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Méditation, transformation de l'esprit.

28 Novembre 2014, 08:51am

Publié par pam

Pour me faire pardonner de ne pas vous avoir encore résumé la suite de l'article d'y il y a quelques jours sur "Pourquoi ne sommes-nous pas heureux ?"

Voici un condensé de la PRÉFACE DE MATHIEU RICARD du même "BONHEUR DE LA MÉDITATION" deYongey Mingyour Rinpotché.

Mingyour Rinpotché a une place unique dans le dialogue et la coopération entre science et bouddhisme. Il s’intéresse profondément aux sciences modernes, particulièrement aux neurosciences et à la physique quantique. Les neurosciences ont pour objet l’étude empirique du phénomène de la conscience, des événements mentaux et des émotions, sujets sur lesquels se penche le bouddhisme depuis 2500 ans. La mécanique quantique aboutit, par des méthodes différents, à une description de la réalité très proche de celle du bouddhisme, selon laquelle le monde des phénomènes est un ensemble de relations, d’événements interdépendants et impermanents, et non une collection d’entités autonomes douées d’existence propre.

Pour lui, comme pour le Dalaï-lama, le bouddhisme est avant tout une science de l’esprit. Les textes bouddhistes insistent sur le fait que toutes les pratiques spirituelles, mentales, physiques ou verbales visent directement ou indirectement à transformer l’esprit. Mais, comme il l’écrit : “l’une des principales difficultés que l’on rencontre en essayant d’examiner son esprit est la conviction profonde et souvent inconsciente que l’on est comme on est, et que l’on n’y peut rien changer... sentiment pessimiste inutile... Sans même que nous en soyons conscients, l’idée que notre esprit ne peut pas changer empêche d’emblée toute tentative de changement.”

L’état que nous considérons comme “normal” n’est qu’un point de départ, et non le but que nus devons nous fixer. Il est possible de parvenir peu à peu à une manière d’être optimale.

Pour cela l’introspection bouddhiste a 2 méthodes, l’une analytique, l’autre contemplative. L’analyse consiste à examiner la nature de la réalité, essentiellement interdépendante et impermanente, et à évaluer honnêtement les tenants et aboutissants de nos souffrances et de celles que nous faisons subir aux autres. L’approche contemplative consiste à tourner son attention vers l’intérieur et à observer, derrière le voile des pensées et des concepts, la nature de la “conscience originelle” qui sous-tend toute pensée et permet leur formation. Cette faculté fondamentale de “connaître” ou conscience pure, existe en l’absence de constructions mentales et d’objets de pensée.

Mingyour Rinpotché : “Le véritable but de la méditation est de demeurer dans la conscience nue, quoi qu’il se passe ou ne se passe pas dans l’esprit. Peu importe ce qui se présente à vous, restez simplement ouvert et présent à ce phénomène, puis laissez-le disparaître. Si rien ne se produit, ou si les pensées s’évanouissent avant que vous les ayez remarquées, demeurez simplement dans cette clarté naturelle.”

Il explique comment l’entraînement de l’esprit permet de passer d'un état pathologique à un état normal, puis à un état optimal. Il décrit de l’intérieur, le processus de transformation qu’il l’a conduit de l’état d’angoisse chronique paniquante à une sérénité durable alliée à un ensemble de qualités, dont la compassion et la liberté intérieure, qui permettent de gérer toutes les circonstances auxquelles nous sommes confrontés dans l’existence. Nous montrant ainsi que nous sous-estimons le pouvoir de transformation de l’esprit et la façon d’y remédier.

“Peu à peu, je commençais à reconnaître la fragilité et le caractère éphémère des pensées et émotions qui m’avaient perturbé pendant des années, et je comprenais comment, en me focalisant sur de petits ennuis, je les avais transformés en énormes problèmes.”

Dans quelle mesure peut-on former son esprit à fonctionner de manière constructive, à remplacer l’obsession par le contentement, l’agitation par le calme, la haine par la compassion ?

Actuellement on parle de neuroplasticité, le cerveau évolue continuellement en fonction de nos expériences et peut fabriquer de nouveaux neurones tout au long de la vie. Cela implique que l’attention, la compassion, le bonheur, peuvent être cultivées et relèvent en grand partie d’une savoir-faire que l’on peut acquérir. Cela nécessite un entraînement, une longue pratique régulière.

La méditation consiste à se familiariser avec une nouvelle manière d’être, de gérer ses pensées et de percevoir le monde. Les neurosciences permettent d’évaluer ces méthodes et de vérifier leur impact sur le cerveau et sur le corps. Les recherches ont montré que quand les participants méditent sur la compassion, on constate une augmentation remarquable des oscillations rapides dans les fréquences gamma et de la cohérence de leur activité cérébrale. L’activité cérébrale des méditants sur la compassion est particulièrement élevée dans le lobe pré-frontal gauche, région liée aux émotions positives. La compassion est donc associée à la joie et l’enthousiasme. Les zones impliquées dans la planification des mouvements et de l’amour maternel sont elles aussi, fortement stimulées. Pour Richard Davidson : “cela semble démontrer que le cerveau peut être entraîné et modifié physiquement d’une manière que peu de personnes peuvent imaginer.”

Une étude sur des sujets méditants confirmés a montré qu’ils pouvaient maintenir intacte la qualité de leur attention pendant 45 minutes, contre 10 pour des sujets non entraînés. On peut donc entraîner son esprit d'une façon beaucoup plus importante que ne l’avait supposé la psychologie. Le Dalaï-lama a joué un rôle catalyseur en encourageant les rencontres et le dialogue.

Validées scientifiquement, les techniques de méditation pourraient être utilement intégrées dans l’éducation des enfants et dans la prise en charge des problèmes émotionnels des adultes. Il reste à étudier comment le cerveau des méditants évolue dans le temps.

Certaines expériences prouvent qu’il n’est pas nécessaire d’être un méditant surentraîné pour bénéficier des effets de la méditation : 20 minutes de pratique journalière contribuent significativement à la réduction de l’anxiété et du stress ainsi qu’au renforcement du système immunitaire et de l’équilibre émotionnel. Une étude effectuée sur des débutants a montré qu’après 3 ans de pratique assidue, la faculté d’attention des sujets s’était considérablement améliorée.

Devant 37000 scientifiques le Dalaï-lama a souligné la nature pragmatique et expérimentale du bouddhisme qui vise à éliminer la souffrance par une meilleure connaissance du fonctionnement de l’esprit.

Stephen Kosslyn déclarait : “Nous devons faire preuve d’humilité devant la masse de données empiriques fournies par les contemplatifs bouddhistes.”

Comme l’explique Mingyour Rinpotché, la méditation n’est pas un exercice superflu mais un élément essentiel de notre existence.

“La seule différence entre la méditation et l’approfondissement d’une amitié est que dans le premier cas, l‘ami que vous apprenez à peu à peu connaître, c’est vous.”

Il explique que le but de la méditation n’est pas de faire le vide dans l’esprit ou d’atteindre un état de relaxation inerte.

“Les pensées sont l’activité naturelle de l’esprit et la méditation n’a pas pour but d’arrêter les pensées. Elle consiste simplement à reposer l’esprit dans son état naturel, lequel est spontanément conscient des pensées, émotions et sensations à mesure qu'elles surgissent, sans les suivre ni les rejeter.”

La méditation permet de se familiariser avec une nouvelle manière d’être : “L’esprit est la source de tout ce que nous ressentons, et changer l’orientation de notre esprit revient à changer la qualité de toutes nos perceptions.”

Elle nous aide aussi à cultiver les qualités humaines indispensables à un bonheur authentique : l’amour bienveillant et la compassion sont les plus essentielles.

Rien ne peut remplacer l’expérience elle-même.

Méditation, transformation de l'esprit.

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