Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Etienne Chouard, pour que les choses soient claires...

29 Novembre 2014, 09:41am

Publié par pam

Le 6 novembre dernier, je vous proposais ici deux vidéos d'Etienne Chouard. J'avais hésité car j'avais compris qu'on le rattachait parfois à des individus peu fréquentables d'extrême-droite. Voici sa version, ses explications, claires et intelligentes comme ça le caractérise. Un bon exemple des méfaits d'Internet quand on manque de vigilance ou qu'on veut nous faire dire l'inverse de nos pensées. Un bon exemple aussi

"Comme tout le monde je ne progresse que dans la controverse".

Et voilà à quoi on arrive avec beaucoup d'ouverture d'esprit et d'intelligence :

Etienne Chouard, pour que les choses soient claires...

Ceci est un copié-collé de son blog : http://chouard.org/blog/

De grands médias et des politiciens de métier sont en train d’essayer de faire de moi un « Soralien », ce qui leur permettrait de discréditer d’un coup, sans argument de fond, la proposition ultra-démocratique de processus constituant populaire que je défends depuis dix ans.

Quels sont les faits ?

Depuis la bagarre de 2005 contre l’anticonstitution européenne, je travaille jour et nuit pour donner de la force à une idée originale d’émancipation du peuple par lui-même et pas par une élite : je soutiens l’idée que nous n’avons pas de constitution digne de ce nom et que, si nous voulons nous réapproprier une puissance politique populaire et nous débarrasser du capitalisme, nous devrons apprendre à écrire nous-mêmes notre Constitution, notre contrat social, en organisant nous-mêmes un peu partout des ateliers constituants populaires. Selon moi, ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, ce n’est pas aux professionnels de la politique d’écrire ou de modifier la Constitution, qu’ils doivent craindre et pas maîtriser.

Depuis dix ans, donc, je lis beaucoup, dans toutes les directions, tout ce qui touche aux pouvoirs, aux abus de pouvoir et aux institutions : histoire, droit, économie, philosophie politique, sociologie, anthropologie, de la bible à nos jours, tout m’intéresse, pourvu que ça me donne des idées et des forces pour organiser la résistance des êtres humains à tous les systèmes de domination. J’essaie de comprendre comment on en est arrivé au monde injuste et violent qui est le nôtre, et comment on pourrait (réellement) améliorer la vie sur terre. Chaque fois que je déniche un livre, une thèse, une idée, un fait, une preuve, un intellectuel, un texte, une vidéo, ou tout document qui me semble utile pour comprendre les abus de pouvoir et y résister, je le signale sur mon site et on en parle ensemble. Depuis dix ans, ce sont ainsi des dizaines de milliers de liens que j’ai exposés à l’intérêt et à la critique de mes lecteurs.

Sur le plan de la méthode, même si je me sens (de plus en plus) sûr de moi quant à ma thèse radicalement démocratique, je suis pourtant toujours à l’affût des arguments de TOUS ceux qui ne pensent PAS comme moi ; c’est comme une hygiène de pensée, je cherche les pensées contraires aux miennes, autant pour les comprendre vraiment (ce qui facilite ensuite les échanges constructifs avec des adversaires que je considère, malgré notre opposition, comme des êtres humains, donc ipso facto légitimes pour défendre leur point de vue, quel qu’il soit), que pour détecter mes éventuelles propres erreurs. Comme tout le monde, je ne progresse que dans la controverse.

Un jour, il y a trois ans je pense, je suis tombé sur une vidéo de Soral, que je ne connaissais pas, qui m’a intéressé : il y dénonçait le colonialisme raciste du gouvernement israélien et le sionisme comme idéologie de conquête, aux États-Unis mais aussi en France (en s’appuyant sur les livres — bouleversants — d’Israël Shahak, de Shlomo Sand, de Gilad Atzmon et d’autres que nous devrions tous lire, je pense). Pour moi qui travaille sur les abus de pouvoir, il est naturel d’être intéressé par toute étude d’un projet de domination, quel qu’il soit. En regardant un peu son site, j’ai vu qu’il étudiait, condamnait et résistait (comme moi), entre autres, à l’Union européenne, au capitalisme, à l’impérialisme, au colonialisme, au racisme, aux communautarismes, aux multinationales, aux complexes militaro-industriels et aux grandes banques d’affaires, à la prise de contrôle des grands médias par les banques et par les marchands d’armes, au libre-échange et au sabotage monétaire, aux innombrables et scandaleuses trahisons des élites, à toutes les guerres, à toutes les réductions des libertés publiques justifiées par la « lutte contre le terrorisme », etc. Bref, tous ces fronts de résistance étant, à mon avis, des fronts de gauche, et même de gauche radicale et vraie, j’ai ajouté naturellement un lien sur ma page d’accueil vers le site de Soral. Un lien, parmi des milliers — je ne savais pas encore que cela allait faire de moi, en quelques années, un homme à abattre.

Je n’ai pas fait l’exégèse de l’auteur et du site signalés : j’ai juste cité le lien déniché, comptant comme d’habitude sur l’intelligence des gens — que je considère comme des adultes — pour distinguer ce qui y est pertinent de ce qui ne l’est pas, ce qui est bon de ce qui est mauvais. Et puis, je suis passé à autre chose, évidemment ; ma vie est une course permanente d’une idée à l’autre.

À partir de ce moment, j’ai reçu des accusations violentes et des injonctions — souvent anonymes — à retirer ce lien, jugé diabolique. Or, j’ai horreur qu’on m’impose ce que je dois penser ou dire ; je veux bien changer d’avis (j’aime découvrir que je me trompe et progresser en changeant d’opinion), mais il ne suffit pas d’affirmer que je me trompe, même en criant que je suis un fasciste (sic), il faut me le prouver. Et si on veut me forcer à retirer un lien, il y a toutes les chances pour que je m’obstine (bêtement, je sais).

Autre fait qui m’est reproché : depuis 2011, les militants d’E&R relaient souvent mes textes et vidéos sur leur site (documents qui ne parlent que de démocratie, de constitution d’origine populaire, et de gestion commune du bien commun), signe d’intérêt de militants « de droite » pour la vraie démocratie que — en toute logique — je ne prends pas comme une preuve évidente de « fascisme »… Lorsque je constate qu’un parti ou un journal ou une radio ou un site quel qu’il soit relaie ma prose radicale d’émancipation par l’auto-institution de la société, je ne peux y voir que des raisons d’être satisfait : mon message est universel, il n’est pas réservé à une famille politique ; plus on sèmera des graines de démocratie auto-instituée, un peu partout, sans exclusive aucune, mieux ce sera.

Justement, j’ai observé une évolution qui me semble importante : les jeunes gens qui suivent et soutiennent Soral, et qui étaient assez radicalementantidémocrates quand ils m’ont connu, étaient en fait « anti-fausse-démocratie », mais ils ne le savaient pas encore : ils pensaient (comme tout le monde) que l’alternative politique était 1) capitalisme-libéralisme-« démocratie » (complètement pourri, mafieux, esclavagiste, des millions de morts, à vomir) ou 2) communisme-socialisme-« démocratie populaire » (complètement pourri, un capitalisme d’État, avec police de la pensée, des camps de travail en Sibérie, des millions de morts, à vomir) ou 3) fascisme-« non-démocratie » (violent aussi, mais sans corruption — choix terrifiant, selon moi, évidemment)… Et puis, voilà qu’ils découvrent, en lisant les livres que je signale (Manin, Hansen, Rousseau, Sintomer, Castoriadis, Guillemin…) un régime alternatif, une quatrième voie, une organisation politique dont personne ne nous a jamais parlé sérieusement à l’école ou dans les journaux : la vraie démocratie, sans guillemets, avec une vraie constitution et des vrais contrôles, que nous écririons nous-mêmes, directement parce que entraînés, pour être sûrs de ne pas nous faire tromper à nouveau… Eh bien, je suis sûr (je l’ai ressenti souvent, nettement) que nombre de ces jeunes militants (de droite dure au début par dépit de la corruption généralisée et faute d’alternative autre — processus identique à la naissance du nazisme en Allemagne) sont en train de devenir (ou sont déjà devenus) des démocrates réels. Non pas par magie, mais parce que cette alternative démocratique réelle est à la fois crédible et prometteuse, elle fait vibrer tous les hommes de bonne volonté. Alors, je maintiens qu’il est pertinent et nécessaire de parler avec enthousiasme de vraie démocratie à absolument tout le monde, en étant convaincu qu’un être humain, ça peut changer d’avis 1) si on le respecte en tant qu’être humain, et 2) si ce qu’on lui propose est émancipant, libérateur, puissant, prometteur.

Et puis, quand on me reproche les médias — soi-disant parfois peu fréquentables— par lesquels sont relayées mes graines de démocratie réelle, je réponds que je ne m’identifie pas au média qui me tend son micro, que je reste moi-même quelle que soit la personne à qui je parle, et surtout que je n’ai guère le choix puisqu’AUCUN grand journal ni aucune grande radio de gauche (que j’aime quand même, hein) — ni Là-bas-si-j’y-suis, ni le Diplo, ni Politis, ni Terre-à-terre, dont je parle pourtant souvent, moi, depuis 2005 —, aucun de ces médias n’a jamais relayé / signalé / commenté mon travail, depuis DIX ans (!)… Comme si la démocratie vraie ne les intéressait pas du tout, ou comme si elle leur faisait peur. Il n’y a QUE les militants de base qui m’invitent à venir débattre sur ces questions : l’idée d’un processus constituant qui deviendrait populaire et d’une procédure authentiquement démocratique comme le tirage au sort, ça n’intéresse pas du tout les chefs, même ceux des médias de gauche…

Parmi les faits qui me sont reprochés, il y a aussi une conférence avec Marion Sigaut (que j’ai trouvée bien intéressante, d’ailleurs), sur la réalité du mouvement des « Lumières ». On s’empaille souvent, Marion et moi : on n’est pas d’accord du tout sur Rousseau, sur Robespierre, sur la Vendée, et sur quelques points historiques importants, mais on arrive bien à se parler, tous les deux, malgré nos désaccords, en essayant de comprendre l’autre, d’apprendre l’un de l’autre, en se respectant, ce qui s’appelle une controverse, processus qui est à la base du progrès de la connaissance. Cet échange intellectuel avec Marion, m’a fait découvrir des faits et documents particulièrement importants sur l’Ancien régime — par exemple, le livre passionnant « Le pain, le peuple et le roi » de Steven Kaplan —, et les intrigues fondatrices des « Philosophes » des « Lumières » (riches et marchandes, tiens tiens), pour faire advenir le « libéralisme », c’est-à-dire la tyrannie-des-marchands-libérés-devenus-législateurs qu’on appelle aujourd’hui le capitalisme.

Pour revenir à Soral, j’ai rapidement compris qu’il n’est pas du tout un démocrate, évidemment : il est autoritaire et il défend une idéologie autoritaire, au strict opposé de ce que je défends moi. Je ne veux pas plus de sa « dictature éclairée » que de n’importe quelle dictature, évidemment.

Mais malgré cela, une partie de son analyse du monde actuel (et non pas ses projets de société) me semble utile, objectivement, pour mon projet à moi, de compréhension des abus de pouvoir et de constituante populaire. Donc, pour ma part, je ne monte pas en épingle ce qui me déplaît chez Soral, je prends ce qui m’intéresse (les infos sur les fronts de gauche et sur la résistance au sionisme) et je laisse le reste, comme l’adulte libre de penser et de parler que je suis.

On reproche à Soral un antisémitisme intense et assumé. Pourtant, quand on lui demande « êtes-vous antisémite ? », Soral répond « NON, dans le vrai sens du mot c’est-à-dire raciste ». Et il souligne aussitôt que le mot « antisémite », avec des guillemets, a progressivement changé de sens pour servir aujourd’hui de bouclier anti-critiques (ce que Mélenchon dénonce lui aussi, amèrement, avec raison et courage, je trouve, en appelant cette calomnie systématique « le rayon paralysant du CRIF ») : dans ce nouveau sens, complètement dévoyé, « antisémite » sert à qualifier tous ceux (même ceux qui ne sont ABSOLUMENT PAS racistes) qui critiquent et condamnent la politique — elle, officiellement raciste et criminelle — du gouvernement israélien (critiques d’un racisme qui sont donc un antiracisme). C’est ce nouveau sens seulement que Soral assumait, en martelant, en substance : « j’en ai marre de ce chantage à « l’antisémitisme » et de ces intimidations permanentes de la part d’ultra-racistes qui osent accuser de racisme des résistants à leur racisme ».

Je trouve que ça se défend très bien, si on arrive à tenir le cap de l’humanisme, c’est-à-dire à ne pas devenir soi-même raciste en réaction à un racisme premier : il est essentiel, je pense, de ne pas devenir antisémite en réaction au sionisme : il ne faut surtout pas s’en prendre à tous les juifs au motif que certains sionistes seraient odieux et dangereux.

Or, tout récemment, j’ai découvert dans une publication de Soral des propos terribles et dangereux qui me conduisent à changer d’avis sur la portée du lien que j’ai mis sur mon site.

Dans une vidéo en direct de juin 2014 (1 minute, à partir de 47:54), Soral dit les mots suivants, que je n’avais jamais entendus de lui avant, et qui me choquent tous profondément :

[Bon, j’ai commencé à transcrire, mais j’ai honte de seulement écrire des trucs pareils… Donc, j’arrête. Je vous laisse lire le lien si ça vous chante.]

Je ne peux évidemment pas valider une parole pareille, froidement raciste, sexiste, autoritaire. Je n’avais jamais vu Soral parler comme ça. C’est un peu comme un désaveu, parce que je l’ai entendu maintes fois jurer qu’il n’était pas antisémite.

Alors, je cède, je reconnais que me suis trompé, en publiant un lien sans mise en garde : il y a un risque d’escalade des racismes. Ce mélange de lutte légitime et courageuse contre de redoutables projets de domination (résistance qui m’intéresse toujours et dont je ne me désolidarise pas), avec un sexisme, une homophobie, et maintenant un antisémitisme assumés (qui me hérissent vraiment), ce mélange est toxique. Stop. Et puis, je n’arrive plus à m’occuper de nos ateliers constituants : on nous interpelle sans arrêt sur notre prétendue identification à Soral, et la violence des échanges qui s’en suivent partout me désespère ; j’en ai assez, il faut faire quelque chose pour marquer une différence, une limite : je supprime le lien de mon site vers Soral. Désormais, je ferai le filtre, en évoquant moi-même les auteurs que je trouve utiles, comme Shlomo Sand, Jacob Cohen, Bernard Lazare, Israël Shahak, Gilad Atzmon, Norman Finkelstein, Gideon Levy, Mearsheimer et Walt, Éric Hazan, etc.

En conclusion, j’insisterai sur l’essentiel : à mon avis, tous ces reproches sont montés en épingle de mauvaise foi par les professionnels de la politique pour entretenir une CONFUSION entre les vrais démocrates et « l’extrême droite » ; confusion qui leur permet de se débarrasser des vrais démocrates à bon compte, sans avoir à argumenter.

Post scriptum: si le système de domination parlementaire arrive finalement à me faire passer pour un diable hirsute, infréquentable et banni, ce n’est pas grave, je ne suis qu’une cellule du corps social et je ne cherche absolument aucun pouvoir personnel (je ne perds donc rien d’essentiel si je suis ostracisé par le système, à part le bonheur de bien servir à quelque chose d’utile, que je ressens en ce moment) : prenez alors le relais vous-mêmes ! Notre cerveau collectif survivra très bien à la disparition d’un neurone, changez de nom, et continuez à défendre vous-mêmes, un peu partout et tout le temps, cette idée importante qui va tout changer, mais seulement si on est très nombreux à s’être bien polarisés sur la même idée, simple et forte : ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, DONC, il ne faut SURTOUT PAS ÉLIRE l’Assemblée constituante ; si on veut une constitution, il faudra l’écrire nous-mêmes et il faut donc, dès maintenant et tous les jours (!), nous entraîner réellement en organisant et en animant partout des mini-ateliers constituants ultra-contagieux.

« Fais ce que tu dois, et advienne que pourra. »

Étienne Chouard,
28 novembre 2014.

Etienne Chouard, pour que les choses soient claires...

Et parce que l'honnêteté et la franchise semblent caractériser cet homme, il y a une suite et j'aime tout particulièrement l'idée de cesser de parler de racistes mais de paroles racistes, car chaque être humain a droit à l'erreur et peut évoluer et changer. Moi même je me surprends à m'énerver dès qu'on aborde le sujet des injustices commises contre les palestiniens par exemple, pour m'en vouloir de m'énerver tout de suite après !

Tournons notre langue sept fois dans la bouche...et notre plume sept fois dans l'encrier, ayons la générosité d'essayer de comprendre, toujours, avant de juger, et plutôt que de prêcher la compassion, mettons la en pratique. Il ne s'agit pas de compromissions ou de retournements de veste, mais d'humanité.

"La haine de la haine c'est encore de la haine."

"La droite extrême est déjà au pouvoir"... partout... presque...!!

Etienne Chouard, pour que les choses soient claires...

Pour que les choses soient claires – suite

Posted on 29 novembre 2014

Quand on s’aperçoit qu’on se trompe, il faut se corriger.

Quand on s’aperçoit qu’on a trop corrigé, ou pas assez, il faut encore se corriger.
C’est un travail qui dure toute la vie.

Ça donne une trajectoire en zig-zag, qui peut suggérer une instabilité ou une fragilité, mais c’est plutôt le résultat d’une honnêteté, et il faut l’assumer : tout ce qui est vivant sur terre se trompe, et se trompe souvent ; et il faut donc s’adapter. Je ne prétends pas, comme les donneurs de leçon qui prétendent avoir définitivement tout compris mieux que tout le monde, avoir trouvé la vérité le premier et ensuite tenir un cap sûr et droit, déterminé à n’en pas changer. Si vous m’accompagnez, préparez-vous à zig-zaguer.

Sur le plan de la pression que je subis, ça devient raide, je vous prie de croire. Je suis là tout seul devant mon clavier, et vous êtes des milliers — des milliers ! — à parler, ou à crier, soit pour féliciter, soit pour condamner, soit pour exiger, soit pour renoncer, mais des milliers c’est inhumain, presque incompréhensible tellement c’est varié et animé de pensées argumentées, contrastées, violemment opposées. Essayer de tous vous contenter, c’est certainement devenir bientôt fou à lier. Je vais donc me retourner sur moi-même, c’est plus simple, et tâcher d’évaluer — isolé — ce que j’ai fait.

J’ai passé des jours et des nuits à préparer le billet d’hier, et il me semble équilibré. Sauf à la fin, où ma conclusion va trop loin, parce qu’elle est, je pense, exagérée. Il fallait exprimer — clairement, fortement — mon opposition farouche aux paroles dangereuses, et peut-être corriger le lien en lui ajoutant un commentaire explicite sur le racisme, le non racisme et l’antiracisme ; mais pas supprimer un lien, ce petit lien, avec toute une communauté (geste trop fort, symboliquement), même pour cause de très mauvaises paroles. En coupant complètement les ponts, je me rends moi-même coupable, précisément, du travers anti-politique que je condamne d’habitude.

Je vous rappelle quelle est ma position sur le racisme et sur « l’antiracisme » :

Je pense (et c’est précisément ce qu’on me reproche, si j’ai bien compris) que, pour servir à quelque chose d’utile, le mot « extrême droite » devrait servir à désigner les ennemis extrêmes du peuple et du bien commun, et PAS « les racistes » ; car les paroles racistes sont un fléau qu’on retrouve partout et elles sont plus une conséquence des problèmes sociaux qu’une cause. J’utilise l’expression paroles racistes car je refuse le mot « raciste » pour désigner une personne, comme si elle n’allait jamais changer d’avis, comme si sa nature c’était d’être raciste, comme si elle n’était plus humaine, inférieure politiquement… Je trouve cette façon de penser précisément… raciste, antipolitique.

La haine de la haine, c’est encore de la haine. En traitant quelqu’un de « raciste », avec haine (et… racisme), en enfermant l’adversaire (à vie) dans ses mauvaises paroles du moment, on s’interdit absolument, selon moi, d’améliorer la situation, aussi peu que ce soit : les accusés vont s’enferrer dans leurs mauvais discours et même se préparer à une guerre. Contre les paroles racistes, je ne vois pas d’autre issue que politique : la vision raciste du monde est une grave erreur d’analyse, une honte au regard de l’humanité, mais ça se démontre, ça ne s’impose pas.

N’oubliez pas que ceux qui ont aujourd’hui des paroles racistes sont des êtres humains. N’oubliez pas que, DONC, ils changent. Peut-être cette personne que vous détestez aujourd’hui (parce qu’elle pense et dit effectivement des horreurs) vous sauvera-t-elle la vie demain. Il ne faut jamais renoncer à l’action politique (qui n’est PAS la guerre sans merci des partis, misérable parodie d’action politique). Il vaut mieux chercher les causes premières du racisme que d’invectiver ceux qui sont aujourd’hui frappés de cette maladie (honteuse).

En plus, quand vous mettez toutes vos forces dans « l’antiracisme » (sic), vous ne mettez plus aucune force dans la lutte contre le capitalisme : contre les 1% « libéraux »-esclavagistes, ni contre leurs « élus » et leurs traîtrises. Donc, ces derniers doivent bien se frotter les mains de « l’antiracisme », ce « confusionnisme politique, sciemment organisé, intellectuellement structuré, qui vise à déplacer la vraie ligne de divergence démocratique majeure entre les héritiers possédants et les dépossédés »…

Et si l’expression extrême droite désigne simplement, comme je pense que nous devrions le décider, la droite extrême, je pense qu’elle est déjà AU POUVOIR en ce moment, et que les chiffons rouges (Soral, Le Pen, etc.) qu’on agite frénétiquement devant nous dans toutes nos discussions servent de LEURRES, qui nous distraient de l’essentiel et qui nous empêchent — littéralement — de penser et de progresser.

Hier, sans m’en apercevoir, je me suis rendu coupable moi-même de cet « antiracisme » qui fabrique une race des « racistes », sorte de sous-hommes à combattre en toute matière pour cause de péché impardonnable, de crime de la pensée : quand on repère une parole raciste, il faut la combattre, bien sûr, en dénoncer fortement le danger, la honte et l’inhumanité, mais pas couper les ponts avec les hommes, pas couper l’humanité en deux catégories (les purs : les non racistes, et les impurs : les racistes), sinon on n’arrivera jamais à faire société : il faut garder confiance dans la politique : les êtres humains peuvent changer, et il faut s’y atteler. Les exclure, c’est y renoncer.

Je vais donc remettre un lien, différent, commenté, vers E&R, que je considère comme un portail utile pour comprendre et résister à certains abus de pouvoir terribles, même s’il est évidemment très critiquable par certains côtés (comme tout le monde) ; je reviens donc à ma position ouverte d’avant-hier, que je tiens depuis des années : il faut que chacun se forge une opinion en adulte, et une vraie démocratie doit laisser une place aux non démocrates. Et pour les ulcérés, faut quand même pas charrier, ce n’est qu’un lien suggéré, pas du tout une identité, une allégeance ou une caution : je ne suis pas « soralien », je cherche à RENDRE POSSIBLE UN MONDE VRAIMENT COMMUN, je ne suis pas « complaisant avec le fascisme » que je combats du mieux que je peux, en conscience, librement, à ma façon, et je vous pense tous libres de penser. Soyez gentils de ne pas tout surinterpréter, tâchez de modérer.

Vous savez maintenant ce que je pense de l’antisémitisme et du racisme : je les considère comme des fléaux, une honte pour l’humanité. Mais je pense que les combattre en traitant les gens de « racistes » comme si c’était leur nature, et en leur coupant la parole (comme on coupe une tête), c’est croire éteindre un incendie en jetant de l’essence sur les flammes.

Je suis désolé de vous mécontenter, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui ; ce ne sont pas les mêmes et je risque fort de tous vous énerver. Je vous demande de me pardonner. Je suis bouleversé, tout noué, mal au bide, comme percé par la violence des mille commentaires qui fusent de toute part chaque jour, comme si je devais ne jamais me tromper, ou comme si, pour m’être trompé, je devais maintenant expier. Vous tous, qui m’aimez ou qui me détestez, vous m’épuisez. Quelque temps, je vais m’éloigner.

Je fais ce que je peux, mais là, je n’en peux plus.

Étienne.

Voir les commentaires

Méditation, transformation de l'esprit.

28 Novembre 2014, 08:51am

Publié par pam

Pour me faire pardonner de ne pas vous avoir encore résumé la suite de l'article d'y il y a quelques jours sur "Pourquoi ne sommes-nous pas heureux ?"

Voici un condensé de la PRÉFACE DE MATHIEU RICARD du même "BONHEUR DE LA MÉDITATION" deYongey Mingyour Rinpotché.

Mingyour Rinpotché a une place unique dans le dialogue et la coopération entre science et bouddhisme. Il s’intéresse profondément aux sciences modernes, particulièrement aux neurosciences et à la physique quantique. Les neurosciences ont pour objet l’étude empirique du phénomène de la conscience, des événements mentaux et des émotions, sujets sur lesquels se penche le bouddhisme depuis 2500 ans. La mécanique quantique aboutit, par des méthodes différents, à une description de la réalité très proche de celle du bouddhisme, selon laquelle le monde des phénomènes est un ensemble de relations, d’événements interdépendants et impermanents, et non une collection d’entités autonomes douées d’existence propre.

Pour lui, comme pour le Dalaï-lama, le bouddhisme est avant tout une science de l’esprit. Les textes bouddhistes insistent sur le fait que toutes les pratiques spirituelles, mentales, physiques ou verbales visent directement ou indirectement à transformer l’esprit. Mais, comme il l’écrit : “l’une des principales difficultés que l’on rencontre en essayant d’examiner son esprit est la conviction profonde et souvent inconsciente que l’on est comme on est, et que l’on n’y peut rien changer... sentiment pessimiste inutile... Sans même que nous en soyons conscients, l’idée que notre esprit ne peut pas changer empêche d’emblée toute tentative de changement.”

L’état que nous considérons comme “normal” n’est qu’un point de départ, et non le but que nus devons nous fixer. Il est possible de parvenir peu à peu à une manière d’être optimale.

Pour cela l’introspection bouddhiste a 2 méthodes, l’une analytique, l’autre contemplative. L’analyse consiste à examiner la nature de la réalité, essentiellement interdépendante et impermanente, et à évaluer honnêtement les tenants et aboutissants de nos souffrances et de celles que nous faisons subir aux autres. L’approche contemplative consiste à tourner son attention vers l’intérieur et à observer, derrière le voile des pensées et des concepts, la nature de la “conscience originelle” qui sous-tend toute pensée et permet leur formation. Cette faculté fondamentale de “connaître” ou conscience pure, existe en l’absence de constructions mentales et d’objets de pensée.

Mingyour Rinpotché : “Le véritable but de la méditation est de demeurer dans la conscience nue, quoi qu’il se passe ou ne se passe pas dans l’esprit. Peu importe ce qui se présente à vous, restez simplement ouvert et présent à ce phénomène, puis laissez-le disparaître. Si rien ne se produit, ou si les pensées s’évanouissent avant que vous les ayez remarquées, demeurez simplement dans cette clarté naturelle.”

Il explique comment l’entraînement de l’esprit permet de passer d'un état pathologique à un état normal, puis à un état optimal. Il décrit de l’intérieur, le processus de transformation qu’il l’a conduit de l’état d’angoisse chronique paniquante à une sérénité durable alliée à un ensemble de qualités, dont la compassion et la liberté intérieure, qui permettent de gérer toutes les circonstances auxquelles nous sommes confrontés dans l’existence. Nous montrant ainsi que nous sous-estimons le pouvoir de transformation de l’esprit et la façon d’y remédier.

“Peu à peu, je commençais à reconnaître la fragilité et le caractère éphémère des pensées et émotions qui m’avaient perturbé pendant des années, et je comprenais comment, en me focalisant sur de petits ennuis, je les avais transformés en énormes problèmes.”

Dans quelle mesure peut-on former son esprit à fonctionner de manière constructive, à remplacer l’obsession par le contentement, l’agitation par le calme, la haine par la compassion ?

Actuellement on parle de neuroplasticité, le cerveau évolue continuellement en fonction de nos expériences et peut fabriquer de nouveaux neurones tout au long de la vie. Cela implique que l’attention, la compassion, le bonheur, peuvent être cultivées et relèvent en grand partie d’une savoir-faire que l’on peut acquérir. Cela nécessite un entraînement, une longue pratique régulière.

La méditation consiste à se familiariser avec une nouvelle manière d’être, de gérer ses pensées et de percevoir le monde. Les neurosciences permettent d’évaluer ces méthodes et de vérifier leur impact sur le cerveau et sur le corps. Les recherches ont montré que quand les participants méditent sur la compassion, on constate une augmentation remarquable des oscillations rapides dans les fréquences gamma et de la cohérence de leur activité cérébrale. L’activité cérébrale des méditants sur la compassion est particulièrement élevée dans le lobe pré-frontal gauche, région liée aux émotions positives. La compassion est donc associée à la joie et l’enthousiasme. Les zones impliquées dans la planification des mouvements et de l’amour maternel sont elles aussi, fortement stimulées. Pour Richard Davidson : “cela semble démontrer que le cerveau peut être entraîné et modifié physiquement d’une manière que peu de personnes peuvent imaginer.”

Une étude sur des sujets méditants confirmés a montré qu’ils pouvaient maintenir intacte la qualité de leur attention pendant 45 minutes, contre 10 pour des sujets non entraînés. On peut donc entraîner son esprit d'une façon beaucoup plus importante que ne l’avait supposé la psychologie. Le Dalaï-lama a joué un rôle catalyseur en encourageant les rencontres et le dialogue.

Validées scientifiquement, les techniques de méditation pourraient être utilement intégrées dans l’éducation des enfants et dans la prise en charge des problèmes émotionnels des adultes. Il reste à étudier comment le cerveau des méditants évolue dans le temps.

Certaines expériences prouvent qu’il n’est pas nécessaire d’être un méditant surentraîné pour bénéficier des effets de la méditation : 20 minutes de pratique journalière contribuent significativement à la réduction de l’anxiété et du stress ainsi qu’au renforcement du système immunitaire et de l’équilibre émotionnel. Une étude effectuée sur des débutants a montré qu’après 3 ans de pratique assidue, la faculté d’attention des sujets s’était considérablement améliorée.

Devant 37000 scientifiques le Dalaï-lama a souligné la nature pragmatique et expérimentale du bouddhisme qui vise à éliminer la souffrance par une meilleure connaissance du fonctionnement de l’esprit.

Stephen Kosslyn déclarait : “Nous devons faire preuve d’humilité devant la masse de données empiriques fournies par les contemplatifs bouddhistes.”

Comme l’explique Mingyour Rinpotché, la méditation n’est pas un exercice superflu mais un élément essentiel de notre existence.

“La seule différence entre la méditation et l’approfondissement d’une amitié est que dans le premier cas, l‘ami que vous apprenez à peu à peu connaître, c’est vous.”

Il explique que le but de la méditation n’est pas de faire le vide dans l’esprit ou d’atteindre un état de relaxation inerte.

“Les pensées sont l’activité naturelle de l’esprit et la méditation n’a pas pour but d’arrêter les pensées. Elle consiste simplement à reposer l’esprit dans son état naturel, lequel est spontanément conscient des pensées, émotions et sensations à mesure qu'elles surgissent, sans les suivre ni les rejeter.”

La méditation permet de se familiariser avec une nouvelle manière d’être : “L’esprit est la source de tout ce que nous ressentons, et changer l’orientation de notre esprit revient à changer la qualité de toutes nos perceptions.”

Elle nous aide aussi à cultiver les qualités humaines indispensables à un bonheur authentique : l’amour bienveillant et la compassion sont les plus essentielles.

Rien ne peut remplacer l’expérience elle-même.

Méditation, transformation de l'esprit.

Voir les commentaires

Tabac et solutions naturelles...

28 Novembre 2014, 08:10am

Publié par pam

Fumeuse invétérée depuis plusieurs dizaines d'années... j'ai arrêté il y a un mois et demi... et je le sens ce n'est pas gagné.

Pendant toutes ces années, j'ai entendu de nombreuses critiques mais je ne me souviens pas que l'on m'ait gentillement donné quelques conseils comme ceux qui suivent et me semblent bien judicieux. Je vous les offre, si vous avez la chance de ne pas être fumeurs peut être pouvez-vous les transmettre à des proches qui le sont... en oubliant de juger !

Tabac : comment nettoyer ses poumons ?

(merci santé nutrition)

1 fumeur sur 2 meurt du tabagisme. Malgré ces chiffres alarmants, il n’est pas toujours facile de laisser tomber la cigarette. Alors si le moment n’est pas (encore) venu d’en finir avec cette dangereuse addiction, comment limiter les effets du tabac et aider l’organiser à éliminer les nombreux toxiques qu’il contient ? Le point avec le Docteur Jacques Labescat, expert en phytothérapie, auteur du livre « Ces plantes qui écrivent l’histoire », aux éditions Anfortas.

Prenez un bain détox

La fumée de cigarette contient plus 4 000 éléments chimiques. Pour aider le corps à en éliminer une partie, prenez régulièrement un bain détox au romarin, un détoxifiant puissant. En ouvrant les pores de la peau et en favorisant les échanges entre l’extérieur et l’intérieur, ce bain aide à éliminer les toxines en profondeur. Faites infuser une poignée de romarin dans 3 à 4 litres d’eau bouillante durant 10 minutes. Versez dans l’eau du bain et plongez-y 15 à 20 minutes.

Sirotez malin

Chaque jour, buvez 2 tasses d’une tisane dépurative, à faire préparer en pharmacie ou chez un herboriste. Le mélange protecteur des poumons : du romarin détoxifiant ; de la mauve, une plante riche en mucilages qui aide l’organisme à fabriquer le mucus protecteur du nez et des bronches détruit par le tabac ; de l’artichaut, qui draine les toxines par la vésicule biliaire et le foie et du pissenlit, draineur de polluants qui favorise la diurèse par les reins.

Reminéralisez votre organisme

L’ortie est un trésor de bienfaits. À la fois nettoyante et reminéralisante, elle contient plus de 200 composants différents parmi lesquels des oligo-éléments et des minéraux à doses infinitésimales et parfaitement bien équilibrés. L’hiver, offrez-vous donc régulièrement des soupes d’ortie ! Vous pouvez également prendre de l’ortie sous forme de capsules (en pharmacie), ou pourquoi pas en salade, après l’avoir fait légèrement blanchir pour la débarrasser de son effet urticant. La spiruline, la fameuse petite algue bleue, est également un très bon énergisant, qui compense les effets déminéralisants du tabac.

Adoptez le curcuma

Considéré comme un anticancéreux puissant, efficace principalement contre le cancer du poumon, le curcuma, antioxydant naturel, agit contre la formation des cellules en favorisant l’apoptose (c’est à dire le suicide) des cellules cancéreuses. Prenez-le en gélules ou en capsules (suivant la posologie indiquée par le fabriquant) et veillez à choisir une formule associée à de la pipérine (issue du poivre) pour une bonne assimilation. Autre anticancéreux naturel qui agit contre le cancer de la même façon que le curcuma : l’aloé vera. De vrais alliés au quotidien.

Comment réduire les envies de fumer ?

Si vous n’êtes pas prêt à arrêter définitivement, vous pouvez déjà réduire votre consommation, en évitant si possible de fumer tous les jours. Les études le prouvent : fumer 3 cigarettes par jour entraine sur le long terme les mêmes risques pour la santé qu’une consommation de 10 cigarettes par jour. Fumer par intermittence, par exemple 5 cigarettes par semaine lors d’une soirée, l’est beaucoup moins, les cellules ayant le temps de se régénérer entre 2 prises de tabac. Essayer donc de ne pas fumer tous les jours est un premier pas.

Pour diminuer l’envie de fumer, le Docteur Jacques Labescat recommande la prise de valériane sous forme de capsules, une plante qui sature les récepteurs de l’addiction au niveau de l’hypothalamus et baisse l’appétence au tabac. Essayez également ce massage : mélangez à 15 gouttes d’huile végétale de macadamia ou de millepertuis à la fois stimulantes et drainantes, 2 gouttes d’huile essentielle de camomille noble, une plante régulatrice du système nerveux central. Massez-vous la plante des pieds, le plexus et la face antérieure des poignets (des zones riches en terminaisons nerveuses) matin et soir, pendant 3 semaines. Le pouvoir de la camomille noble ? Réguler le système nerveux sympathique et renforcer le parasympathique, tout en diminuant l’effet de manque.

Dernière astuce : changer de façon de fumer (passer de la cigarette au cigarillos ou au cigare par exemple) permet d’éviter la mémoire de la cigarette et peut favoriser une réduction de la consommation du tabac sous toutes ses formes, et à terme, un arrêt définitif.

Source : http://www.espritscience…nettoyer-vos-poumons.html

Voir les commentaires

écologie, pauvreté, manifestations, injustices...

28 Novembre 2014, 08:05am

Publié par pam

Je vous propose ce matin une lettre de William (http://blogzep.fr/author/william/), toulousain d'une vingtaine d'années, en service civique, au président de la république :

Monsieur le Président de la République,

J’ai voté pour vous au second tour des élections présidentielles, j’ai voté pour votre programme, j’ai voté pour les idées que vous représentez ; les idées de la gauche, de Jaurès, du progrès social et de l’égalité. Aujourd’hui, que reste-t-il de ces valeurs, que reste-t-il de ces idées ?

VOULEZ-VOUS LAISSER CE MONDE À VOS ENFANTS ?

Vous voilà confronté à deux défis fondamentaux : celui de la crise économique, et celui de la crise écologique. La France compte maintenant huit millions de pauvres. Le terme pauvre n’est pas qu’un mot, pas qu’un chiffre, mais une réalité concrète : ce sont des personnes qui doivent tenter de vivre avec moins de 993 euros par mois, c’est-à-dire survivre.

Comme vous le savez, car vous avez certainement du lire le dernier rapport du GIEC, si d’ici vingt à trente ans nous ne réduisons pas considérablement nos émissions de gaz à effet de serre, nous courrons droit à la catastrophe. Un cercle vicieux menace notre civilisation, notre espèce ainsi que tous les êtres vivant sur Terre. Ces mots cachent toutes les morts que le dérèglement climatique va engendrer, toutes les tensions et les possibles guerres. Voulez-vous laisser ce monde à vos enfants, Monsieur le Président ?

QU’AVEZ-VOUS FAIT DURANT CETTE PREMIÈRE MOITIÉ DE MANDAT ?

En tant que Président de la République, vous avez l’entière responsabilité de vos actes ou plutôt de votre inaction face à ces crises. Vous avez en main le pouvoir de changer les choses. Ce pouvoir, nous vous l’avons donné, nous, le peuple de gauche, nous les progressistes. Qu’avez vous fait durant cette première moitié de mandat ? Quelles sont vos réponses à ces deux défis ? Vous avez cédé par manque d’audace. Cédé à une classe dominante en menant une politique d’austérité. Vous avez volé des droits que nous avions acquis. Par exemple, celui du repos, de la retraite à laquelle vous avez pris quatre précieuses années. Vous avez taxé non pas les fortunés mais les pauvres, les personnes les plus fragiles, ces pauvres travailleurs qui se battent déjà pour survivre. Tout cela pour rembourser une dette dont ils ne sont en rien responsables, créée par des banquiers cupides, que votre prédécesseur a renfloués avec des sommes astronomiques et sans contrepartie.

LA FRANCE N’A JAMAIS ÉTÉ AUSSI RICHE

Vous le savez Monsieur, mais la richesse est très inégalement répartie.

Comment pouvez-vous accepter, en tant qu’homme de gauche, que huit millions de personnes souffrent de la pauvreté alors que les 10 % les plus aisés de France possèdent 48 % des richesses ?

Comment pouvez vous accepter que des personnes comme Bernard Arnaud, PDG de LVMH, possèdent un patrimoine de 27 milliards d’euros, soit presque deux millions d’années de SMIC ? A-t-il vraiment mérité ces 27 milliards ? De tels revenus sont-ils nécessaires ? D’où vient cette richesse, sinon du travail de ses employés sous-payés qui eux, se battent pour survivre?

Comment pouvez vous accepter, en tant que garant de la République et de ses valeurs d’égalité, que les patrons les mieux rémunérés de France touchent entre 400 et 1110 années de SMIC par an alors que juste sur l’année 2013, quatre cent cinquante trois SDF sont morts de faim dont vingt-huit enfants ?Ces enfants, Monsieur, auraient pu être votre progéniture. Si vous êtes un homme de gauche, vous devez certainement avoir la conviction que leur situation ne relève pas de leur volonté mais de la contingence de leur naissance et donc admettre que c’est cette même contingence qui fait que vous êtes Président de la République, qui, finalement, a différencié leur destin du vôtre.

UN PEU D’AUDACE !

Sachez Monsieur, que vous avez plusieurs moyens d’action à votre disposition, pour cesser toutes ces injustices. Il vous suffirait de taxer ne serait-ce qu’une partie supplémentaire de ces richesses issues du capital et de l’évasion fiscale, estimées à 600 milliards d’euros, afin de mieux la redistribuer. Il suffirait, par exemple, de seulement 13 milliards par an, selon le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) afin que tout citoyen français puisse ne plus souffrir ni de la faim ni de la soif.

Il ne s’agit pas par là de détruire le capitalisme. Encore moins de changer totalement le monde, mais d’avoir l’audace d’apporter une justice, et permettre à des personnes de pouvoir vivre dignement.

SIVENS ET NOTRE-DAME-DES-LANDES, DES SYMBOLES

Quelles ont été vos réponses face au grand défi du changement climatique ? Au lieu de lancer de grands projets et de grands investissements dans les énergies renouvelables, d’orienter le pays vers la croissance verte, vous réagissez violemment avec comme objectif la défense, coûte que coûte, des projets inutiles et destructeurs.

Sivens comme Notre Dame des Landes ne sont pas que de simples projets mais des symboles. Les maux de ce monde, de ce vieux monde, qui est sur le point de mourir. Ce monde consumériste qui ne prend pas conscience de la relation vitale que l’homme doit avoir avec la nature, un système qui en moins d’un siècle nous amène déjà au bord du précipice.

Il y a maintenant deux semaines, un jeune de mon âge a été assassiné. C’était un jeune homme militant qui ne croyait absolument pas en la violence et au pouvoir de la haine.

FACE AUX ABUS POLICIERS

Je me trouvais, hier, au rassemblement organisé à Toulouse, accompagné d’autres militants, dont une très large majorité était également pacifiste, afin d’exprimer notre refus et notre désarroi face aux abus
policiers. Abus policiers démontrés par l’utilisation d’armes létales dont l’usage fut grandement abusif (flashball, grenade assourdissante ou offensive). Nous avons été pris en étaux par la Police, qui luttait contre des casseurs, groupe dont la démarche violente n’est pas acceptable.

Possédez-vous donc cette sagesse d’esprit, Monsieur, de ne pas opérer d’amalgame entre ceux dont le mécontentement est animé par la haine, et ceux qui, a contrario, s’indignent de manière pacifique ?

Un cordon de CRS nous a empêchés de quitter cette manifestation, qui s’est transforme progressivement en émeute. Alors que nous scandions notre pacifisme, tout en exhibant les paumes de nos mains, nous étions enfermés sur ces allées Jean Jaurès, triste théâtre des affrontements. Les forces de l’ordre, anciennement « gardiens de la paix », ont bafoué notre liberté de circulation, droit fondamental figurant dans un des textes régissant l’intégralité de la justice : la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen édicté en 1789. Déclaration intégrée dans notre Constitution, dont l’exécutif, a le devoir de veiller à son respect en vertu de l’article 5 de la Constitution.

Enfin, nous avons pu sortir de ce guet-apens en passant par une résidence privée. Nous avions d’ailleurs été parmi les dernières personnes à pouvoir fuir cet enfer. Car par la suite, un CRS a bloqué la porte par laquelle nous avions pu fuir, violant ainsi un domicile sans autorisation. Cet infâme individu empêchait les habitants de la résidence de rentrer à leur domicile. Enfin, seulement ceux qui n’avaient pas « la couleur de peau appropriée ».

En effet, une famille « ne rentrant pas dans sa norme », qui par ailleurs n’avait rien à voir avec la manifestation a souhaité regagner son domicile, accompagnée d’un enfant en bas âge. Ils voulaient juste rentrer chez eux, fuir cette guérilla urbaine. Le CRS leur a refusé l’accès à leur propre demeure, alors que plus tard, une personne correspondant plus à l’idéal du bon français vu par le CRS, se vit autoriser l’accès à son domicile.

LA RÉPUBLIQUE A BESOIN DE LA CONFIANCE POUR VIVRE

Vous avez une part de responsabilité dans ces violations, vous êtes le garant du contrat social Monsieur, de ces règles et de ces droits qui régissent la bonne entente entre les citoyens.

Ce sont ces droits, ces devoirs constamment violés, cette rupture avec les intérêts du peuple et ce piétinement des valeurs fondamentales créent un véritable chaos dans la société. Une violence, Monsieur, qui peut nous mener aux pires atrocités, et mettre en danger notre République.

Si je vous écris cette lettre Monsieur, c’est pour vous adresser mon inquiétude quant à l’état actuel de notre pays qui est de plus en plus divisé, et dont l’avenir semble trouble. Je sais pertinemment que cette lettre ne va strictement rien changer à votre politique, mais cela peut être au moins un moyen de vous ramener à quelques unes de vos valeurs énoncées lors de votre campagne électorale : celles de la gauche et de la République.

Jaurès, qui est normalement un exemple pour tout homme de gauche, disait : »La République c’est la confiance et l’audace. »

Si vous n’avez pas l’audace de relever les grands défis auxquels nous sommes confrontés, la confiance ne régnera jamais. Et je ne parle pas seulement de vous Monsieur, de vos intérêts égoïstes qui pourraient être l’envie d’être réélu, l’envie de voir votre cote de popularité augmenter ou tout autre abject artifice, mais de la République qui a besoin de cette confiance pour vivre. Agissez, ayez de l’audace avant que la confiance des Français en leur République ne disparaisse pour toujours et que renaissent les monstres du fascisme, de la haine.

Avec le peu de confiance qui me reste en votre audace.

William, volontaire en service civique, Toulouse

écologie, pauvreté, manifestations, injustices...

Voir les commentaires

Autogestion...

27 Novembre 2014, 08:00am

Publié par pam

Voir les commentaires

choix écologiques...

25 Novembre 2014, 11:47am

Publié par pam

clair et net....

pour une économie basée sur les ressources.

Voir les commentaires

Principe de base de la méditation

24 Novembre 2014, 11:43am

Publié par pam

(en attendant la suite du chapitre 8...) extraits, résumé... de :

BONHEUR DE LA MÉDITATION. Yongey Mingyour Rinpotché.

ÊTRE SOI-MÊME.

“Nous avons besoin de reconnaître notre état fondamental.”

Tsoknyi Rinpotché.

Selon le Bouddha, la nature essentielle de l’esprit peut être perçue directement en laissant simplement l’esprit reposer tel qu’il est. Si les pensées bouillonnent encore, on se contente de les laisser aller et venir sans les poursuivre ni s’y attacher.

On peut le ressentir après avoir accompli un gros travail physique ou intellectuel, au moment où l’esprit et le corps sont détendus dans un état d’épuisement heureux.

Petit exercice pour reposer l’esprit, “non-méditation”, pratique très ancienne qui soulage de la pensée qu’il faut atteindre un but ou parvenir à un état d’esprit particulier.

On se contente d’observer ce qui se passe dans l’esprit, sans jamais interférer ni se préoccuper du résultat de cette observation. Colonne vertébrale droite et corps détendu. Laisser l’esprit se relâcher pendant 3 minutes. Quoi qu'il se passe dans l’esprit ou le corps, ne se soucier de rien. Se détendre simplement dans la conscience de ce qui travers de l’esprit. Puis s’interroger sur ce qui s’est passé. Sans juger, sans chercher à expliquer. Perception directe de l’esprit dans son fonctionnement naturel.

Quoi qu’il se passe quand on reste simplement attentif à ce qui survient chaque seconde dans l’esprit, c’est la méditation.

Se détendre simplement dans cet état, c’est l’expérience de l’esprit naturel.

Il suffit juste de ne pas donner suite aux pensées ni être distrait par des sentiments et sensations.

Il est facile de méditer. Mais on porte trop de jugements sur ce qui se passe en soi. Or Bouddha nous apprend qu’en laissant l’esprit se détendre et prendre du recul, on peut commencer à voir que toutes les pensées ne font qu’aller et venir dans le champ d’un esprit illimité, et que celui-ci, comme l’espace, demeure fondamentalement non troublé par ce qui se passe en lui.

Détendre l’esprit ne demande aucune concentration, aucun effort.

Il n’est pas nécessaire d’essayer d’arrêter quoi que ce soit, il faut se contenter d’observer ce qui se passe en soi, et on finit par éprouver une sensation de détente et d’espace dans son esprit : c’est l’esprit naturel, l’arrière-plan non troublé sur lequel les pensées vont et viennent.

En même temps on ouvre de nouvelles voies de communication entre les neurones, et à mesure que ces voies se renforcent, on tolère de mieux en mieux la cascade de pensées qui traversent l’esprit à tout instant. Chaque pensée perturbatrice agira ensuite comme un catalyseur, elle stimulera votre conscience de la paix naturelle qui environne et imprègne cette pensée.

Principe de base de la méditation

Voir les commentaires

Pourquoi ne sommes-nous pas heureux ?

23 Novembre 2014, 12:22pm

Publié par pam

BONHEUR DE LA MÉDITATION. Yongey Mingyour Rinpotché.

Extraits, résumé... :

VIII - POURQUOI NE SOMMES-NOUS PAS HEUREUX ?

“Tous les êtres ordinaires tendent à agir d’une façon qui leur est nuisible.” Jamgön Kongtrul.

Ceux qui possèdent un grand confort matériel éprouvent des souffrances aussi profondes que ceux qui en sont privés. Ils ont tendance à sourire facilement, mais leurs yeux trahissent souvent insatisfaction ou désespoir. Ils cherchent à devenir meilleur ou pus fort, ou vaincre la haine de soi.

Quand le progrès matériel, ou extérieur, est plus rapide que le progrès intérieur, les êtres semblent souffrir de problèmes émotionnels profonds, sans disposer ne eux-mêmes de moyens d’y faire face. L’abondance d’objets matériels fournit une telle multiplicité de distractions extérieures que l’on perd le lien avec la vie de l’esprit.

Quand les causes sous-jacentes qui ont produit ou perpétué quelques temps une sensation de bonheur se mettent à changer, la plupart des gens en attribuent la responsabilité à des circonstances extérieures (autres, lieu, temps) ou à eux-mêmes. Mais comme cette attitude reflète un manque de confiance en soi ou dans les choses dont on nous a appris à croire qu’elles devaient nous rendre heureux, nos blâmes ne font que rendre notre quête du bonheur plus difficile encore. Dans leur majorité, les gens ne savent pas clairement ce qu’est le bonheur et finissent par créer les causes de l’insatisfaction à laquelle ils tentent désespérément de mettre fin. Il faut donc examiner plus attentivement ce que sont le bonheur et le malheur, et quelles sont leurs causes respectives.

LE CORPS ÉMOTIONNEL.

“Il n’y a pas davantage de centre localisable des émotions qu’il y en a pour le jeu de tennis.” Davidson.

Notre corps joue un rôle très important dans la production des émotions. Tout commence par les perceptions.

ÉTATS ET TRAITS ÉMOTIONNELS.

“Toutes choses dépendent des circonstances”. Patrul Rinpotché.

Scientifiquement, les émotions sont soit des événements brefs ou états (colère soudaine) soit des conditions durables ou traits de tempérament. Les états émotionnels sont des poussées soudaines de bavardage neuronal, alors que les traits sont plutôt l’équivalent de relations suivies entre les neurones. Ces liens durables ont parfois une base génétique, ils peuvent aussi être dus à un traumatisme grave ou résulter d’expérience constantes ou répétées dans l’enfance ou l’adolescence. Les traits émotionnels ont un effet conditionnant sur la manière de juger les expérience quotidiennes et d’y réagir.

LES FACTEURS CONDITIONNANTS.

“La souffrance suit une pensée négative comme les roues d’un char le bœuf qui le tire.” Dhammapada.

Le bouddhisme nous aide, de l’intérieur, à nous représenter plus clairement nos expériences agréables ou désagréables et nous fournit les moyens de modifier nos pensées, sentiments et perceptions de telle sorte que nous devenons des êtres humains plus heureux, plus en paix et plus aimants, ce qu’on peut vérifier, même au niveau cellulaire.

Ce qu’on nomme esprit se manifeste comme la rencontre perpétuellement changeante de deux phénomènes : la perception nue (la simple conscience de ce qui se passe) et les facteurs conditionnants (processus par lequel notre perception est jugée et notre réaction déterminée). Toute activité mentale procède de l’activité combinée de la perception pure et des associations neuronales durablement établies. Pour être heureux, on doit apprendre à reconnaître et à travailler sur les facteurs conditionnants qui produisent des réactions compulsives, ou liées aux traits émotionnels. Tout facteur peut être perçu comme contraignant, dans la mesure où il nous empêche de voir les choses telles qu’elles sont, sans les juger. L’influence de nos conditionnements est si forte que nous pensons rarement que nous pouvons prendre du recul. Et comme, de ce fait, notre compréhension est limitée, nous confondons la vérité partielle que nous percevons avec la vérité complète. Si nous pouvions voir toute la vérité de chaque situation, notre seule réaction au comportement d’autrui serait la compassion.

LES AFFLICTIONS MENTALES.

“Qui a créé les armes de l’enfer, et comment ?” Shantideva.

On appelle les facteurs conditionnants, les afflictions mentales, les trois principales sont l’ignorance, l’attachement et l’aversion. Elles constituent la base de tout ce qui nous empêche de voir les choses telles qu’elles sont.

L’ignorance est l’incapacité fondamentale à reconnaître le potentiel illimité, la clarté et le pouvoir de notre esprit. Ainsi tout ce qu’on perçoit est dénaturé ou masqué. L’ignorance transforme la perception ouverte de la conscience éveillée en toutes sortes de distinctions entre soi et les autres perçus comme réellement existants. Une fois qu’on a établi le schéma neuronal qui consiste à s’identifier comme un “moi” unique, pourvu d’une existence indépendante, on perçoit inévitablement tout le reste comme “autre”, étranger. Ainsi on se perçoit comme infime, limité, vulnérable. Les autres êtres ou objets sont alors considérés comme des sources de bonheur ou de malheur potentiels et la vie devient une lutte pour obtenir ce que nous pensons indispensable au bonheur avant que d’autres ne mettent la main dessus. Cette lutte est le samsâra, roue ou cercle : cercle vicieux du malheur : rechercher sans cesse les mêmes expériences avec chaque fois l’espoir d’obtenir un résultat différent. Le contraire du samsâra est le nirvâna, état de félicité ou de bonheur complet qui résulte de l’extinction de l’ego ou de l’idée du moi. Le nirvâna signifie l’acceptation de toutes les expériences agréables ou non, comme des aspects de la conscience claire. Le point de vue du samsâra est fondé principalement sur le fait de classer les expériences en deux (agréables et désagréables) et de s’identifier à elles. Le nirvâna est un état de conscience fondamentalement objectif dans lequel les expériences sont acceptées sans jugement. Il nous rend capables de percevoir des solutions pas nécessairement liées à notre survie en tant qu’individu mais qui concourent au bien de tous les êtres.

... à suivre...

Voir les commentaires

copié-collé !

23 Novembre 2014, 11:14am

Publié par Antigone XXI

Trouvé chez :

copié-collé !

et oui ! page blanche !! j'avais ce matin lu un texte intéressant sur un blog et j'ai souhaité vous en faire profiter... mais "..." n'a pas l'air de rigoler avec les droits d'auteur et tout ça... et dans des termes peu amènes, donc je n'irai plus y voir et y perdre mon temps, du coup pas d'article ce matin mais je vous souhaite une belle journée.

Voir les commentaires

Nicolas Hulot...

20 Novembre 2014, 07:46am

Publié par pam

Futile, inutile, sordide....

Nabilla, feu de l’insignifiance. Nicolas Hulot s’indigne !

Découvrez le coup de gueule de Nicolas Hulot publié le 14/11/2014 sur sa propre page facebook. Un message qui parle au nom de beaucoup.

« L’ÈRE DU VIDE »

« Les géologues nous disent que nous sommes brutalement rentrés dans l’anthropocène, une nouvelle étape géologique qui signifie que nous avons basculé dans l’ère de l’Humanité. L’Homme en peu de temps, dans sa toute puissance est devenu son propre facteur d’évolution, il est lui même une force géologique.

« Je déplore que le sort de l’humanité soit dans d’aussi mauvaises mains que les siennes » disait déjà au 18ème siècle le philosophe Julien Offray de La Mettrie. Pour ma part, je me bats, avec bien d’autres, pour donner tort à cette sentence. Je considère que tant que l’avenir dépend de nous, l’improbable est possible et le meilleur aussi. Sauf que la fenêtre d’opportunité entre ce que nous pouvons décider ou ce que nous devrons subir se réduit à chaque instant.
Mais j’avoue qu’au retour d’un déplacement au Sahel, je me demande dans un accès de colère si l’avenir ne va pas va pas cruellement donner raison au philosophe. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait Rabelais. « Science sans conscience sera la ruine de l’Homme » oserai-je paraphraser !

Ce qui motive ma fureur de l’instant (mauvaise conseillère), c’est le contraste saisissant entre la situation de l’Afrique au carrefour de toutes les douleurs et de toutes les menaces et l’objet chez nous de nos attentions. Une Afrique engluée dans les conflits qui subit déjà pour une partie des conditions climatiques difficiles mais qui voit sous le joug des changements globaux le phénomène tragique de désertification s’accélérer. Une Afrique abreuvée de l’extérieur de bonnes intentions mais ignorées souvent des réalisations concrètes. Une Afrique qui attend désespérément la matérialisation des innombrables engagements énoncés ici et là et notamment au sommet de Copenhague. Une Afrique qui en définitive aura toute légitimité à migrer vers le Nord si celui ci ne remplit pas d’urgence ses obligations. La désertification aura porté aux portes de l’Europe, entre 2000 et 2020, 60 millions de personnes nous dit Monique Barbut, secrétaire exécutive de la convention des Nations Unies sur la désertification.

A peine posé sur notre sol et parcourant d’un œil distrait mais consterné la presse de ces derniers jours, me saute aux yeux combien une fois de plus, mais avec un art consommé, nous avons inversé l’ordre des priorités entre l’utile et le futile. Le futile, l’inutile et même le sordide en terme d’espace sont devenus l’objet premier d’un microcosme qui malheureusement préempte l’attention et détourne de l’essentiel au profit du superficiel.

Le summum a été atteint avec le fait divers Nabilla. Je crois que nous étions proche de l’orgasme médiatique tant il y avait matière à alimenter le feu de l’insignifiance. Un cas d’école où la même machine qui a consacré sans précaution au rang de star un personnage vide de tout talent et d’intérêt, la même machine se repaît aujourd’hui des conséquences de notre inconséquence.

Au regard il y a quelques semaines de l’hystérie collective provoquée par la publication d’un livre d’une ex première dame, événement qui aurait dû se réduire à une simple brève dans les journaux, nous sommes dans la même logique ou plutôt illogisme. Comparé avec le traitement insignifiant de la publication du dernier volet du 5ème rapport du GIEC qui met ni plus ni moins en lumière l’incertitude de plus en plus forte sur l’avenir de l’humanité, avouons qu’il y a de quoi pleurer.

Si l’on ajoute à cela le spectacle constant et désolant des affaires, et le climat tout aussi édifiant d’une permanence d’élection présidentielle, avec son lot de petites haines et phrases assassines qui fait le bonheur de l’info continue et de ses commentateurs avisés, je me dis que garder espoir devient vraiment un acte de bravoure.

Paris va accueillir en décembre 2015 la conférence climat où 195 états vont décider pour le meilleur, je l’espère ou pour le pire, je le crains, de l’avenir de la planète et donc de l’humanité. Cet enjeu éminemment complexe qui oblige à combiner 2 notions de temps, le court terme et le long terme, et à remettre à plat un modèle économique, dopé depuis 150 ans par l’usage des énergies fossiles qui, aujourd’hui, ne sont plus la solution mais le problème, ce carrefour de complexité ne peut en aucun cas s’accommoder de cette inversion consacrée des valeurs. La France qui sera sous l’œil du monde doit se ressaisir et renouer avec la hiérarchie des priorités.

Chacun de nous doit prendre sa part de responsabilités dans ce cycle du futile. Dans cette complaisance silencieuse, voire même cette gourmandise avec le frivole, nous nous réduisons. Car derrière les fonctions, derrière nos différences culturelles, politiques ou sociales, c’est notre responsabilité de parents qui doit primer.

Ne sacrifions pas l’avenir de nos enfants à l’aune de nos futilités ! » – N. Hulot

brésil, coupe du monde de foot...

brésil, coupe du monde de foot...

Voir les commentaires

1 2 3 > >>