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vie

Accidents

30 Avril 2015, 06:03am

Publié par pam

UN BEAU JOUR, votre vie bascule. Ce peut être dû à un accident ou à un simple incident. Ce peut être un deuil, une séparation, un licenciement, un incendie, une sortie de route ou un choc. Ce dont je veux vous parler se caractérise par la brusquerie. Plus tard en y pensant, vous êtes incapable de vous souvenir de votre vie d’avant, la minute juste avant, quand tout vous paraissait “normal”. La seule certitude, c’est que vous savez que rien ne sera plus jamais pareil.

Mais pareil à quoi ? C’est ça la vie, dans sa quintessence. Rien n’est jamais acquis, la mort peut arriver dans la seconde qui suit, l’accident ou l’incident aussi.

Je ne parle pas ici de guerre ou de catastrophe naturelle. C’est brusque et terrible aussi, mais la grande différence c’est que vos proches, vos voisins, vos concitoyens, vivent la même galère que vous. Et cela fait toute la différence : vous partagez votre douleur, votre peine, vos problèmes, les autres vivent la même chose que vous, vous pouvez échanger, vous comprendre, PARTAGER. La norme certes a basculé mais vous êtes toujours dans la norme. Dans un camp de réfugiés, suite à un conflit ou à un drame de la nature, le malheur est grand mais il est pour tous. Cela allège la peine, car votre malheur est compris puisque partagé par les autres. Vous êtes vous-mêmes dans un autre univers.

Lors d’un accident, si votre vie bascule, elle continue égale pour les autres, vos autres. D’une seconde à l’autre, vous vous retrouvez seul, différent, changé à jamais souvent, et la vie continue autour de vous comme la veille... sauf que vous n’en faites plus partie. Ou du moins la solitude dans l’épreuve, malgré votre connaissance de tout le malheur du monde, et du bonheur aussi, vous isole à la vitesse de l’éclair. Et la raison vous manque pour relativiser. La douleur physique ou psychique et souvent les deux ensemble se plaquent sur vous et vous emprisonnent. Il ne semble pas y avoir d’issue (cela viendra plus tard) vous n’envisagez aucune rémission. Vous êtes submergé, noyé dans l’horreur de la situation présente qui vous envahit.

Souvent, quand à tête reposée, vous arriverez à faire le point, vous trouverez peut-être les signes avant-coureurs de la catastrophe imminente. Des indices minuscules, des prémonitions, un vague mal-être incompréhensible qui vous envahissait, voire une prémonition ou des rêves pour les plus sensibles. La plupart du temps on ne sait pas lire ces signes, on ne les comprend que lorsque le pire est arrivé.

Et l'important, quoiqu'il arrive, quoiqu'il soit arrivé, c'est de reprendre sa vie, peut être pas toute sa vie d'avant, peut être une autre vie, mais reprendre confiance, envie, espoir aussi.

Accidents

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Projets... les enfants de demain...

15 Décembre 2014, 08:09am

Publié par pam

Le principal écueil c'est d'abord nous-mêmes....

...trouver des solutions dans le vivre ensemble...

...Nous n'avons pas à apprendre les bonnes manières aux enfants,

ils en sont simplement les témoins...

Le Hameau des Buis est un écovillage fondé par Sophie Rabhi.

L’idée du projet : Permettre à des enfants d’observer des adultes qui évoluent dans le «vivre ensemble»

Ce documentaire invite à plonger dans l’univers de cet écovillage qui représente pour beaucoup un idéal d'un futur post-carbone.

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Enthousiasme...

18 Octobre 2014, 07:59am

Publié par pam

L’enthousiasme est ce sentiment qui nous incite à agir. C’est une forme d’énergie très puissante qui devrait être cultivée autant que possible.

Pour avoir de l’enthousiasme, il faut avoir un corps sain.

Les gens sains sont ceux qui sont gais, qui aiment la vie et ses plaisirs.

Un des secrets pour vivre ainsi est de se souvenir avec autant de vivacité que possible des meilleurs moments de sa vie, des moments qui nous ont transportés dans une autre dimension.

Les transformations du corps sont nécessaires à sa purification et aident à en préserver l’essence. Pour cela, il nous faut garder nos chaînes de transmissions propres : un sang sale est la cause de la plupart des maladies. Les aliments, eux aussi, ont leur propre taux de vibrations. Des aliments “morts” entraînent la mort. Trop de nourriture bloque l’énergie. Bougez, marchez, faites-vous des massages, méditez, respirez... Ne négligez pas l’insomnie : elle est souvent due à un blocage du ki, lequel, empêché de circuler librement dans le corps se bloque quelque part, forme des nœuds. Il en résulte trop d’énergie dans une partie du corps, en particulier le cerveau qui, trop “activé” ne peut trouver le repos. C’est pourquoi il faut bouger, marcher, faire quelques exercices, pour favoriser la circulation du ki et permettre une meilleure répartition. Les eaux en mouvement, qui contiennent des ions négatifs, sont très précieuses pour nous redonner du ki. L’air est chargé d’ions positifs, qui se multiplient à l’approche de l’orage, c’est pourquoi quand il éclate, nous sommes soulagés.

Dressez une liste des choses qui vous font plaisir et efforcez-vous d’en satisfaire au moins une par jour.

Le rire est nécessaire, vital, il nous nettoie, nous vide. Il aide toutes sortes d’émotions à remonter à la surface.

Le bonheur de vivre dépend de toutes petites choses et il ne faut pas renoncer à être libre, modeste, agréable ou sociable. Le bonheur est un exercice physique et mental de chaque instant, une bagarre continuelle. Il faut savoir se défendre de tout et faire de sa vie un abri. Et savoir que là où il est possible de vivre, il est possible de bien vivre. Notre objectif devrait se résumer à ne pas rechercher les biens éphémères mais à trouver son bonheur et son bien ultime dans son âme et dans son esprit, à être libre, à se créer sa propre esthétique de l’existence.

Si vous avez des rêves pour le futur, cela veut dire que vous croyez encore en vous-même. Tant que nous vivons, nous avons des choix.

“Est heureux celui qui croit l’être. Tout ce que j’ai est avec moi.” Stilpon de Mégare, disciple de Socrate.

Nulle part l’homme ne trouve plus de tranquillité et plus de retraite que dans son âme, surtout s’il possède, en son for intérieur, ces notions sur lesquelles il lui suffit de se pencher pour acquérir aussitôt une quiétude et un ordre parfait.

Acceptez l’inévitable avec grâce et résignation. Ne pas accepter la vie telle qu’elle est nous empêche d’évoluer. Lorsque nous arrêtons de nous battre contre l’inévitable, nous pouvons vivre plus richement.

“L’essentiel n’est pas de vivre, mais de bien vivre.” Platon.

Puisque nous avons un temps limité à vivre sur cette terre, il faut le vivre aussi heureusement que nous le pouvons dans les circonstances données. Faites le premier pas, puis un autre, mais ne regardez ni trop loin, ni trop en arrière.

extraits de

DOMINIQUE LOREAU. L’ART DE LA SIMPLICITÉ.

Ed. Robert Laffont. 2005.

Enthousiasme...

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au sujet de la violence...

9 Octobre 2014, 05:55am

Publié par pam

Très récemment trois de mes amis, à Paris et à Toulouse, ont subi la violence gratuite de leurs concitoyens, avinés pour la plupart, mal dans leur peau c'est probable, mal dans la société certainement. Je pense à eux.

Extraits de : Michel Onfray in “La philosophie féroce. Exercices anarchistes.

“La violence est vieille comme le monde... De l’inventeur du gourdin paléolithique à l’ingénieur qui met au point une bombe à raréfaction d’oxygène, la brutalité ne cesse pas, elle se métamorphose. On la dit légitime lorsqu’elle prétend faire respecter l’ordre républicain - en fait, quand elle se contente de permettre et de cautionner le bon fonctionnement de la machine libérale. En revanche, elle est qualifiée d’illégitime chaque fois qu’elle procède d’individus agissant pour leur compte - du vol à la tire à l’assassinat politique en passant par les agressions, crimes et délits notifiés dans le Code civil...

Je pose que la délinquance des individus fonctionne en contrepoint à celle des gouvernements. Partout sur la planète, les États polluent, asservissent les minorités, déclarent des guerres, matent les soulèvements, matraquent les manifestants, emprisonnent les opposants, pratiquent la torture, les arrestations arbitraires, les pendaisons, les emprisonnements, en tout lieu ils achètent des silences et des complicités, détournent des fonds en quantités pharaoniques et autres joliesses rapportées partiellement par la presse quotidienne. Cette violence ne rencontre rien au-dessus d’elle, voilà qui la fait dire légitime.

Parallèlement, les délinquances privées font pousser des cris d’orfraie aux praticiens des violences publiques. Comme un seul homme, le personnel politique s’excite sur ces questions porteuses pour les démagogues : l’insécurité, la délinquance, la criminalité, les incivilités, voilà à quoi se résume le débat politique contemporain. Répression ou prévention ? Désormais, on récuse même cette alternative, jadis opératoire, pour répondre d’une seule manière : répression. Dans nos sociétés dépolitisées, les différences résident dans les formes et non plus dans le fond.

Les bêtes de proie qui activent le libéralisme agissent par-delà le bien et le mal, elles créent des richesses considérables qu’elles se partagent en laissant la plus grande partie de l’humanité croupir dans la misère. L’argent, le pouvoir, les honneurs, la jouissance, la puissance, la domination, la propriété, c’est pour elles, une poignée, l’élite ; pour les autres, le peuple, les petits, les sans-grade, la pauvreté, l’obéissance, le renoncement, l’impuissance, la soumission, le mal-être suffisent... Villas cossues dans les quartiers chics des pays riches contre masures effondrées dans les zones dévastées ; fortunes concentrées dans l’hémisphère Nord, pauvreté dans l’hémisphère Sud ; riches des centre-villes et déshérités des banlieues ; chiens et chats repus d’Europe, enfants africains qui meurent de faim ; prospérité économique des nantis contre soupir des victimes exsangues. Violence légitime des puissants contre violence illégitime des mendiants, le vieux moteur de l’histoire...

On aurait tort de braquer le projecteur sur les seules violences individuelles alors que tous les jours la violence des acteurs du système libéral fabrique les situations délétères dans lesquelles s’engouffrent ceux qui, perdus, sacrifiés, sans foi ni loi, sans éthique, sans valeurs, exposés aux rudesses d’une machine sociale qui les broie, se contentent de reproduire à leur degré, dans leur monde, les exactions de ceux qui (les) gouvernent et demeurent dans l’impunité. Si les violences dites légitimes cessaient, on pourrait enfin envisager la réduction des violences dites illégitimes...”

Konstantin Shalev

Konstantin Shalev

Extraits de : Michel Onfray in “Antimanuel de philosophie”.

“Peut-on recourir à la violence ?

Malheureusement, on constate que le recours à la violence entraîne un mouvement que seule arrête la destruction de l’un des deux protagonistes. Y recourir c’est constater son incapacité à épuiser sa haine contre qui on la dirige. La violence se défend moralement lorsqu’elle arrête un processus qui menace d’être destructif et catastrophique, dans le cas où elle est défensive. Offensive, en revanche, elle est intenable : l’histoire des hommes et celle des nations procèdent pourtant de cette énergie sombre qui agit en moteur de l’histoire.

Hegel : “Les peuples heureux n’ont pas d’histoire”.

Là où l’autre met en péril ma possession, je réagis instinctivement. La guerre est naturellement inscrite dans la nature humaine ; la paix en revanche, procède de la culture et de la construction, de l’artifice et de la détermination des bonnes volontés. À l’origine, la violence suppose une incapacité à se parler, une impossibilité à vider la querelle par le langage, en ayant recours aux seuls mots. Ceux qui ne maîtrisent pas les mots, parlent mal, ne trouvent pas d’explications sont des proies désignées pour la violence.

La diplomatie est l’art d’éviter la violence en travaillant sur le terrain de la politesse, courtoisie, intérêts communs et bien défendus. Elle doit faire face aux intimidations qui sont toujours les manifestations premières des nations belliqueuses, agressives ou guerrières. Quand la diplomatie ni la dissuasion ne suffisent et que la guerre froide persiste, on passe le cap de la violence théâtralisée pour franchir un seuil dont on ne revient pas : le passage à l’acte. L’histoire passe souvent pour la mémoire consignée de ce seul état. Les belligérants qui prennent l’initiative de libérer les pulsions de mort sur le terrain des nations cherchent et trouvent des prétextes.

À l’origine des conflits, le désir d’empire, la volonté d’étendre ce qu’on croit être la vérité politique à l’ensemble de la planète. L’histoire des hommes se réduit souvent à l’enregistrement des faits et gestes qui découlent de leurs pulsions animales. Chaque fois, le droit disparaît sous la force, la convention est écartée au profit de l’agression, la violence triomphe là où le langage et les contrats faisaient précédemment la loi. L’homme recule, la bête avance.

La lutte est le moteur de l’histoire : entre classes sociales, appartenances ethniques, identités régionales, nations, confessions religieuses.

La violence se propose de régler les problèmes, en fait, elle les déplace et les nourrit. “

René Girard : “La violence inassouvie cherche et finit toujours par trouver une victime de rechange. À la créature qui excitait sa fureur, elle en substitue soudain une autre qui n’a aucun titre particulier à s’attirer les foudres du violent, sinon qu’elle est vulnérable et qu’elle passe à sa portée.”

Georges Sorel : “Nous dirions donc que la force a pour objet d’imposer l’organisation d‘un certain ordre social dans lequel une minorité gouverne, tandis que la violence tend à la destruction de cet ordre.”

Michel Onfray in “Antimanuel de philosophie”.

au sujet de la violence...

“Avant l’arrivée des Occidentaux, les Indiens d’Amérique du Nord vivaient dans une société adepte de la mesure. La violence existait, certes, mais elle était ritualisée. Pas de surnatalité, donc pas de guerre pour résorber les excédents démographiques. Au sein de la tribu, la violence servait à témoigner son courage en affrontant la douleur ou les situations d’abandon.

Les guerres tribales étaient généralement déclenchées par des conflits concernant des territoires de chasse dégénéraient rarement en massacres. Ce qui importait, c’était de prouver à l’autre qu’on aurait pu aller plus loin si on l’avait voulu. Mais c'était généralement admise l’inutilité de s’avancer plus loin dans la violence.

Longtemps, les Indiens ont combattu les pionniers de la conquête de l’Ouest en leur tapant l’épaule de leur lance, leur prouvant ainsi qu’ils auraient pu l’enfoncer s’ils l’avaient voulu. Les autres leur répondirent en faisant face et en utilisant leurs armes à feu. Car pour pratiquer la non-violence, il faut au moins être deux.” ”Werber in “Nous les Dieux”.

au sujet de la violence...

France, août 2008 :

“L’âge à venir sera celui de la femme ! Le monde a besoin pour survivre des valeurs qu’elle incarne.”

“La violence est démodée. Laissons les valeurs féminines s’épanouir dans nos sociétés afin de changer les mentalités. Les dirigeants politiques doivent donner des rôles plus importants aux femmes. C’est essentiel pour construire une paix durable et le futur de l’humanité.”

S.S. Dalaï-Lama.

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Pas en mon nom...

6 Octobre 2014, 06:08am

Publié par pam

Bonjour tout le monde ! nouveau record de fréquentation de ce blog et aussi de nationalités différentes et ça fait chaud au coeur.

Plein de possibilités d'articles ce matin, de sujets passionnants, de sujets de révoltes, de livres à livre, d'auteurs, d'artistes à découvrir, de projets constructifs à soutenir, d'idées à faire circuler...

Ca fait trop pour un seul jour, pour une seule vie même ! alors un slogan pour commencer la semaine :

"PAS EN MON NOM"

Pas en mon nom la guerre, les conflits, le racisme, le sexisme, la haine de l'autre.

Pas en mon nom les prosélytismes religieux agressifs de tous poils.

Pas en mon nom l'exploitation d'enfants, de femmes, d'hommes.

Pas en mon nom l'élevage intensif, les souffrances animales.

Pas en mon nom la destruction de la nature, de la planète Terre, pour le profit d'une poignée d'hommes avides au pouvoir de multinationales répugnantes.

Pas en mon nom l'abrutissement des cerveaux par des médias aux ordres qui ne cherchent qu'à endormir les consciences par des infos orientées et sectaires.

Pas en mon nom la société de consommation.

Pas en mon nom l'uniformisation des esprits, des corps, des gouts et des choix.

Pas en mon nom...

Que votre semaine soit douce et joyeuse, calme et sereine,

Faites chaque jour une chose nouvelle,

Découvrez, rencontrez, essayez, aimez, riez,

Et à demain pour de nouvelles découvertes...

Photo de Papy qui s'est fait injustement castagner dans le métro hier et à qui je pense très fort.

Photo de Papy qui s'est fait injustement castagner dans le métro hier et à qui je pense très fort.

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Transition écologique.

28 Septembre 2014, 06:26am

Publié par pam

La vie sans pétrole, c’est possible !

ENTRETIEN | Jardins partagés, énergies propres… la révolution verte est en marche. Des initiatives surtout citoyennes. Pour Alain Grandjean, économiste, l'or noir se fait rare, pas les idées.

Le 25/09/2014 à 00h00
Weronika Zarachowicz - Télérama n° 3374

Saviez-vous que huit cents millions de personnes pratiquent l'agriculture urbaine et produisent 15 à 20 % de l'alimentation mondiale ? Qu'en 2011, en Italie, les ventes de bicyclettes neuves ont dépassé celles des voitures neuves pour la première fois depuis quarante ans ? Et qu'en Allemagne, 51 % de l'énergie renouvelable est fournie par les citadins et les agriculteurs ? Autant de signes, avance Rob Hopkins dans un livre formidable à paraître le 16 octobre 2014, que la « transition » écologique et sociale est en marche.

Ce Britannique est à l'origine du mouvement des Villes en transition, démarré à Totnes. En 2006, dans cette petite ville du sud-ouest de l'Angleterre, les habitants se sont mis à inventer leur vie sans pétrole : jardins partagés, arbres fruitiers dans les lieux publics, énergies propres, relocalisation de l'économie via une monnaie complémentaire… Aujour­d'hui, Villes en transition est implanté dans quarante-quatre pays. Et le terme de « transition » s'est répandu de ­façon virale, pour englober une myriade d'initiatives à travers le monde. « La transition, écrit Rob Hopkins, c'est comme un logiciel libre. Chacun se l'approprie, l'essaie là où il vit et contribue à son évolution permanente. »

Un peu à la manière d'un vaste réseau fait de milliers de laboratoires de recherche et développement, où chacun expérimente et innove, nous dit un « transitionneur » de la première heure, l'économiste Alain Grandjean, membre du conseil scientifique de la fondation Nicolas Hulot. Visite guidée des mille et une facettes de la transition en marche, en compagnie de celui qui vient de présider le comité des experts du débat national sur la transition énergétique.

La transition a-t-elle déjà commencé ?
Elle est à l'œuvre un peu partout dans le monde : c'est une transition « par en bas », qui soutient l'idée que des individus, des villages, des villes peuvent répondre à leurs besoins fondamentaux localement, en réduisant leur dépendance aux énergies fossiles et leurs émissions de carbone. Mais c'est aussi une réponse au fait que les politiques nationales ne s'y sont pas encore mises : elles soutiennent encore massivement les combustibles fossiles plutôt que les énergies renouvelables. Ceux qui s'engagent dans les Villes en transition n'attendent pas l'aval de Jean-Claude Juncker ou de François Hollande. Ils se lancent, à leur échelle, portés par le bouillonnement du génie collectif.

“Notre rapport à la ville,
comme à la voiture,
est en train de basculer.”

C'est-à-dire ?
L'appel à la créativité du groupe, la création d'une dynamique positive et la reprise en main d'un avenir commun désirable ! A Seattle, aux Etats-Unis, les citoyens ont obtenu deux évolutions intéressantes : une modification du droit de l'urbanisme qui permet à chacun de produire dans son jardin et de vendre une partie de sa production ; et la création d'une forêt-jardin collective produisant fruits, légumes, bois… Cette nouvelle agriculture urbaine offre une réponse à la concentration des exploitations – en France, en 1945, il y avait six millions d'exploitations agricoles, il en reste cinq cent mille.

Et elle « verdit » la ville, non pas pour faire plaisir aux écolos, mais parce que le citoyen urbain n'en peut plus de vivre dans un univers minéralisé ! C'est aussi une question de génération. Mes parents, qui ont traversé la guerre et la reconstruction, ne se préoccupaient pas de savoir si on vivait bien ou non en ville. Mais, aujourd'hui, notre rapport à la ville comme à la voiture est en train de basculer. Aux Etats-Unis, la proportion des titulaires du permis de conduire parmi les 16-20 ans a chuté de près de 30 % entre 1998 et 2008.

On reproche souvent aux écologistes d'être catastrophistes. La transition, elle, se veut optimiste et pratique…
Le diagnostic n'a hélas pas changé du tout : le changement climatique est sans équivoque ; la crise énergétique, bien réelle, et nous sommes entrés dans une époque d'extinction massive des espèces, d'effondrement de la bio­diversité et de perturbations majeures des écosystèmes. Mais nous pouvons aborder ces réalités sous l'angle du défi constructif. La crise que nous traversons est la face émergée du processus de transformation en cours : une formidable opportunité d'être créatif et collaboratif. Aux Etats-Unis, par exemple, le nombre de ces initiatives est colossal.

Peut-on les chiffrer ?
L'extrême diversité de ces expériences, leur interdisciplinarité rendent la tâche difficile. Comment répertorier des réalisations qui portent à la fois sur l'agriculture, la production d'énergie, la rénovation énergétique des logements, l'économie circulaire, les monnaies locales, la mobilité, l'éducation… ? Et qui engagent toutes sortes de citoyens, de collectivités locales et d'entreprises ? Nous sommes face à un territoire d'innovation, très mouvant : de nouveaux acteurs économiques arrivent sans arrêt, et beaucoup vont se casser la figure. Le secteur de la rénovation énergétique, par exemple, voit fleurir des start-up spécialisées dans le pilotage du chauffage – maison « intelligente », en réseau, etc. Ce n'est pas pour rien que Google a récemment acheté pour 3,2 milliards de dollars une start-up californienne qui fabrique des thermostats intelligents…

“La transition est
à notre portée.”

La transition serait pour bientôt ?
Elle est en tout cas à notre portée. Construire des logements moins énergivores est déjà une réalité. Tout comme rénover des bâtiments de manière à réduire leur facture énergétique par trois ou quatre (même si cela coûte encore cher). Idem pour la mobilité, autre enjeu essentiel : nous savons déjà fabriquer des voitures légères, consommant 1 à 2 litres pour 100 kilomètres (par rapport aux 7, 8 litres actuels). Le taux de renouvellement du parc de véhicules oscille entre dix et quinze ans : en deux changements, en trente ans donc, nous pouvons en diviser par quatre la consommation moyenne ! Même observation pour l'agriculture, où le bio monte en puissance, parallèlement aux modèles conventionnels.

Sans volonté politique, ces initiatives pourront-elles s'étendre ?
L'expérimental peut-il devenir dominant ? L'énergie solaire, aujourd'hui marginale, sera-t-elle notre source d'énergie principale ? Impossible à dire à l'avance, et c'est ce qui rend l'innovation si passionnante à observer. Voyez les premiers modèles d'avions, au XIXe siècle. C'est fourmillant d'inventivité, de pistes variées ! Nous vivons la même chose, sauf que l'innovation n'est pas que technique mais aussi sociale, économique. Et on ne sait pas ce qui va l'emporter. Dans le Nord de la France, dans un univers économiquement sinistré, vous avez, distantes de quelques kilomètres, Hénin-Beaumont et Loos-en-Gohelle. Soit, dans le premier cas, une petite ville qui se replie sur elle-même et se radicalise et, dans l'autre, un formidable projet de transition écologique et sociale.

A lire

Miser (vraiment) sur la transition écologique, d'Alain Grandjean et Hélène Le Teno, Les Editions de l'atelier, 2014, 17 €.
1001 Initiatives de transition écologique. Comment l'action locale peut changer le monde, de Rob Hopkins, éd. du Seuil (à paraître le 16 octobre 2014).
Les Défricheurs. Voyage dans la France qui innove vraiment, d'Eric Dupin, éd. La Découverte (à paraître le 11 septembre 2014).

A voir

Le site de la transition, qui rassemble nombre de projets.

Le site du mouvement Colibris qui répertorie une variété d'expériences en

photo Severine Lavoine

photo Severine Lavoine

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L'urgence de ralentir...

27 Septembre 2014, 05:59am

Publié par pam

http://www.bastamag.net/Toujours-plus-vite-ces-dissidents

Toujours plus vite, toujours plus pressés. Nous sommes entrés dans l’ère de l’immédiateté, celle des profits, celle de l’information, celle de la satisfaction individuelle. Que traduit cette accélération de nos modes de vie ? Avec quels risques dans une planète aux ressources limitées ? Comment résister à cette injonction du toujours plus vite ? C’est ce qu’interroge Philippe Borrel dans son dernier film, L’urgence de ralentir, diffusé le 2 septembre sur Arte. Il est allé à la rencontre de ceux qui expérimentent des alternatives concrètes à contre-temps du modèle dominant néolibéral. Basta ! et Mediapart vous proposent des séquences inédites de son film.

L’immédiat et la vitesse sont devenus la norme. L’accélération, notre rythme quotidien. « Mais à quel prix ? Et jusqu’à quand ? » interroge le réalisateur Philippe Borrel [1] dans son dernier film, L’urgence de ralentir. « Ce que nous vivons, appuie l’économiste Geneviève Azam, c’est vraiment la colonisation du temps humain dans toutes ses dimensions – biologique, social, écologique – par le temps économique. C’est un temps vide, sans racine, sans histoire, seulement occupé par la circulation des capitaux ». Directement pointés du doigt, les milieux financiers et la logique d’actionnaires en attente d’une rentabilité immédiate.

Illustration de cette accélération financière et technologique, le trading haute fréquence dans lequel les algorithmes ont remplacé les hommes. « Le marché est un serveur mettant en relation des acheteurs et des vendeurs qui sont désormais des algorithmes, relate Alexandre Laumonier, auteur de 6. Un ordre est exécuté au New York Stock Exchange en 37 microsecondes, soit 1350 fois moins de temps qu’il n’en faut pour cligner de l’œil... » Le rythme est désormais dicté par les machines. « Celui qui compressera le temps le plus rapidement possible gagnera la partie », assène le sociologue Douglas Rushkoff. A moins que les catastrophes écologiques, économiques et sociales annoncées ne prennent les devants.

Résister à la société de consommation

Croisant les réflexions de sociologues, philosophes et économistes, le film de Philippe Borrel ne montre pas seulement les effets du néolibéralisme. Il filme celles et ceux qui tentent de faire émerger des alternatives constructives à la logique d’accélération généralisée. C’est dans le Val de Suse, en Italie, que Philippe Borrel pose d’abord sa caméra. Depuis vingt ans, la résistance s’organise face au projet de ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin évalué à 26 milliards d’euros (voir nos articles). Outre les scandales financiers de ce projet, les militants interrogent le modèle de développement qu’il préfigure. « Si quelque chose doit s’accélérer ce sont les idées et pas les personnes ou les marchandises, confie un membre des No Tav.La modernité ce n’est pas d’aller plus vite, c’est d’avancer avec plus de sagesse. »

Passage incontournable à Notre-Dame-des-Landes, où les occupants de cette zone dénoncent « le projet d’aéroport et le monde qui va avec » (notre dossier). Dans cette zone de bocage, ils réinvestissent les terrains en plantant des vergers, des haies, en défrichant, drainant, repiquant des semis... « Rendre fertile ce qu’ils veulent rendre stérile, là est notre force », assurent les opposants au projet d’aéroport. Bien évidemment, d’une lutte à l’autre, les stratégies varient. Certains ont décidé de se couper complètement de la société de consommation. C’est le cas de la Wildroots Community, basée dans les Appalaches en Caroline du nord. Elle a été fondée par un ancien ingénieur et sa compagne. En pleine forêt, cette communauté de « survivalistes » accueille ceux qui, comme eux, veulent réapprendre à vivre en pleine autonomie au cœur de la nature.

Se réapproprier la technologie

« La réponse du capitalisme à l’urgence climatique reste uniquement technologique et ne remet jamais en cause ce qui, dans son fonctionnement, contribue au dérèglement des écosystèmes », analyse Philippe Borrel. Fort de ce constat, il est allé à la rencontre de Bunker Roy, le fondateur du Barefoot College en Inde.« Depuis quinze ans, il recrute des femmes illettrées dans les milieux ruraux d’Afrique, d’Amérique latine ou d’Asie pour les former pendant six mois à l’ingénierie solaire et à l’autonomie énergétique », relate le réalisateur. Plus de 300 ingénieures solaires auraient ainsi été formées depuis le lancement du projet. Ici, la technologie est démystifiée et réappropriée collectivement.

Aux États-Unis aussi, des systèmes d’apprentissage alternatifs se mettent en place. C’est ainsi qu’à deux pas des sièges de Google et de Facebook, au cœur de la Silicon Valley, une école interdit l’usage des ordinateurs ou des portables aux élèves jusqu’à la classe de seconde. « Nous amenons la technologie aux élèves seulement quand ils sont en mesure de la comprendre, explique une professeure. Je veux que mes élèves soient excités à l’idée d’apprendre. » Au-travers d’apprentissages concrets comme la permaculture, les enseignants espèrent développer chez les enfants des capacités d’innovation et d’adaptation à un monde en mutation accélérée. « L’éducation est la clé, c’est l’espoir de voir des êtres humains capables de penser librement ».

Un autre rapport à l’argent

Questionner notre rapport au temps conduit irrémédiablement, dans une société capitaliste, à interroger notre rapport à l’argent. Philippe Borrel s’attache notamment à rencontrer les porteurs de monnaies locales, de Romans-sur-Isère (Drôme) à Bristol (sud-ouest de l’Angleterre). Une manière de relocaliser l’économie qui essaime dans une grande diversité de territoires (nos articles). « On résiste beaucoup mieux aux chocs extérieurs lorsque l’on a une économie locale solide »confirme Lionel Astruc, auteur de (R)évolutions.

Sa caméra nous conduit à Tomkins Time Traders, la banque du temps d’Ithaca, dans l’État de New York. Ici, le temps n’est plus forcément synonyme d’argent. Des services peuvent être échangés gratuitement avec d’autres habitants du quartier, tous à égalité, que l’on soit avocat ou électricien. « Nous avons tous des savoirs-faire uniques et quelque chose à partager ou à donner aux autres », confie une membre du projet. L’enjeu est de créer un nouveau système qui revalorise le travail au cœur de l’économie. Dans cette banque, une heure d’une compétence particulière – en plomberie ou comme dentiste par exemple – équivaut à une heure de soins pour les personnes âgées ou une heure de garde pour les enfants. Un moyen de sortir du système capitalisme monétisé mettant en concurrence les uns avec les autres.


Des adeptes du mouvement de la simplicité volontaire aux villes en transition (nos articles), en passant par des expériences en permaculture telles que la Ferme du Bec Hellouin, le film de Philippe Borrel nous amène à prendre le temps de s’arrêter pour réfléchir. Il égrène d’autres façons de vivre ensemble pour façonner un autre monde. Plutôt que de suivre un rythme qui nous mène vers des catastrophes écologiques, économiques et sociales, le réalisateur nous propose de redonner du sens au temps et de reprendre le contrôle de nos vies. Une invitation à amorcer dès aujourd’hui une véritable transition écologique et sociale. Un film à voir de toute urgence.

Sophie Chapelle

Notes

[1] Philippe Borrel est le réalisateur de Les Insurgés de la Terre, d’Un monde sans fous ? et d’Un monde sans humains ?

"Nous n'avons pas encore compris à quel point la situation est terrifiante. Nous sommes inconscients..."

"Nous sommes beaucoup plus qu'on ne le croit à avoir envie de changer de paradigme."

"D'abord ils vous ignorent, puis ils se moquent de vous, ensuite ils vous combattent, et à la fin vous gagnez." Gandhi.

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Bonne humeur !

19 Septembre 2014, 08:21am

Publié par pam

quelques fois il suffit juste de voir les choses différemment, d'aborder la vie autrement, et hop ça repart !

et si vous avez un petit coup de mou ce week-end... :

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Rêver....

18 Septembre 2014, 06:19am

Publié par pam

L'automne arrive, même si les températures sont encore estivales, le travail au jardin va se raréfier,

Rêver....

Ca n'empêche pas de continuer de chercher de bonnes idées pour le potager :

Rêver....
n'oubliez pas que les palettes qui ont voyagé loin sont imbibés de produits chimiques... attendez quelques années pour les utiliser ou choisissez des palettes "locales" !

n'oubliez pas que les palettes qui ont voyagé loin sont imbibés de produits chimiques... attendez quelques années pour les utiliser ou choisissez des palettes "locales" !

et puis il est tant de prévoir les travaux à l'intérieur :

Rêver....
Rêver....

ou simplement de rêver....

Rêver....
Rêver....
Rêver....
Rêver....

sans oublier l'essentiel :

"Désormais, la plus haute, la plus belle performance que devra réaliser l'humanité sera de répondre à ses besoins vitaux avec les moyens les plus simples et les plus sains.

Cultiver son jardin ou s'adonner à n'importe quelle activité créatrice d'autonomie sera considéré comme un acte politique, un acte de légitime résistance à la dépendance et à l'asservissement de la personne humaine."

Pierre Rhabi.

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Soyons le changement !

6 Septembre 2014, 08:50am

Publié par pam

Soyons le changement !

Pour une insurrection des consciences

"Le vingtième siècle finissant a été dominé par l’alliance de la science et de la technique au service du "progrès". Certes, des prouesses considérables ont été réalisées dans divers domaines mais qu’en est-il du destin des humains et de celui de la planète qui les héberge ? Dans cette épopée matérialiste, la violence de l’homme contre l’humain a atteint des seuils désastreux et la nature a subi des déteriorations sans précédent.

Ces constats rendent plus que jamais nécessaire et urgente une alternative globale. Nous sommes de ceux qui pensent que le XXIème siècle ne pourra être sans tenir compte du caractère "sacré" de la réalité, et sans les comportements et les organisations qui témoignent de cette évidence ; car les bons vœux, les incantations, les analyses et les constats cumulés ne suffiront pas. La première utopie est à incarner en nous-même. Les outils et les réalisations matérielles ne seront jamais facteur de changement s’ils ne sont les œuvres de consciences libérées du champ primitif et limité du pouvoir, de la peur et de la violence.

La vraie révolution est celle qui nous amène à nous transformer nous-mêmes pour transformer le monde

La crise de ce temps n’est pas due aux insuffisances matérielles. La logique qui nous meut, nous gère et nous digère, est habile à faire diversion en accusant le manque de moyens. La crise est à débusquer en nous-même dans cette sorte de noyau intime qui détermine notre vision du monde, notre relation aux autres et à la nature, les choix que nous faisons et les valeurs que nous servons.

Incarner l’utopie, c’est avant tout témoigner qu’un être différent est à construire. Un être de conscience et de compassion, un être qui, avec son intelligence, son imagination et ses mains rende hommage à la viedont il est l’expression la plus élaborée, la plus subtile et la plus responsable."

Pierre Rabhi

Soyons le changement !

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