Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Noam Chomsky, anarchiste pacifiste.

30 Avril 2014, 06:41am

Publié par pam

Le Monde Diplomatique.

Haro sur un imprécateur

La mauvaise réputation deNoam Chomsky

Telle qu’elle est relayée par les grands médias, la vie intellectuelle française suscite parfois la consternation à l’étranger : phrases extraites de leur contexte, indignations prévisibles, « polémiques » de pacotille, intellectuels de télévision qui prennent la pose à l’affût du mot trop rapide qui servira de pâture à leurs éditoriaux indignés. En France, NoamChomsky a été l’objet de campagnes de disqualification d’autant plus vives et régulières qu’il a su détailler, calmement, l’imposture d’un discours à géométrie variable sur les « droits de l’homme », lequel, souvent, couvrait les forfaits de l’Occident.

par Jean Bricmont, avril 2001

Le New York Times, qui n’aime guère Noam Chomsky (c’est réciproque), admet néanmoins qu’il compte au nombre des plus grands intellectuels vivants. En dehors des départements de linguistique, et des colonnes du Monde diplomatique, il reste néanmoins ignoré en France.

Quand son nom est évoqué, c’est trop souvent pour y associer ceux de Robert Faurisson ou de Pol Pot. Chomsky serait l’archétype de l’intellectuel passant son temps à minimiser ou à nier divers génocides dont l’évocation risquerait de servir l’impérialisme occidental. Il n’a d’ailleurs trouvé qu’un éditeur marginal, Spartacus, pour publier en 1984 ses Réponses inédites à mes détracteurs parisiens, compilation de lettres et d’un entretien, non publiés ou de façon tronquée et adressés à des journaux comme Le Monde, Le Matin de Paris, Les Nouvelles littéraires, pour répondre, entre autres, à des attaques de Jacques Attali et de Bernard-Henri Lévy. D’où l’importance de la publication récente de certains de ses textes (1).

Pendant la guerre du Vietnam, les écrits de Chomsky jouissaient d’une certaine audience en France. Mais, déjà à l’époque, un malentendu implicite commençait à poindre. Dans les mouvements anti-impérialistes dominait une mentalité de « prise de parti ». Il fallait choisir son camp : pour l’Occident ou pour les révolutions du tiers-monde. Une telle attitude est étrangère à Chomsky, rationaliste au sens classique du terme. Non pas qu’il se place « au-dessus de la mêlée » - rares sont les intellectuels plus engagés que lui -, mais son engagement est fondé sur des principes comme la vérité et la justice, et non sur le soutien à un camp historique et social, quel qu’il soit.

Son opposition à la guerre ne découlait pas du pronostic que la révolution vietnamienne offrirait un avenir radieux aux peuples d’Indochine, mais de l’observation que l’agression américaine serait catastrophique parce que, loin d’être motivée par la défense de la démocratie, elle visait à empêcher toute forme de développement indépendant en Indochine et dans le tiers-monde.

Dénoncer l’idéologie de l’Occident

Rigoureux, les écrits de Chomsky offraient aux opposants à la guerre du Vietnam des outils intellectuels précieux ; la différence d’optique entre lui et ses partisans en France pouvait alors passer pour secondaire. La contre-offensive politique et idéologique se déclencha quand, à partir de 1975, des boat people se mirent à fuir le Vietnam et, plus encore, lorsque les Khmers rouges commirent leurs massacres. Un mécanisme de culpabilisation de ceux qui s’étaient opposés à la guerre occidentale, et plus généralement à l’impérialisme, permit de leur imputer la responsabilité de ces événements. Mais, comme le fait remarquerChomsky, reprocher à des adversaires de l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS en 1979 les atrocités commises par les rebelles afghans depuis le retrait des troupes soviétiques ne serait pas moins absurde : s’opposant à l’invasion, ils avaient voulu empêcher une catastrophe dont portent la responsabilité ceux qui l’ont décidée, pas leurs adversaires. Presque banal, un argument de ce type est quasiment inaudible dans le camp occidental.

En France, la mentalité de camp avait conduit nombre d’opposants aux guerres coloniales à se bercer d’illusions sur la possibilité de « lendemains qui chantent » dans les sociétés décolonisées. Cela a rendu la culpabilisation d’autant plus efficace que la fin de la guerre du Vietnam coïncida avec le grand tournant de l’intelligentsia française, qui allait amener celle-ci à s’écarter du marxisme et des révolutions du tiers-monde et, peu à peu, avec le mouvement des « nouveaux philosophes », à adopter des positions favorables à la politique occidentale au Tchad et au Nicaragua. Une bonne partie des intellectuels français, surtout ceux de la « génération 68 », d’abord passive dans la lutte contre les euro-missiles (1982-1983), devint franchement belliciste au moment de la guerre du Golfe puis lors de l’intervention de l’OTAN au Kosovo.

N’ayant jamais eu d’illusions à perdre, Noam Chomsky n’avait aucun combat à renier. Il demeura donc à la pointe de la lutte contre les interventions militaires et les embargos qui, de l’Amérique centrale à l’Irak, ont provoqué des centaines de milliers de victimes. Mais pour ceux qui avaient opéré le grand tournant, Chomsky devenait un anachronisme bizarre et dangereux. Comment pouvait-il ne pas avoir compris que le bon camp était devenu celui de l’Occident, des « droits de l’homme » ? Et le mauvais, celui de la « barbarie à visage humain », pays socialistes et dictatures post-coloniales mêlées ?

L’étude de sa démarche intellectuelle permet de répondre. Une bonne partie de l’œuvre de Chomsky est consacrée à l’analyse des mécanismes idéologiques des sociétés occidentales. Quand un historien étudie l’Empire romain, il essaie de relier les actions des dirigeants de l’époque à leurs intérêts économiques et politiques, ou du moins à la perception que ceux-ci en ont. Au lieu de s’en tenir aux seules intentions avouées des dirigeants, l’historien met au jour la structure « cachée » de la société (relations de pouvoir, contraintes institutionnelles) pour décrypter le discours officiel. Cette démarche est tellement naturelle qu’il ne faut même pas la justifier. On l’applique à des sociétés comme l’Union soviétique hier, la Chine et l’Iran aujourd’hui. Nul expert sérieux n’expliquerait le comportement des dirigeants de ces pays en privilégiant les motivations que ceux-ci mettent en avant pour justifier leurs actions.

Cette attitude méthodologique générale change du tout au tout quand il s’agit des sociétés occidentales. Il devient alors quasi obligatoire d’accepter que les intentions proclamées de leurs gouvernants constituent les ressorts de leurs actions. On peut douter de leur capacité à atteindre leurs objectifs, de leur intelligence. Mais mettre en cause la pureté de leurs motivations, chercher à expliquer leurs actions par les contraintes que des acteurs plus puissants feraient peser sur eux revient souvent à s’exclure du discours « respectable ».

Ainsi, lors de la guerre du Kosovo, on a pu discuter des moyens et de la stratégie mis en œuvre par l’OTAN, mais pas l’idée qu’il s’agissait d’une guerre humanitaire. On a critiqué les moyens utilisés par les Etats-Unis en Amérique centrale dans les années 1980, mais rarement douté qu’ils voulaient protéger ces pays de la menace soviétique ou cubaine. L’argument qui motive ce curieux dualisme dans l’approche des phénomènes politiques est que nos sociétés sont « réellement différentes », à la fois des sociétés passées et des pays comme l’URSS ou la Chine, parce que nos gouvernements seraient « réellement » soucieux des droits de la personne ou de la démocratie.

Mais le fait que les principes démocratiques soient souvent mieux respectés « chez nous » qu’ailleurs n’empêche nullement d’évaluer empiriquement la thèse de la singularité occidentale. On peut y parvenir en comparant deux tragédies (guerre, famine, attentat, etc.) plus ou moins semblables et en observant la réaction de nos gouvernements et de nos médias. Or, quand la responsabilité de ces situations est imputable à nos ennemis, l’indignation est générale et la présentation dépourvue de la moindre indulgence. En revanche, si la responsabilité des gouvernements occidentaux ou de leurs alliés est engagée, les horreurs sont souvent minimisées. Pourtant, si les actions de nos gouvernements étaient réellement motivées par les intentions altruistes qu’ils proclament, ils devraient d’abord agir sur les tragédies dont ils sont responsables, au lieu de donner la priorité à celles qu’ils peuvent attribuer à leurs ennemis. Constater que c’est presque toujours l’inverse qui se produit oblige à retenir l’accusation d’hypocrisie. Une bonne partie de l’œuvre de Chomsky est consacrée à des comparaisons de ce genre (2).

Dans le cas de l’Indochine et du Cambodge en particulier, les écrits deChomsky, souvent présentés comme une « défense de Pol Pot », ont cherché à comparer les réactions des gouvernements et des médias occidentaux face à deux atrocités presque simultanées : les massacres commis par les Khmers rouges au Cambodge et ceux des Indonésiens au moment de l’invasion du Timor-Oriental.

Concernant le Cambodge, l’indignation fut vive - autant qu’hypocrite (3). En revanche, au moment de l’action militaire indonésienne, les médias et les intellectuels « médiatiques » observèrent un silence presque complet alors même que les Etats-Unis et leurs alliés, dont la France, livraient à l’Indonésie des armes en sachant qu’elles seraient utilisées au Timor (4). Dresser la longue liste des non-indignations de ce type obligerait à revenir sur la Turquie et les Kurdes, Israël et les Palestiniens, sans oublier l’Irak, où, au nom du droit international, on laisse des centaines de milliers de personnes mourir à petit feu.

En se livrant à ce genre de comparaisons, Chomsky a pris le contre-pied de la mentalité de parti particulièrement accusée depuis le grand tournant : puisque le Bien (l’Occident et ses alliés) affrontait le Mal (les nationalismes du tiers-monde et les pays dits socialistes), l’analogie fut interdite. Or Chomsky fit pire. Refusant la duplicité qu’il reproche à nos gouvernants et à nos médias, il a toujours estimé qu’il devait d’aborddénoncer les crimes des gouvernements sur lesquels il pouvait espérer agir, c’est-à-dire les nôtres.

Même s’il n’entrait dans sa démarche nulle illusion sur les régimes « révolutionnaires » ou absolution des crimes commis par les « autres », il était presque inévitable que ceux-là mêmes qui avaient entretenu de telles illusions et accepté de telles absolutions l’accuseraient de tomber dans leurs travers. On peut comprendre la réaction d’une partie de l’intelligentsia française, soucieuse de brûler ce qu’elle a adoré et d’adorer ce qu’elle a brûlé et naturellement désireuse de se venger sur le dos des autres des erreurs qu’elle a autrefois commises. Parfois,Chomsky en a été plus agacé qu’amusé.

Il faut à présent aborder l’« affaire Faurisson », qui alimente les attaques françaises les plus virulentes contre Chomsky. Professeur de littérature à l’université de Lyon, Robert Faurisson fut suspendu de ses fonctions à la fin des années 1970 et poursuivi parce qu’il avait, entre autres, nié l’existence des chambres à gaz pendant la seconde guerre mondiale. Une pétition pour défendre sa liberté d’expression fut signée par plus de cinq cents personnes, dont Chomsky. Pour répondre aux réactions violentes que suscita son geste, Chomsky rédigea alors un petit texte dans lequel il expliquait que reconnaître à une personne le droit d’exprimer ses opinions ne revenait nullement à les partager. Elémentaire aux Etats-Unis, cette distinction parut difficilement compréhensible en France.

Mais Chomsky commit une erreur, la seule dans cette affaire. Il donna son texte à un ami d’alors, Serge Thion, en lui permettant de l’utiliser à sa guise. Or Thion le fit paraître, comme « avis », au début du mémoire publié pour défendre Faurisson. Chomsky n’a cessé de rappeler qu’il n’avait jamais eu l’intention de voir publier son texte à cet endroit et qu’il chercha, mais trop tard, à l’empêcher (5).

Condamner Chomsky dans cette affaire impose, au minimum, de dire ce que l’on réprouve exactement : une erreur tactique ou le principe même de la défense inconditionnelle de la liberté d’expression ? Dans le second cas, il faut alors indiquer que la France ne possède pas, en matière d’expression d’opinions, la tradition libertaire des Etats-Unis. Là-bas, la position de Chomsky ne choque presque personne. Parfois comparée à la Ligue des droits de l’homme, l’American Civil Liberties Union, dans laquelle militent de nombreux antifascistes, porte ainsi plainte devant les tribunaux si on interdit au Ku Klux Klan ou à des groupuscules nazis de manifester, fût-ce en uniforme, dans des quartiers à majorité noire ou juive (6). Le débat à ce propos oppose donc deux traditions politiques différentes, l’une dominante en France, l’autre aux Etats-Unis, et pas un Noam Chomsky, représentant d’une ultra-gauche dévoyée, face à une France républicaine.

Dans un monde où des cohortes d’intellectuels disciplinés et de médias asservis servent de prêtrise séculière aux puissants, lire Chomskyreprésente un acte d’autodéfense. Il peut permettre d’éviter les fausses évidences et les indignations sélectives du discours dominant. Mais il enseigne aussi que, pour changer le monde, on doit le comprendre de façon objective et qu’il y a une grande différence entre romantisme révolutionnaire - lequel fait parfois plus de tort que de bien - et critique sociale simultanément radicale et rationnelle. Après des années de désespoir et de résignation, une contestation globale du système capitaliste semble renaître. Elle ne peut que tirer avantage de la combinaison de lucidité, de courage et d’optimisme qui marque l’œuvre et la vie de Noam Chomsky.

Jean Bricmont

Professeur de physique à l’université de Louvain (Belgique).

Noam Chomsky.

Noam Chomsky, anarchiste pacifiste.

« Un vrai système d’éducation donnerait des cours
d’autodéfense intellectuelle
. »[Noam Chomsky]

« Quand j’ai commencé à lire Chomsky, je me suis dit que son déploiement d’arguments, leur quantité, leur implacabilité, étaient un peu, comment dire, insensés. Un quart des arguments qu’il avait amassés auraient suffi à me convaincre. J’avais l’habitude de me demander pourquoi il devait travailler tant. Mais maintenant, je comprends que l’amplitude et l’intensité du travail de Chomsky sont un baromètre de l’amplitude, de l’étendue et de l’implacabilité de la machine de propagande à laquelle il fait face. »
[Arundhati Roy, The Hindu, 2003]

[2013] Chomsky: “Comment pouvons-nous nous défendre des multinationales et des forces impérialistes qui menacent notre existence?”

Publié le 15 avril 2014 by Noam-Chomsky.fr

Par Noam Chomsky

Avec les tragédies déchirantes qui se déroulent sous nos yeux, et des catastrophes peut-être encore pires à venir, il peut sembler déplacé, voire cruel, de détourner l’attention vers d’autres perspectives qui, bien qu’abstraites et incertaines, pourraient offrir un chemin vers un monde meilleur – et pas dans un avenir lointain.

J’ai visité le Liban plusieurs fois et j’ai été témoin de moments de grand espoir et de désespoir, qui ont été marqués par une remarquable détermination du peuple libanais à les surmonter et à aller de l’avant.

La première fois que je l’ai visité – si le mot est juste – il y a exactement 60 ans, presque jour pour jour, ma femme et moi étions en randonnée dans le nord de la Galilée, un soir, quand une jeep nous a abordés et quelqu’un nous a demandé de revenir en arrière : nous étions dans le mauvais pays. Nous avions franchi la frontière par inadvertance, alors non indiquée – maintenant, je suppose, hérissée d’armes.

Un événement mineur, mais riche d’enseignements : la légitimité des frontières – et donc des Etats – est, au mieux, soumise à conditions et temporaire.

Presque toutes les frontières ont été imposées et maintenues par la violence, et sont relativement arbitraires. La frontière libano-israélienne a été établie, il y a un siècle, par les accords Sykes-Picot, divisant l’ancien empire ottoman dans l’intérêt des puissances impériales britannique et française, sans aucune préoccupation pour les populations qui y vivaient, ni même pour les réalités géographiques du terrain. La frontière n’a pas de sens, c’est pourquoi il est si facile de la franchir sans s’en apercevoir.

En examinant la plupart des guerres qui déchirent le monde, il est clair que beaucoup sont les résidus de crimes impérialistes dans la mesure où elles découlent de frontières dessinées par les grandes puissances en dépit de tout bon sens autre que leurs seuls intérêts.

Par exemple, les Pachtounes n’ont jamais accepté la légitimité de la ligne Durand, établie par la Grande-Bretagne pour séparer le Pakistan de l’Afghanistan ; aucun gouvernement afghan ne l’a non plus jamais acceptée. Il est dans l’intérêt des puissances impérialistes d’aujourd’hui que les Pachtounes qui franchissent la Ligne Durand soient appelés «terroristes», afin que leurs maisons puissent être soumises aux attaques meurtrières des drones américains et des forces spéciales.

Peu de frontières dans le monde sont aussi lourdement gardées par une technologie sophistiquée et soumises à une rhétorique passionnée que celle qui sépare le Mexique des États-Unis, deux pays ayant des relations diplomatiques amicales.

Cette frontière résulte de l’agression américaine au 19e siècle. Mais elle est restée assez ouverte jusqu’en 1994, date à laquelle le président Bill Clinton a lancé l’Opération “Gatekeeper”, entraînant sa militarisation.

Avant cela, les gens franchissaient régulièrement la frontière pour aller voir leurs parents et amis. Il est probable que l’Opération “Gatekeeper” a été motivée par un autre événement intervenu en 1994 : la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui est un terme impropre, en raison des mots «libre-échange».

Sans doute, l’administration Clinton a compris que les agriculteurs mexicains, aussi efficaces soient-ils, ne pourraient pas rivaliser avec l’agrobusiness américain fortement subventionné, de même que les entreprises mexicaines avec les multinationales américaines qui, grâce à cet accord et à la clause de “traitement national”, pourraient largement pénétrer le marché mexicain. Cet accord conduisait presque inévitablement à un afflux d’immigrants mexicains à travers la frontière.

Certaines frontières s’érodent avec les haines et les conflits cruels qu’elles symbolisent et rappellent. Le cas le plus spectaculaire est l’Europe. Pendant des siècles, l’Europe a été la région la plus brutale dans le monde, déchirée par des guerres atroces et destructrices. L’Europe a développé la technologie et la culture de guerre qui lui a permis de conquérir le monde. Après un dernier sursaut de barbarie indescriptible, la destruction mutuelle a cessé à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les chercheurs attribuent ce résultat à la thèse de la paix démocratique – une démocratie hésitant à faire la guerre à une autre démocratie. Mais les Européens peuvent aussi avoir compris qu’ils avaient développé des capacités de destruction telles que la prochaine fois qu’ils joueront à leur jeu favori, ce sera la dernière.

L’intégration plus étroite qui s’est développée depuis lors n’est pas sans graves problèmes, mais il y a une grande amélioration par rapport à ce qui est arrivé avant.

Un résultat similaire ne serait pas sans précédent pour le Moyen-Orient, qui jusqu’à récemment était essentiellement sans frontière. Et les frontières sont en train de s’effriter, bien que d’une manière terrible.

Le plongeon suicidaire apparemment inexorable de la Syrie déchire ce pays. Patrick Cockburn, ancien correspondant au Moyen-Orient, qui travaille maintenant pour “The Independent”, prédit que la conflagration et son impact régional pourrait conduire à la fin du régime des accords Sykes-Picot.

La guerre civile syrienne a ravivé le conflit entre Sunnites et Chiites qui était l’une des conséquences les plus terribles de l’invasion américano-britannique de l’Irak, il y a 10 ans.

Les régions kurdes d’Irak et maintenant de Syrie se dirigent vers l’autonomie se rapprochent. De nombreux analystes prédisent maintenant qu’un Etat kurde pourrait voir le jour avant un Etat palestinien.

Si jamais la Palestine gagne son indépendance dans les termes du consensus international écrasant, il est probable que ses frontières avec Israël s’éroderont à travers les échanges commerciaux et culturels réguliers, comme cela s’est produit dans le passé lors de périodes de calme relatif.

Cette évolution pourrait être une étape vers une intégration régionale plus étroite, et peut-être la disparition progressive de la frontière artificielle divisant la Galilée entre Israël et le Liban ; alors les randonneurs et d’autres pourraient passer librement où ma femme et moi étions il y a 60 ans.

Une telle évolution me paraît offrir le seul espoir réaliste pour une résolution de la situation des réfugiés palestiniens, qui n’est que l’une des catastrophes humanitaires qui tourmentent la région depuis l’invasion de l’Irak et la descente en enfer de la Syrie.

L’effacement des frontières et ces remises en questions de la légitimité des Etats mettent en avant de sérieuses questions quant à la possession de la Terre : qui est propriétaire de l’atmosphère globale polluée par les gaz à effet de serre qui viennent d’atteindre un seuil particulièrement périlleux, comme nous l’avons appris au mois de mai?

Ou pour reprendre l’expression utilisée par les populations autochtones dans une grande partie du monde, qui va défendre la Terre ? Qui va mettre en avant les droits de la nature? Qui va adopter le rôle d’intendant des biens communs, notre possession collective ?

Que la Terre ait maintenant désespérément besoin d’être défendue de la catastrophe écologique imminente est certainement évident pour toute personne raisonnable et instruite. Les différentes réactions à la crise sont la caractéristique la plus remarquable de l’actuelle période historique.

À l’avant-garde de la défense de la nature sont ceux qui sont souvent appelés «primitifs» : les membres de groupes indigènes et tribaux, comme les premières nations au Canada ou les Aborigènes en Australie – les vestiges de peuples qui ont survécu aux assauts impérialistes. A la pointe de l’attaque contre la nature sont ceux qui s’appellent eux-mêmes les plus avancés et civilisés : les pays les plus riches et les plus puissants.

La lutte pour défendre le bien commun prend de nombreuses formes. A petit niveau, elle se déroule en ce moment-même sur la place Taksim en Turquie, où des hommes et femmes courageux tentent de protéger de la destruction l’un des derniers vestiges des biens collectifs d’Istanbul. Ce trésor antique est en effet menacé par la commercialisation, l’embourgeoisement et un régime autocratique.

Les défenseurs de la place Taksim sont à l’avant-garde d’une lutte mondiale pour préserver les biens communs de l’anéantissement – une lutte dans laquelle nous devons tous participer, avec dévouement et détermination, si nous voulons avoir quelque espoir de survie décente sur une planète qui n’a pas de frontières. Elle est notre bien commun, à défendre ou à détruire.

© Noam Chomsky

Traduit par DiaCrisis pour www.noam-chomsky.fr

Voir les commentaires

Noam Chomsky Michel Gondry

29 Avril 2014, 07:33am

Publié par pam

j'ai eu la chance de voir dimanche midi sur Canal+ un extrait de ce film, Chomsky exposait, entre autres, la façon dont les américains lors de l'arrestation de Ben Laden nous ont fait passer à deux doigts d'une guerre nucléaire... Chomsky est d'une intelligence et d'une clarté renversantes, Gondry est un vrai créatif, j'ai hâte de voir l'intégralité du film.... et je voulais partager avec vous cette perle !

Voir les commentaires

Idées, bien commun et propriété intellectuelle...

29 Avril 2014, 06:15am

Publié par pam

"Tout N'Est Que Remix" a été réalisé par Kirby Ferguson, un réalisateur New-Yorkais.

A travers ce documentaire, Ferguson examine l'attitude moderne, matérialiste, à l'égard de la propriété intellectuelle et, par extension, au bien-commun. Et ce faisant, il dénonce en quoi notre individualisme rampant, a cette facheuse tendance à inhiber le processus créatif, plutot que de le faciliter.

Il illustre ainsi l'interconnectivité selon-lui inhérente au processus de création, et nous explique en quoi il estime que nos lois et nos normes actuelles en la matière sont pour le moins artificielles, et surtout en quoi elles sont donc, d'apres lui, parfaitement contre-productives.

Et ce à l'image des accords commerciaux tel que l'ACTA et le TPPA, qui selon lui sont entrain de nous mener tout droit à la "quadrature du net" tant redoutée ; ou le droit des grandes corporations priment sur les libertés individuelles ... désormais même sur internet !

Ferguson défend donc cette idée selon laquelle le progrès et la création de richesses d'une civilisation, et donc son évolution sociale, sont directement corrélées à la capacité ce celle-ci à pouvoir créer les conditions nécessaires à un libre-echange des idées ; un espace de liberté ou celles-ci peuvent "copuler" en toute securité, et donc se transformer ; et ou les individus qui la composent peuvent donc librement s'inspirer des uns des autres, sans avoir à s'affranchir de droits d'auteurs (les fameux copyrights) toujours plus mirobolants qui, selon lui, ont pour effet pervers d'asphixier l'afflux nécessaire des bonnes idées.

L'idée générale étant que le bien-commun (intéret-général?) ainsi généré soit supérieur à la somme des idées individuelles qui ont co-participées à son ellaboration.

Philippe J. M. Morel.

Voir les commentaires

traité de libre échange transatlantique : l'horreur !

28 Avril 2014, 06:48am

Publié par pam

je ne voulais plus parler ici de politique... mais comment passer cette horreur sous silence ? personne ou presque n'en parle alors qu'il remettrait en question tant de sujets de lutte.

France Inter 28/4/14 en podcast : pourquoi l'accord de libre-échange UE/USA inquiète :

Faut-il craindre le grand méchant marché transatlantique ? © Radio France - 2014

Le débat s'intensifie autour du TAFTA, le traité de libre-échange transatlantique. Il est en cours de négociations, depuis des mois, entre l'Union européenne et les États-Unis. Mais cela ne se fait pas sans grincements de dents et beaucoup dénoncent ce futur grand marché transatlantique.

traité de libre échange transatlantique : l'horreur !

Les négociations ont été officiellement lancées l'été dernier, mais suscitent de plus en plus de critiques au fur et à mesure de leurs avancées. Un collectif, Stop Tafta, a ainsi été créé en septembre dernier. Il rassemble une quarantaine d'organisations hostiles à ce traité.

Peu de documents officiels, pas de débats publics...

traité de libre échange transatlantique : l'horreur !

Pour Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV), Yannick Jadot, porte-parole de lla campagne européenne du parti déclarait ainsi :

Un tel projet remettrait clairement en cause la perspective même d'un projet européen spécifique en abandonnant le pouvoir aujourd'hui réduit mais potentiellement fort des citoyens, des collectivités, des États, aux firmes multinationales. On a besoin de l'Europe pour réguler la mondialisation, sinon c'est la mondialisation qui va nous réguler.

#STOPTAFTA

Les négociations se déroulent de manière très discrètes. Peu de documents officiels disponibles, pas de débats publics... Tout juste une vague consultation en ligne sur le volet "protection des investissements". Pour le contenu et les détails, c'est quasiment "secret défense", explique Yannick Jadot.


Le gouvernement français, favorable à ce traité, précise que les services concernés suivent le dossier en permanence. Et demeurent très vigilants sur des domaines sensibles comme l'agriculture et l'alimentation. Un cinquième round de négociations doit débuter au mois juin, en vue d'obtenir un texte définitif en 2015.

traité de libre échange transatlantique : l'horreur !

Pour simplifier, on pourrait revenir des années en arrière sur de nombreux sujets, se retrouver avec des OGM en France et en Europe autant qu'aux USA, voir des normes de santé, environnementales, commerciales, enterrées et tout cela évidemment au profit des financiers, des banques.... Moins on parle d'un sujet comme celui-là plus c'est grave, plus les conséquences seront dramatiques.

Voir les commentaires

écologie et pédagogie...

25 Avril 2014, 06:42am

Publié par pam

Vous avez du mal à comprendre les problèmes énergétiques et écologiques de la planète ? Vous pensez que le gaz de schiste est une solution ? Vous croyez encore qu'il faut la croissance à tous prix ? prenez 1/2 heure de votre précieux temps vous allez comprendre.....

... alors vous pensez toujours que les écolos sont de doux rêveurs, qui n'ont guère les pieds sur terre ? Que les décroissants sont une poignée de doux dingues ?

Si nous ne changeons pas nos habitudes très vite, chacun à la mesure de nos possibilités, il faudra bientôt le faire tous, contraints et forcés, ce sera dur, violent, compliqué et anxiogène. Et ça entrainera des guerres, encore plus d'inégalités et d'injustices, la mort de milliers peut être millions ou milliards de défavorisés, de faibles, de vieux, de malades, d'enfants sur toute la planète. Et que restera t'il de cette planète ? sera t'elle encore habitable pour ceux qui resteront ?

Si nous faisons le choix du changement, de la décroissance, volontairement, chacun à son rythme, mais en commençant tout de suite, nous pourrons nous adapter tranquillement à un autre mode de vie, peut être plus lent, mais pas moins intéressant !

Si on regarde autour de nous, qui sont parmi nos connaissances ceux qui semblent le plus heureux ? et par qui sont écrits les meilleurs livres sur le bonheur ? de qui nous viennent les plus beaux témoignages de vie, d'humanité ?

J'ai eu la grande chance de devoir changer de vie (handicap, impossibilité de travailler, baisse dramatique des revenus...etc) et je suis arrivée à la décroissance petit à petit, jour après jour, et chaque renoncement m'apportait toujours plus de bonheur. Bonheur de vivre, de trouver des combines, de me débrouiller avec ce que j'avais, de bricoler et jardiner, de limiter progressivement mes besoins et mes envies, de partager. Je crois que si on m'avait tout enlevé d'un coup je me serais révoltée, c'est pourquoi je parle de chance. La décroissance est devenue pour moi une philosophie et même si je craque encore occasionnellement sur des friandises chimiques, un bon moment devant la télé, une pointe de vitesse en voiture (...) ou un achat compulsif de temps en temps, j'en ressens toujours la futilité, et ce n'est pas ce qui me caractérise.

Une autre vie est possible dans le respect de nous-même, des autres, de l'humanité toute entière et de la planète, encore faut-il se mettre rapidement au boulot. Sinon que dirons-nous à nos enfants quand ils nous demanderont où l'on était, ce que l'on a fait.

Voir les commentaires

Dr. Lipton : L'impact de notre environnement et de notre état d'esprit sur notre santé

25 Avril 2014, 06:23am

Publié par pam

Voir les commentaires

Alimentation médicinale.

23 Avril 2014, 07:53am

Publié par pam

Les Chinois, maîtres en “alimentation médicinale”, pensent que celui qui veut prendre soin de sa santé doit être modéré dans ses goûts, bannir ses inquiétudes, tempérer ses désirs, réfréner ses émotions, prendre soin de sa force vitale, épargner ses paroles, considérer avec légèreté le succès ou l’insuccès, ignorer la tristesse ou les difficultés, éviter les grandes affections et les grandes haines, calmer ses yeux et ses oreilles, et être fidèle à son régime intérieur. Un homme qui ne se fatigue pas l’esprit ni ne trouble son âme, ne peut être malade.

in “L’art de la frugalité et de la volupté” de Dominique Lobeau.

Alimentation médicinale.

Voir les commentaires

fatigue, changements de temps, ginseng...

23 Avril 2014, 07:39am

Publié par pam

Le GINSENG PAR JEAN-MARIE PELT:

la plus prestigieuse plante de la pharmacopée chinoise : dans le plus ancien traité, le “Pen T’sao” remontant à l’empereur Shen Nong (2 700 ans avant J.C.) on lit :

“On utilise le ginseng pour restaurer les cinq organes vitaux, pour harmoniser les énergies, pour calmer l’esprit, chasser les peur, faire briller les yeux, ouvrir les vaisseaux du cœur, éclaircir les pensées, fortifier le corps et prolonger la vie.” Définition d’une panacée d’où son nom Panax ginseng du grec pan = tout et akos = remède. Le nom ginseng signifie “homme racine” comme la mandragore, plante mythologique occidentale. Puissant tonique agissant sur tout l’organisme, 150 principes divers ont été identifiés dans ses racines. Il améliore les performances physiques et psychiques de ceux qui le consomment sans être sur la liste des dopants. Selon une étude soviétique (années 60) cette plante permet une meilleure résistance au stress, une convalescence plus rapide, des performances intellectuelles améliorées, notamment chez les sujets âgés, une meilleure oxygénation de l’organisme, notamment une meilleure irrigation du cerveau, une stimulation de l’immunité cellulaire, une résistance à l’asthénie et à la fatigue (tous résultats confirmés par d’autres études depuis). Le ginseng améliore également les processus de mémorisation. Le ginseng illustre parfaitement l’une des spécificités de la phytothérapie qui consiste à mettre en œuvre une multitude de principes agissant simultanément et surtout synergétiquement les uns avec les autres et les uns par rapport aux autres. Rien de comparable avec l’action d’une molécule isolée dont, de nos jours, il est relativement plus aisé de définir le mode d’action pharmacologique et biochimique et les effets thérapeutiques et physiologiques qui en découlent.

fatigue, changements de temps, ginseng...

Le ginseng est une plante mythique très chère car sa surconsommation l’a rendue rare. De plus, 6 ans sont nécessaires avant de pouvoir récolter une plante médicalement efficace. Principes actifs concentrés dans la racine. Composition complexe : ginsénosides, vit B, C, ...

Propriétés : fortifiant, revitalisant, dynamise les réactions de défense, utile pour surmenage et convalescence, très efficace contre fatigue physique et intellectuelle et sportive (meilleure adaptation à l’effort et diminue le temps de récupération).

Poudre, comprimés, gélules...

Teinture Mère : 40 gouttes dans un peu d’eau le matin.

Attention : 2 contre-indications : l’enfant et l’hypertension artérielle.

fatigue, changements de temps, ginseng...

FATIGUE : raisons multiples (en attendant de trouver supplémenter en vit C : 3 à 4 gr) :

- Stress.

- Carence en fer : assez courante dans les sociétés occidentales. Le déficit en fer va jusqu’à l’anémie. La production d’hémoglobine diminue, le transport de l’oxygène vers les tissus est alors affecté.

- Fatigue postvirale ou foyer infectieux ou désordre intestinal.

- Dépression : elle réduit considérablement le niveau énergétique de l’organisme entraînant fatigue, lassitude et anxiété.

- Des carences en fer, sélénium, vit B6 et acides gras oméga-3 sont associés à un sentiment de dépression et de découragement.

- Intolérances alimentaires et allergies.

- Syndrome prémenstruel.

- Problèmes thyroïdiens.

- Diabète ou mauvaise alimentation.

- Séquelles d’un traitement chimique, d’un accident ...etc ...

Phytothérapie : gelée royale, ginseng, kola. citron. guarana.

Plantes toniques :acore vrai, absinthe, millefeuille, origan, petite centaurée, sarriette, trèfle d’eau.

Fatigue nerveuse : ginseng, aubépine, millepertuis

Fatigue musculaire : eleutherocoque, spiruline. gomphréna, kawa kawa.

Fatigue intense avec sommeil difficile : ginseng, valériane.

Fatigue nerveuse ou musculaire : basilic, cassis, cresson, églantier, gui, paprika, persil, romarin, tabac.

Fatigue intellectuelle : gelée royale, eleutherocoque.

Penser à prendre l’air et à faire de l’exercice. Apprendre à se détendre.

Quelques remèdes naturels de Luc Bodin pour lutter contre la fatigue, ils permettront d’accélérer la récupération mais aussi de combler des carences éventuelles :

  • Le magnésium est toujours recommandé, de préférence sous forme de glycérophosphate de magnésium (bien toléré par l’intestin) associé à de la vitamine B6 et de la taurine : par exemple le D–Stress® vendu en pharmacie. Le magnésium est un minéral essentiel pour la fabrication de l’énergie.
  • Des reconstituants naturels comme la gelée royale, la propolis, le miel, le sérum de Quinton, les jus d’orge verte, le ginseng, la maïtaké, la spiruline… voire tout simplement des jus de fruits frais consommés aussitôt pressés stimuleront l’organisme.
  • Le Co-enzyme Q10 est un antioxydant particulièrement intéressant en cas de fatigue, car il va stimuler la fabrication d’énergie (ATP) par les cellules.
  • En cas de sommeil non-récupérateur (réveils fatigués), le Rosmarinus officinalis TM (50 gouttes au coucher) est très efficace. Il peut être associé à des plantes sédatives comme la valériane, le mélilot, la passiflore…
  • Il est souvent souhaitable d’effectuer un nettoyage de l’organisme afin de relancer ses mécanismes d’auto-réparation. Les plantes comme l’aloé véra, le jus de bouleau, le desmodium, le chardon-marie pourront intervenir dans ce cas. Il faudra aussi veiller à conserver un bon transit intestinal

Comme toujours, si vous êtes concernés par la fatigue, lisez cette fiche et ne retenez que ce qui vous parle, puis adaptez votre vie, le traitement que vous vous êtes choisi et limitez les risques de récidives en changeant ce qui doit être changé dans vos habitudes. Faites attention à ce que vous ingérez, alimentation comme informations, pensées comme fréquentations, faites le tri dans vos choix, revenez à l'essentiel et offrez-vous des pauses, marchez pieds nus dans l'herbe ou la terre, restez dans le silence, méditez, contemplez, aimez et amusez-vous !

Voir les commentaires

anti-inflammatoire de saison

21 Avril 2014, 06:04am

Publié par pam

C'est le moment de la floraison des pruneliers et avec les fleurs vous pouvez faire des infusions anti-inflammatoire efficaces. On appelle aussi le prunellier, épine noire. Il forme des sortes de buissons impénétrables, super pour une haie vive, moins quand il envahit !

anti-inflammatoire de saison

Vous connaissez tous le prunellier, sorte de prunier sauvage, on fait des confitures avec les baies noir bleuté après les gelées.

Les fruits sont astringents et toniques car riches en tanin, vitamine C et acides organiques.

En décoction, le prunellier est laxatif, et ses fruits sont utilisés comme remède contre les constipations.

Au printemps, après les fleurs, on peut avec les feuilles faire infusion ou décoction (ou jus) elles sont revigorantes.

anti-inflammatoire de saison

Envie d'une ballade utile : ramenez de quoi faire la soupe ou la salade ! voilà une video simple mais efficace... et de bons conseils :

Voir les commentaires

Et n'oublie pas d'être heureux... vu par Matthieu Ricard

20 Avril 2014, 09:37am

Publié par pam

« Et n’oublie pas d’être heureux »

Avec Et n’oublie pas d’être heureux , notre ami Christophe André nous offre, une fois de plus, un trésor d’inspiration et de sagesse bien ancrée dans l’expérience vécue, la vie quotidienne et la bonne science. Christophe se garde de nous promettre la lune — le Dalaï-lama disait une fois que l’un des problèmes de nos contemporains est qu’ils voudraient que le fruit du chemin de transformation intérieure soit « facile, rapide et bon marché, » — mais il pointe un doigt avisé vers la lune de la plénitude à laquelle nombre d’entre nous aspire.

Jusqu’aux années 1980, peu de chercheurs s’étaient penchés sur les moyens permettant de développer les traits positifs de notre tempérament. Si l’on consulte le répertoire des livres et articles consacrés à la psychologie depuis 1887 (Psychological Abstracts), on y relève 136 728 titres mentionnant la colère, l’anxiété ou la dépression contre seulement 9 510 titres mentionnant la joie, la satisfaction ou le bonheur. Il est certes plus que désirable de traiter les troubles psychologiques qui handicapent, voire paralysent la vie des gens, mais comme le montre Christophe tout au long de son ouvrage, le bonheur ne se résume pas à l’absence de malheur : « La psychologie classique ne vise qu’à « réparer » ce qui est abîmé dans l’esprit et l’âme des patients. Mais il faut aussi les aider à développer ce qui les rendra plus heureux. » Et ce, pas seulement pour leur « bon plaisir », mais parce qu’on sait maintenant que le bonheur est un excellent outil de prévention de l’apparition des pathologies mentales ou de leurs rechutes.

Le bonheur n’est pas seulement, « le silence du malheur » comme l’écrivait Jules Renard. Dès 1969, le psychologue Norman Bradburn avait montré que les affects plaisants et déplaisants ne représentent pas seulement des contraires, mais procèdent de mécanismes différents et doivent donc être étudiés séparément. Se contenter d’éliminer la tristesse et l’anxiété n’assure pas automatiquement la joie et le bonheur. La suppression d’une douleur ne conduit pas nécessairement au plaisir. Il est donc nécessaire non seulement de se libérer des émotions négatives mais aussi de développer les émotions positives.

Cette position rejoint celle du bouddhisme qui affirme, par exemple, que s’abstenir de faire du tort aux autres (l’élimination de la malveillance) ne suffit pas, et que cette abstention doit être renforcée par un effort déterminé à faire leur bien (l’épanouissement de l’altruisme et sa mise en œuvre). Selon Barbara Fredrickson, de l’université de Michigan, l’une des fondatrices de la psychologie positive, « les émotions positives ouvrent l’esprit et élargissent la palette des pensées et des actions : la joie, l’intérêt, le contentement, l’amour […]. Les pensées positives engendrent des comportements flexibles, accueillants, créateurs et réceptifs ».

La psychologie positive, représentée par une nouvelle génération de chercheurs, a donc pour but d’étudier et de renforcer les émotions positives qui nous permettent de devenir de meilleurs êtres humains tout en acquérant une plus grande joie de vivre.

Christophe souligne qu’il ne faudrait pas minimiser l’importance de la psychologie positive en supposant qu’elle « ne consiste pas à délivrer de vagues bons conseils « prenez la vie du bon côté ! » ou encourager à « positiver ». La psychologie positive est l’étude de ce qui marche bien dans l’esprit humain et nous encourage à rechercher une manière d’être « optimale. »

Selon nombre de recherches scientifiques, le développement d’émotions positives présente un avantage évolutif indiscutable dans la mesure où il nous aide à élargir notre univers intellectuel et affectif, à nous ouvrir à de nouvelles idées et de nouvelles expériences. À l’opposé de la dépression, qui provoque souvent une plongée en vrille, les émotions positives engendrent une spirale ascendante : elles construisent la force d’âme et influencent la façon de gérer l’adversité ».

Pour cela, il ne suffit pas de se contenter de quelques moments magiques, bienvenus dans l’existence au côté de moments plus sombres, il faut persévérer dans la compréhension des conditions intérieures du bien-être et dans la pratique, au fil des heures et des jours, d’une meilleure intelligence quant à la façon de gérer nos pensées et nos émotions. Comme l’ajoute Christophe, « C’est une conviction, une science et une pratique. » Une conviction, parce qu’on en aura reconnu le bien-fondé ; une science, parce qu’il ne suffira pas de faire n’importe quoi ; une pratique, parce que rien ne vient en quelques instants simplement parce qu’on le souhaite. Sinon, on risque de tomber dans le travers de cet apprenti musicien, imaginé par Christophe, qui renonce à l’apprentissage avant de l’avoir entrepris : « J’ai pris le violon, j’ai frotté l’archet sur les cordes, et non seulement rien n’est sorti de beau, mais en plus ça faisait un son horrible. C’est nul le violon ! »

La psychologie positive ne nous garantit nullement une vie à l’eau de rose, sans souffrances, mais peut certainement nous aider à actualiser le meilleur de nous-mêmes.

André, C. (2014). Et n’oublie pas d’être heureux . Odile Jacob.

À lire également : Lecomte, J. (2009). Introduction à la psychologie positive . Dunod.

Et n'oublie pas d'être heureux... vu par Matthieu Ricard

Voir les commentaires

1 2 3 > >>