient traitées comme si elles n’existaient pas. Le mythe des protéines « incomplètes », perpétué notamment par l’industrie de la viande, repose sur des recherches anciennes et désuètes.

Selon des données plus fiables fournies par l’Organisation mondiale de la santé et l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les neuf acides aminés essentiels sont présents en quantité et en proportions suffisantes dans la plupart des nourritures végétales. De plus, en ce qui concerne la teneur en protéines, la comparaison d’une centaine d’aliments, établie par la FAO, montre que les 13 premiers de la liste sont des végétaux (dont le soja, 38,2 %, le pois carré, 33,1 %, le haricot rouge et les lentilles, 23,5 %) et un champignon (la levure de bière, 48 %).

La viande, loin derrière les nourritures végétales

La première viande, le jambon de porc, vient en 14e position avec 22,5 %, le premier poisson, le thon, en 23e position avec 21,5 %, tandis que les œufs et le lait viennent respectivement en 33e et en 75e position avec seulement 12,5 et 3,3 % de protéines. Une alimentation normale à base de végétaux suffit donc largement à pouvoir à nos besoins en protéines, en quantité et en qualité. De fait, c’est la nourriture carnée qui pose des problèmes. Une étude menée par l’institut EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition), portant sur 521 000 individus, a montré que les sujets qui mangeaient le plus de viande rouge avaient 35 % de risques supplémentaires de développer un cancer du côlon que ceux qui en consommaient le moins.

D’après une autre étude publiée à l’université Harvard en 2012 par An Pan, Frank Hu et leurs collègues, portant sur plus de 100 000 personnes suivies pendant de nombreuses années, la consommation quotidienne de viande est associée à un risque accru de mortalité cardio-vasculaire de 18 % chez les hommes et de 21 % chez les femmes, tandis que la mortalité par cancer représente respectivement 10 % et 16 %. Chez les gros consommateurs de viande rouge, le simple fait de remplacer la viande par des céréales complètes ou d’autres sources de protéines végétales diminue de 14 % le risque de mortalité précoce. Par ailleurs, à cause du phénomène de bioconcentration, la viande contient environ quatorze fois plus de résidus de pesticides que les végétaux, les produits laitiers cinq fois plus.

Les polluants organiques persistants s’accumulent en effet dans les tissus graisseux des animaux et entrent ainsi dans l’alimentation humaine. Ces polluants organiques se retrouvent également dans la chair des poissons d’élevage, nourris d’aliments concentrés fabriqués entre autres à partir de protéines animales. Ces molécules sont non seulement cancérigènes, mais aussi toxiques pour le développement du système nerveux du fœtus et des jeunes enfants. Quant à la vitamine B12, indispensable à la formation de l’hémoglobine du sang, elle est pratiquement absente des plantes, mais on la trouve dans le lait et les œufs. Les végans [qui s’abstiennent de toute nourriture d’origine animale] ont, par conséquent, besoin de s’en procurer sous forme de compléments alimentaires, qui peuvent être fabriqués à partir de cultures de bactéries.

Recommandations inappropriées

Au vu des études menées depuis une vingtaine d’années, affirmer, comme le fait l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), à propos de ceux qui souhaitent s’abstenir de produits d’origine animale que « ce type d’alimentation fait courir à long terme des risques pour la santé » est donc scientifiquement inexact. Les recommandations qui en découlent sont, par voie de conséquence, inappropriées.

Pour ceux qui penseraient que le fait d’être végétarien affecte les performances physiques, la liste des champions végétariens et végans parle d’elle-même : Carl Lewis, titulaire de neuf médailles d’or aux Jeux olympiques, Bode Miller, médaillé olympique de ski alpin, Edwin Moses, invaincu 122 fois d’affilée sur le 400 mètres haies, Martina Navratilova, détentrice du plus grand nombre de titres dans l’histoire du tennis, l’ultramarathonien américain Scott Jurek, Patrik Baboumian, dénommé « l’homme le plus fort du monde », Fauja Singh, un Indien végétarien qui fut le premier centenaire à courir un marathon et le jeune champion du monde de la mémoire, Jonas von Essen.

Les assureurs ne s’y trompent pas : aux Etats-Unis, Kaiser Permanente, une importante société d’assurance-maladie, avec plus de 9 millions de membres, incite les médecins à « recommander une diète à base de végétaux à tous leurs patients ». Au Royaume-Uni, une assurance-vie propose même 25 % de rabais pour les végétariens et les végétaliens. Les auteurs d’une étude anglaise réalisée sur 65 000 personnes dont 17 000 végétariens ou végans concluent : « Les gouvernements qui désirent mettre à jour leur définition d’un régime propice à la santé et respectueux de l’environnement doivent recommander de diminuer la consommation de produits animaux. » A bon entendeur, salut !


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/festival/article/2015/09/01/pour-des-menus-vegetariens-a-l-ecole_4742023_4415198.html#kc3z9cmj64VG4E6a.99

Pour des menus végétariens à l'école...

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Partage...

31 Août 2015, 08:22am

Publié par pam

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vérités sur la Grèce...

3 Juillet 2015, 06:31am

Publié par pam

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Vacances...

27 Juin 2015, 15:42pm

Publié par pam

1milliard 200 000 de touristes cette année...

Réflechissez et informez-vous avant de partir vous "dépayser"... soyez responsables !

Bien sur je suis mal placée pour donner des leçons puisque j'habite un lieu magnifique, mais je m'en suis donnée les moyens et j'en subis les inconvénients (éloignement, isolement, désert médical... touristes...!!!). Depuis que mon métier ne m'oblige plus à prendre l'avion je n'en ai plus jamais pris, préférant rêver qu'aller polluer encore un peu plus.

J'espère que vous prendrez le temps de regarder ce documentaire édifiant jusqu'au bout.

Et je vous souhaite de bonnes vacances (si vous pouvez en prendre...) vraiment vertes ou bleues, vraiment écologistes, et vraiment reposantes ...

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