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humain ?

29 Avril 2016, 08:47am

Publié par pam

VANA VEROUTI. “LE SOUPIR DES DIEUX”.

“- Que sommes-nous censés faire ? Ne rien vouloir ? Ne rien avoir ?

- Pas du tout. Ce qui est mauvais, c’est de devenir frustré et malheureux, de désirer les choses que nous ne pouvons pas avoir.

- Et cette histoire de renaissance et de transmigration des âmes ?

- Le Bouddha dit que nos désirs ne s’achèvent pas dans la mort. Ils resurgissent encore et encore, soutenus par l’infinie chaîne de renaissances qui se déploie dans les plis de l’éternité. Mais attention : selon le Bouddha, la renaissance n’implique pas la transmigration d’une âme dans un nouveau corps. Pour lui, ce qui est transmis, ce sont les qualités mentales de la personne et non la personne elle-même. Une fois mort, le continuum d’un être humain, par lequel nous signifions les tendances de son caractère, tout ce qu’il a cultivé dans sa vie, est propulsé par la force du devenir dans un nouveau ventre et n’aspire qu’à se matérialiser dans le courant d’une nouvelle existence, comme une graine tombée à terre.

... Souviens-toi juste que l’affirmation du Bouddha pourrait expliquer pourquoi les saints ont toujours incité les gens à la bonté, à la compassion, à l’amour du prochain et à la paix. La loi du Karma est une réalité. Que cela nous plaise ou non, nous récoltons ce que nous avons semé, dans cette vie et dans l’au-delà.

- Et l’âme alors ? Est-ce qu’elle existe ?

- Elle existe, mais pas comme la religion nous la représente. L’âme est un flux d’énergie pur et éternel. Une énergie que l’on ressent, sans pouvoir la concevoir intellectuellement.

- Savoir que notre âme se réincarne dans un corps, et que notre propre corps est un amas de particules, cela me donne la chair de poule !

- Pourtant, c’est ainsi qu’opère la nature, et non seulement d’après le Bouddha mais aussi selon la science. Imagine le génie de Bouddha qui a découvert cela grâce à la méditation."

humain ?

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3 Novembre 2015, 07:56am

Publié par pam

Extraits de La puissance de la modération, de Pierre Rabhi aux éditions Hozhoni.

« La nature offre à la fois ce qui nourrit le corps et le guérit, émerveille l’âme, le coeur et l’esprit. »

« Je ne sais pourquoi ce grand chêne, qui dresse ses ramures puissantes, cet être qui frémit de ses milliers de feuilles, m’impose tant de respect. Alors que je n’existais pas encore, lui était déjà en ce lieu témoin muet, enfermé dans son silence de sage comme un ermite inaccessible. »

« Les roches, abondantes dans mon lieu de vie, m’émerveillent. Elles sont pour moi des fragments de mémoire muette, comme fermées sur le secret de la création du monde. »

« Pourquoi doit-on défendre une forêt ? Parce qu’elle est précieuse et participe à l’équilibre de la biodiversité dont nous dépendons, mais aussi parce qu’elle est belle et que l’on ne peut se priver de la beauté de la vie. »

« Si l’homme disparaissait, les baleines et les éléphants feraient une fête à tout casser car le pire des prédateurs aurait enfin cessé d’exister. »

« Notre sort est indissociable de celui de l’environnement. Arrêtons de nous croire au-dessus ou en dehors. »

« On parle de l’écologie comme d’un condiment dans le système global de la société, alors que c’est l’élément premier et universel qui devrait être reconnu par l’ensemble du genre humain. »

« Probablement plus que toute autre espèce, l’abeille amie des fleurs, fécondatrice infatigable, pourvoyeuse de l’une des quintessences de la nature, est elle-même de nature éthérée, intendante de ce qu’il y a de plus subtil dans la chaîne du vivant, et donc absolument indispensable aux vivants que nous sommes. »

« Nous sommes passés d’une humanité primitive qui considérait qu’elle appartenait à la vie, à une humanité dite «évoluée» qui considère que la vie lui appartient. Nous nous sommes érigés comme les propriétaires de la création. C’est la raison pour laquelle nous n’avons plus aucun respect pour rien. »

« Tuer les arbres hors des nécessités d’une vie simple, c’est commettre un grave préjudice à la vie. C’est un délit passible des plus grandes tristesses. Les arbres disparus, il ne restera plus que vide, solitude et désert jusque dans les coeurs. »

« Toutes les exactions que nous infligeons à la terre sont autant de coup de hache que nous portons à nous-mêmes. Avec cependant une nuance : notre espèce peut s’abattre comme un arbre, mais la Vie se perpétuera après nous. »

« L’eau féconde la terre, elle est le sang de la terre. Il est très important de ne jamais l’oublier et de savoir que tout le mal que nous lui faisons finit toujours par retomber sur nos têtes. »

« Chez les Bushmen, quand un chasseur abat un animal, il s’agenouille près de sa dépouille et le remercie du don qu’il lui fait, qui va lui permettre de vivre et de faire vivre sa famille. Voilà l’intelligence : comprendre que nous faisons partie d’un tout. »

« Il n’y a pas l’homme d’un côté, la nature de l’autre. L’homme est nature. »

« Nous ne sommes pas, nous les hommes, des êtres isolés, nous ne sommes pas les maîtres absolus de la Terre. Nous devons rester reliés au grand flux de la nature. C’est la condition de notre survie. »

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La fin annoncée de la civilisation industrielle....

13 Juin 2015, 07:27am

Publié par pam

PAR IVAN DU ROY

Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre « Comment tout peut s’effondrer ». Rappelant l’ensemble des données et des alertes scientifiques toujours plus alarmantes, les deux auteurs appellent à sortir du déni. « Être catastrophiste, ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide »

Quels sont les obstacles à la prise de conscience ?

Il y a d’abord le déni, individuel et collectif. Dans la population, il y a ceux qui ne savent pas : ceux qui ne peuvent pas savoir par absence d’accès à l’information et ceux qui ne veulent rien savoir. Il y a ceux qui savent, et ils sont nombreux, mais qui n’y croient pas. Comme la plupart des décideurs qui connaissent les données et les rapports du GIEC, mais n’y croient pas vraiment. Enfin, il y a ceux qui savent et qui croient. Parmi eux, on constate un éventail de réactions : ceux qui disent « à quoi bon », ceux qui pensent que « tout va péter »…

L’alerte sur les limites de la croissance a pourtant été lancée il y a plus de 40 ans, avec le rapport du physicien américain Dennis Meadows pour le Club de Rome (1972). Comment expliquer cet aveuglement durable des « décideurs » ?

Quand un fait se produit et contredit notre représentation du monde, nous préférons déformer ces faits pour les faire entrer dans nos mythes plutôt que de les changer. Notre société repose sur les mythes de la compétition, du progrès, de la croissance infinie. Cela a fondé notre culture occidentale et libérale. Dès qu’un fait ne correspond pas à ce futur, on préfère le déformer ou carrément le nier, comme le font les climatosceptiques ou les lobbies qui sèment le doute en contredisant les arguments scientifiques.

Ensuite, la structure de nos connexions neuronales ne nous permet pas d’envisager facilement des évènements de si grande ampleur. Trois millions d’années d’évolution nous ont forgé une puissance cognitive qui nous empêche d’appréhender une catastrophe qui se déroule sur le long terme. C’est l’image de l’araignée : la vue d’une mygale dans un bocal provoque davantage d’adrénaline que la lecture d’un rapport du GIEC ! Alors que la mygale enfermée est inoffensive et que le réchauffement climatique causera potentiellement des millions de morts. Notre cerveau n’est pas adapté à faire face à un problème gigantesque posé sur le temps long. D’autant que le problème est complexe : notre société va droit dans le mur, entend-on. Ce n’est pas un mur. Ce n’est qu’après avoir dépassé un seuil – en matière de réchauffement, de pollution, de chute de la biodiversité – que l’on s’aperçoit que nous l’avons franchi.

L'article entier : http://www.bastamag.net/L-effondrement-qui-vient

La fin annoncée de la civilisation industrielle....

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Vaincre le mal au dos...

17 Mai 2015, 07:33am

Publié par pam

Helena Bridge. “Vaincre le mal au dos”. Ed. Modus vivendi.

Votre meilleur thérapeute, c’est vous.

Recourez à vos propres énergies afin de résoudre un problème plutôt que de masquer les symptômes en prenant des médicaments et préoccupez-vous de leurs effets secondaires.

Certaines personnes recourent à des médecines naturelles en attendant une opération et se rendent compte que la chirurgie n’est plus nécessaire.

On attend davantage de la médecine que d’être pris en charge passivement par une autorité supérieure. Nous voulons être considérés comme un tout (corps, esprit, émotions), nous cherchons un thérapeute qui nous écoute parler de notre problème de santé, nous voulons être traités, pas que les symptômes soient masqués et les causes ignorées, nous voulons être impliqués activement dans notre guérison, nous cherchons des soins moins agressifs, nous savons que le coût élevé de certains médicaments n’est pas forcément proportionnel à son efficacité, nous savons que les médecines naturelles sont douces, sûres et efficaces.

Une souffrance d’ordre émotionnel peut entraîner une douleur physique et inversement.

THÉRAPIES NATURELLES

Certaines semblent évidentes, d’autres empreintes de mystère. Certaines sont familières en Occident, d’autres reposent sur des préceptes orientaux auxquels la science occidentale ne prête pas foi. Certains pensent que c’est un amalgame de styles et de techniques n’ayant rien en commun. Erreur, elles reposent toutes sur les principes suivants :

- Le corps humain est naturellement en mesure de se guérir et de se réguler.

- L’être humain n’est pas la somme de ses éléments, mais l’association subtile de son corps, de son esprit, de ses émotions, chacun peut influer sur la santé.

- Les conditions sociales et environnementales ont autant d’importance sur la santé que l’individu.

- Il importe plus de traiter la source du problème que ses symptômes évidents. Traiter les symptômes peut masquer le problème, voire l’aggraver et amener la récidive.

- Les médecines naturelles traitent un patient, pas des symptômes ou des affections.

- La guérison se fait mieux et plus rapidement si l’individu assume la responsabilité de sa santé. Ce qui ne veut pas dire le blâmer de son état ou l’estimer puni de sa négligence. La santé ne tient pas à une guérison rapide, les ennuis de santé ne surviennent pas sans raison et s’intéresser aux causes enrichit l’individu.

Pour choisir un thérapeute, le bouche à oreille est la meilleure méthode, en l’absence d’acceptation par l’état de certaines techniques, elles ne sont pas encadrées et donc il faut éviter les gens de pouvoir et âpres au gain. Fiez-vous à votre première impression, on ne peut pas être soigné par quelqu’un avec qui on ne se sent aucune affinité, on doit être “en confiance”. Le magasin bio près de chez vous, une librairie, les groupes de soutien aux malades, peuvent être de bons endroits pour chercher l’information. Soyez septique quand quelqu’un vous promet la guérison, même un médecin ne le peut pas. Ne payez pas à l’avance, refusez les rendez-vous multiples à prendre dès le premier contact, n’interrompez pas un traitement chimique sans en parler avec un médecin, demandez l’avis d’un tiers (médecin) si le votre se braque à la moindre allusion aux thérapies naturelles... ou changez-en ! L’ouverture d’esprit est bonne pour tous, médecins compris, et certains d’entre eux sont très ouverts même s’ils n’approuvent pas. Encore une fois, la discussion doit être ouverte et libre. Le médecin sait, connaît son métier, mais vous connaissez votre corps même si vous avez des lacunes scientifiques !

Peu de thérapeutes ont choisi leur voie pour l’argent. Certains ont entrepris leur démarche comme vous, parce qu’ils étaient à la recherche d’une solution à leur problème, pour lequel la médecine conventionnelle s’était révélée impuissante.

Les thérapies physiques s’intéressent aux déséquilibres d’ordre mécanique et cherchent à les rectifier.

(kinésithérapie, chiropractique, massothérapie, ostéopathie, yoga).

Les thérapies émotionnelles visent à rétablir les déséquilibres d’ordre émotif et mental, et à retrouver la paix intérieure. (méditation, relaxation, remèdes floraux)

Les deux s’intéressent au patient dans sa globalité.

Certaines thérapies naturelles (acupuncture, homéopathie, ayurveda) sont des systèmes de médecine. Elles visent à déplacer les énergies plutôt qu’à manipuler les jointures ou changer les attitudes.

Certains médecins ont des attitudes très négatives face à ces différentes thérapies : prévenez le votre par courtoisie si vous vous soignez autrement,mais ne vous laissez pas influencer sans argumenter.

- Traitement émotionnel : lorsque nous éprouvons de la confiance en nous-mêmes, nous nous sentons plus grands que nature, nous n’éprouvons aucune crainte. Parfois, le courage nous manque, la fierté ne nous atteint plus et nous nous sentons penauds ; nous nous dégonflons, nos muscles abdominaux se relâchent, notre dos se voûte et notre torse ploie vers l’avant sous l’effet combiné de la gravité et du poids des sentiments négatifs. Nos émotions entraînent des changement d’ordre chimique dans l’organisme, ils peuvent miner la santé des tissus en affectant leur capacité d’adaptation.

La douleur provoque en nous un découragement, un ras-le-bol. Ces réactions négatives sont utiles car nous devons d’abord être insatisfaits d’une chose avant de vouloir en changer. Lorsque la douleur nous atteint, la colère nous guette, mais elle ne fait qu’empirer la situation. Il est normal d’éprouver de la colère devant les désagréments, l’injustice ou la souffrance, mais un tel sentiment hausse le taux d’adrénaline dans le sang, ce qui nous rend plus tendus encore. La colère masque parfois la peur. On peut craindre que la cause de la douleur ne soit grave ou qu’elle s’éternise. La peur est une réaction automatique, instinctuelle du corps humain, qui accroît le taux d’adrénaline.

Il faut consacrer beaucoup d'énergie à la peur et à la colère, et malheureusement l’énergie est souvent carencée lorsque nous avons mal. Voilà pourquoi les personnes affligées depuis longtemps par la douleur finissent par sombrer dans la dépression. Elles sont épuisées sur les plans émotionnel et mental. Mais la dépression n’est que superficielle, masquant de nombreux problèmes auxquels il faudra s’attaquer un à un avant qu’une cure ne soit utile.

Il faut chercher quel schéma de comportement cause vos ennuis de santé. Puis apprendre au corps et à l’esprit à fonctionner sur un mode plus détendu et mieux équilibré et être patient mais sûr du résultat positif.

Indices de l’origine émotionnelle des douleurs de dos :

- la douleur suit un choc émotionnel ou un tas de bouleversements mineurs.

- les antécédents familiaux recèlent des cas semblables sans raison physique apparente (certains enfants voient que l’on s’occupe plus de ceux qui souffrent, cette idée s’enracine dans leur conception de la vie).

- l’apparition de douleurs après une blessure ou un accident (même si le corps est “réparé”, le choc ou les émotions en découlant peuvent être encore présents, on ne s’en est pas encore détaché).

- on a gagné financièrement en prolongeant ses souffrances (compensations, prestations) et on n’en est pas forcément conscients.

- on peut avoir gagné autre chose de nos souffrances (si elles nous ont coupé d’un boulot détesté, ou éviter d’aborder un problème grave, d’ordre relationnel notamment).

- les efforts des divers thérapeutes n’ont pas pu trouver une cause à la douleur et on peut avoir le sentiment d’être un puzzle dont personne ne peut assembler les pièces.

Si l’on vous dit que votre problème de douleur est “dans votre tête”, ne perdez pas espoir. (pour moi, ça a toujours été ressenti comme MONSTRUEUX, bien plus que la douleur elle-même). Allez voir un ostéopathe par exemple. Votre douleur est bien réelle, personne ne devrait remettre cela en cause. Cherchez dans la liste des indices si quelque chose vous parle. Nul ayant déjà souffert ne peut affirmer en toute honnêteté n’avoir tiré aucun avantage de sa souffrance. Cependant, à employer notre énergie à cultiver la douleur sous prétexte qu’elle nous profite autrement, nous risquons qu’elle n’occasionne de sérieux dégâts :

- une recherche récente a prouvé que ceux qui souffrent de façon chronique risquent l’apparition de lésions permanentes de certaines cellules nerveuses de la moelle épinière chargées d’amortir la douleur.

- l’ensemble du système nerveux peut finir par s’accrocher à la douleur et il peut devenir extrêmement difficile d’en éteindre les signaux.

- plus le problème dure, plus il est dur de revenir à la normale et de faire face à ses responsabilités.

- l’état d’invalidité devient permanent.

Vaincre le mal au dos...

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Tout va s'effondrer, alors préparons la suite...

8 Mai 2015, 06:47am

Publié par Marie Astier pour Reporterre

Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, de Pablo Servigne et Raphaël Stevens.

Entretien avec Pablo Sevigne

Le pic pétrolier, le climat qui se dérègle, la biodiversité qui disparaît… Les scientifiques nous bombardent de nouvelles alarmistes, mais que faire ? Prenons-les enfin au sérieux, préconise Pablo Servigne, co-auteur de « Comment tout peut s’effondrer ». Mais pas de panique : même si le chemin n’est pas facile, il faut l’accepter, pour commencer à préparer le monde d’après.

Sur quels faits vous appuyez-vous pour affirmer que l’effondrement est possible ?

Nous avons rassemblé un faisceau de preuves qui viennent des publications scientifiques. Les plus évidentes sont liées au fait que notre civilisation est basée à la fois sur les énergies fossiles et sur le système-dette.

Le pic de pétrole conventionnel a eu lieu en 2006-2007, on est entrés dans la phase où l’on exploite le pétrole non conventionnel : sables bitumineux, gaz de schiste, pétroles de schiste, etc. Déjà, c’est un signe qui ne trompe pas.

Ensuite, il y a un siècle, on investissait un baril de pétrole et on en retirait cent. On avait quatre-vingt-dix-neuf barils de surplus, on nageait dans le pétrole. Un siècle après, ce taux de retour est descendu à dix ou vingt, et cette diminution s’accélère. Or, en-dessous d’un certain seuil, entre quinze et vingt, c’est dangereux pour une civilisation. Pour fonctionner, notre société a besoin de toujours plus d’énergie. Or il y en a toujours moins. Donc à un moment, il y a un effet ciseaux.

En même temps, pour fonctionner, notre société a besoin de toujours plus de croissance. Pendant les Trente glorieuses, les deux-tiers de notre croissance faramineuse venaient des énergies fossiles. Sans énergies fossiles il n’y a plus de croissance. Donc toutes les dettes ne seront jamais remboursées, et c’est tout notre système économique qui va s’effondrer comme un château de cartes.

Dans ce schéma, quelle place a la crise écologique ?

Dans notre livre, on prend la métaphore de la voiture. Il y a la question du réservoir d’essence : à un moment il sera vide. C’est ce que je viens d’expliquer. Et il y a un autre problème : la voiture va de plus en plus vite et sort de la route. La science s’est rendue compte que le climat s’est emballé, que la biodiversité s’effondre littéralement. On dépasse des seuils qu’il ne faudrait pas dépasser sous peine de déstabiliser les écosystèmes qui nous maintiennent en vie. La voiture risque de se prendre des arbres. Si on va au bout, certaines études montrent que l’on peut vraiment éliminer presque toute vie sur Terre. On en est à ce point là.

Donc la crise écologique est beaucoup plus grave que les crises économiques. Certaines civilisations anciennes se sont effondrées économiquement et politiquement. Quelques siècles après, ça renaît. Et puis il y a des civilisations qui se sont effondrées pour des cause écologiques. L’effondrement de l’environnement provoque l’effondrement de la civilisation. Là, en revanche, la civilisation ne repart pas parce que le milieu est épuisé, mort.

Parmi toutes ces catastrophes, quelle est celle qui risque de déclencher les autres ?

Ce qui est important, pour l’étincelle qui déclenchera les autres, c’est la rapidité. Et là, c’est le système financier qui est le plus fragile. Les effondrements financiers sont très rapides, même s’ils sont moins graves. Le problème, c’est qu’ils peuvent déclencher un effondrement économique, donc du commerce physique, qui peut déclencher un effondrement politique, et plus tard un effondrement des institutions sociales, de la foi en l’humanité, de la culture, etc.

On utilise plutôt les mots « crise » ou « catastrophe » : pourquoi avoir choisi de parler d’« effondrement » ?

On a quand même utilisé les mots catastrophe et crise. Catastrophe, on l’aime bien parce qu’il est provocateur. En fait nous sommes devenus catastrophistes. Cela ne veut pas dire qu’on souhaite les catastrophes ou qu’on arrête de lutter contre. Cela veut juste dire qu’on est lucides et qu’on les accepte.

Le mot crise, lui, ne convient pas parce qu’il sous-entend que l’on peut revenir à l’état de normalité qu’on avait avant la crise. Or ce n’est pas le cas. Donc parler de crise est un abus de langage, même si on l’a quand même un peu utilisé dans le livre.

Effondrement est un mot qui nous plaît bien parce qu’il est très large. Il permet d’être aussi bien du côté de la raison, de parler des rapports scientifiques, que de toucher l’imaginaire. Quand on parle d’effondrement, les gens voient Mel Gibson avec un fusil à pompe, ou des films de zombies. Mais il y a beaucoup d’autres choses qui peuvent émerger. Donc notre travail, c’est de donner chair à ce mot d’effondrement. D’arriver à décrire ce à quoi il pourrait correspondre dans notre société, pour la génération présente, en-dehors des mythes hollywoodiens.

Et cela permet aussi de se rendre compte que c’est un processus.

Oui. Dans notre imaginaire, on a la notion d’apocalypse. Du jour au lendemain, il n’y a plus rien et c’est la barbarie. En fait non. Quand on parle d’effondrement, on parle aussi bien d’une catastrophe financière qui arrive en quelques heures, que d’une catastrophe climatique qui arrive en quelques décennies voire en quelques siècles. Toutes les grandes civilisations qui se sont effondrées ont mis des dizaines voire des centaines d’années à le faire.

Si ça s’effondre, qu’est-ce qui s’effondre exactement ?

On a creusé cette question en partant de ce qui était vulnérable. Aujourd’hui dans nos sociétés, on a une économie, des lignes d’approvisionnement, un système financier, des structures de flux – tout ce qui est système alimentaire, système d’approvisionnement en eau, système médical. Tout cela est devenu extrêmement fragile parce que complexe, inter-connecté. Donc ce qui va s’effondrer, c’est tout ce qui dépend des énergies fossiles. Cela inclut les énergies renouvelables et le nucléaire, car pour les fabriquer, il faut des énergies fossiles. Quand on se rend compte que quasiment toute notre nourriture dépend du pétrole, qu’est-ce qu’on va manger ? Ce qui va s’effondrer est absolument gigantesque.

Une autre manière de répondre est que plus un pays est riche et industrialisé, et hors sol, plus il va tomber de haut. Aux périphéries, cela va être beaucoup moins grave et il va y avoir des jeunes pousses qui vont pouvoir relancer une civilisation. Par exemple, pendant la crise des subprimesde 2008, il y a eu trente-cinq pays qui sont entrés en émeutes de la faim, juste à cause d’une fluctuation des matières premières. Au Mozambique, ils n’étaient pas connectés au système mondial économique, et ils n’ont pas subi cette crise.

Est-il possible d’éviter cet effondrement ?

Non, c’est un des grands messages du livre. L’éviter voudrait dire qu’on continue notre trajectoire de croissance. Or non seulement ce n’est plus possible (on l’a montré avec la fin des énergies fossiles), mais si on continue de croître, le réchauffement climatique et la destruction de la biodiversité provoqueront un effondrement de notre civilisation. L’autre voie pour éviter un effondrement serait de bâtir une économie qui n’ait pas besoin de croissance. Mais sans croissance, la civilisation industrielle actuelle s’effondre. Donc de tous les côtés, ça s’effondre. On est cernés.

La posture du livre est de l’accepter. Il y a un effondrement, d’accord, on respire. On apprend à gérer sa raison, à gérer ses émotions, à gérer son rapport avec les autres, avec l’avenir. J’ai dû renoncer à des rêves que j’avais pour moi, mais j’ai dû renoncer à des rêves que j’avais pour mes enfants. C’est très douloureux. Une piste de sortie, c’est que l’effondrement peut être vu comme une opportunité incroyable d’aller vers quelque chose qu’on peut commencer à construire dès maintenant.

Est-ce qu’on le saura, quand l’effondrement arrivera ?

Vous connaissez la fable de la grenouille ? Quand on met une grenouille dans l’eau bouillante, elle saute. Quand on la met dans l’eau froide et qu’on fait peu à peu monter la température, elle reste jusqu’à en mourir parce qu’elle ne se rend pas compte que l’eau devient bouillante… Notre intuition est que peut-être, en Grèce, en Espagne, en Syrie, l’effondrement a déjà commencé. Nous, on n’est pas encore touchés parce qu’on est riches.

Comment êtes-vous arrivé à concentrer vos recherches sur l’effondrement ?

Un spécialiste du pic pétrolier, dans un colloque, a un jour parlé de ce qu’il appelle des « Oh my God points » [des points « oh mon Dieu » - NDLR]. Ce n’est pas un choc de la tête, c’est un choc du ventre et du cœur et après, plus rien n’est pareil.

Mon premier, c’était le pic pétrolier. J’ai vu un documentaire sur comment Cuba a survécu au pic pétrolier, et ça m’a tellement bouleversé que j’y suis allé pendant deux mois. Un autre grand « Oh my god point » est ma rencontre avec Dennis Meadows, le co-auteur du rapport du club de Rome [Rapport sur les limites de la croissance, 1972 - NDLR]. Son message est clair : il est trop tard pour le développement durable, il faut se préparer au choc, et construire des petits systèmes résilients parce que l’effondrement est là. Cela fait quarante ans qu’il dit cela, personne ne l’écoute. Le rapport prévoit un effondrement pour le début du 21e siècle et c’est ce qu’on est en train de vivre.

Pourtant, la grande majorité des gens ne voient pas l’effondrement.

Ils sont dans le déni, parce que c’est trop violent.

Après plein de gens savent. C’est le grand problème de notre époque : on sait mais on ne croit pas. Les mythes sont toujours plus forts que les faits. Notre mythe, c’est la croissance infinie, la techno-science qui domine la nature. Si on trouve un fait qui ne colle pas avec ces mythes, on le déforme pour le faire rentrer. On dit qu’on trouvera de nouvelles énergies, par exemple.

C’est pour cela qu’avec ce livre on est sur le terrain de l’imaginaire, qui est beaucoup plus fort que les faits, et structure la manière de donner sens au monde. On dit que l’utopie a changé de sens : les utopistes sont aujourd’hui ceux qui croient qu’on peut encore continuer comme avant.

Accepter l’effondrement, c’est comme accepter la mort d’un proche. Il faut dépasser les phases du deuil : le déni, le marchandage, la colère, la tristesse et l’acceptation. Beaucoup de gens sont encore dans le déni, mais il y en a aussi dans la tristesse, dans la colère. Et il y en a qui sont dans la joie, parce qu’ils sont déjà dans l’acceptation.

A la fin de l’année se déroulera une grande conférence sur le climat à Paris. N’est-ce pas la preuve que nos élites politiques ne nient plus l’effondrement et cherchent des solutions ?

Non, je pense que les politiques n’y croient pas. C’est bien que des gens se mettent autour de la table pour parler de climat, cela a au moins une vertu pédagogique. Mais parler de solutions, c’est tordu. Cela laisse la porte ouverte à tous les techno-béats qui sont là à trépigner avec la géo-ingénierie. Et cela empêche de se rendre compte que le changement climatique, même si tout s’arrête d’un coup, c’est déjà trop tard, il s’est emballé.

Mais on peut limiter les dégâts, c’est pour cela que c’est bien de mener des négociations. Et surtout on doit le faire parce qu’aujourd’hui, il n’y a aucun grand conflit international. C’est le moment idéal pour des négociations.

Que peut-on faire d’autre au niveau politique pour faire face à l’effondrement ?

On est dans des paradoxes, car si quelqu’un au niveau politique commence à parler d’effondrement cela va créer une panique des marchés financiers, qui va provoquer l’auto-réalisation de l’effondrement. Il va provoquer ce qu’il voulait éviter.

En revanche, on peut agir au niveau micro-politique. Avec l’effondrement, les macro-structures vont souffrir. On va retourner à des sociétés beaucoup plus locales. Le mouvement de la transition est en train de redonner du pouvoir aux gens au niveau municipal. C’est cette échelle qui permet de passer à l’action rapidement.

Vous dites que pour décrire l’effondrement, les faits scientifiques ne suffisent pas. Il faut aussi avoir l’intuition qu’il arrive. Ceux qui portent des alternatives sont-ils ceux qui ont cette intuition ?

Pour beaucoup, oui. Il y a des millions d’individus dans le monde qui sont déjà dans le monde post-pétrole, post-effondrement : le monde d’après.

Le problème est que si on n’a pas encore mis les lunettes de la transition, on ne voit pas ces initiatives. On ne comprend pas pourquoi tel paysan a développé la traction animale. Or dans vingt ans, l’agriculture industrielle se sera effondrée et tout le monde sera à la traction animale.

Il faut se mettre en transition, c’est une opportunité de changer le monde. Cela veut dire construire des « réseaux des temps difficiles ». C’est retrouver le lien aux autres, à la nature, avec nous-mêmes. C’est accepter l’interdépendance de tous les êtres. Quand une civilisation s’effondre, les bâtiments peuvent s’effondrer, il reste les liens humains.

A quoi ressemblerait ce monde d’après, ce monde en transition ?

Ce n’est pas à moi de répondre à cette question. Ce qu’on donne dans ce livre, ce sont des outils pour qu’avec votre imaginaire, vous forgiez votre monde d’après. Il sera différent d’un pays à l’autre, d’une personne à l’autre, c’est la mosaïque de l’effondrement. Je ne sais pas si on arrivera dans un grand sursaut collectif à en atténuer les effets, ou si on ira vers plus de guerres, de famines, de catastrophes. Mais je sais qu’il y a un grand chemin intérieur à faire, qu’on a déjà commencé et qu’on est nombreux.

Ici nous sommes au Hameau des buis, une communauté installée dans la campagne ardéchoise. Avoir fait le choix d’habiter ici, est-ce une façon d’anticiper l’effondrement ?

J’aimerais dire non, mais en fait je dois avouer qu’au fond de moi, j’ai fait cela pour quitter la ville parce que je sens qu’à ville, cela va être de plus en plus difficile. Un grand exode urbain a commencé. Plein de jeunes, de néoruraux, de « nimaculteurs » - non issus du monde agricole - y participent.

Et la transition, comment l’amorcez-vous ici ?

Ici, au Hameau des buis, on n’est pas du tout autonomes en énergie, en alimentation, etc. Quand je suis arrivé, j’ai fait ma conférence et cela a provoqué des « Oh my god points ». On a entamé des travaux pour être autonomes en eau et en alimentation. On se dit qu’il va falloir qu’on ait des chevaux pour se débrancher de la voiture.

Pour moi, la transition c’est l’histoire d’un grand débranchement du système industriel. Se débrancher avant qu’il ne s’effondre et nous emporte avec. Car pour l’instant, si tout s’effondre on est mort : je ne sais pas vivre sans voiture et sans supermarché.

- Propos recueillis par Marie Astier

Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Ed. Le Seuil, 304 p., 19 €

Tout va s'effondrer, alors préparons la suite...

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Épices....

4 Mai 2015, 07:02am

Publié par pam

“LA MAÎTRESSE DES ÉPICES” de Divakaruni.

Postface de Marie-Odile Probst :

Médecins et cuisiniers emploient depuis l’Antiquité ces substances végétales que sont les épices. Utilisées avec discernement, les épices soignent : trop fortement dosées, elles peuvent empoisonner. Et Tilo, être intermédiaire entre les hommes et des entités supérieures, investies du pouvoir des épices, s’est incarnée pour aider les faibles. Elle intercède en faveur de ceux qui viennent à elle, les assiste sur le chemin de leurs vrais désirs, s’emploie à redresser, secrètement, humblement, l’équilibre des humeurs, maux du corps et de l’âme, et à les protéger des forces d’un mal qui les dépasse.

Le maniement des épices est affaire de mesure et d’expérience, affaire de cuisine et d’alchimie, travail de laboratoire.

L’Inde possède aussi une science des lapidaires, avec ses traités et ses spécialistes, car les pierres soignent aussi.

Les épices échauffent, stimulent, fluidifient, neutralisent, libèrent... le sang, le souffle, le flux vital, affectent comme nos drogues modernes les émotions. En Inde, la médecine ayurvédique, science de “longue vie”, enseigne dans ses universités que l’énergie des aliments et des épices répond tout ensemble aux besoins du continuum corps-esprit. La règle fondamentale se résume grossièrement à un “ni trop, ni trop peu” des éléments de base : nourriture, repos, sexualité. Travail de l’énergie à quoi il faut ajouter la conscience des autres énergies, celle de l’amour, de la paix intérieure, et de l’absolu. Les aliments émettent des radiations solaires, terrestres, et humaines car les aliments se chargent des radiations des personnes qui les manipulent. Néanmoins, chaque personne est différente, possède une nature et un équilibre propres. Tilo, en thérapeute, chamane, cherche l’épice particulière, l’épice-racine, clef intime, qui convient à chacun et à chaque situation. Les nombreuses variétés de sucreries dont les Indiens et leurs dieux sont si friands ont la réputation d’enlever l’amertume, de soigner le deuil et de concilier la peine ; la cannelle et le fenugrec tonifient, le gingembre atténue les douleurs, le sésame soigne les maladies de bouche, le poivre combat tant les fièvres que la léthargie, le lotus régularise le pouls. Le drame cosmique se joue à l’intérieur du corps de l’homme cosmique.

L’art ne s’acquiert qu’après la plus âpre des disciplines et ne se pratique que dans le plus grand respect des règles qui comportent des interdits stricts. Les brahmâchârin ne doivent pas quitter l’enceinte de leur affectation, rester chastes (unies en elles-mêmes, toute leur volonté tendue vers un seul but), ne pas toucher la peau, le corps de l’autre pour ne pas mêler les énergies ni prendre le risque de se laisser contaminer par l’émotion ou la peur de son vis-à-vis.

Tilo accompagne ses mélanges et ses poudres rituelles de ces formules propitiatoires, prières ou mantras. Magie ? Les mantras sont une technique de concentration et leur répétition, telle la méditation, aide le récitant à atteindre un état psychique de réceptivité et d’équilibre optimal.

Tilo est yoginî, elle pratique l’âsana de l’assise en lotus ; elle entend ce qui ne peut se formuler, devine le passé et prévoit l’avenir, bien qu’elle se défende de bonimenter comme une vulgaire diseuse d’aventures ; elle sait que chaque parole, chaque geste, chaque pensée est un acte lourd de conséquences. C’est pourtant l’abandon de la distance nécessaire à l’efficacité de sa pratique,

c'est parce qu’elle se laisse contaminer par l’émotion et risque de perdre sa maîtrise, c’est l’adoption de la “voie humide” des larmes et des passions qui vont lui permettre de mettre en lumière les ombres que l’orgueil du savoir-pouvoir réglementé lui présentait jusqu’alors en un ordre parfait.

Si le lundi, jour de fermeture de l’épicerie, est consacrée aux mères, à chaque autre jour correspond une épice ; cela est conforme à la tradition, car chaque jour à sa déité particulière. Il est des jours où l’on prescrit de donner de l'argent et de l’huile aux pauvres, des jours où il faut protéger les enfants, un jour consacré au guru : chaque jour fait entendre un aspect de ce divin aux si nombreuses facettes, le divin au cœur de la matière de chaque graine comme de chaque étoile.

Tilo honore et nourrit les serpents invisibles qui peuplent les coins sombres de sa boutique, lovés dans les replis souterrains de notre inconscience.

Tilo est magicienne, elle maîtrise les formules de métamorphose dans la plus pure des traditions qui dit aussi qu’être tenté par l’amour, c’est risquer l’échec.

Tilo, sous son sari blanc de veuve, va changer en Amérique ; la femme nourricière - la femme - ne va plus s’immoler dans le feu de l’ego masculin ; elle va affirmer son droit à l’individualité, à la sensualité sans rien perdre de cette âme dont d’autres gardiens de la Loi niaient aux femmes, en d’autres temps, sous d’autres cieux, jusqu’à l’existence.

Le récit se déroule, s’enroule ; le mouvement, l’écriture est contemplation de l’énergie divine. Entre la sagesse et l’art existe une harmonie profonde.

Épices....

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évolution...

23 Avril 2015, 06:16am

Publié par pam

“Chez les Penan, comme chez les Boloven, le mot merci n’existe pas : tout est si équitablement partagé qu’aucun d’eux n’a de merci à dire à personne. La Terre est la seule vis-à-vis de laquelle ils se sentent redevables, elle qui leur accorde le droit d’exister.

“Mais quel étrange bruit font dans le crépuscule, ces chênes qu’on abat, pour le bûcher d’Hercule.” Hugo.

Hercule, c’est l’Occident, le Japon, la Chine, la Russie, et tous les pays qui les suivent. Hercule, ce sont ces hommes de la pierre et du fer qui ne cessent de croître au détriment des autres espèces et qui sont devenus en quelques siècles à peine une colossale multitude. Le bûcher, c’est la demande gloutonne d’énergie que ce demi-dieu gaspille pour se repaître et grossir encore plus. Viendra l’heure où ayant totalement détruit la biosphère, il s’apercevra qu’il lui faut mourir à son tour. Il n’est qu’un demi-dieu qui dépend exclusivement des ressources de la terre ! Sa peur sera incommensurable !

L’homme ne renaîtra pas forcément de ses cendres, l’intelligence si. Nous étions le produit achevé d’un environnement donné. Celui-ci a changé à cause de nos souillures. Le miracle teilhardien de l’homme épicentre de l’univers était une idée alléchante. J’y ai cru parce que, comme lui, je pensais que la sagesse finirait par triompher. Les sédentaires ont façonné la surface du globe selon leurs besoins qui se sont révélés sans limite. Ils en tirent le maximum, obèrent ses possibilités de recyclage. Si l’homo sapiens disparaît un jour de notre planète, celle-ci retrouvera, j’en suis convaincu, sa créativité première. Sur les ruines qu’il aura laissées, la vie rejaillira, et au bout de la chaîne, la pensée refleurira comme la première fois. La Grande Mère échaudée ne commettra peut-être pas la même erreur, et limitera les capacités de nuisance de ceux qui en seront les dépositaires.

Un jour viendra où l’idée de créer des musées de la biodiversité, des réserves de biotope, ne fera plus sourire.

La fin de la guerre du Vietnam était prémonitoire. Elle annonçait, au pire de la crispation idéologique mondiale, la disparition de ce type de conflit et la prééminence prochaine du pouvoir financier sur le politique, un pouvoir qui ne s’embarrasse, lui, d’aucun principe moral et exploite sans l’ombre d’un discernement toutes les ressources terrestres et humaines.”

Jean Bertolino in “Chaman”.

évolution...

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Lettre de Victor Hugo à Lamartine...

13 Avril 2015, 07:27am

Publié par pam

"Voilà pourquoi j'ai fait les Misérables" :

Mon illustre ami,

Si le radical, c'est l'idéal, oui, je suis radical. Oui, à tous les points de vue, je comprends, je veux et j'appelle le mieux ; le mieux, quoique dénoncé par le proverbe, n'est pas ennemi du bien, car cela reviendrait à dire : le mieux est l'ami du mal. Oui, une société qui admet la misère, oui, une religion qui admet l'enfer, oui, une humanité qui admet la guerre, me semblent une société, une religion et une humanité inférieures, et c'est vers la société d'en haut, vers l'humanité d'en haut et vers la religion d'en haut que je tends : société sans roi, humanité sans frontières, religion sans livre. Oui, je combats le prêtre qui vend le mensonge et le juge qui rend l'injustice. Universaliser la propriété (ce qui est le contraire de l'abolir) en supprimant le parasitisme, c'est-à-dire arriver à ce but : tout homme propriétaire et aucun homme maître, voilà pour moi la véritable économie sociale et politique. Le but est éloigné. Est-ce une raison pour n'y pas marcher ? J'abrège et je me résume. Oui, autant qu'il est permis à l'homme de vouloir, je veux détruire la fatalité humaine ; je condamne l'esclavage, je chasse la misère, j'enseigne l'ignorance, je traite la maladie, j'éclaire la nuit, je hais la haine. Voilà ce que je suis, et voilà pourquoi j'ai fait Les Misérables. Dans ma pensée, Les Misérables ne sont autre chose qu'un livre ayant la fraternité pour base et le progrès pour cime. Maintenant jugez-moi. […]

Lettre de Victor Hugo à Lamartine...

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Le Tonglen.

10 Avril 2015, 06:20am

Publié par pam

PEMA CHÖDRÖN. “LES BASTIONS DE LA PEUR”.

Chapitre 9 - LE TONGLEN.

“Dans la joie et dans la peine tous sont égaux. Sois donc le gardien de tous, comme de toi-même.” Shantideva.

Le tonglen (donner et recevoir en tibétain) est l’échange de soi-même contre les autres, autre pratique de la bodhichitta pour éveiller bienveillance et compassion. Il se réfère à notre disposition à recevoir notre douleur et celles des autres et à renvoyer à tous du bonheur.

On inspire ce qui est douloureux et indésirable, on souhaite sincèrement que soi et autrui soient délivrés de la souffrance. Ainsi on laisse tomber le scénario qui accompagne la souffrance pour ressentir l’énergie dont il est porteur. On ouvre totalement son cœur et son esprit à tout ce qui surgit. Puis on expire le soulagement pour que tous soient heureux, soi et autrui. En acceptant de garder même un petit moment, une énergie inconfortable en soi, on apprend à cesser d’en avoir peur. Puis quand on voit quelqu’un dans la peine, on ne répugne plus à inspirer sa souffrance et à expirer du soulagement.

En premier, on ouvre son esprit (bodhichitta inconditionnelle), vacuité. Faire l’expérience de l’ouverture, c’est d’abord avoir confiance en la qualité vivante de l’énergie de base. On doit se rendre compte de la manière dont on bloque l’énergie, dont on crispe son corps et son esprit. Puis on s’entraîne à s’adoucir, à s’ouvrir à l’énergie sans porter de jugements.

On poursuit jusqu’à être synchronisé avec sa respiration et distinguer clairement ce qu’on reçoit et ce qu’on envoie. On maintient l’équilibre entre inspir et expir, même durée, même intensité.

Puis on pratique l’échange avec la personne souffrante. En partageant le soulagement, l’inspiration devient ouverture et acceptation de ce qui n’est pas désiré, l’expiration devient lâcher-prise et ouverture encore plus grande. On renverse les habitudes ancrées de s’accrocher à tout ce qui réconforte, de se refermer face à la souffrance.

Apprendre aux malades à pratiquer le tonglen leur permet de se libérer de la peur, de l’isolement, de la honte et crée une atmosphère de clarté pour que l’entourage soit aussi libéré de la peur.

S’entraîner à relâcher sa solide emprise sur le moi et se préoccuper des autres, fait entrer en relation avec le point sensible de la bodhichitta.

S’ouvrir à tout ce qui surgit, ne pas être trop ambitieux. Garder son cœur ouvert à l’instant présent.

La 4° étape est d’étendre la compassion à toute personne dans la même situation. On commence par une situation particulière et authentique pour élargir le cercle autant qu’on peut.

Dès que des émotions pénibles montent, on s’entraîne à les inspirer et à laisser tomber le scénario. Puis on étend ses pensées et son attention à ceux qui éprouvent la même peine, puis on inspire en faisant le souhait que tous soient libérés de cette sorte de confusion.

Inversement, on peut remarquer tout ce qui peut apporter du bonheur dans la vie quotidienne, et le partager avec d’autres dans l’esprit du tonglen.

Avec la pratique, vient l’automatisme du processus, le tonglen commence à aérer nos préjugés et nous fait entre dans un monde plus tendre et ouvert.

Le Tonglen.

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La non-agression et les quatre maras.

6 Avril 2015, 08:48am

Publié par pam

extraits de

PEMA CHÖDRÖN :

“CONSEILS D’UNE AMIE POUR DES TEMPS DIFFICILES”.

La non-agression et les quatre maras :

Ce que nous considérons comme un obstacle est bénéfique : c’est en vérité la façon dont le monde et toute notre expérience nous enseignent l’endroit où nous sommes coincés. Que nous ressentions ce qui nous arrive comme un obstacle ou un ennemi ou comme un maître et un ami dépend entièrement de notre perception de la réalité. Le niveau externe, c’est le sentiment que quelque chose ou quelqu’un nous a fait du mal en s’immisçant dans l’harmonie et la paix que nous croyions nôtres. L’obstacle interne, c’est que rien ne nous a jamais vraiment attaqué si ce n’est notre propre confusion. Il n’y a aucun obstacle solide si ce n’est notre besoin de nous protéger de toute possibilité de nous laisser toucher.

Rien ne disparaît jamais avant de nous avoir appris ce que nous avons besoin de savoir. L’obstacle reviendra jusqu’à ce que nous apprenions tout sur l’endroit où nous nous séparons de la réalité, sur la manière dont nous avons un mouvement de retrait au lieu de nous ouvrir et comment nous nous fermons au lieu de nous autoriser à éprouver complètement tout ce que nous avons à affronter, sans hésiter, ni nous replier sur nous-mêmes.

Les maras fournissent des descriptions de certains moyens très usuels grâce auxquels nous essayons d’éviter ce qui se produit :

- devaputramara : concerne la recherche du plaisir.

Quand nous nous sentons gênés, mal à l’aise, quand nous souffrons, nous courons comme des fous vers le confort : nous ne pouvons supporter de ressentir la douleur, la tension, l’anxiété, la brûlure de la colère qui monte, le goût amer du ressentiment... alors nous nous accrochons à quelque chose d’agréable, nous fuyons en essayant de nous échapper de toutes sortes de manières.

Au lieu d’éviter malaise et déséquilibre, nous pouvons commencer à ouvrir notre cœur à l’ambiguïté humaine qui provoque tant de malheur dans ce monde. Nous pouvons observer combien nous sommes faibles.

- skandhamara : concerne la manière dont nous essayons constamment de nous recréer, de récupérer du terrain, d’être celui que nous croyons être.

Quelqu’un ou quelque chose enlève le tapis sous nos pieds et notre monde s’écroule. Nous ne savons pas ce qui nous attend ni même où nous sommes alors nous revenons au terrain solide du concept que nous avons de nous-mêmes. De peur de ce que nous risquons de découvrir et au lieu d’en rire, nous voulons redevenir nous-mêmes même avec nos imperfections, juste au moment où nous pourrions comprendre vraiment quelque chose, voir clairement la situation en permettant à notre cœur de s’ouvrir. Au lieu de lutter pour reconquérir le concept de celui que nous sommes, nous pouvons entrer en contact avec cet esprit qui tout simplement ne sait pas, l’esprit de la sagesse fondamentale.

- kleshamara : concerne la manière dont nous utilisons nos émotions pour demeurer stupides ou endormis. Il se caractérise par des émotions violentes.

Un sentiment tout simple surgit et, au lieu de le laisser être là, c’est la panique. Quand tout s’écroule et que nous ressentons incertitude, déception, choc, malaise, ce qui reste est un esprit clair, frais et sans préjugés. Mais nous ne le voyons pas. Nous oublions ce que nous avons appris grâce à la méditation et que nous savons être vrai. Quand des émotions vraiment fortes surgissent, toutes les doctrines et croyances auxquelles nous nous accrochons paraissent dérisoires en comparaison, les émotions sont tellement plus puissantes. Nous UTILISONS nos émotions : elles sont inhérentes au fait d’être vivant, mais au lieu de les laisser simplement être là, nous nous en servons pour reconquérir notre terrain. Nous les utilisons pour essayer de nier qu’en fait personne n’a jamais su et ne saura jamais ce qui se passe ; pour essayer de rendre toute chose sûre et prévisible et de nouveau réelle, pour nous duper sur ce qui est réellement vrai ; au lieu de demeurer assis avec l’énergie de notre émotion et la laisser passer.

Il n’y a aucun besoin particulier de nous répandre en blâme et en autojustification. Au lieu de cela, nous rajoutons de l’essence dessus. Inutile de considérer ce processus comme un obstacle, nous pouvons observer la violence de nos émotions, commencer à nous traiter en ami, mais aussi commencer à traiter tous les êtres en amitié.

En devenant conscient de nos schémas habituels dus au fait que nous ne voulons pas demeurer dans l’incertitude, le malaise et la douleur ne pas savoir, nous commençons à faire naître une véritable compassion pour nous et pour autrui. Ainsi ce qui semble particulièrement déplaisant, problématique et non désiré devient en fait notre maître.

- yamamara : a trait à la peur de la mort.

Quand nous parlons d’une bonne vie, nous voulons dire que nous sommes enfin arrivés à trouver l’équilibre. Rechercher la sécurité ou la perfection, se réjouir de sentir assuré et complet, autosuffisant et bien dans sa peau, est une espèce de mort. Nous tuons l’instant présent en contrôlant notre expérience. Nous courrons à l’échec parce que tôt ou tard, arrivera quelque chose que nous ne pourrons pas contrôler. La vie est essentiellement remplie de défis. Être vivant, humain et éveillé, c’est être continuellement jeté hors du nid. Vivre c’est être disposé à mourir encore et toujours. La mort, c’est vouloir s’agripper à ce que nous avons et vouloir que chaque expérience nous confirme et nous flatte et nous fasse nous sentir bien équilibré. La peur de la mort, c’est en fait la peur de la vie.

Tous les maras indiquent la voie à suivre pour être complètement éveillés et vivants : en lâchant prise, en nous laissant mourir, instant après instant, à la fin de chaque expiration. Quand nous nous éveillons, nous pouvons vivre complètement sans rechercher le plaisir ni éviter la souffrance, sans nous recréer nous-mêmes quand nous nous effondrons.

La non-agression et les quatre maras.

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