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philosophie

sobriété heureuse...

28 Novembre 2013, 07:59am

Publié par pam

"Désormais, la plus haute, la plus belle performance que devra réaliser l'humanité sera de répondre à ses besoins vitaux avec les moyens les plus simples et les plus sains. Cultiver son jardin ou s'adonner à n'importe quelle activité créatrice d'autonomie sera considérée comme un acte politique, un acte de légitime résistance à la dépendance et à l'asservissement de la personne humaine."

Pierre Rabhi.

sobriété heureuse...

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LE BONHEUR EST-IL POSSIBLE ?

26 Septembre 2013, 07:33am

Publié par pam

“La liberté extérieure que nous atteindrons dépend du degré de liberté intérieure que nous aurons acquis. Si telle est la juste compréhension de la liberté, notre effort principal doit être consacré à accomplir un changement en nous-même.” Gandhi.

On peut croiser des êtres qui respirent le bonheur.

Dans nos sociétés riches, nombreux sont ceux qui se disent heureux, en revanche, leur bonheur est éminemment fragile. Que l’une des conditions viennent soudain à manquer, à cause de la perte d’un proche, ou d’un travail, et ce sentiment de bonheur s’écroule. De plus, se déclarer satisfait de sa vie parce qu’il n’y a objectivement aucune raison de se plaindre n’empêche pas de se sentir mal à l’aise au plus profond de soi. Cette distinction entre bien-être extérieur et intérieur explique la contradiction apparente de ces études avec l’affirmation du bouddhisme selon laquelle la souffrance est omniprésente dans l’univers. Parler d’omniprésence ne signifie pas que tous les êtres font constamment l’expérience de la souffrance, mais qu’ils restent vulnérables à une souffrance latente qui peut surgir à tout moment.

Le bonheur ne serait-il qu’un répit dans la souffrance ?

Nombreux sont ceux qui n’envisagent le bonheur que comme une accalmie passagère, vécue de façon positive par contraste avec la souffrance. Le bonheur n’est-il que l’oeil du cyclone ?

Dans des circonstances désagréables, un moment de lâcher-prise, cet état de satisfaction profonde que l’on ne trouve qu’à l’intérieur de soi et qui est donc indépendant des circonstances extérieures, peut nous donner du bonheur. Nous ne pouvons nier l’existence de sensations agréables et désagréables, mais elles ont peu d’importance au regard du bonheur. De telles expériences font comprendre qu’il est certainement possible de vivre dans un état de bonheur durable. Dès lors, l’objectif consiste à déterminer lucidement les causes du malheur et à y remédier.

Si le bonheur est bien une manière d’être, un état de connaissance et de liberté intérieure, il n’y a rien qui puisse fondamentalement empêcher sa réalisation.

Le déni de la possibilité du bonheur semble être influencé par l’idée d’un monde pourri, croyance largement répandue en Occident selon laquelle l’homme et le monde sont foncièrement mauvais. Cette croyance provient en grande partie de l’idée d’un péché originel. Le constant bombardement de mauvaises nouvelles dans les médias et la présentation de la violence comme ultime remède à tout conflit encouragent ce que les sociologues anglo-saxons appellent le syndrome du mauvais monde. Celui-ci remet en cause la possibilité d’actualiser le bonheur. Penser que la nature humaine est essentiellement corrompue teinte de pessimisme notre vision de l’existence et nous fait douter du fondement même de la quête du bonheur, c’est-à-dire de la présence d’un potentiel de perfection en chaque être. Selon le bouddhisme, la réalisation spirituelle est un épanouissement de ce potentiel. Il ne s’agit donc pas de tenter de purifier quelque chose de fondamentalement mauvais, mais de nettoyer une pépite d’or afin d’en faire ressortir l’éclat. Si le sage peut être heureux, c’est que le bonheur est possible. Quand on n’a plus rien à gagner pour soi-même, on peut manifester une disponibilité totale à l'égard des autres.

Les constructions philosophiques et les opinions intellectuelles, si sincères soient-elles, n’ont plus de raison d’être lorsqu’elles sont démenties par l’expérience vécue.

C’est de points de repère (la personne du sage) dont nous avons besoin dans notre vie de tous les jours pour mieux comprendre ce que nous pourrions devenir. Il ne s’agit pas de renoncer à la vie qui est la nôtre, mais de bénéficier de l’éclairage de ceux qui ont élucidé la dynamique du bonheur et de la souffrance.

Comte-Sponville : “Le sage n’a plus rien à attendre ni à espérer. Parce qu’il est pleinement heureux rien ne lui manque. Et parce que rien ne lui manque, il est pleinement heureux.”

On ne naît pas sage on le devient.

Dans chaque domaine d’activité humaine, on peut trouver des sources d’inspiration qui, loin de nous décourager par leur perfection, stimulent au contraire notre enthousiasme en nous offrant une image admirable de ce vers quoi nous tendons. N’est-ce pas pour cela que les grands artistes, les hommes et femmes de cœur, les justes et les héros sont aimés et respectés ?

En acquérant peu à peu, grâce à l’expérience introspective, une meilleure connaissance de la façon dont surgissent les pensées, on apprend à ne plus être la proie des poisons mentaux. Dès qu’on a trouvé un peu de paix en soi, il devient beaucoup plus facile de mener une vie affective et professionnelle épanouissante. De même, dans la mesure où l’on se libère de tout sentiment d’insécurité, des peurs intérieures (lesquelles sont liées à une compréhension trop limitée du fonctionnement de l’esprit), ayant moins à redouter, on sera naturellement plus ouvert aux autres et mieux armé face aux péripéties de l’existence.

Cavalli-Forza : “Notre liberté intérieure ne connaît pas d’autres limites que celles que nous nous imposons ou celles dont nous acceptons qu’elles nous soient imposées. Et cette liberté aussi procure un grand pouvoir : elle peut transformer l’individu, lui permettre d’épanouir toutes ses capacités et de vivre dans une plénitude absolue chaque instant de son existence. Quand les individus se transforment, en faisant accéder leur conscience à maturité, le monde change aussi, parce que le monde est constitué d’individus”.

d'après Matthieu Ricard in "Plaidoyer pour le bonheur".

LE BONHEUR EST-IL POSSIBLE ?

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au sujet du temps qui passe...

9 Septembre 2013, 08:42am

Publié par pam

“Le temps : moins le perdre pour davantage en profiter.

Chaque jour est la seule chose que nous possédions vraiment. Notre vie, c’est aujourd’hui, pas hier, pas demain. Le temps est un présent sacré. Si nous ne pouvons profiter du moment présent, ce n’est pas dans un futur hypothétique que nous le ferons. Mais ce n’est pas seulement le fait d’avoir du temps qui est important : c’est la qualité du moment.

“La vie nous a donné, à tous, à un moment ou à un autre, des instants durant lesquels tout ce que nous faisions avait la transparence du cristal et l’azur d’un ciel sans nuages.” Anne Murray Lindenberg.

Nous passons trop de temps à regretter le passé, à rester figés dans le présent ou à nous inquiéter pour le futur. Nous gâchons tant de temps...

“Il n’est jamais trop tard pour RIEN faire.” Confucius.

La paresse devrait être un luxe, non une forme d’inertie. Elle devrait s’apprécier, se déguster, être acceptée comme un cadeau du ciel, un peu comme un moment volé.”

D. Loreau in “L’art de la simplicité”.

au sujet du temps qui passe...

“Le passé est marqué de deux manières, par les choses significatives dont on se souvient naturellement, naissances, mariages, morts, voyages, succès et échecs, et puis par l’autre catégorie, les moments curieusement colorés et détaillés, sans rime ni raison, qui ne veulent pas s’en aller.”

A.S. Byatt in “Histoires de feu et de glace”.

au sujet du temps qui passe...

“Bien misérable est l’âme obsédée du futur, malheureuse avant le malheur” Sénèque.

“Horace : Carpe diem, quam minimum credula postero : cueille le jour, sans te fier le moins du monde au lendemain. Célébration de l’autonomie : art d’être à soi-même sa propre norme, de décider et de vouloir son existence d’être le moins possible soumis aux caprices des autres, de fabriquer le détail de sa vie, d’élaborer librement son emploi du temps sans rendre de comptes à personne. De même pour le rapport à autrui, indépendamment du mode (amical, amoureux ou neutre). Élargissement du temps présent structurant toute éthique hédoniste. Ne pas troubler l’instant présent par d’inutiles considérations nostalgiques sur le passé ou prédictives sur le futur. Le moment dans lequel chacun vit définit la seule dimension réelle et visible du temps. Le libertinage inscrit son œuvre dans le cadre de l’immédiateté. À chaque instant font suite d’autres instants : la durée se construit avec ces moments juxtaposés qui finissent par faire émerger une cohérence, un sens, une direction. Inutile de souffrir de ses erreurs passées, de ressasser les peines de jadis, d’entretenir la douleur du temps perdu qui jamais ne revient, inutile de craindre l’avenir, de s’angoisser à l’idée d’une éternité peuplée d’enfer. Seul le présent existe. Le conseil vaut aussi en amour.”

Michel Onfray in “Théorie du corps amoureux”.

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héroïsme et quotidien...

20 Août 2013, 06:10am

Publié par pam


La violence dans les médias : « C’est une banalisation du mal qui fait croire que le sensationnel est une prise de pouvoir sur l’autre, alors que le sensationnel relève d’un héroïsme quotidien — un petit sourire réitéré à la veille dame voisine de palier, un petit coup de main. Il faut réhabiliter l’acte gratuit. »

Alexandre Jollien.

héroïsme et quotidien...


"L’individualisme, c’est être coupé des autres et se positionner comme séparé de l’autre. C’est le début de la souffrance. Beaucoup de philosophes aujourd’hui se sont faits les concessionnaires d’un bonheur sur mesure qui fait l’éloge de la différence. L’autre devient au mieux un marchepied, voire un adversaire. Les deux sont graves."

Alexendre Jollien

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quotidien et inopiné...

16 Août 2013, 07:24am

Publié par pam

Certains sont champions dans le quotidien, personnellement je me dévoile dans les situations d'urgence. Cela m'a sans doute permis d'assurer sinon d'exceller dans mon métier d'artificier alors que la vie quotidienne, la vie de couple, souffraient de mon absence de constance : l'ennui s'emparant de moi plus rapide et dévastateur qu'un tsunami, m'engluant dans les petites habitudes, me réduisant à une râleuse lasse et lassante, faisant ressortir à mon grand dam les pires aspects de ma petite personne...

Mais que surgisse l'imprévu, l'inattendu, l'imprévisible, voire même l'accident ou la catastrophe et on peut enfin compter sur moi et découvrir mes talents cachés... si si j'en ai moi aussi !

J'en ai eu récemment encore la preuve puisque comme d'autres j'ai subi un gros orage de grêle et de vent. N'étant pas seule cette nuit-là j'ai pu confronter mes réactions à d'autres et si c'est compliqué de gérer l'affolement et l'angoisse des autres quand il faudrait se consacrer à réagir aux intempéries et en limiter tant que faire se peut les conséquences dans l'instant, cela m'a permis de me féliciter de ma capacité toujours au top de faire face à la seconde à l'imprévu, à ce qui nous dépasse tous : les catastrophes climatiques. Mais plus encore, cela nous confronte tous à nos réactions personnelles : on peut d'un petit problème faire une montagne, se laisser abattre ou décourager quelle que soit l'ampleur de ce qui nous arrive. Et j'ai pu me réjouir du bénéfice du travail sur soi, des lectures et des études philosophiques qui alors portent leurs fruits : notre attitude face à un danger, une maladie, un péril quel qu'il soit fait de cet évènement une catastrophe ou un bienfait. Un bienfait oui, car le quotidien nous endort, nous fait perdre vigilance et recul sur soi, sur la vie, sur l'importance des choses, sur l'essentiel.

J'ai, il est vrai, eu la grande chance que mon toit résiste aux assauts des éléments et quand l'averse de grêle passée, j'ai pu le constater à la lumière de la lampe de poche et des éclairs qui continuaient de tout illuminer, j'ai ressenti un soulagement joyeux que ni les gouttières transformées en dentelle, ni les fleurs broyées, ni le potager réduit à néant, ni le jardin couvert de feuilles et de branches ne pouvaient entamer. Je m'inquiétais pour les voisins, et à juste titre puisque toutes les maisons du hameau voisin furent très abîmées mais je ne pouvais m'empêcher de relativiser et d'encore positiver, réaction du corps sans doute à l'afflux d'adrénaline du au quelques minutes de fureur intense des éléments : bruit hallucinant, bourrasques de vent, vitres bombardées de feuilles, branches, grêlons gros comme de balles de ping-pong (inquiétude de les voir grossir encore), mais à ce moment, rien n'est envisageable, il faut seulement attendre, s'éloigner des fenêtres, espérer. À quoi servirait de paniquer sinon à faire de mauvais choix, il est impossible de fuir devant les éléments déchainés, d'autres que nous subissent bien plus fréquemment les assauts de la nature, et leurs maisons sont moins solides, leurs vies moins protégées. En plus de calmer mon invitée qui avait bien mal choisi la date de son séjour chez moi, mon esprit était tourné vers eux et vers les oiseaux et les bêtes sauvages dans le jardin et autour : où et comment se protégeaient-ils ? leur instinct les avaient sans doute prévenus mieux que l'alerte orange de la météo qui m'avait permis de ranger quelques plantes fragiles, d'abriter la voiture, de caler les outils de jardin (qui néanmoins ont volé en grand fracas !).

Connaissant les ressources de cet excès d'adrénaline, j'en profitais dès la fin de la mini tempête pour réparer quelques dégâts, éponger l'eau infiltrée sous les portes et dans mon hangar, redresser la barrière couchée sur le chemin, jouissant de cette énergie surhumaine si rare et limitée dont on bénéficie pendant quelques minutes ou heures après un choc.

J'ai attendu 24 heures pour aller visiter mon assurance que les plus touchés de mes voisins aient la priorité, pour constater que le bureau était plein de gens qui malgré l'alerte n'avaient pas abrité leurs voitures et venaient se plaindre de quelques bosses sur le toit et autres bricoles, puis la "dame" de l'assurance a expliqué à la cantonade que pour elle les arbres s'était terminé, qu'elle avait eu trop peur, qu'elle faisait couper tous ceux de son jardin..... je me demande encore pourquoi elle vit à la campagne, et pas dans une petite boite de coton dans un coffre à la banque ou un abri antiatomique, mais sa logique l'aide sûrement à vivre et être heureuse, enfin je lui souhaite, même si je suis bien triste pour ses arbres, enfin les arbres qui l'environnent et qui à n'en pas douter ont été plantés ou semés bien avant sa naissance, celle de ses parents, voire des ses grands-parents... et quand il n'y aura plus d'arbre, qui retiendra le vent, atténuera ses sautes d'humeur ?

Lors de la grande tempête de 1999, je cherchais quel endroit de ma maison était le plus sur, craignant que la toiture métallique s'envole et connaissant les dégâts qu'une plaque de tôle emportée par le vent peut provoquer... et j'ai fini dans l'angle de ma chambre au plus près de deux grands chênes jumeaux qui poussent là depuis bien avant l'existence de cette maison, les prenant comme protecteurs eux qui depuis si longtemps résistent à tout même à la folie des hommes. Encore cette fois ils ont résisté, continuant leur rôle protecteurs. Et si un jour ils devaient rompre, je reconstruirais et replanterais deux chênes au même endroit en leur honneur et souvenir, en remerciement de ce sentiment de confiance que j'éprouve d'être à l'ombre de leur ramure et de leur beauté.

Peut être même vais-je planter une dizaine d'arbres en souvenir de ceux massacrés pour la quiétude de la "dame" de l'assurance.... enfin pour le moment il s'agit de continuer de réparer les dégâts avant le prochain orage et de me féliciter d'avoir avec le temps pu m'améliorer, d'avoir appris à positiver et à me réjouir de ce qui reste plutôt qu'à pleurer ce qui n'est plus !

Le plus étonnant quand on vit un déchaînement des éléments c'est le calme qui suit : un calme total, absolu, une sidération de la nature : plus de chants d'oiseaux, de cigales, de grillons, plus de bruissements, rien ne bouge.

Le lendemain matin, après un tour de la maison pour établir une liste des priorités j'ai avec angoisse fait un tour de jardin craignant de trouver des victimes mais à part un geai tué par un grelon en plein vol, les champs de céréales voisins ravagés, le chemin vert de feuilles broyées nous avions échappé au pire. À moins d'un kilomètre de nombreux arbres étaient couchés, déracinés, des routes coupées, des maisons sans toit, comment ne pas relativiser ? pourquoi s'inquiéter ?

Je crois qu'au plus fort du bruit et de la fureur j'ai dirigé mes paumes de main vers le jardin en signe d'apaisement, comme je le fais vers les gens qui m'appellent pour des soins, non pas que j'imagine si peu que ce soit avoir influencé quoi que ce soit, mais je veux vous faire partager ces instants où au plus fort d'un bouleversement irrépressible et incontrôlable, là encore sérénité et méditation sont plus importants qu'inquiétude, angoisse, affolement et désespoir et bien plus utiles en fin de compte puisque c'est ce qui nous permet de surmonter en douceur tout ce que la vie nous réserve en bien comme en mal et que sans un peu de recul nous ne pourrions que subir.

La vie est belle mes amis, pleine d'imprévus, pleine d'enseignements, et celui d'aujourd'hui c'est que si tout ne va pas comme vous le voudriez il y a bien pire autour de vous, tant de gens malheureux, tant de tristesse et de maladies, et nos petits bobos sont bien mesquins en comparaison.

J'ignore comment aider ceux qui s'accrochent à leurs petites misères ou à leurs grosses maladies, ceux qui semblent se construire autour d'une allergie ou d'une maladie de peau, qui se replient sur leur douleur, sur la perte d'un être cher (ou souvent sur leur passé), ceux qui voient tout en noir, toujours, qui engluent leur quotidien dans les ressentiments, la rancune, la rancoeur et les regrets. J'espère en la réincarnation car je ne sais si je trouverais la réponse dans cette vie....

Bon, c'est pas tout ça, le jardin m'attend, j'ai encore des brouettes de déchets végétaux à véhiculer jusqu'au tas de compost et je vais semer quelques légumes d'hiver dans les trous laissés par la grêle dans le potager !!

Et, au fait, qui pense encore que les changements climatiques c'est du bidon, juste un marronnier de plus pour les journalistes ou un excès de plus des écolos ?

On doit s'habituer aux canicules et autres bouleversements des éléments, s'y adapter, et si on veut les limiter faire du prosélytisme pour la décroissance ou au moins la limitation de la consommation en privilégiant l'alimentation locale, en réduisant nos trajets, nos pollutions diverses, nos déchets, en simplifiant nos besoins et nos vies, en cessant de partir en vacances quatre fois par an à l'autre bout du monde alors qu'autour de nous les paysages sont si beaux et si variés, les gens à découvrir si nombreux...

quotidien et inopiné...

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Jeter l’inutile et le superflu pour faire de l’espace en soi...

25 Juillet 2013, 06:53am

Publié par pam

Il y a mille autres façons de vivre que celles que la société met en avant. Nous avons tous reçu de fausses idées du bonheur : une vie sans enfant est triste, une vie de célibataire est ratée, une vie sans carrière professionnelle établie est déshonorante... Or les bonzes sont radieux, plein d’énergie même très âgés, ils vivent présents à tout ce qu’ils font, heureux et épanouis et transmettant leur bonheur de vivre à ceux qu’ils croisent. C’est cela ne pas ou peu posséder de biens matériels.

Avantages de ne pas être entravé par des considérations matérielles, sans maison pleine à craquer, sans jardin à arroser...

Pourquoi posséder plus que ce dont on se sert ?

Routine ou vie nomade ?

La possession de nos objets stabilise probablement notre identité, mais elle peut, à l’inverse, devenir écrasante ou nous enfermer dans une routine pesante. Vouloir conserver ou abandonner ce que l’on possède peut représenter la vide que l’on veut ou pas continuer, désengagement.

"L'art de l'essentiel." Dominique Loreau.

Jeter l’inutile et le superflu pour faire de l’espace en soi...

Jeter l’inutile et le superflu pour faire de l’espace en soi...

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Michel Onfray : Théorie du voyage.

22 Juillet 2013, 07:15am

Publié par pam

RENCONTRER SA SUBJECTIVITÉ.

Soi, voilà la grande affaire du voyage. Des prétextes, des occasions, des justifications, certes, mais, en fait, on se met en route mû seulement par le désir de partir à sa propre rencontre dans le dessein, très hypothétique, de se retrouver, sinon de se trouver. Les trajets des voyageurs coïncident toujours, en secret, avec des quêtes initiatiques qui mettent en jeu l’identité. Là encore, le voyageur et le touriste se distingue radicalement, s’opposent définitivement. L’un quête sans cesse et trouve parfois, l’autre ne cherche rien, et, par conséquent, n’obtient rien non plus.

Le voyage suppose une expérimentation sur soi qui relève des exercices coutumiers chez les philosophes antiques : que puis-je savoir sur moi ? Que puis-je apprendre et découvrir à mon propos si je change de lieux habituels, de repères, et modifie mes références ? Que reste-t-il de mon identité dès la suppression des attaches sociales, communautaires, tribales, quand je me retrouve seul, ou presque, dans un environnement sinon hostile, du moins inquiétant, troublant, angoissant ? Que subsiste-t-il de mon être dès soustraction des appendices grégaires ? Quid du noyau dur de ma personnalité devant un réel sans rituels ou conjurations constituées ? Le grand détour par le monde permet de se retrouver, soi, tel qu’en nous-même l’éternité nous conserve.

Pas de haine de soi, ni de célébration de soi, mais une juste estime qui permet de travailler sur son être comme sur un objet étranger. Tout voyage est initiatique - pareillement une initiation ne cesse d’être un voyage. Avant, pendant et après se découvrent des vérités essentielles qui structurent l’identité.

Certains se déplacent pour expier leur existence et transportent leur malaise pour tâcher de s’en défaire. Les amateurs de sensations plus que fortes, qui éprouvent le corps sur le principe de la punition, transfigurent le voyage en chemin de croix. Le voyage procède moins de l’ascension du Golgotha que de l’invite socratique à se connaître. La douleur ne présente aucune utilité dans ce processus de découverte de soi. On ne sait rien d’essentiel sur son intimité en retournant la pulsion de mort contre soi et en tâchant de transfigurer de mouvement en esthétique de la souffrance. La négativité suffit dans les doses injectées naturellement par le réel pour qu’on n’ait pas besoin d’ajouter à cette énergie mauvaise. Le défi dans le voyage à performance, la plupart du temps, cache mal les intentions masochistes d’une âme en peine - ou plutôt d’un inconscient en souffrance.

L’entreprise socratique ne nécessite pas l’usage de soi comme d’une chose, d’un objet ennemi. L’estime de soi, à ne pas confondre avec l’amour, la vénération ou la complaisance à son endroit, installe sous les meilleurs auspices, aux antipodes de l’idéal ascétique. Le voyage résume la possibilité d’esthétisation de l’existence dans des circonstances incarnées. De la sorte, il entre dans la composition d'une ascèse métaphysique et conduit sur la voie qui mène à l’appropriation joyeuse et heureuse de sa vie. Au centre du voyage, on ne repère rien d’autre que le moi. Autour, le monde s’organise, se donne en spectacle, se montre et se raconte, mais comme les planètes en gravitation autour d’un astre occupant le milieu.

À l’évidence, on n'évite pas sa propre compagnie, pour d’aucuns, la pire. Ce que l’âme embarque au départ se retrouve à l’arrivée, décuplé. On ne guérit pas en faisant le tour du monde, au contraire, on exacerbe ses malaises, on creuse ses gouffres. Loin d’être une thérapie, le voyage définit une ontologie, un art de l’être. Partir pour se perdre augmente les risques, devenus considérables, de se retrouver face à soi, pire : face au plus redoutable en soi.

Le réel n’existe pas en soi, dans l’absolu, mais perçu. Ce qui à l’évidence, suppose une conscience pour le percevoir. Ce filtre dans lequel passe le monde organise la représentation et génère une vision. Pour son essence, l’être du monde procède de l’être qui le regarde.

On ne voyage pas pour se guérir de soi, mais pour s’aguerrir, se fortifier, se sentir et se savoir plus finement.

Michel Onfray : Théorie du voyage.

Hors de son domicile, dans l’exercice périlleux du nomadisme, le premier voyageur rencontré, c’est soi. L’étrangeté du monde condamne à se satisfaire de la familiarité la plus immédiate, celle que tout un chacun entretient avec son tréfonds. Dans un pays inhabituel, la bête inquiète en nous prend le dessus, elle entend une voix incompréhensible, elle évolue dans un espace dépourvu de repères, elle expérimente la différence qui isole, coupe et sépare, puis met à part et exclut. Tragiquement l’être ne peut déborder l’identité qui le contient. À l’étranger, cette identité flotte, sans attaches, sans points de repère. Sur son trajet, on rencontre un autre que l’on ne reverra probablement pas, une altérité gratuite, une pure altérité. Dans ce jeu, avec un temps suspendu, des fragments d’inconscient habituellement tus remontent à la surface et produisent des effets : angoisse ou enthousiasme, repli ou épanchement, effroi ou emballement. Dans tous les cas, une dynamique travaille vivement l’âme et lui interdit le repos.

Les philosophes de l’Antiquité grecque savaient la fonction formatrice du déplacement. Aller d’un point à un autre, hier comme aujourd’hui, relève moins de l’expérience historique ou géographique que de l’expérience ontologique et métaphysique.

Michel Onfray : Théorie du voyage.

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Michel Onfray, philosophie et politique.

20 Juillet 2013, 08:40am

Publié par pam

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au sujet du voyage....

16 Juillet 2013, 07:01am

Publié par pam

Michel Onfray "Théorie du voyage".

RENCONTRER SA SUBJECTIVITÉ.

Soi, voilà la grande affaire du voyage. Des prétextes, des occasions, des justifications, certes, mais, en fait, on se met en route mû seulement par le désir de partir à sa propre rencontre dans le dessein, très hypothétique, de se retrouver, sinon de se trouver. Les trajets des voyageurs coïncident toujours, en secret, avec des quêtes initiatiques qui mettent en jeu l’identité. Là encore, le voyageur et le touriste se distingue radicalement, s’opposent définitivement. L’un quête sans cesse et trouve parfois, l’autre ne cherche rien, et, par conséquent, n’obtient rien non plus.

Le voyage suppose une expérimentation sur soi qui relève des exercices coutumiers chez les philosophes antiques : que puis-je savoir sur moi ? Que puis-je apprendre et découvrir à mon propos si je change de lieux habituels, de repères, et modifie mes références ? Que reste-t-il de mon identité dès la suppression des attaches sociales, communautaires, tribales, quand je me retrouve seul, ou presque, dans un environnement sinon hostile, du moins inquiétant, troublant, angoissant ? Que subsiste-t-il de mon être dès soustraction des appendices grégaires ? Quid du noyau dur de ma personnalité devant un réel sans rituels ou conjurations constituées ? Le grand détour par le monde permet de se retrouver, soi, tel qu’en nous-même l’éternité nous conserve.

au sujet du voyage....

Pas de haine de soi, ni de célébration de soi, mais une juste estime qui permet de travailler sur son être comme sur un objet étranger. Tout voyage est initiatique - pareillement une initiation ne cesse d’être un voyage. Avant, pendant et après se découvrent des vérités essentielles qui structurent l’identité.

Certains se déplacent pour expier leur existence et transportent leur malaise pour tâcher de s’en défaire. Les amateurs de sensations plus que fortes, qui éprouvent le corps sur le principe de la punition, transfigurent le voyage en chemin de croix. Le voyage procède moins de l’ascension du Golgotha que de l’invite socratique à se connaître. La douleur ne présente aucune utilité dans ce processus de découverte de soi. On ne sait rien d’essentiel sur son intimité en retournant la pulsion de mort contre soi et en tâchant de transfigurer de mouvement en esthétique de la souffrance. La négativité suffit dans les doses injectées naturellement par le réel pour qu’on n’ait pas besoin d’ajouter à cette énergie mauvaise. Le défi dans le voyage à performance, la plupart du temps, cache mal les intentions masochistes d’une âme en peine - ou plutôt d’un inconscient en souffrance.

au sujet du voyage....

L’entreprise socratique ne nécessite pas l’usage de soi comme d’une chose, d’un objet ennemi. L’estime de soi, à ne pas confondre avec l’amour, la vénération ou la complaisance à son endroit, installe sous les meilleurs auspices, aux antipodes de l’idéal ascétique. Le voyage résume la possibilité d’esthétisation de l’existence dans des circonstances incarnées. De la sorte, il entre dans la composition d‘une ascèse métaphysique et conduit sur la voie qui mène à l’appropriation joyeuse et heureuse de sa vie. Au centre du voyage, on ne repère rien d’autre que le moi. Autour, le monde s’organise, se donne en spectacle, se montre et se raconte, mais comme les planètes en gravitation autour d’un astre occupant le milieu.

À l’évidence, on n‘évite pas sa propre compagnie, pour d’aucuns, la pire. Ce que l’âme embarque au départ se retrouve à l’arrivée, décuplé. On ne guérit pas en faisant le tour du monde, au contraire, on exacerbe ses malaises, on creuse ses gouffres. Loin d’être une thérapie, le voyage définit une ontologie, un art de l’être. Partir pour se perdre augmente les risques, devenus considérables, de se retrouver face à soi, pire : face au plus redoutable en soi.

Le réel n’existe pas en soi, dans l’absolu, mais perçu. Ce qui à l’évidence, suppose une conscience pour le percevoir. Ce filtre dans lequel passe le monde organise la représentation et génère une vision. Pour son essence, l’être du monde procède de l’être qui le regarde.

On ne voyage pas pour se guérir de soi, mais pour s’aguerrir, se fortifier, se sentir et se savoir plus finement.

Hors de son domicile, dans l’exercice périlleux du nomadisme, le premier voyageur rencontré, c’est soi. L’étrangeté du monde condamne à se satisfaire de la familiarité la plus immédiate, celle que tout un chacun entretient avec son tréfonds. Dans un pays inhabituel, la bête inquiète en nous prend le dessus, elle entend une voix incompréhensible, elle évolue dans un espace dépourvu de repères, elle expérimente la différence qui isole, coupe et sépare, puis met à part et exclut. Tragiquement l’être ne peut déborder l’identité qui le contient. À l’étranger, cette identité flotte, sans attaches, sans points de repère. Sur son trajet, on rencontre un autre que l’on ne reverra probablement pas, une altérité gratuite, une pure altérité. Dans ce jeu, avec un temps suspendu, des fragments d’inconscient habituellement tus remontent à la surface et produisent des effets : angoisse ou enthousiasme, repli ou épanchement, effroi ou emballement. Dans tous les cas, une dynamique travaille vivement l’âme et lui interdit le repos.

Les philosophes de l’Antiquité grecque savaient la fonction formatrice du déplacement. Aller d’un point à un autre, hier comme aujourd’hui, relève moins de l’expérience historique ou géographique que de l’expérience ontologique et métaphysique.

au sujet du voyage....

ENVISAGER UNE SUITE.

Se savoir nomade une fois suffit pour se persuader qu’on repartira. La passion du voyage ne quitte pas le corps de qui a expérimenté les poisons violents du dépaysement, du corps élargi, de la solitude existentielle, de la métaphysique de l’altérité, de l’esthétique incarnée. La vitalité des grands voyageurs me fascine. La quête de soi s’achève au moment du dernier souffle. Jusqu'au bord du tombeau, il s’agit de vouloir encore et toujours la force, la vie, le mouvement.

D’aucuns reviennent de manière compulsive à des endroits déjà visités, retrouvant des habitudes de sédentaires au cœur même de l’expérience nomade. Ces compulsifs me font penser aux prêtres lecteurs leur vie durant du même missel, ignorant la richesse et la variété des bibliothèques. La géographie de la planète vaut d’abord pour la diversité, la différence, la multiplicité. Revoir ici, empêche de voir ailleurs, stationner de manière répétée, même aux antipodes, disjoncte les possibilités nomades et les effets violents du voyage sur le corps et l’âme.

Voyager pour pénétrer le mystère et les secrets d’une civilisation conduit à rencontrer des malentendus. L’illusion rationaliste et intellectualiste préside à cette idée, fausse, qu’on peut travailler en profondeur. L’un parcourt la planète et se réjouit du mouvement sur le pourtour de la mappemonde, l’autre s’installe et creuse son trou, il fore un terrier pour y ensevelir son énergie et sa curiosité.

Envisager une suite suppose donc moins la répétition que l’innovation. Les occasions de partir peuvent être aléatoires. Le poème du monde appelle sans cesse des propositions de déchiffrements.

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je suis pauvre et je vous emm....

11 Juillet 2013, 07:26am

Publié par pam

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